Petite montée de lait en poudre sur le couple

Petite montée de lait en poudre sur le couple

‪#‎Les couples et la communication

Je connais des tonnes de couples, de nombreux amoureux ont traversé ma route, croisé le fer avec moi et partagé des moments plus ou moins intimes de leur vie privée (des amiEs plus ou moins proches au fil du temps). A force de côtoyer tout ce beau monde, j’ai tellement réalisé que les problèmes de couples se ressemblent tous.

Sur les réseaux sociaux, j’observe que les jeunes couples ont le «eject» facile et les plus vieux couples chialent constamment sur le conjoint et les mauvaises habitudes acquises!!! Donc on n’a rien réglé, on chiale, on braille, on raconte nos histoires pis on trouve zéro solution. Les réseaux sociaux, ça aide souvent à recevoir l’empathie, mais bien souvent je lis des commentaires désobligeants, des jugements et des solutions affreuses et non respectueuses des vrais besoins des partenaires. Oui ça brise l’isolement les Facebook et compagnie, mais reçoit-on toujours les suggestions appropriées et professionnelles? Les amiEs sont-ils formés pour nous accompagner dans notre détresse? Les amiEs sont-ils des personnes réelles de notre entourage ou des connaissances virtuelles?

J’ai donc eu l’idée de vous parler un peu des couples parce que j’en fais une fixation dans ma vie. Des hauts et des bas, des sauts à la perche et de la plongée sous-marine, un marathon ou un triathlon, une promenade en canot ou une explosion dominicale… Bref, j’ai essayé bien des sports dans ma vie, y compris les partages sur les réseaux sociaux (hahaha comme si c’était un sport, quoique…), et j’ai malheureusement peu trouvé de réponses honnêtes à mes grincements de dents.

Vous saviez que les sujets les plus déstabilisants pour les couples sont les suivants : la belle-famille, le ménage, l’argent, la sexualité, l’éducation des enfants, les loisirs et la communication. L’ordre doit dépendre des couples, mais disons que si la communication était satisfaisante, le reste serait déjà moins compliqué, non?

Oui, ça je peux vous le garantir en toute connaissance de cause.

Communiquer ça implique de laisser tomber ses mécanismes de défense et d’embarquer dans une écoute active, proactive et empathique. C’est s’impliquer dans une démarche bienveillante de résolution de problème ou juste être présent pour celui qui partage notre vie.

Écouter, questionner, reformuler, garder le silence et respecter celui de l’autre… tout autant de bonnes façons de vous assurer que vous pourrez demeurer respectueux dans la discussion. Il y a aussi une règle à deux niveaux que j’aime bien : le respect et la responsabilisation. La responsabilisation fait que l’on se respecte soi-même et que notre interlocuteur peut apprendre de cette responsabilisation soit en devenant lui-même garant de ses choix, soit en devenant plus attentif envers l’autre. En médiation familiale tout comme en consultation la responsabilisation est un élément clé dans l’avancement ou le progrès vers des solutions concrètes.

Donc 1-2-3 GO, on essaie de démêler les cartes pour devenir un couple plus avenant l’un envers l’autre. Il y a un élément à prendre en considération cependant : les deux partenaires de vie doivent d’un commun accord s’engager à devenir de meilleurs communicateurs et de meilleurs coéquipiers sur le chemin de la conjugalité. Seul on va plus vite mais à deux on va plus loin.

‪#‎Écouter 

Écouter pour mieux se battre ou pour argumenter contre l’autre, ce n’est pas une bonne écoute. On n’écoute pas pour ensuite mieux répliquer! Tsé si je mentionne être fatiguée, l’autre m’écoute gentiment puis me lance tout bonnement : « on sait ben, tu te plains tout le temps… » Pas certaine que la communication sera engagée dans la bonne voie!

Écouter c’est essayer de porter les chaussures de l’autre un peu. Genre qu’elles seront peut-être trop petites, inconfortables, laides, usées, trop grandes, inappropriées ou hors-saison… bref les chaussures des autres ne nous font pas toujours. Mais même si elles ne nous font pas, on pourra alors saisir ce que l’autre vit puisque nous aurons marché ne serait-ce que brièvement dans ses souliers par le biais de notre écoute active. On sera arrivé à se mettre à sa place.

Dans une véritable écoute, on fait abstraction de ses jugements, de son propre vécu, de ses opinions. On aide notre amie, notre conjoint, notre voisin à exprimer ce qu’il vit; on veut comprendre ce qu’il y a derrière ses paroles. Pour arriver à une bonne écoute on peut/doit donc questionner!

‪#‎Questionner

Il y a plusieurs formes de questions. Ouvertes, fermées, neutres, orientées… toutes sortes de différences qui ne sont pas nécessairement mieux l’une que l’autre, ça dépend surtout du contexte! Si l’heure du repas approche et que tu demandes « as-tu faim ? » c’est une question fermée mais elle a le mérite d’être claire et précise. Si encore une fois c’est l’heure du repas et que tu demandes à un enfant de 5 ans « que veux-tu manger ce midi ?» il y a un risque de discussion (qui peut être intéressant mais pas toujours souhaitable, dépendant encore une fois du contexte). Si mon fils me demande un hot-dog alors que dans ma tête il a le choix entre une salade de légumineuses et un restant de macaroni aux tomates, ma question ouverte (que veux-tu manger ce midi ?) n’était pas appropriée. Il serait alors préférable de poser une question « orientée » qui ressemblerait plutôt à ceci : « tu as le choix entre ceci et cela, que choisis-tu? »

Les questions « pourquoi » et « comment » sont intéressantes parce qu’elles suscitent des réponses plus riches et détaillées. Il faut encore une fois faire attention au contexte car demander à son conjoint « pourquoi tu arrives si tard ?» suivi de « avec qui étais-tu ? » fait un peu trop enquête de mauvais goût! Ici il serait intéressant de parler de soi : « j’étais inquiète de ne pas te voir arriver tel que prévu à 21 heures… J’aurais apprécié que tu m’en parles ».

#‎Reformuler

Technique nécessaire en intervention pour nous assurer de bien saisir les propos de notre interlocuteur, la reformulation présente des avantages majeurs. Tout d’abord ça prouve que nous écoutons bien ce que l’autre a à nous dire, ça l’incite à en dire plus, à ajouter des détails et surtout, ça permet d’éviter l’ambigüité puisque ça valide ou invalide notre compréhension des paroles de l’autre.

Souvent on valide notre compréhension en demandant : « si j’ai bien compris, c’est ceci ou cela que tu voulais me dire ». Si nous avons mal interprété les propos de notre conjoint, celui-ci se fera un plaisir de rectifier le tir en expliquant autrement son idée.

On peut également reformuler en faisant un bref résumé de ce qui nous a été partagé. Je connais quelqu’un qui élabore longuement ses idées et on finit par se perdre dans ses histoires. En faisant un résumé, j’arrive à décortiquer ce qui est important pour la compréhension et la suite des choses.
Une autre façon de faire avancer la discussion est de reformuler la pensée de l’autre en avançant une hypothèse qui est une interprétation de ce que notre interlocuteur raconte. Ainsi soit notre conjoint va mieux se comprendre lui-même en acquiesçant à notre observation, soit encore une fois il aura l’occasion de préciser sa pensée si on se trompe.

‪#‎Silence!!!

Les silences sont tellement rendus difficiles dans notre monde hyperactif qui fait de nous des machines pour aller toujours plus vite. On se nourrit de babillages et de potins, on veut aller trop vite, on interprète tout croche, on coupe la parole et ensuite on se désole de voir notre conjoint quitter la conversation fâché ou en larmes… A-t-on vraiment pris le temps de laisser notre amoureux parler, finir sa pensée? Était-ce réellement nécessaire de couper la parole? Donc « ferme ta … » en bon québécois!

À l’inverse, si le conjoint devient silencieux, peut-être est-ce pour lui un moment d’introspection nécessaire à la poursuite de la discussion? La personne peut juste vouloir digérer une émotion difficile à avaler. En même temps, le silence nous permet de tourner notre langue 7 fois avant de dire un paquet d’âneries.
Je peux laisser le silence s’installer ou respecter celui de l’autre. C’est juste ça!

#‎Respect et responsabilisation

Se respecter soi-même et se responsabiliser, ça veut dire quoi? Je me respecte dans le sens que je peux aussi mettre un terme à une discussion si je ne m’y sens plus à l’aise. Demander un time-out est parfois essentiel pour mieux revenir plus tard avec les idées claires et non la tête embrouillée de peine et de larmes. Se respecter c’est aussi savoir reconnaître ses valeurs, celles qui nous sont fondamentales! Donc ne pas transgresser ses propres valeurs pour acquiescer à celles de l’autre si on a l’impression de passer outre le respect de soi.
La responsabilisation c’est aussi assumer ce que l’on dit, fait ou prend comme décision. Ne pas rejeter le blâme ou la faute sur le dos de notre amoureux ou pire, sur le dos de la société en général. Ce serait trop simple de dire « mais dans quel monde on vit, tu vois bien le gouvernement ne nous aide pas à prendre les bonnes décisions »! Se responsabiliser signifie également se mettre en action, prendre des ententes et bouger pour régler des problèmes, trouver des solutions et les appliquer. Juste en discuter, ce n’est pas suffisant. Attache ta tuque, ça va aller de l’avant!

‪#‎Parler de soi

J’aimerais terminer en expliquant que parler de soi au JE avec des émotions et des besoins, ça fait aussi partie des démarches dans une conversation. La communication non-violente ou bienveillante nous amène à parler de soi… « Quand tu arrives à 18 h 00 alors que tu avais mentionné que tu terminerais plutôt vers 16 h 30, je trouve ça difficile. Je t’attendais pour faire le souper. Mon besoin était la coopération (faire le souper ensemble) et j’ai été déçue de ne pas avoir d’appel pour me signifier ton retard ». En parlant de soi, la conversation peut prendre une autre direction puisque nous n’accusons pas l’autre de quoi que ce soit (genre, « t’es encore en retard, c’est toujours comme ça… ») et nous abordons rapidement le volet solution en mentionnant notre besoin, ici on a parlé de coopération et de respect (me faire appeler pour le retard).

L’enjeu demeure majeur en parlant de soi car on invite l’autre à faire partie de la solution. Cet autre justement doit être ouvert à embarquer dans le mode solution : soit il accepte de réaliser qu’il aurait pu appeler et la prochaine fois il le fera, soit il refuse d’admettre son erreur et la prochaine fois il reproduira encore ce comportement.

‪#‎Pis après?

Là c’est le plaisir qui débute. S’engager dans une vraie communication honnête et respectueuse en couple c’est aussi accepter de ne pas avoir raison en tout temps, d’avoir des torts, de devoir moduler certains comportements ou de ravaler ses paroles acerbes…

Pis les réseaux sociaux? Hé bien… je vous dirais que oui ça brise l’isolement de parler de ses difficultés sur les réseaux. Faut juste savoir que la science infuse, elle n’existe pas et encore moins dans des groupes où chacun y met son grain de sel et sa lumière teintée de ses perceptions. Souvent on répond de manière anecdotique en parlant de notre propre vécu à quelqu’un qui demande de l’aide. Pourtant cette mère, cette femme, ce monsieur, peuvent avoir juste besoin d’empathie car les solutions, il ou elle les trouvera bien toute seule. Nous sommes les experts de notre propre vie, ce qui fonctionne avec toi ne marchera pas avec moi pour mille et une raisons. On ne se racontera pas de conte de fées, là. Les 7 nains n’existent pas et Cendrillon non plus. Notre pouvoir on l’a au creux de nous, il suffit de creuser justement pour le ramener à la surface tout en se faisant confiance un peu!

Pascale Pouliot, travailleuse sociale, coach familiale

Petite montée de lait sur le couple | Cocoon Bien Naître

Je suis maman de 9 enfants! Bac en travail social en poche depuis 2010, coach familiale et formée dans plusieurs domaines connexes dont la parentalité positive. Beaucoup d’humour, je suis une femme qui aime partager des idées, ouverte et assurément à l’écoute.  Mes valeurs écolos et axées sur la bienveillance m’aident à me démarquer dans mon domaine.

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