Plongée dans l’aventure de la prématurité

Plongée dans l’aventure de la prématurité

J’ai eu la chance d’avoir 3 magnifiques grossesses. Mes accouchements ont aussi été merveilleux, sans stress, sans péridurale, j’aurais pratiquement pu les accoucher seule dans un champ de patates!!

Ma 4e grossesse s’est  »bien passée » quoique très différente des 3 autres. J’ai eu des maux de cœur constants, mal au dos, de la fatigue extrême etc. Rien d’extraordinaire, ni rien pour m’empêcher de fonctionner, mais quand même… Ça ne ressemblait en rien à ce que j’avais déjà vécu. Faut dire que j’ai vécu mes 3 premières grossesses dans ma jeune vingtaine et que cette fois-ci j’avais dépassé les 30 ans fatidique!!

Forte de ma triple expérience de grossesse/accouchement/allaitement parfaite je ne faisais que raconter ces belles histoires à mon amoureux, qui lui, le vivait pour la première fois. J’étais convaincue que tout allait se passer de la même façon.

GROSSE ERREUR!!!

A 29 semaines (Semaines d’Aménorrhée), je me suis rendu à mon hôpital pour cause de perte d’un liquide qui n’était pas de l’urine. 

Le Doc. pas trop inquiet puisque le premier test est négatif, me fait le test de Fugère (mignon comme nom hein !), me dit qu’il revient dès qu’il a les résultats. Convaincue que j’ai rien de grave, je recommence à m’habiller pour retourner chez moi (Y’é quand même 1 heure du matin).  Le jeune médecin ouvre la porte de la salle d’examen toute grande, en grosse panique et me dit: « NON! Toi tu t’en va à MTL ! Tu perds du liquide amniotique » et il referme la porte!

Figée sur place, je regarde mon amoureux qui me demande: « Ça veut dire quoi ça?!»  Et moi de lui répondre: « J’en ai aucune idée ».

Me voilà plongée dans l’aventure de la prématurité. On m’a accueillie à Ste-Justine à bras ouverts, avec la douceur d’une maman, l’oreille d’une meilleure amie et les informations d’un savant fou.

Les spécialistes m’ont expliquée tout ce qui arriverait à Ma Mini puce si elle arrivait à ce moment-là. Ils m’ont dit qu’ils feraient tout pour qu’elle reste au chaud le plus longtemps possible, que si elle se rendait jusqu’à 34 semaines, elle serait forcée de naitre pour la protéger des infections.

Mais surtout on m’a expliqué que la meilleure chose que j’allais pouvoir faire après sa naissance c’est de lui donner mon lait. Pour moi, ça allait de soi! Je l’avais fait pour son frère et ses deux sœurs, pourquoi pas pour elle?

Ma Mini est née à 30 semaines, elle respirait seule (nous avons été très chanceux). Mon « Petit paquet de 3 livres » n’avait aucun problème de santé à part qu’elle était arrivée trop tôt et qu’elle devait prendre du poids.

1h après sa naissance catastrophique, les infirmières sont venues me voir avec un tire-lait. Un énorme moteur sur roulette qui allait les aider à nourrir ma fille. Parce que voyez-vous, à 30 semaines (SA), Miss Mini n’avait pas encore acquis la succion. Elle devait être gavée!

Alors, me voilà, en larme, les bras vides, mon chum anxieux x 100000, en train de me faire  »traire » le colostrum pour donner à Ma Mini. Je nous vois encore récolter, avec des seringues sans aiguilles, chaque goute de ce précieux liquide et courir les porter en néonatalogie.

J’ai tiré mon lait aux 3 heures avec le moteur sur roulette pendant les deux jours de mon hospitalisation. Dès ma sortie je suis partie en louer un, que j’allais toujours trainer avec moi au manoir Ronald MC Donald (Merci McDo pour l’hébergement presque gratuit!!), chez moi les week-ends, quand j’allais faire le plein d’énergie auprès de mes 3 grands enfants trop inquiets pour leur petite mini sœur.

À toutes les 3 heures, mon lait était extrait (Oui Oui c’est comme ça que je le vivais) pour aider ma fille à grandir. Mon lait était enrichi puis donné par gavage au moyen d’un tube qui passait par son nez jusque dans son estomac.

J’ai trouvée affreusement difficile de ne pas pouvoir lui donner le sein. Il me manquait cette proximité magique que procure l’allaitement.

Puis vers 3 semaines de vie, Miss Mini a commencé à montrer des signes de faim. Elle se tétait les poings et les lèvres!!!

J’ai donc commencé la mise au sein. À ce moment-là, j’étais convaincue que tout allait fonctionner comme avec mes autres amours. Oooooh que j’étais loin de m’imaginer à quel point ça allait être difficile pour nous deux…. Miss Mini n’avait pas assez d’énergie pour téter longtemps, je devais donc être patiente et donner le sein un peu, puis compléter avec son gavage. Certain jour, elle ne voulait rien savoir, elle n’ouvrait même pas la bouche. Ces jours-là, elle était donc gaver et je partais tirer mon lait en pleurs. Je ne comprenais pas pourquoi quelque chose de si naturel ne fonctionnait pas! Je détestais tirer mon lait, je me haïssais de ne pas être capable de nourrir ma fille, je détestais le petite tube de gavage qui la nourrissait à ma place.

Puis Miss Mini a atteint 35 semaines. Plus éveillée, elle avait une meilleure succion et nous avons enfin réussi un allaitement nutritif. J’ai tout de suite adoré ce mot: NUTRITIF!!! Je venais de nourrir ma fille!!!

Bien sûr, ce n’était pas gagné. Nous avons eu de la difficulté à s’adapter. J’ai pleuré, elle a pleuré, on m’a offert de lui donner un biberon pour voir…pour voir si c’était plus facile et dans un moment de faiblesse ou de lucidité j’ai dit OUI! Étrangement ce biberon nous a beaucoup aidées. On dirait qu’elle a compris le principe et  j’ai pu souffler un peu.

Je suis donc retournée chez moi avec Miss Mini lorsqu’elle avait 7 semaines de vie. Je lui donnais le sein et des biberons de mon lait enrichi en calorie pour l’aider à prendre du poids.  Enfin installées chez nous, dans nos choses, nous avons développé une complicité lors des allaitements.

J’ai réussi à lui offrir la même chose que son frère et ses sœurs. Ce moment magique, exclusif, qu’est l’allaitement. Miss Mini a profité de ces moments jusqu’à 6 mois, journée où elle a décidé qu’elle ne voulait plus de ce dernier boire que je gardais que pour le plaisir. Elle a préféré les biberons que tout le monde pouvait lui donner, elle a préféré pouvoir passer ces moments magiques, exclusifs, avec tous ceux qu’elle aime. Papa, Tit homme, Miss D et Miss A, ils en ont tous profité pleinement et moi aussi.

En tout, J’ai tiré mon lait aux 3 heures le jour et aux 6 heures la nuit, pendant 7 semaines. 7 semaines d’enfer ou j’ai détesté mon incapacité à nourrir ma propre fille. 7 semaines à arrêter tout ce que je faisais pour extraire mon lait et le donner par un bout de plastique. 7 semaines à traîner mon tire-lait partout, à courir la nuit dans les corridors du Manoir pour aller porter mon lait dans le congélateur, à pleurer parce que j’aurais donc voulu que ce soit simple.

Le fait est qu’un bébé prématuré n’est pas simple. Rien ne sera comme prévu avec un bébé né trop tôt. Rien ne se passe dans les normes avec un tit’ bébé pressé. L’important c’est de trouver nos normes, notre façon de faire, de fermer nos yeux et arrêter de vouloir être comme tout le monde. Parce qu’avec un mini préma, plus rien ne sera comme tout le monde.

J’ai donné tout ce que je pouvais à Ma petite Mini. Mon énergie, mon temps, mon lait et j’en suis fière! Cette expérience m’a fait comprendre que l’important pour nos bébés est vraiment notre présence. Rien ne doit être pris pour acquis et que chaque maman vit l’allaitement différemment. L’important est de NOURRIR notre enfant!

Miss Kaz


Crédit photo à la Une Amalgame Photographie. Notez que le témoignage et la photo de Amalgame Photographie non pas de lien entre eux.

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