Donner naissance dans la douceur de ma maison

Donner naissance dans la douceur de ma maison

J’ai mis particulièrement d’attention dans la préparation de cet accouchement. Ayant déjà vécu deux suivis et accouchements en milieu hospitalier, je sentais qu’il me manquait quelque chose. Voilà pourquoi j’ai décidé d’avoir un suivi sage-femme, davantage à mon image et reflétant mes valeurs. Je voulais donner naissance dans la douceur de ma maison, endroit même où mon bébé avait été conçu, pour moi cette décision était l’évidence même.

Afin de bien me préparer à la venue au monde de notre bébé surprise, j’ai fait de l’hypnose où j’ai travaillé énormément sur des blocages psychologiques créés par mes deux premiers accouchements. J’ai fait aussi de visualisation et appris l’auto-hypnose afin de bien gérer la douleur le moment venu.

 

Mercredi le 7 septembre

41 semaines aujourd’hui. Je suis découragée. J’ai le sentiment que je n’accoucherai jamais! Disons que je ne m’étais pas du tout préparé à dépasser mon terme ayant eu Charlie à 38+6 sa et Alexe à 40+2 sa. Ce matin je me rends donc en clinique GARE pour avoir un moniteur et une échographie afin de nous assurer que tout va bien pour bébé et maman. Nous ressortons ma bédaine et moi de l’hôpital rassurées car tout est encore très beau. Par contre, je sens que je suis moins zen, moi qui souhaitait tellement un suivi naturel, me voilà rendue à aller à l’hôpital… Je dois y retourner samedi le 10 septembre si je suis toujours enceinte. J’appelle ma sage-femme et lui donne des nouvelles. Elle m’encourage et me dit qu’il reste encore du temps. Lui parler de mes angoisses par rapport à un déclenchement m’apaise et me fait du bien, je me sens mieux suite à notre conversation.

 

Jeudi le 8 septembre

Rien à signaler aujourd’hui. J’ai un début de crampes menstruelles mais rien de significatif. Je dis à Max : j’ai le feeling que tu n’iras pas travailler demain matin… Mais bon, fais-toi pas trop d’attentes, tu risques d’être déçu! Les crampes menstruelles s’estompent sur l’heure du souper avec le rush de la routine du soir avec Charlie et Alexe puis elles reprennent en soirée. Par contre, elles ne font pas vraiment mal et sont très irrégulières. Je me couche vers 22h30.

 

Vendredi le 9 septembre 

2h36 du matin : Une contraction plutôt douloureuse me sort du sommeil. Cinq minutes plus tard (environ) une autre… puis une autre…. Je décide de descendre au rez-de chaussée pour mieux les minuter avec mon application sur le Ipad. Je dis à Max de rester coucher car il travaille tôt ce matin-là et si c’est de la latence, je ne veux pas qu’il perde des heures de sommeil pour rien. Après quelques contractions aux 4-5 minutes, je décide d’aller dans le bain pour voir si ça fera progresser ou non le travail.

 

3h15 : J’entre dans le bain et je continue de minuter mes contractions. Elles sont toujours aux 4-5 minutes mais ne font pas si mal. Je suis encore capable de parler pendant celles-ci.

 

4h00 : Je sors du bain. Je vois bien que mes contractions sont encore très régulières mais comme c’est la première fois que je vis cela (à Charlie et Alexe j’avais rompu mes membranes avant d’avoir des contractions) je ne sais pas trop quoi faire… Est-ce de la latence? Le début de mon vrai travail? Je demande donc conseil à mes supers amies sur mon forum de mamans. Elles me conseillent d’appeler ma sage-femme. Moi je stresse car j’ai peur de la réveiller inutilement!

 

4h15 : Je me décide à appeler ma sage-femme Annie (je suis dont contente que ce soit elle… j’avoue que j’avais une petite préférence pour elle et je souhaitais secrètement qu’elle soit de garde lors du grand jour!). Premier appel… elle ne me rappelle pas… Je ne sais pas quoi faire! J’angoisse! Qui appeler d’autres?

 

4h30 : Je me décide finalement à la rappeler une 2e fois et 5 minutes plus tard, elle me rappelle enfin! Elle analyse ma situation par téléphone et décide de s’en venir chez moi pour une évaluation.

 

Je vais aviser Max et on enclenche la liste des choses à préparer, telles que mettre le protège-matelas en vinyle, changer quelques meubles de place, etc. Je me sens fébrile!

 

5h30 : Ma sage-femme Annie arrive à la maison. C’est quand même vraiment spécial et même luxueux de ne pas avoir à se déplacer dans une situation pareille! Pendant que ma sage-femme installe son matériel sur ma table de cuisine, moi je fais du ballon en écoutant Salut Bonjour et en buvant une tisane dans ma tasse préférée!

Donner naissance dans la douceur de ma maison | Cocoon Bien Naître

6h20 : Annie me propose de me faire un examen du col afin de voir où nous en sommes afin de bien évaluer par la suite si je suis seulement en latence ou si cela progresse dans les heures qui suivent. Surprise! Je suis déjà dilatée à 3cm et effacée à 50%. Je suis contente car j’avais à peine de travail de fait au dernier rendez-vous.

Annie nous propose de nous recentrer dans notre bulle Max et moi. On éteint donc la télé et on prend chaque contraction ensemble. Je suis toujours aux 5 minutes environ.

 

7h00 : Charlie et Alexe se lèvent. Elles sont bien surprises de voir Annie et tout son matériel! Max appelle ma mère pour lui dire de venir chercher les filles vers 8h00. Max prend le temps de les faire déjeuner. Pendant ce temps, je suis calme et prend chaque contraction de façon détendue.

 

7h20 : Alexe me demande du lait. Je l’allaite entre les contractions et je vois que cette stimulation fait augmenter considérablement la fréquence de mes contractions. Suite à sa tétée, je passe aux 3 minutes.

 

8h20 : Les filles quittent la maison avec ma mère et j’en suis contente. Honnêtement, j’avais de la misère à être dans ma bulle avec leur présence et leurs multiples demandes. Je dois maintenant faire des sons graves lors des contractions.

 

Je change souvent de positions. Couchée sur le matelas, debout, sur le ballon. Max me fait des points de pression au bas du dos et ça m’aide énormément.

 

10h15 : Je souhaite aller au bain, mais j’ai peur que le bain ralentisse mes contractions comme c’était arrivé lors de la naissance de Charlie. Annie me propose donc de m’examiner avant d’aller dans le bain afin de voir la progression de mon travail. Je me mets à trembler. J’ai peur que ça n’ait pas progressé… J’essaie de me recentrer et de passer par-dessus ce blocage sur lequel j’ai tant travaillé pendant la grossesse. Je suis rendue dilatée à 6cm et effacée à 80%! Hourra! Quel soulagement! Je suis vraiment heureuse! Je peux donc aller dans le bain!

 

10h30 : J’embarque dans le bain, j’y reste un bon 50 minutes. Je me sens si bien! Les contractions sont maintenant aux 2 minutes mais j’arrive très bien à rester détendue. Je sais que chacune d’elles m’amènent encore plus proche de la rencontre avec mon bébé.

 

11h20 : Je sors du bain, je me promène dans la maison. Vraiment! Quel bonheur d’être dans ses affaires. De marcher pieds nus, de fouiller dans son frigo quand on a faim!

J’ai une nouvelle douleur, j’ai atrocement mal à la symphyse pubienne! Chose que je n’avais encore jamais ressenti! Ma sage-femme me dit que bébé doit être en train de bien descendre dans mon bassin! Ça m’encourage!

 

12h00 : Je commence à être un peu fatiguée. Les contractions sont toujours aux 2 minutes et de forte intensité! Je trouve ça difficile et j’ai l’impression que je vais vomir à chaque contraction. Je pleure lors des contractions et ça me soulage énormément. Comme si je laissais aller un fardeau de sur mes épaules.

 

12h20 : La 2e sage-femme, Jessica, arrive à la maison. Je pleure encore sans savoir pourquoi, mais ça me fait du bien!

 

13h00 : J’ai l’impression d’avoir envie de pousser mais je ne suis pas certaine. Je dis à ma sage-femme que je ne sais pas quoi faire. Je rationalise trop et dans ma tête j’ai peur de pousser sans être complète et de faire enfler mon col… J’ai de la difficulté à faire confiance à mon corps.

 

13h10 : Annie me propose de m’examiner à nouveau pour pouvoir guider ma conduite. Je suis complète, mais je n’ai pas rompu mes membranes et la tête du bébé ne fait pas de pression assez forte pour que je puisse sentir cette envie de pousser. J’entre mes doigts dans mon vagin et je sens une grosse balloune très bombante.

 

13h20 : Je pousse et j’ai l’impression que ça n’avance pas du tout! Ça m’inquiète! Annie m’explique qu’il faudrait que mes membranes se rompent pour aider à la descente du bébé.

Ma sage-femme me propose donc de me placer à quatre pattes pour qu’avec la gravité les membranes puissent rompre, mais à ce moment précis une douleur atroce me traverse le bas du corps et je demande carrément à Annie si je vais mourir. Je sens que je vais tomber dans les pommes et Jessica m’assure que non, je ne manquerai pas la naissance de mon bébé.

 

13h25 : Je demande à Annie de rompre artificiellement mes membranes car je ne suis plus capable de bouger, paralysée par la douleur atroce qui semble vouloir me fendre le bas du corps en deux.

 

13h30 : Annie rompt mes membranes. Aussitôt fait, je sens la tête du bébé qui descend de façon très rapide dans mon vagin et ma sage-femme me dit qu’on voit déjà sa tête.

 

13h33 : Après 3 ou 4 poussées mon petit bébé surprise naît, un peu étonné de la rapidité avec laquelle il est descendu dans mon bassin puis expulsé!

Sur le moment, je ne pense même pas à regarder le sexe du bébé. Je suis tellement heureuse! Tellement fière de cet accouchement 100% naturel qui m’a réconcilié avec ma force en tant que femme et la force que mon corps possède pour mettre au monde un être humain. Cette force qui m’a été ‘’volée’’ 2 fois par des accouchements en milieux hospitaliers et qui m’ont fait douter de ma capacité à donner la vie par moi-même.

Après quelques minutes, je découvre enfin ma 3e fille, ma 3e merveille! Nous sommes restées en peau à peau près de 2h dans mon propre salon. Y’a rien de plus magique, de plus majestueux. J’ai tenu, avec l’accord de Max à couper le cordon moi-même. Je l’ai coupé à 15h30 près de 2 heures après la naissance.

 

Petite Joëlle d’amour pèse 8,12lb et mesure 53,5cm. Elle tète aussi bien que ses grandes sœurs!

 

Mon seul regret est de ne pas m’être offert un suivi sage-femme pour mes 2 grandes. Même Max qui au départ était réticent à un accouchement à domicile, a adoré l’expérience et en vante les mérites à tout notre entourage!

 

Marie-Pier Bilodeau, maman comblée


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