Parents d’ailleurs, enfants d’ici

Parents d’ailleurs, enfants d’ici

Débarquée au Québec, valise à la main en 2008 avec mon amoureux et notre petit garçon alors âgé de 4 ans, j’avoue que cela m’a pris environ 2 ans avant de me sentir à ma place ici. J’en étais pourtant à ma 3ème intégration en l’espace de 7 ans, après 2 passages sur des îles paradisiaques !

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Île de la Martinique (France)

« Waouh ! Me direz-vous ! »

Oui ! J’ai vu du pays, vécue des années merveilleuses à me prélasser sur des plages de sable blond, à boire des Cocktails multicolores, à découvrir des paysages fantastiques et des gens de toutes les cultures. Néanmoins, l’expérience n’a pas été aussi facile qu’on le pense et oui, j’en ai versé des larmes, à me demander pourquoi j’avais quitté ma Terre Natale, ma famille, mes Amis et tout ce qui avait du sens pour moi à l’époque …

Pour moi, les premiers mois au Québec ont été parsemés de petites joies, de découvertes mais aussi de journées moroses, de questionnement, de doute, de culpabilité et de quelques larmes ! Car il n’est pas si facile que ça de s’adapter à un nouvel environnement, de chercher un emploi, de se faire des amis et de s’intégrer dans un pays qu’on ne connait pas et où les différences culturelles vous déstabilisent.

Après l’euphorie des premières semaines, où en famille, nous avons visité allègrement les différentes régions de la Belle Province, il nous a fallu rapidement nous faire une place dans la société. J’ai eu la chance de signer un contrat de travail avant de poser le pied sur le sol Canadien, néanmoins il me fallait m’adapter aux différentes techniques, approches et concepts de ma profession. J’ai dû être supervisée pendant plus d’un mois comme une jeune diplômée malgré mes 10 ans d’expérience et même repasser des examens avant d’être reconnue à mon juste niveau. On peut dire que je me compte chanceuse car malgré les épreuves que cela représente, j’ai passé au travers sans renoncer.

Repartir de zéro

Etre immigrés n’est pas chose facile, la plupart vous le diront ! Certains immigrés doivent tout reprendre de zéro en arrivant, et parfois même perdre en termes de statut social et de train de vie (certaines infirmières, que j’ai côtoyées, étaient médecins dans leur pays d’origine …). Pour la plupart d’entre nous, immigrés, il faudra reprendre des études, passer des examens pour affirmer nos savoirs, recevoir un salaire de base pendant un certain temps. L’immigration des personnes en provenance des pays européen est évidemment un peu moins difficile par rapport à ceux des pays en voie de développement ou vivant des conflits.

Les chiffres montrent que, même si le Québec accueille des immigrés très qualifiés, un grand nombre d’entre eux se retrouvent au chômage ou occupent un emploi qui ne correspond pas à leur niveau d’éducation ou à leurs compétences. Ainsi, en 2006, le taux de chômage (17,8 p. 100) chez les immigrés arrivés il y a moins de cinq ans au Québec était près de trois fois supérieur à celui que l’on observait dans la population née au Canada.

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Néanmoins, je dois avouer que le gouvernement, les différentes institutions et les employeurs font des efforts pour nous aider à nous intégrer du mieux qu’ils peuvent. Evidemment, comme dans ce monde rien n’est parfait, il y a encore place à l’amélioration, mais la volonté d’aider les nouveaux arrivants est perceptible.

Le ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles (MICC) a pour mission d’offrir des services d’adaptation au marché du travail aux immigrés. Dès leur descente d’avion, ceux qui le désirent peuvent prendre un rendez-vous d’accueil au service Immigration-Québec installé dans l’aérogare. Par la suite, ils ont la possibilité de suivre des séances de formation sur la réalité socioéconomique du Québec afin de faciliter leur recherche d’emploi. Ces séances abordent différents thèmes : le système politique canadien, l’économie québécoise, les lois sociales, la fiscalité, le rôle des ressources d’aide en emploi, etc.

Les organismes communautaires interviennent dans l’accueil des nouveaux arrivants. Les membres du personnel, souvent eux-mêmes immigrés, peuvent communiquer dans d’autres langues que le français ou l’anglais et parviennent à établir plus aisément un climat de confiance. Ces organismes peuvent répondre aux besoins immédiats comme la recherche d’un logement ou la procédure à suivre pour inscrire les enfants à l’école. De plus, les organismes communautaires offrent aux immigrés un lieu de vie, d’échange et de réseautage essentiel à la compréhension de leur nouveau milieu de vie.

Malgré tout, recommencer à zéro, ce n’est pas toujours facile !

Les autorités canadiennes et québécoises enjolivent le tableau avant notre arrivée ici, mais la réalité est toute autre, photo1.pngpour des immigrés diplômés (ayant ou non refait des études). Personnellement, je n’encouragerai pas les membres de ma famille à tout laisser tomber pour venir ici, car selon ma conviction et mon expérience personnelle, mieux vaut vivre un enfer avec les siens que de galérer sans savoir si l’on va y arriver ou pas (arrivée à 29 ans et j’ai 37 aujourd’hui)…..Après 8 ans (des équivalences qui ne servent à rien à mon avis et une formation de 1 an , je suis au point de départ, à la recherche d’emploi, sans  qu’aucune réponse ne me soit donnée) Autrement dit, on se sacrifie pour que nos enfants aient un meilleur avenir, voilà.

Sonia – originaire d’Algérie, maman d’une fille de 7 ans et d’un garçon de 4 ans

Immigrer, un choix de vie

Les gens qui font le choix d’immigrer ont leurs raisons (envie de voir du pays, manque de travail dans leur pays d’origine, espoir de trouver l’Eldorado « l’herbe est toujours plus verte dans le jardin d’à côté », volonté de donner une meilleure éducation aux enfants, conflits familiaux, besoin de fuir quelque chose, etc.). Tous espèrent se bâtir une vie meilleure, à l’image de leur rêve et de leurs besoins.

En immigrant en famille, on se dit qu’on n’a pas droit à l’erreur ! Il faut nourrir sa famille, avoir un toit sur la tête et payer les factures. Élever ses enfants dans un milieu de vie différent de celui dans lequel on a grandi demande une capacité d’adaptation extraordinaire.

En tant que parent, j’apprécie la qualité de vie, la proximité des espaces verts, la générosité et la facilité d’approche des québécois.

J’ai l’impression que d’avoir mes enfants ici plutôt qu’en France (je viens de Marseille pour mettre un peu de contexte et ne pas rendre mes propos trop intenses) est bien moins stressant et angoissant. Je n’ai pas peur pour leur sécurité, je n’ai pas peur pour leur intégration, je suis très confiante en l’avenir.

En revanche c’est très difficile d’intégrer un nouveau système, la garderie l’école, les REER, le système de santé. Je me noie assez facilement dans le flot d’informations acquises et à acquérir. Je sais qu’il y a pas mal de réseau sociaux et d’associations, comme le centre la jeunesse pour discuter avec d’autres parents.  

Sarah D., maman d’Edrik 12 mois et future maman de Marilys.

 

Perdre ses repères, sa famille et ses amis

En immigrant, on perd ses repères, sa culture, sa famille et ses amis. L’éloignement de la famille (grands-parents) est généralement le premier point évoqué par les parents immigrés. Dans les premiers mois, le soutien social se résume aux communications par Skype avec les membres de sa famille.

En immigrant, on doit s’adapter, confronter nos valeurs et se réinventer tous les jours pour avancer.

Pour les enfants aussi c’est tout un défi, et ce, quel que soient leur âge car ils sont confrontés aux difficultés d’adaptation familiale, au choc des cultures, aux difficultés financières de leurs parents, aux différences d’éducations et de valeurs par rapport à leurs camarades de classes.

L’absence de famille est très difficile à vivre par moment, sentiment de vivre un peu en autarcie. Ne pas pouvoir compter sur les grands-mères quand on est malade, ça manque pas mal! Les différences d’éducation entre québécois et français est palpable, encore plus avec ma culture malgache. Chez nous, on éduque nos enfants dans le respect absolu de l’aîné. Les parents ont une position de mentors, respectés et à qui on doit obéir. Dans mon pays les enfants ne sont jamais insolents envers leur parents ou quiconque de plus âgé, je ne le vois pas du tout ici. Certains pourraient dire que nous somme des parents un peu autoritaires ! Mais je veux garder cette éducation pour mes enfants. Je ne tolère pas du tout l’enfant roi !

Axelle, Sylvain et Hely-sullivan, immigrés de Madagascar et de France.

L’affaire se complique encore lorsque la famille ne parle ni français, ni anglais et qu’il faut pourtant s’intégrer à la communauté pour pouvoir s’épanouir sur la terre d’accueil.

Le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) participe aux programmes de francisation mais également au développement et à l’adaptation de programmes de formation qui s’adressent aux immigrés

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Les nouveaux arrivants qui arrivent de régions où le climat est tempéré doivent apprendre à s’habiller en fonction du climat canadien, savoir où se procurer des vêtements appropriés, mais aussi avoir les moyens de se procurer des vêtements d’hiver adéquats. Quand on commence à entrer dans l’hiver Québécois avec des températures allant en dessous de – 30° C, je peux vous GARANTIR qu’on s’en souvient et que l’hiver suivant on S’EQUIPE comme du monde !!! Je me souviens ma première et peut être unique parade de Noël sur la rue Ste Catherine et de ma douleur aux mains et aux pieds à cause du froid !

Surmonter l’exil

Pour surmonter l’exil, il faut savoir s’entourer d’un bon réseau d’amis ou tout du moins de connaissances, pour sortir de l’isolement qui se créait souvent en arrivant dans un nouvel environnement.

Les occasions de se faire des relations sont nombreuses. Les gens d’ici sont accueillants et ont toujours à cœur de vous faire découvrir leur beau coin de pays. Personnellement, j’ai reçu un accueil chaleureux sur mon lieu de travail, où on s’intéressait à mon parcours de vie, où on me taquinait sur mon accent chantant et où les petites Jokes sur les « Maudits Français » égayaient l’atmosphère.

Beaucoup de Québécois s’impliquent bénévolement au sein d’associations. C’est aussi une belle façon de rencontrer des gens, de socialiser et de s’impliquer dans la communauté.

Les réseaux sociaux sont très forts avec le côté réseau de « quartier » qui est très agréable (groupe formé en lien avec un quartier, ex : Les parents de Villeray). On peut trouver de l’aide, des mots de personnes vivant à proximité.

Une Maman originaire de France

Néanmoins, ce n’est pas toujours très facile de s’intégrer et d’avoir de VRAIS AMIS, tu sais, ceux sur qui tu peux compter en cas de problèmes. Les différences culturelles et de mentalité font en sorte que l’on se retrouve souvent entre gens du même pays, un peu cloisonnés dans un univers parallèle …

Grossesse et accouchement, des différences de pratiques

Les femmes enceintes et nouvelles mères immigrées font face à des défis d’adaptation supplémentaires. Les systèmes de santé et les pratiques médicales diffèrent d’un pays à l’autre.

Les perceptions de la santé et de la maladie peuvent varier énormément d’une culture à l’autre. La médecine traditionnelle joue un rôle important dans de nombreuses cultures latines (des Asiatiques du Sud-Est croient que certaines parties du corps sont sacrées, ou que les médecins et les médicaments peuvent tout guérir immédiatement ; dans certaines cultures, il est inapproprié d’établir un contact visuel avec une personne en situation d’autorité, comme un professionnel de la santé, ou de lui poser des questions ; les femmes de certaines communautés ne peuvent pas être auscultée par un médecin de sexe masculin).

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Au Brésil, la majorité des accouchements se font par césarienne et on n’a pas le support donné par le CLSC après l’accouchement. Vu que la santé est privatisée, le médecin qui fait ton suivi est le même qui fera l’accouchement, à la date, heure et hôpital choisis par la maman.

J’ai accouché ici, on a dû provoquer l’accouchement et ça a pris 48h pour qu’ils (membres de l’équipe médicale) décident que ça ne marche pas et se décident à aller vers une césarienne. Alors, j’ai passé 48h sans manger, avec contractions aux minutes. Je comprends qu’on priorise l’accouchement par voie vaginal, mais il y a une limite pour la souffrance.

Salua, maman de Danielle, arrivée du Brésil en 2009

 

Nous venons de Paris où nous avons vécu 3 ans, auparavant nous vivions à Jérusalem. Nous sommes au Québec depuis 4 ans, J’ai accouché ici de ma fille. Je pense qu’ici, il y a beaucoup plus de liberté donnée à la mère quant aux choix de positions (d’accouchement), prendre ou non l’épidurale, possibilité d’être accompagnée d’une Doula, etc. En France, c’est beaucoup plus médicalisé et surveillé, avec une grande tendance à pratiquer des césariennes assez facilement. En Israël, il y a une vague de Doulas très prononcée et il me semble que de nombreuses femmes accouchent dans des maisons de naissance.

J’ai apprécié les cours prénataux offerts par le CLSC et l’hôpital. J’ai beaucoup aimé préparer le plan d’accouchement, qui me permettait de mettre par écrit mes attentes et souhaits par rapport à mon accouchement.

Florence (France) et Ofer (Israël), parents de Lya.

J’ai accouché deux de mes trois enfants ici. Les différences que j’ai remarqué (par rapport à chez moi) c’est que les infirmières te laissent le bébé tout le temps et qu’elles te poussent pour que tu lui donnes le sein. Même si était mon choix de le faire j’ai trouvé ça un peu intense.   

R. de Lima au Pérou

On a beaucoup apprécié le côté, très québécois, du « laisser-vivre »! Avec les choix de naissance pour le deuxième à venir, nous avons reçus beaucoup de critiques ou d’angoisses (qui ne nous appartiennent pas), de la part de notre entourage français ou immigrés face è notre choix d’accouchement sans péridurale et à la maison. Le regard que certains portent est encore très «arriéré». Les québécois, eux, n’ont soit rien dit, soit ont été curieux de notre choix, soit ont été à fait acceptant.

Axelle, Madagascar

 

Du support pour les familles immigrées et vulnérables

Au Québec, on trouve de nombreuses associations ou organismes qui viennent en aident aux femmes et aux familles en situation de vulnérabilité.

La Fondation O.L.O  offre aux futures mamans en situation vulnérable des aliments qui permettront d’améliorer leur alimentation : 1L de lait, un œuf, un verre de jus d’orange ainsi que des suppléments de vitamines et minéraux. Ces aliments sont remis dans le cadre d’un suivi individuel, offert la plupart du temps en CLSC, par une nutritionniste ou une infirmière. Ce support permet pour les femmes enceintes vivant dans des conditions difficiles d’avoir un bébé en santé dont le poids à la naissance est adéquat et une nouvelle maman qui débute avec confiance l’aventure parentale. Avant et après la naissance de l’enfant, avec la complicité des intervenants des établissements de santé et des organismes de la communauté, la Fondation OLO accompagne les familles vers l’acquisition et le maintien de saines habitudes alimentaires.

Le  service intégré en périnatalité et pour la petite enfance (SIPPE)  est un programme développé par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec qui réunit des professionnels de la santé et des intervenants de groupes communautaires pour offrir aux futurs parents ainsi qu’aux familles de jeunes enfants un coup de main durant la grossesse ainsi que lors de l’arrivée du bébé jusqu’à son entrée à l’école. La clientèle ciblée est surtout les jeunes femmes de moins de 20 ans et les parents vivant dans l’extrême pauvreté (mères sans diplôme de 5e secondaire et vivant sous le seuil de faible revenu).

La Maison Bleue est un centre de périnatalité sociale qui a pour mission de favoriser le développement optimal des enfants vivant dans un contexte de vulnérabilité, du ventre de leur mère jusqu’à l’âge de 5 ans. La Maison Bleue propose sous un même toit des services de périnatalité sociale visant l’intégration des soins de santé et des services sociaux et éducatifs dans une approche préventive. La collaboration quotidienne entre médecins de famille, sage-femme, infirmière, travailleuse sociale, psychoéducatrice et éducateur spécialisé permet un suivi complet des débuts de la grossesse jusqu’aux premières années de la vie de l’enfant. Ce modèle d’intervention à l’échelle humaine favorise une expérience positive de la grossesse, de l’accouchement et de la parentalité; brise l’isolement; et vient outiller les familles pour qu’elles prennent en charge leur mieux-être et celui de leurs enfants. A ce jour, 2 centres La maison Bleue existent au Québec, à Montréal dans les secteurs de Parc-extension et celui de Côtes-des-neiges.

Les nouvelles mamans ou plus largement les nouveaux parents ont souvent besoin d’établir des liens avec d’autres parents pour échanger sur l’expérience parentale. L’accès à des activités agréables, où les intervenants aident à favoriser le développement de l’enfant, le partage entre parents, la découverte des capacités de l’enfant et des compétences parentales, devraient être encouragé pour les familles immigrées.  A ce titre, une initiative de la Direction de la Santé Publique (DSP) de Montréal, le YMCA des femmes de Montréal et le CLSC Métro/CSSS de la Montagne ont mis en place un groupe de soutien Parents/Enfants 0-2 ans. En 2012, environ 74% des mères qui ont accouché sur le territoire du CLSC Métro étaient nées dans un autre pays (ASSSM, 2011).

Les Centres de Ressources Périnatales (CRP) reconnaissent que la période entourant la naissance d’un enfant constitue une période de transition, d’adaptation et de vulnérabilité pour toutes les femmes, tous les couples et toutes les familles, indépendamment de leur revenu et de leurs ressources. Ils offrent un éventail de services et d’activités à faire avec bébé ou avant son arrivée : cours, ateliers, rencontres, service à domicile « Coup de Main », consultations privées (individuelles ou en couple), soutien téléphonique, centre de documentation spécialisé et boutique. Pour trouver le CRP le plus proche de vous,  c’est ici.

De nombreuses ressources sont présentes à travers le Québec pour accompagner les familles au quotidien. Et pourtant, la plupart restent encore inconnues. Certaines associations répondent à des besoins plus spécifiques alors que d’autres encouragent la communauté à tisser des liens enrichissants entre enfants et parents. Pour découvrir plusieurs organismes dans votre région, cliquez ici

La  Fédération Nourri-Source  dont la mission principale est le soutien à l’allaitement recense près de 750 marraines bénévoles expérimentées qui ont choisi de s’impliquer afin de favoriser et d’encourager l’allaitement maternel. Nourri-Source aide les mères à cheminer vers une plus grande autonomie en les soutenant et en les encourageant dans leurs rôles et dans leurs expériences d’allaitement, à rompre l’isolement de la période périnatale.

Dans bien des villes, des organismes locaux aident les familles d’immigrants et de réfugiés à s’adapter à la vie au Canada.

Pour trouver de l’information virtuelle sur la santé pour les parents, dans diverses langues, notamment en arabe, en chinois (traditionnel et simplifié), en espagnol, en ourdou, en pendjabi, en portugais, en swahili et en tamoul, cliquez ici.

Les sujets traités sont :

  • Le développement des enfants et les pratiques parentales
  • La dépression postpartum et l’anxiété
  • L’évaluation et le dépistage
  • La grossesse et l’allaitement
  • La prévention des blessures
  • Les problèmes médicaux
  • La santé mentale et le développement
  • Les systèmes et les soins de santé
  • La vaccination

Les femmes qui accouchent sans assurance maladie

Dans son article du 6 janvier 2015 intitulé « La galère des mères sans RAMQ », La Presse dénonçait la situation des femmes enceintes non couverte par le régime d’assurance maladie. La plupart du temps ces femmes sont des migrantes en attente de parrainage, des étudiantes étrangères, qui ont une assurance privée, mais qui ne couvre pas la grossesse. A l’occasion cela peut être des femmes enceintes faisant du tourisme (Française en permis vacances travail) ou plus rarement des femmes demandeurs d’asile en attente d’une réponse.
Ces femmes doivent débourser des frais dépassant les 3500$ pour être prise en charge par le médecin. «Il faut un dépôt de 3500$ pour le médecin accoucheur, qui n’inclut pas l’épidurale. Il faut le payer comptant dans les trois premières visites.» Il faudra ajouter à cela plus de 1000$ pour l’accès à la péridurale. Par les temps qui courent et avec le regain pour les naissances naturelles on pourrait se dire que ces femmes n’ont cas choisir cette option pour sauver de l’argent ! Oui mais voilà, elles n’ont aucun recours pour avoir de l’accompagnement, personne qui leur explique le b.a.-ba de la physiologie, personne qui les pousse à croire en elles et en leur corps, personne qui leur donne la main pendant qu’elles sont en contractions, personnes pour leur faire des massages ou des points d’accupression.
L’article énonce plusieurs histoires d’horreur une femme a dû payer une sommes de plusieurs centaines de milliers de dollars parce qu’elle avait des complications pendant sa grossesse et qu’elle devait être hospitalisée, une autre qui n’avait pas les moyens de payer un suivi et qui a accouché seule, chez elle d’un bébé mort-né.
Immigration Canada (CIC) n’a aucune statistique sur le nombre de femmes qui entrent au Canada enceintes et qui y accouchent.
Annick Bourdonnais, une accompagnante à la naissance qui a travaillé bénévolement avec médecin du monde (qui fait des suivis de grossesse auprès de migrantes à statuts précaires) n’en revenait pas lorsqu’elle a découvert cette face cachée de l’obstétrique au Québec. Selon ces mots, cette expérience l’a complètement renversée, choquée et outrée! Annick explique :

« Cette maman avait comme plan d’attendre le début du travail pour ensuite sauter SEULE dans un taxi avec une enveloppe d’argent comptant pour aller négocier ses soins dans une urgence gynéco… Lors de notre première et unique rencontre à deux semaines de sa Dpa, elle était tremblotante, apeuré et émue!
J’ai mis plusieurs jours à me remettre de cette naissance qui me chamboulait! J’étais couverte de honte qu’en 2016 chez moi au Québec des femmes doivent donner naissance dans ce contexte de stress et de peurs! »

Annick Bourdonnais a donc décidé avec médecins du monde d’organiser un spectacle bénéfice afin d’amasser des fonds pour les aider à poursuivre leur travail mais aussi pour parler et faire connaître cette cause. Cette situation est inacceptable et totalement ABSURDE car sachez que dès la naissance, ce bébé né ici, aura automatiquement droit à sa RAMQ. 😒
Elle sollicite donc notre aide et notre soutient! Elle a comme objectif d’amasser 5000$!
Je crois sincèrement que nous devons faire front commun derrière cette cause, parler et partager ce sujet! Je vous invite soit à participer au dîner spectacle, soit à faire un don pour cette noble cause, soit à partager l’information via vos réseaux sociaux!

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Les avantages de l’immigration

Le Québec est une société libre et démocratique. Certains immigrés vivaient dans des pays où les conditions sont difficiles. Ici, ils viennent chercher une meilleure qualité de vie, une certaine sécurité. Le Québec offre un environnement sécuritaire et le taux de criminalité est parmi les plus bas au monde. C’est important de pouvoir élever sa famille dans un climat serein.

Ici on n’a pas peur de se faire arracher nos choses dans la rue pour des voleurs, je n’ai pas peur que mes enfants prennent l’autobus et le métro seuls, même si je travaille et suis monoparentale on peut avoir une vie de famille. Il y en a beaucoup d’activités sportives pour les enfants, beaucoup d’activités culturelles, des choses à faire dehors malgré la température. On a des opportunités et avec des efforts et du travail on peut refaire notre vie.  Une meilleure qualité de vie nous aide à élever des enfants plus autonomes et responsables, j’aime ça.

Anonyme

Vivre au Québec, c’est pouvoir vivre au rythme de l’Amérique du Nord tout en bénéficiant de nombreux avantages (bons services de santé, d’éducation et de sécurité sociale : régimes d‘assurance publics en cas de maladie, de perte d’emploi, d’accident de la route ou de travail, assurance médicaments et de l’aide financière aux familles).

Une femme enceinte qui occupe un emploi peut prendre un congé de maternité d’un an avec l’assurance de réintégrer son travail sans avoir perdu aucun avantage, tout en bénéficiant sous certaines conditions, de prestations et des allocations de maternité. Renseignez-vous sur le Régime Québécois d’Assurance Parentale – RQAP. Des jours de congé sont accordés aux nouveaux parents qui occupent un emploi, à l’occasion de la naissance de leur enfant ou en cas d’adoption.

Le congé parental est un simple miracle ! J’ai eu une très grosse et longue dépression post-partum, et le fait d’avoir mon conjoint pour m’épauler à temps plein pendant 8 mois, a juste été un plaisir. D’autant plus qu’il a pu créer un lien avec son fils que je vois que très rarement chez nos connaissances avec enfants.     

Axelle

Au niveau du travail, une fois passée les contraintes administratives, on a la chance de pouvoir vivre des relations harmonieuses entre employés et employeurs. La plupart du temps ces relations ne reposent pas sur un rapport de force : moins de hiérarchie, moins de stress. De plus le marché de l’emploi est très dynamique, on peut profiter de nombreuses possibilités d’avancement professionnel ou d’occasions de réorienter sa carrière. Les opportunités en matière d’emploi semblent plus fréquentes et plus attractives ici qu’ailleurs. De plus, la possibilité de créer sa propre entreprise est soumise à moins de paperasse administrative, ce qui facilite les choses.

Lorsqu’on a des enfants, il est important de pouvoir trouver de l’information en lien avec l’éducation des enfants (de la garderie jusqu’au différents types d’école). Pour en savoir plus renseignez-vous auprès du Réseau des services de garde et de l’Association Québécoise des Centres de la Petite Enfance – AQCPE. Il faut également comprendre rapidement comment marche le système de santé et de trouver LE FAMEUX médecin de famille. Visitez le site du Ministère de la Santé et des Services Sociaux et renseignez-vous sur vos droits auprès du Régime d’Assurance Maladie du Québec – RAMQ

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Ruth et ses enfants Nicolas, Ignacio et Camila

 


Je tiens à remercier chaleureusement toutes les mamans qui ont pris le temps de répondre à mes questions, de partager leurs expériences et leurs parcours ainsi que les photos de leur famille.

Je remercie tout particulièrement Isabelle Brabant, Sage-femme Québécoise spécialiste en ce qui à trait à l’aide aux familles qui vivent l’immigration, pour avoir révisé mon article. Isabelle Brabant travaille depuis de nombreuses années à la Maison Bleue de Parc Extension.

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©Tsikimamy Photographie

Pour en savoir plus et trouver de l’aide:

Réseau de services de garde

Association Québécoise des Centres de la Petite Enfance

Commission de la santé et de la sécurité du travail

Ministère de la Santé et des Services Sociaux

Régimed’Assurance Maladie du Québec – RAMQ

Sources:

http://www12.statcan.gc.ca/nhs-enm/2011/as-sa/99-010-x/99-010-x2011003_2-fra.cfm

http://irpp.org/fr/research-studies/choix-vol14-no2/

http://www.ceetum.umontreal.ca/documents/capsules/2013-enjeux/vatz-kan-enj-2013.pdf

http://naitreetgrandir.com/fr/dossier/meres-d-ailleurs-bebe-d-ici/

 

2 réactions au sujet de « Parents d’ailleurs, enfants d’ici »

  1. Whaou quel beau dossier sur le sujet! Tout un travail en ce billet 🙂

    J’ai émigré avec ma mère d’un petit village jurassien au centre-ville de Montréal à l’âge de 14 ans. J’ai souvent écrit sur mon hybridité francophone en mon blogue 😉 http://voldemots.blogspot.ca/search?q=Hybride Cela fera bientôt 30 ans que je vis au Québec. J’ai la double nationalité depuis ma majorité mais je ne me sens plus française que par quelques racines lointaines. Ma fille de dix ans est u e petite québécoise d’origine française, elle en a conscience mais comme elle n’a encore jamais mis les pieds en France, cela reste bien abstrait pour elle…

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