L’importance du toucher chez le bébé par Vimala McClure

L’importance du toucher chez le bébé par Vimala McClure

Le toucher d’une importance capitale pour les bébés

Favoriser la stimulation de la peau  – par la manipulation, des câlins, le bercement et de le massage –  améliore les fonctions cardiaques de l’enfant. Le massage stimule les voies respiratoires, circulatoires et les systèmes gastro-intestinaux. Le massage de l’abdomen est particulièrement apprécié par le bébé souffrant de coliques et ses parents.

La première expérience d’un bébé avec son milieu environnant se fait par le biais du toucher, au cours de son développement prénatal et ce dès 16 semaines. La Nature amorce un massage avant même que le bébé ne naisse. Il a été suggéré que le travail prolongé d’une mère humaine contribue à compenser le manque de léchage du post-partum effectué par la plupart des autres femelles mammifères, qui elles connaissent un très court travail. Le léchage effectué par les mères des bébés mammifères est fondamental dans le processus de développement des systèmes internes. Pour le nourrisson humain, les contractions du travail seraient équivalentes à cette étape de léchage.

Un impact à court et long terme

Le toucher a des impacts à court terme et long terme sur le développement durant la petite enfance. Grâce à ce contact, les nouveau-nés sont capables d’en apprendre davantage sur leur monde, le lien avec leurs parents mais aussi de de communiquer leurs besoins et désirs. Quatre-vingt pour cent de la communication d’un bébé est exprimé par les mouvements de son corps. Lorsque les parents se livrent à des contacts appropriés, les jeunes enfants ont une meilleure chance de se développer socialement, émotionnellement et intellectuellement.

Les nourrissons qui bénéficient d’un contact physique plus important avec leurs parents ont démontré une augmentation de leur développement cérébral au cours des six premiers mois par rapport aux jeunes enfants recevant une interaction physique limitée. Il a été prouvé que cette amélioration du développement cognitif dure même au-delà des huit ans de l’enfant, illustrant par-là l’importance des interactions positives. Les nourrissons qui reçoivent des démonstrations d’affection supérieures à la moyenne de la part leurs parents paraissent moins susceptibles d’avoir un comportement hostile, anxieux ou d’être en en détresse émotionnelle une fois adultes.

Le toucher, primordial pour les prématurés

Des études sur des bébés prématurés ont démontré que le massage quotidien tel qu’enseigné par l’Association Internationale en Massage pour Bébé (AIMB-IAIM) constitue un avantage énorme pour leur développement. Les projets de recherche au Centre médical de l’Université de Miami, dirigés par le fondateur du Touch Research Institute, le Dr Tiffany Field ont montré des résultats remarquables. Dans une étude, vingt bébés prématurés ont été massés trois fois par jour pendant quinze minutes. Leur gain de poids a augmenté en moyenne de quarante-sept pour cent par jour, les bébés étaient plus actifs et alertes et ont montré un développement neurologique plus mature que les nourrissons ne recevant pas de massage. En outre, leur séjour à l’hôpital a duré en moyenne six jours de moins. Après de nombreuses années d’études et d’observation, l’Association Internationale en Massage pour Bébé a mis sur pied des recommandations pour les massages et les techniques de manipulation chez les bébés prématurés.

Ruth Rice, psychologue à Dallas, a mené une étude auprès de trente bébés prématurés, à leur sortie d’hôpital. Elle les a tout d’abord divisés en deux groupes. Les mères du groupe témoin devaient effectuer les soins auprès de leurs nouveau-nés comme à l’habitude, tandis que celle du groupe expérimental apprenaient à exécuter un massage quotidien et une pratique de bercement. À quatre mois, les bébés ayant été massés étaient en avance à la fois en terme de développement neurologique ainsi que de gain de poids.

La stimulation sensorielle naturelle du massage accélère la myélinisation du cerveau et du système nerveux. La gaine de myéline est une couche de gras entourant chaque nerf, un peu comme l’isolation autour d’un fil électrique. Elle protège le système nerveux et favorise la vitesse de transmission des impulsions du cerveau vers le reste du corps. Le processus de revêtement des nerfs n’est pas complet à la naissance, mais la stimulation par la peau l’accélère, améliorant ainsi la connexion neurale entre les cellules et de façon générale la connexion entre le cerveau et le corps.

En 1978 les scientifiques ont développés la surveillance transcutanée de l’apport en oxygène. Cela a permis aux médecins de mesurer la concentration en oxygène dans le corps grâce à une électrode sur la peau. Ces derniers ont découvert que les enfants hospitalisés connaissent des bouleversements considérables quant à leurs niveaux d’oxygène lorsqu’ils sont soumis à un stress. La relaxation par le toucher, les techniques de massage et de manipulation ont permis d’atténuer ces fluctuations. Ces méthodes sont ainsi utilisées dans les hôpitaux régulièrement afin d’aider les enfants à maintenir un état stable d’oxygène malgré les contraintes des changements de couches, des piqûres dans les talons et autres intrusions en tout genre.

Les bébés ont besoin d’amour tactile

Des recherches récentes démontrent des résultats similaires tous les jours, confirmant la tradition séculaire : les enfants ont besoin d’amour tactile. Lawrence Schachner, M.D., professeur au département de dermatologie et de chirurgie cutanée à l’Ecole de Médecine de l’Université de Miami, souligne que le toucher peut bénéficier aux bébés souffrant de troubles de la peau comme l’eczéma. « Il peut en outre améliorer l’interaction parent-bébé, » dit-il. Le Dr Tiffany Field abonde elle aussi dans ce sens. Elle note que l’amour tactile déclenche des changements physiologiques aidant les enfants à grandir et à se développer, stimulant les nerfs qui facilitent à l’absorption des aliments et qui participent à la baisse des niveaux d’hormones de stress dans le cerveau, le tout entraînant une amélioration du fonctionnement du système immunitaire. Un rapport de Families and Work Institutes indique que, pendant les trois premières années de vie, la grande majorité des connexions entre les cellules du cerveau se forment. Il conclue que l’amour accompagné d’interactions tel le massage peut influer directement sur le développement chez l’enfant et la capacité à gérer son stress une fois adulte.

Le massage pour bébé, un avantage pour les parents

Le contact affectif et les massages apportent des avantages aussi bien aux mères qu’aux pères. Les mères qui ont un contact affectif significatif pendant la grossesse et le travail auraient tendance à connaître un travail plus facile et à être plus sensibles à leur nourrisson. En outre, la recherche a montré que les mères dont la grossesse a connu un stress chronique ont souvent des bébés qui pleurent plus et pour des périodes plus longues que celles dont la grossesse a été calme et bien entourée.

Les pères qui font l’effort de se lier avec leur enfant en massant tendrement la mère, en parlant et chantant au bébé, en cherchant à sentir ses mouvements dans le ventre, à assister à des cours prénataux avec leur partenaire, à lire des ouvrages sur le développement du nourrisson et de sa psychologie et à masser leur nourrisson ont tendance à être des pères plus attentifs et accomplis.

Vous souhaitez participer à un atelier de massage pour bébé, renseignez-vous ici!

Un mot de Vimala McClure : En massant régulièrement votre bébé (et en recevant vous-même des massages affectueux pendant votre grossesse), vous concevez un cycle de réactions saines améliorant vos compétences maternelles de jour en jour ainsi que le bien-être, de la disposition de votre bébé et la relation entre vous trois.

Vimala McClure (Etats-Unis)

Traduit de l’original par mon amie Aude M. (voir en fin de page)

Importance du toucher chez le bébé, Vimala McClure | Cocoon Bien Naître
Vimala est maman de 2 enfants, maintenant adultes. Vimala a enseigné l’Ashtanga Yoga, y compris le yoga et la méditation pendant plusieurs années. Elle aime méditer, lire, écrire et se promener dans la montagne proche chez elle. Elle dit apprécier la solitude mais en même temps connecter avec les gens.
Vimala a découvert le massage pour bébé traditionnel en Inde en 1973. Après quelques années de recherche et pour l’avoir elle-même expérimentée avec son premier bébé en 1976, elle a développé son propre programme pour pouvoir l’enseigner à d’autres parents.
Elle est l’auteur du livre Infant Massage, a Handbook for loving parents (Massage pour bébé, Bien-être et harmonie de la relation parents/enfant) paru en 1979 et mis à jour plusieurs fois depuis. Son livre est traduit dans 14 langues. Elle a enseigné son programme à un premier groupe de professionnels de la naissance aux USA, qui sont devenu Instructeurs/formateurs certifiés en Massage pour bébé. Ces formateurs ont eu pour mission de former des instructeurs certifiés en Massage pour bébé à travers le monde. Actuellement, il existe un Cercle de 50 membres Formateurs répartis dans le monde entier.
Vimala McClure a fondé l’Association Internationale en Massage pour bébé en 1978. Cette organisation à but non lucratif a maintenant plus de 70 chapitres à travers le monde. Vimala continue d’être active au niveau de l’Association et publie de nombreux articles en lien avec la parentalité et l’attachement parents-enfant.


Un petit mot de Maman Rebelle : J’aimerais remercier personnellement Vimala McClure pour sa gentillesse lors de nos échanges via Facebook, pour sa disponibilité et son enthousiasme à partager sa pensée et ses recherches via l’article qu’elle m’a transmis. Je la remercie aussi pour toutes ces années passées à aider les familles dans le monde entier via l’enseignement qu’elle transmet dans le cadre de l’Association Internationale en Massage pour Bébé. 

C’est avec beaucoup de gratitude et de plaisir que je vous partage son article. 


Texte Original : 

Importance du toucher chez le bébé, Vimala McClure | Cocoon Bien Naître
©Amalgame Photographie

THE IMPORTANCE OF SKIN STIMULATION FOR HUMAN BABIES

 
Mothers who have meaningful skin contact during pregnancy and labor tend to have easier labors and are more responsive to their infants. Touching and handling her baby assists the new mother in milk production by aiding in secretion of prolactin, the “mothering hormone.” By regularly massaging her baby, the mother not only sets up a cycle of healthy responses which improves her mothering abilities day by day, but also enhances her baby’s well-being, his disposition, and the relationship between the two of them. The process begun at the embryonic stage thus continues, allowing a natural unfolding of the baby’s potential within the safe and loving arms of his mother.
Nurturing stimulation of the skin—handling, cuddling, rocking and massage—increases cardiac functions of the human infant; massage stimulates the respiratory, circulatory, and gastrointestinal systems—benefits especially appreciated by the “colicky” baby and his parents. 
A baby’s first experience with the surrounding environment occurs through touch, developing prenatally as early as 16 weeks. Nature begins the massage before the baby is born. As opposed to the extremely short labors of most other animals, it has been suggested that a human mother’s extended labor helps make up for the lack of postpartum licking performed by other mammal mothers. For the human infant, the contractions of labor provide some of the same type of preparation for the functioning of his internal systems as early licking of the newborn does for other mammals.
Touch impacts short-term development during infancy and early childhood, and has long-term effects. Through this contact, newborns are able to learn about their world, bond with their parents, and communicate their needs and wants. Eighty percent of a baby’s communication is expressed through body movement. When parents engage in appropriate touch, young children have an improved chance to successfully develop socially, emotionally, and intellectually.
Infants who experience more physical contact with parents demonstrate increased mental development in the first six months of life compared to young children who receive limited physical interaction. This improved cognitive development has been shown to last even after eight years, illustrating the importance of positive interactions. Infants who receive above-average levels of affection from their parents are shown to be less likely to be hostile, anxious, or emotionally distressed as adults. 
Studies with premature babies using techniques similar to those taught in this book have demonstrated that daily massage is of tremendous benefit. Research projects at the University of Miami Medical Center, headed up by the Touch Research Institute’s founder, Dr. Tiffany Field, have shown remarkable results. In one study, twenty premature babies were massaged three times a day for fifteen minutes each. They averaged forty-seven percent greater weight gain per day, were more active and alert, and showed more mature neurological development than infants who did not receive massage. In addition, their hospital stay averaged six days less. After many years of study and observation, the International Association of Infant Massage has established guidelines for using massage and holding techniques with premature babies.
Dallas psychologist Ruth Rice conducted a study with thirty premature babies, after they had left the hospital. She divided them into two groups. The mothers in the control group were instructed in usual newborn care, while those in the experimental group were taught a daily massage and rocking regime. At four months of age, the babies who had been massaged were ahead in both neurological development and weight gain.
The natural sensory stimulation of massage speeds myelination of the brain and the nervous system. The myelin sheath is a fatty covering around each nerve, like insulation around electrical wire. It protects the nervous system and speeds the transmission of impulses from the brain to the rest of the body. The process of coating the nerves is not complete at birth, but skin stimulation speeds the process, thus enhancing rapid neural-cell firing and improving brain-body communication.
In 1978 transcutaneous oxygen monitoring was developed, which enabled physicians to measure oxygen tension in the body through an electrode on the skin. It was discovered that hospitalized infants experienced tremendous upheavals in oxygen levels when subjected to stress. Touch Relaxation, holding techniques and massage have been found to mitigate these fluctuations, and these methods are being used in hospitals routinely now to help infants maintain a steady state through the stresses of diaper changes, heel sticks, and other intrusions.
New research demonstrates similar results every day, confirming what age-old tradition has told us: infants need loving touch. Lawrence Schachner, M.D., a professor at the department of dermatology and cutaneous surgery at the University of Miami School of Medicine, advises that touch can benefit babies with skin disorders such as eczema. “It may furthermore improve parent-baby interaction,” he says. Dr. Tiffany Field concurs. She notes that loving touch triggers physiological changes that help infants grow and develop, stimulating nerves in the brain that facilitate food absorption and lowering stress hormone levels, resulting in improved immune system functioning. A report by the Families and Work Institutes states that during the first three years of life, the vast majority of connections between brain cells are formed. They conclude that loving interaction such as massage can directly affect a child’s emotional development and ability to handle stress as an adult.
Loving skin contact and massage benefits mothers and fathers as well. Mothers who have meaningful skin contact during pregnancy and labor tend to have easier labors and are more responsive to their infants. In addition, research has shown that mothers whose pregnancies were filled with chronic stress often have babies who cry more and for longer periods than those whose pregnancies were peaceful and supported.
Fathers who make the effort to bond with their infants by giving the mother loving massages, talking and singing to the baby, feeling its movements in his partner’s belly, attending classes with their partner, and reading up on infant development and psychology, and massaging their infants, tend to be more attentive and accomplished fathers. By regularly massaging your baby (and getting some loving massages yourself during pregnancy), you set up a cycle of healthy responses that improve your mothering skills day by day and enhance your baby’s well-being, disposition, and the relationship between all three of you.
Vimala McClure

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