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Catégorie : Allaitement

Bijoux au lait maternel La Joie en Rose

Bijoux au lait maternel La Joie en Rose

La Joie en Rose, créée par Karine Lajoie une jeune Québécoise vivant dans l’ouest canadien depuis 3 ans, propose nouvellement de superbes bijoux au lait maternel. Cette entreprise vous offre de créer une perle avec votre lait maternel. La perle est ensuite montée sur une bague, des boucles-d’oreilles ou un pendentif.

L’allaitement est un moment très spécial entre une maman et son bébé. L’idée d’ancrer ce moment privilégié en incluant le lait maternel, « véritable or liquide », dans un bijou est tout simplement génial ! Difficile de savoir si cette nouvelle tendance est arrivée des Etats-Unis ou d’Australie, ce qui est certains c’est qu’elle se propage rapidement autour de la planète.

J’ai eu envie d’en savoir plus sur cette pratique et de poser quelques questions à Karine Lajoie sur ce concept unique.

Pour toi l’allaitement maternel c’est quoi ?

Pour moi, c’est la vie, pure et simple. L’allaitement est la suite naturelle de la grossesse. Le lait maternel est complexe et inimitable. Le geste d’allaiter dépasse la nutrition. C’est une façon d’entrer en communication avec l’enfant.

C’est un don de la nature que la plupart des femmes possèdent. Qui pour certaines se passent merveilleusement bien et qui pour d’autres, relèvent d’un défi quotidien. Mais elles ont toutes en commun ce lien extraordinaire et incomparable. Il existe maintenant une façon de le transformer en un bijou afin d’en garder un précieux souvenir : Les Bijoux de Lait Maternel  La Joie En Rose.

D’où t’est venue l’idée de créer des bijoux au lait maternel ?

La Joie En Rose est née du désir de prendre ma vie professionnelle en mains suite à plusieurs déménagements pour suivre l’homme de ma vie. Je voulais partager ma passion de l’art et de la beauté en passant par le bonheur de créer. La Joie En Rose est un rappel à mon nom de famille (Lajoie) et l’expression bien connue « Voir la vie en rose ».

J’ai lancé mon entreprise il y a presque deux ans déjà, à confectionner des bijoux et accessoires avec tous les matériaux possibles (de la pâte polymère en passant par les perles,  le fil d’aluminium et maintenant le silicone de grade alimentaire). Celle-ci est devenue mon lien « quotidien » avec le Québec grâce aux échanges que j’ai avec mes clientes.

Je suis autodidacte dans l’âme et j’ai appris, avec l’aide de ma fidèle clientèle, à écouter les femmes et leurs besoins. Je ne suis pas maman moi-même pour des raisons personnelles mais je le vis à travers leurs  témoignages  et nos nombreuses conversations sur les réseaux sociaux.

Comme dans la vie, j’ai eu envie que mon entreprise me ressemble et sorte de l’ordinaire. J’ai découvert les bijoux fabriqué avec le lait maternel grâce à une Québécoise qui recherchait ce genre de produit. Un « matériel » peu commun certes mais qui ne peux pas s’approcher plus de la beauté de la vie.

J’ai donc pris mon courage à deux mains et fais de nombreuses recherches / tests pour arriver à créer un souvenir impérissable et de qualité. J’adore connaître les histoires de chacune, toutes plus touchantes les unes que les autres, et celles-ci se reflètent dans la création du bijou.

Bijoux au lait maternel La Joie en Rose | Cocoon Bien Naître
Crédit photo : La Joie en Rose

Es-tu la première entreprise au Canada à proposer ce genre de bijoux ?

À ma connaissance, une femme au Labrador seulement et peut-être au Manitoba mais le nom m’échappe. Cet art est méconnu au Québec et au Canada en général et mon objectif est d’offrir à chaque maman d’ici un souvenir unique du lien créé avec son enfant pendant l’allaitement. Mon service se fait autant en français qu’en anglais.

Sans révéler tes secrets de fabrication, tu peux nous en dire un peu plus sur le procéder de transformation du lait pour créer le bijou ?

J’ai seulement besoin d’une très petite quantité de lait maternel pour faire un bijou. Celui-ci est conservé précieusement pour ensuite passer dans un procédé de préservation et de solidification qui est propre à chacune des créatrices de bijoux faits de lait maternel. L’important est de s’assurer que les solvants utilisés ne feront pas jaunir la « pierre » avec le temps.

Mes bijoux sont aussi tous finis avec un revêtement protecteur, résistant aux rayures et à haute brillance. Le procédé de préservation permet qu’il n’y ait absolument pas de d’odeur qui s’en dégage, seulement la beauté de la couleur qui ressemble à une perle.

Les supports : bague, broche, pendant et autres sont en argent sterling/or, ce qui en fait des bijoux de hautes qualités. C’est évidemment un travail minutieux et très long puisque Karine Lajoie manipule un élément vivant et délicat. Ces bijoux au lait maternel sont sans aucun doute le souvenir d’une vie.

Bijoux au lait maternel La Joie en Rose | Cocoon Bien Naître
Crédit photo : La Joie en Rose

Si une maman veut te commander un bijou comment ça se passe pour te faire parvenir le lait maternel ? Y a-t-il des impératifs à connaître ?

Après avoir passé commande sur ma Boutique en Ligne, la personne reçoit un courriel en retour avec des instructions détaillées sur comment et où m’envoyer le lait maternel en toute sécurité.

Le lait maternel a en fait des propriétés étonnantes qui lui permettent de ne pas se perdre trop rapidement, donc aucun souci pour les délais postaux.

L’expérience d’allaitement de chacune est différente, tout comme nos Bijoux Lait Maternel, il n’y en a pas deux pareils. Chaque bijou est unique. Les perles varient en couleur d’un jaune crème à un blanc plus nacré et même la translucidité peut varier. « Votre bijou sera de la couleur de VOTRE lait maternel. »

Je suis très ouverte et disponible à échanger avec chacune de mes clientes. Si elles ont des demandes spéciales, je fais tout ce que je peux pour les satisfaire. Je privilégie la proximité via ma disponibilité car chaque bijou créé est unique et représente beaucoup pour chacune d’entre elles. Un lien  de confiance s’installe et la beauté commence!

Si vous avez des questions sur les bijoux au lait maternels, vous pouvez regarder sur la page Foire aux Questions si la réponse s’y trouve. Sinon vous pouvez contacter Karine Lajoie par courriel : karinelajoie@lajoieenrose.com.

N’hésitez pas à aller visiter le site web ou aimer la page Facebook pour voir les nouveautés.

 

Maman Rebelle


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14 mois d’allaitement, je n’aurais jamais pensé me rendre aussi loin

14 mois d’allaitement, je n’aurais jamais pensé me rendre aussi loin

Je n’aurais jamais pensé me rendre aussi loin

Tout d’abord parce que les 3 premières semaines ont été extrêmement difficile. Avant même d’accoucher j’étais persuadé que j’allais faire partie de ces femmes qui ne peuvent pas allaiter par manque de lait. Cette peur est devenu une énorme source de stress pendant la grossesse et à la naissance de ma fille. Quand elle est née j’allaitais en me disant que tout allait bien se passer. Puis vint le temps où on m’a dit qu’elle ne faisait que perdre du poids. Ce fût la catastrophe.

Dans ma tête les seuls mots qui se bousculait étaient : « je n’ai pas de lait ». Je devais donc complémenter ma fille avec des bouteilles remplies du lait que j’avais tiré et des PCN. J’ai dû le faire après chaque boire. L’infirmière me l’exigeait. Elle me disait que ma fille serait hospitalisée si je ne m’y tenais pas. Alors j’écoutais.

J’avais beau avoir la Cadillac des tire-laits double électrique, le maximum que j’arrivais à tirer était 60ml en 1hr de power-pumping. C’était un désastre pour moi. Un échec.

Des conseils sur Facebook

Puis j’ai demandé conseil sur un groupe Facebook dont je fais partie. Un groupe de mamans allaitantes et maternantes. Wow ! Mais quelle bonne idée j’ai eu. Elles m’ont conseillé de faire confiance à mon bébé et à mon bon lait. Et c’est ce que j’ai fait.

Après 3 semaines à me consacrer seulement à ma fille et à mon allaitement, j’ai décidé d’arrêter les PCN que je donnais (en pleurant) à ma petite perle. Et puis ça là, enfin, je retrouvais le bonheur d’allaiter exclusivement ! A mon grand soulagement elle reprenait du poids. J’eu enfin mon congé d’infirmière. La menace d’hospitalisation de mon bébé était enfin écartée.

Frein de langue

Puis arriva les 3 mois d’Ashley ! Ohh la poussée de croissance. Mais si ce n’était que cela… Ma fille commençait à me blesser en tétant. Elle faisait claquer sa langue et aspirait beaucoup d’air. Elle perdait le sein… On me conseilla donc d’aller consulter une IBCLC.

On découvrit alors qu’elle avait un frein de langue postérieur. Nous sommes allés consulter un ORL qui a sectionné son frein. Notre meilleure décision! En quelques jours à peine, plus de claquement et plus de douleur. Je pouvais enfin vivre mon allaitement de rêve et nos moments magiques avec ma fille. C’est si paisible de la nourrir son enfant, d’être collée à elle et d’écouter sa respiration.

Dernièrement j’ai fait appel à une photographe pour souligner nos 12 mois d’allaitement ! 12 mois déjà ! Ça va si vite. On dirait que je n’ai pas vue le temps passer.

14 mois d'allaitement, je n'aurais jamais pensé me rendre aussi loin | accompagnante | cours prénataux
Crédit photo : Renée Ledoux

On me dit que je dois cesser d’allaiter ?!

Malheureusement il y a quelques temps, on m’a annoncé que je devrai cesser l’allaitement. Pourquoi ? Parce que je devais avoir une chirurgie bariatrique. Le médecin et l’infirmière me disait que les 2 n’allaient pas ensemble, qu’ils ne pouvaient pas me garantir la compatibilité des médicaments. Mais ils ne voulaient pas me donner la liste des médicaments que j’aurais à prendre. Puis on me disait que j’allais être trop faible. Ohhh… j’en ai pleuré.

Je ne voulais pas mettre un terme à ces moments-là. Ma fille et moi n’étions pas prêtes à arrêter. Parce que l’allaitement ne va pas juste dans un sens. Il y a un bébé, allaité à la demande, qui demande à boire et du réconfort lorsqu’il en ressent le besoin. Et il y a aussi une maman, qui a besoin de ces moments de tendresse avec son enfant. C’est comme un calmant. Quand ça ne va pas, ça me remonte toujours le moral d’apaiser mon enfant et ça m’apaise à mon tour.

Quand ils m’ont annoncé que je devrai arrêter l’allaitement j’ai paniqué. Je voulais repousser ma chirurgie. Eux m’ont mentionné qu’ils le pouvaient mais de 2 à 3 mois seulement. Sinon je retournais en fin de liste d’attente. J’ai donc pris la chance. Je m’étais dit que j’attendrai 24hrs et que je ne prendrai aucun médicament non compatible ! Ce que j’ai fait finalement. Je n’ai pris aucun narcotique pour la douleur. Seulement mon anticoagulant. Ainsi ‘ai pu continuer de réconforter ma fille avec nos tétés régulières.

Presque 14 mois d’allaitement

Aujourd’hui, à 17 jours post-opératoires, j’allaite encore Ashley. Elle a maintenant 13 mois, bientôt 14, et elle adore autant le bon lait de maman.

Je vise un sevrage naturel et en douceur. Du bel or liquide pour encore longtemps. Nos moments privilégiés ne seront interrompue à la demande de personne.

Allez voir un autre témoignage de Karine : Puis est venue la première tétée …

Karine, Maman d’Ashley


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Allaitement et communautés, tous et toutes concernés | Cocoon Bien Naître

Allaitement et communautés, tous et toutes concernés | Cocoon Bien Naître

Deuxième partie : savoirs, sociétés et solidarités

L’allaitement concerne toutes les communautés, chacun de nous est concerné. Les progrès de la biochimie et de l’immunologie permettent d’en savoir chaque jour d’avantage sur sa composition et son adéquation. Le développement des méthodes statistiques permet de les objectiver de manière évidente. Lire la première partie sur les enjeux de l’allaitement en terme de savoirs, désir et croyances. 

Le lait maternel, un aliment vivant

Le lait maternel répond aux besoins spécifiques de notre espèce où le petit naît tellement vulnérable et dépendant. Par rapport aux autres petits mammifères, le bébé humain a une croissance relativement lente: il reçoit dès lors un lait contenant moins de protéines que d’autres[1]. Son cerveau par contre se développe très rapidement: le lait maternel lui fournit des sucres et des lipides (les graisses) de haute qualité, nécessaires à cette croissance.

C’est un aliment vivant, toujours prêt, à bonne température, propre et bactériostatique (qui arrête la prolifération des bactéries). Il contient des vitamines, des oligo-éléments, des sels minéraux, des substances anti-infectieuses. Lorsqu’il est digéré, il produit un résidu digestif acide, ce qui a pour effets de freiner le développement des germes intestinaux néfastes et de favoriser le celui des lactobacilles qui  aident à résorber certains éléments utiles (dont le calcium).

Le lait maternel est très digeste grâce à son adéquation parfaite et à la présence d’enzymes digestives; 60 à 90 min. suffisent pour digérer une ration moyenne. Sa bio-disponibilité est exceptionnelle: la moindre goutte de lait est utilisée de manière optimale. La quantité prise au sein ne doit donc pas être comparées à celle consommée au biberon: ce ne sont pas des produits de même qualité[2].

Sur le plan individuel, ces savoirs s’ajoutent aux représentations, aux désirs et aux croyances personnelles  et contribuent à prendre une décision qui a du sens pour la personne concernée.

Sensibiliser le grand public

Mais les responsables politiques, en particulier les décideurs du système de soins de santé, ne peuvent plus se voiler la face. Sous-estimer un produit d’une telle qualité, négliger un tel outil préventif serait de l’inconscience.

Plusieurs pays -dont la France, la Belgique, la Suisse et le Québec- se sont lancés dans des campagnes de sensibilisation, au départ, à l’initiative de groupes associatifs qui sont actuellement mieux soutenus par les pouvoirs publics. L’allaitement n’est plus uniquement  l’affaire d’une femme ou d’un couple qui, dans sa bulle, fait de son mieux avec son bébé.

Allaitement et communautés, tous concernés | Cocoon Bien Naître
©Renée Ledoux Photographe

Une longue tradition d’ingérence religieuse ou médicale dans la santé des femmes, en particulier dans le domaine de leur fécondité, peut exacerber la méfiance: pas question de revenir aux vieux discours sur l’obligation de toute femme à allaiter son bébé  [3]!

Certes non, et il est nécessaire de rester vigilant pour éviter les dérapages et les abus de pouvoir. Mais il est un autre axe de réflexion beaucoup plus chaleureux et constructif, à propos du rôle que peut jouer la communauté dans le soutien des nouveaux parents, l’accueil du nouveau venu, les soins intensifs des deux premières années, l’attention dont le petit d’homme a tant besoin.

Rôle de la communauté

Le regard de l’anthropologie est très éclairant. L’être humain est résolument social. Son  premier mode d’organisation et de survie, fut le groupe, la tribu. Ce fonctionnement est encore bien enraciné dans beaucoup de régions du monde. En Occident, il s’est perpétué jusqu’il y a peu dans les milieux ruraux. L’industrialisation et l’urbanisation ont suscité lentement, mais sûrement, l’isolement des familles et des individus, pour le meilleur et pour le pire. Pour certains l’affranchissement du joug des traditions et de l’autorité tribale, libéra le potentiel créateur. Pour d’autres, l’effondrement rapide des repères fut une catastrophe. Tout être humain oscille en permanence entre son besoin d’individuation[4] et son besoin de fusion dans un groupe. L’équilibre entre l’un et l’autre, entre le trop peu et le trop, se cherche à tâtons et n’est jamais acquis.

La tribu, la grande famille, le village avaient cet avantage: le soutien parfois envahissant mais effectif de la communauté. L’enfant concerne tout le monde[5]. Si la mère biologique reste en général la personne de référence, tous les proches s’impliquent : grand mères, tantes, sœurs, voisines… (souvent, les hommes entrent en jeu plus tard). Il y a en moyenne cinq adultes pour s’occuper d’un bébé, d’où le concept d »allo-mères[6]« , autres mères. Après tout, si l’on considère les énormes besoins d’attention et de stimulation du petit humain, c’est réaliste.

Dans cette perspective, il est légitime de se demander s’il n’est pas surhumain pour deux jeunes adultes, ou pour une femme seule (isolée en « congé » de maternité; son conjoint ne rentre qu’à cinq heures), de prendre soin, nuit et jour, d’un petit être à ce point dépendant[7]. Son super-cerveau, en pleine construction, a non seulement besoin de matériaux de haute qualité, mais aussi de présence humaine, de contact, de stimulations sensorielles de préférence agréables et variées. Des retards de développement s’observent chez les bébés peu ou pas assez entourés.

Importance de la famille

La « nourriture » du petit humain ne se limite pas à l’alimentaire, loin de là. La mère qui donne le sein a le privilège de nourrir à la fois « d’amour et de lait », mais les « nourritures affectives »[8] et sensorielles peuvent être apportés par le père, les frères et sœurs, les proches. Passés les premières semaines de cocooning intensif et intime, le bébé est curieux et heureux de découvrir progressivement d’autres personnes. Les familles nombreuses observent souvent à quel point les cadets « s’élèvent tout seul ». Les enfants plus grands sont spontanément attirés par le petit et se relayent auprès de lui.

La culture du biberon

Mais alors, comment et pourquoi sont apparues des recommandations de ne pas trop « gâter » les bébés, de les isoler dans leur berceau, de les déranger le moins possible (« pour qu’ils grandissent bien »), de les nourrir à heures fixes avec des quantités fixes et de les laisser pleurer (« pour qu’ils deviennent sages »)? Comment une puériculture aussi sévère et rigide a-t-elle pu s’implanter?

D’abord, elle n’est pas apparue n’importe où, mais dans les pays industrialisés, là où la productivité devenait une « valeur » montante, surtout dans les années de production intensive qui ont suivi la « dernière » guerre. Elle est contemporaine aussi du déplacement massif vers les villes et de l’isolement des jeunes familles déracinées.

Ailleurs qu’en Occident, ces théories rigoristes auraient suscité l’incompréhension totale. En milieu tribal, les enfants travaillent dur et doivent se rendre utiles, mais les tout petits bénéficient de deux ans ou plus de réponses immédiates à leur appels. Alors que dans nos pays, quand les parents étaient isolés de leur groupe mais débordés de travail, quand toute une société glissait dans l’ère du contrôle et du chiffre, cette puériculture austère ne pouvaient qu’avoir du succès. Le bébé était devenu un gêneur qu’il convenait de cadrer correctement.

Allaitement et communautés, tous concernés | Cocoon Bien Naître
©Renée Ledoux Photographe

L’allaitement, une façon de vivre

Lorsque l’on nage dans les mêmes eaux depuis plusieurs générations, il n’est pas facile d’acquérir une vision différente d’un sujet donné. L’allaitement reste encore souvent considéré comme un mode d’alimentation, alors qu’il est une façon de vivre ! Il dépend du mode de maternage, qui dépend du soutien de la femme par sa communauté, qui dépend de la culture et des valeurs « ambiantes ». Les mathématiques modernes nous ont familiarisés avec les notions d’ensemble et de sous ensemble. L’allaitement est le plus petit des sous ensembles, au centre de tous les autres.

Reconnaître  les signes montrant que bébé veut téter

Par exemple, la tétée est bien plus efficace si l’enfant est éveillé. L’éveil s’accompagne de signes d’engagement signifiant que le bébé désire entrer en relation. C’est simple à observer et y répondre évite au bébé d’avoir à hurler pour se faire comprendre. Les bébés allaités à ce moment, en éveil actif, tètent vigoureusement et déclenchent bien la réaction d’éjection du lait. Pour allaiter « à la demande » de l’enfant, la proximité est donc un atout majeur. Mais des parents reçoivent encore le conseil de laisser le petit « au calme », loin de la famille, dans le silence d’une chambre fermée…

Lui laisser du temps avant « de faire ses nuits »

Les petits bébés s’éveillent de manière irrégulière et n’ont encore aucun rythme jour nuit. Une régularité relative finira par s’installer, fruit de la maturation cérébrale et non d’un dressage quelconque. Mais si la famille ou l’infirmière ou le médecin dit le contraire, comment les parents s’y retrouveront ? Ils sont seuls avec leur tout petit, et les voisins de paliers ont déjà fait des remarques désobligeantes. Alors, s’il existait une recette pour que bébé « fasse ses nuits »…?

Un tout petit ne peut concevoir le temps, ni l’attente; il n’a pas encore assez de neurones pour élaborer des notions aussi complexes. Il se réveille, il a besoin de contact, de bras, de chaleur et de lait. Ce n’est pas un caprice, c’est un besoin vital. À plus tard la nécessaire éducation et l’apprentissage de la patience.

La critique de l’entourage

Mais le maternage « relax », la tendresse « accès illimité » n’a pas vraiment bonne presse dans notre culture. Il n’est pas rare que des parents plus affectueux se fassent critiquer par leur proches. Or, quand ceux-ci font les courses et le ménage au lieu d’expliquer comment ne pas s’occuper du bébé, le maternage et donc l’allaitement se vivent plus sereinement. Quand ces mêmes proches s’offrent pour bercer quelques heures, le soir, un bébé qui perce une dent, ils rendent un service inestimable aux nerfs de la jeune mère (et de son conjoint), à sa faculté de rester aimante avec son bébé hurleur, et en bout de ligne, à son allaitement.

Nous arrivons à un temps où la « culture » de la productivité et du profit aveugle démontre ses failles et ses limites. Si l’industrialisation nous a offert un confort jamais atteint dans l’histoire, ses excès ont plutôt asservi les humains et dégradé considérablement notre environnement. Une révolution culturelle, un changement de paradigme s’amorce Masqués par les horreurs des « actualités », vécus dans l’intimité des quotidiens, des modes de fonctionnement plus conviviaux refont surface, sans pour autant revenir aux encadrements tribaux.

Les groupes d’entraide

Il y a vingt, trente ans, les premiers groupes d’entraide à l’allaitement voyaient le jour. Ils sont maintenant plus fournis et il s’y crée des relations très sympathiques. À Montréal, des personnes retraitées ont créé l’association « Grands-parents tendresse ». Ils offrent des services d’aide et d’écoute à toute jeune famille qui en fait la demande. Dans un pays où les immigrants sont nombreux, cette initiative vaut son pesant d’or … affectif. Dans les « Maisons Vertes » en France ou dans les « Maisons de la Famille » au Québec, des séances d’information, des activités centrées sur la naissance et la petite enfance permettent aux futurs et nouveaux parents de créer des liens, de nouer de nouvelles solidarités. Ce n’est pas un retour au tribalisme. Nous n’en supporterions plus les contraintes. Mais toute personne qui se prépare à devenir mère ou père a intérêt à se poser la question de l’entourage, et du soutien qu’elle peut attendre de celui-ci, quitte à chercher au delà du cercle de famille. Le tissage social soutient les nouveaux parents et ce soutien est très important.

Ingrid Bayot

Allaitement et communautés, tous concernés | Cocoon Bien Naître

Ingrid Bayot est infirmière et Sage-femme de formation belge ; elle a travaillé dans les divers domaines de la périnatalité. Elle a  obtenu en 2003 un Diplôme Universitaire en Lactation Humaine et Allaitement (DULHAM) à la Faculté de médecine de Grenoble. Elle a suivi diverses formations en communication et en psychologie.

Elle est formatrice en périnatalité pour Co-Naître® depuis 1992 (www.co-naitre.net ) et assure des formations en périnatalité et allaitement au Québec et en Europe. Elle est consultante pour le CIUSSS de l’Estrie, chargée de cours à l’UQTR dans le programme de Pratique Sage-femme au Québec. Elle est l’auteure de nombreux articles et du livre Parents futés, bébé ravi, Ed. Robert Jauze. Site www.ingridbayot.com


[1] Trop de protéines ne rendent pas le lait « plus riche », il le rendent plus indigeste et suscite plus de déchets métaboliques, fatiguant inutilement le foie et les reins.

[2] Pour en savoir plus, consultez sur ce même site l’article du Dr Claire Laurent : « L’allaitement, aspects pratiques » »

[3] Ce fut le titre de plusieurs articles et ouvrages aux 19ème siècle et au début du siècle dernier.

[4] L’individuation est le besoin de se vivre comme être unique et original, et de se réaliser, dans et avec sa communauté. A ne pas confondre avec l’individualisme qui est un repli sur soi égoïste.

[5] Voir à ce sujet le livre, très illustré, de Béatrice Fontanel et Claire d’Harcourt : « Bébés du monde », aux éditions de la Martinière.

[6]  Concept élaboré par l’anthropologue Sarah Blaffer Hrdy, in « Les instincts maternels », Ed. Payot, 2002.

[7] La taille de notre cortex nous oblige à naître beaucoup plus « immatures » que les autres mammifères, capables de se déplacer seuls très rapidement. Le bébé humain est, au regard des autres espèce, un « prématuré ».

[8] Cette expression reprend le titre d’un livre de Boris Cyrulnik, paru aux éditions Odile Jacob, Paris, 2000.


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Allaiter un bébé prématuré : à quoi s’attendre?

Allaiter un bébé prématuré : à quoi s’attendre?

Allaiter un bébé prématuré, c’est possible ! Cependant, le chemin vers la réussite ne sera pas facile. Persévérance, détermination et patience seront de mise. Plusieurs obstacles se dresseront entre votre désir d’allaiter et la faisabilité du geste. Je vais vous dire d’emblée que cette histoire est la mienne et que mon cheminement est personnel. Cependant, de nombreuses mamans de bébés prématurés se reconnaîtront dans mon parcours.

Il y a trois ans, j’ai donné naissance à mon premier fils. J’en étais à 33 semaines de grossesse…. C’est en affrontant les difficultés une à une que nous (lui et moi) avons réussi un allaitement d’un an ! Voici notre histoire. Voici à quoi on peut s’attendre quand on décide d’allaiter un bébé prématuré.

Avec le tire-lait, une relation amour-haine tu entretiendras

Commençons par le début. Toute histoire d’allaitement commence évidemment par la naissance de votre enfant. Dans le cas d’un bébé prématuré, oublions tout de suite le beau moment de peau à peau et le nouveau-né qui cherche instinctivement le sein de sa mère. Les premiers pas en allaitement se feront avec un tire-lait !

Effectivement, les petits bébés prématurés n’ont pas encore le réflexe de succion bien développé ni l’énergie nécessaire pour téter au sein. Il faudra donc tirer du lait pour qu’il lui soit donné par gavage.

C’est ainsi que 72h après mon accouchement cauchemardesque, une infirmière bête comme ses pieds a roulé un tire lait dans ma chambre d’hôpital.  Je ne parle pas de ces petits appareils que l’on peut se procurer dans les magasins grandes surfaces pour bébés. Non. Je parle d’une machine ! Avec des boutons de réglage pour la vitesse ainsi que pour la puissance de succion. Avec un piston qui va et vient dans un bruit de grand vent ! CHH CHH CHH CHH ! Bref, cet engin faisait son apparition devant mon visage interrogatif. Avec une explication hâtive, l’infirmière nous a remis un kit bien emballé avec des tubulures et plusieurs pièces détachées à assembler, puis elle est partie nous laissant seuls avec la machine.

Mon conjoint et moi, perplexes, avons fini par assembler les pièces du casse-tête. J’étais donc là, assise sur le bord du lit, la plaie de césarienne brûlante, avec des cônes sur les seins reliés à une impressionnante machine. Ce n’est pas vraiment l’idée que l’on se fait d’un allaitement. Je n’aurais jamais imaginé non plus me montrer ainsi devant mon conjoint… On est bien loin de Mahée Paiement qui clame que ‘’l’allaitement, c’est glamour ! ‘’

Notre fils de 3 livres avait besoin de lait et celui de sa maman était le meilleur que l’on puisse lui offrir. À la guerre comme à la guerre, nous activons la machine. Personne ne nous a expliqué ce qui est supposé se passer quand on commence à tirer du lait. Nous nous attendions à quelques gouttes. Rien ne se passait. Mon conjoint a donc tourné les roulettes au maximum ! Et moi, j’étais là, à endurer la douleur. Avec une telle succion, mon utérus cicatrisé se contractait fortement et le bout de mes seins étaient pratiquement mauves ! Mais, il fallait que ça sorte ! Rien ne se passait.

Alors, nous avons recommencé l’exercice aux heures. Quelques ridicules gouttes sont finalement sorties après un certain temps. L’infirmière de l’unité néonatale nous avait dit qu’il fallait lui apporter tout ce que l’on réussissait à obtenir. Mon conjoint s’est donc précipité au chevet de notre fils avec les quelques millilitres du précieux liquide ! J’avais si mal, mais nous étions fières ! Enfin du lait ! Arrivé à l’unité néonatale, mon conjoint tend le tube à l’infirmière avec espoir que notre bébé puisse recevoir les quelques gouttes. Elle regarde le tube et lui dit que c’est un début, mais que ce n’est pas suffisant pour être recueilli. Puis, elle jette alors le contenant dans la poubelle sous le regard figé de mon conjoint. Elle aurait jeté un lingot d’or à la poubelle qu’il n’aurait pas été plus ébahit…

Et c’est ainsi que commence ma longue relation avec le tire-lait. Ennemis au début, on l’apprivoise peu à peu et on se motive du mieux qu’on peut. On se remémore que c’est ce qu’il y a de meilleur pour notre enfant. Le lait maternel est particulièrement important pour les prématurés chez qui les intestins ne sont pas encore matures et prêts à se nourrir. Et c’est ce que l’on se répète à chaque rendez-vous galant avec ce foutu tire-lait…

Tous les jours, aux 3 heures, pendant de longues semaines…

 

La première tétée, courte elle sera

Viendra ensuite le moment tant attendu de la première mise au sein. Dans mon cas, mon fils avait 2 semaines. Il aurait été rendu à 35 semaines de gestation si tout c’était bien déroulé. Cette première tétée n’a rien d’intime car l’aide d’une infirmière est nécessaire pour s’installer et pour superviser. Bébé est relié à plusieurs fils et capteurs alors nous ne sommes pas libres dans nos mouvements. On m’installe donc bébé dans les bras, les seins à la vue de tous.

Malgré tout, j’étais émue et j’essayais de nous créer une petite bulle d’amour bien à nous. J’essayais d’ignorer le bruit des machines, les incubateurs autour, les autres parents au chevet de leur enfant et tous les employés qui s’affairaient dans la pièce. Mes yeux étaient rivés sur ce petit homme. Il s’est bien accroché au sein et il a immédiatement tété sans trop de difficulté. Et c’est parti ! Un gros deux minutes… c’est là que l’on comprend que ces petits êtres s’épuisent très rapidement.

Une tétée au sein représente un effort colossal et s’ensuivra un gros dodo. Les prochains boires devront être donnés par gavage pour que le bébé récupère de cet effort suprême. Le deuxième sein ? On l’oublie. Bonjour Tire-lait ! Encore moi ! La mise au sein se fera donc graduellement et lentement. Il y aura des hauts et des bas. Il y aura des journées ou bébé sera trop épuisé pour une mise au sein et il y aura d’autres jours ou tout semblera progresser.

 

Les biberons, tu ne pourras pas éviter

A moins d’être 24 heures sur 24 au chevet de son enfant, il sera difficile (même impossible !) de donner tous les boires au sein. Le bébé est hospitalisé mais pas la maman. Bien souvent, il n’y a donc pas de chambre pour elle ou celle offerte sera partagée avec plusieurs autres parents. Pour se reposer et reprendre des forces, il faudra aller à la maison. Se laver, manger et garder un bon moral sont aussi importants pour surmonter l’épreuve de la prématurité. Quand maman n’est pas à l’hôpital, le bébé recevra donc un biberon ou un gavage.

Une autre situation dans laquelle le biberon sera un incontournable est dans le cas des bébés de faible poids. Le lait maternel au naturel contient 20 calories. Les médecins voudront aider le bébé de faible poids à grossir plus rapidement. Une poudre sera alors ajoutée au lait maternel afin de le rendre plus calorifique. Grace à cela, le bébé pourra recevoir du lait contenant 22, 24 ou même 26 calories ! Cette procédure requière donc que le lait soit tiré et non offert directement au sein.

D’autre part, les biberons offerts aux bébés prématurés sont à débit rapide. L’idée derrière cela est de ne pas les épuiser en tétant. Pas fou ces petits enfants ! Pourquoi s’épuiser à boire au sein alors qu’au biberon ça coule sans effort ? Bref, il faudra si faire.

La confusion sein-biberon pourrait s’ajouter au lot d’obstacles à surmonter.

Une baisse de production, tu subiras

Bon, ça n’arrive pas à tout le monde, évidemment. Mais cette situation est fréquente chez les mamans allaitantes de bébés nés avant terme. Cette baisse de production est très facile à expliquer. Le stress, le manque de sommeil, les inquiétudes, une vie sociale inexistante, les allers-retours quotidiens à l’hôpital… ce sont là des facteurs qui n’aident en rien une production lactée.

On va aussi se le dire, un tire-lait, ce n’est pas un bébé ! La motivation n’est pas la même. La relation et le contact physique de la mère avec son enfant sont inexistants. De plus, la machine ne va jamais chercher une quantité aussi importante qu’un bébé le ferait. Ainsi, la baisse de production lactée pointe son nez alors que l’appétit du bébé, lui, va en augmentant.

La meilleure chose à faire est de consulter une conseillère en lactation afin d’établir un plan d’action. Des stimulations plus fréquentes (à un moment, j’étais aux heures), regarder la photo de son enfant en tirant du lait, sentir un morceau de vêtement porté par bébé, faire des points de pression à certains endroits dans le dos, prendre des produits naturels comme du fenugrec et du chardon béni… et si ces trucs ne donnent pas de résultats satisfaisants, viendra la prescription de Dompéridone.

Ce médicament, à la base, sert à traiter des problèmes intestinaux, mais il a pour effet secondaire d’augmenter la production de lait. J’ai donc avalé ces deux petites pilules blanches trois fois par jour. Mon corps a très bien réagi et ma production a explosé ! C’est seulement à ce moment-là que j’ai réalisé à quel point ma production était minime depuis le début. Dans mon cas, la Dompéridone a sauvé mon allaitement. Mais puisqu’il s’agit d’un médicament sous ordonnance, il fait toujours en discuter d’abord avec un médecin pour s’assurer que cette solution est adaptée à votre situation.

Le retour à la maison, la salvation ce sera

Après six longues semaines passées à l’hôpital, mon petit amour a ENFIN reçu son congé. À ce moment-là, mon fils recevait uniquement du lait maternel mais en alternance entre le sein et le biberon. L’intimité, l’autonomie et le confort vont de pair avec le retour à la maison. Les fils des machines ne nous gênent plus. Le silence et le calme peuvent enfin envelopper la mère et son enfant lors des mises au sein.

Encore une fois, il faudra être patiente. Tout ne sera pas rose parce qu’on arrive à la maison. Mais on pourra y aller à notre rythme. Je mettais mon bébé au sein le plus possible et quand ça n’allait pas très bien, je lui offrais un biberon de lait tiré. Ce n’est qu’au bout de plusieurs semaines qu’un bel allaitement ‘’normal’’ et confiant a pris place. La pression est enfin levée.

Pour certaines, le retour à la maison ne sera pas suffisant pour poursuivre l’allaitement. Et c’est correct ! La salvation, pour elles, viendra du fait de se donner le droit d’arrêter sans crainte d’être jugée par le corps médical des unités néonatales. Quoi qu’il en soit et quelle que soit l’issus, à la maison, nous redevenons maîtres de nos décisions et de notre parentalité.

Tes limites, tu fixeras

Pour conclure, j’ai envie de vous dire que l’allaitement d’un prématuré est un parcours ardu et que c’est à vous de fixer nos limites. Ce sera assez quand vous aurez décidé que c’est assez !

Pour moi, offrir mon lait à mon bébé était la seule chose qui me faisait sentir ‘’maman’’. J’avais l’impression que c’était la seule chose sur laquelle j’avais de l’emprise pour l’aider. Les infirmières s’occupaient de lui et lui prodiguaient des soins, mais MOI, j’étais la seule à pouvoir le nourrir ! Chacun verra l’allaitement à sa manière.

Avec un enfant prématuré, il y aura plusieurs batailles à livrer et c’est à vous de choisir lesquelles ont de l’importance et pour lesquelles vous avez suffisamment d’énergie. Votre santé mentale, votre énergie et votre bonheur comptent également. J’ai vu plusieurs mamans cesser l’allaitement pour toutes sortes de raisons et elles sont toutes valables. Peu importe ce que vous choisissez, assumez vos choix et surtout, acceptez-les. Les excuses, les remords et la culpabilité n’avancent à rien. Nous savons toutes que c’est l’amour pour votre enfant qui vous guide. Et c’est ça l’essentiel d’être maman…

Catherine de Montigny

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Pour en savoir plus sur les bienfaits de l’allaitement pour un bébé prématuré,

je vous invite à lire cet autre article : Lait maternel, précieux or blanc pour les prématurés.


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Allaitement ou non? – Savoir suffit-il pour choisir? (partie 1)

Allaitement ou non? – Savoir suffit-il pour choisir? (partie 1)

Première partie : savoirs, désir et croyances

 

Il n’est plus possible actuellement de nier ou de minimiser la supériorité biologique du lait maternel, comme cela a été le cas durant une partie du 20ème siècle. Les connaissances  accumulées sur ses propriétés immunitaires et nutritives sont indéniables, tant pour la santé de l’enfant que de la mère.

Pourquoi l’information destinée au grand public est minimisée lorsqu’il s’agit d’allaitement?

Bien sûr,  il y a la mainmise de l’économie sur la plupart des médias, entre autres par le biais de la publicité. L’allaitement est gratuit et sa distribution est bénévole : il ne rapporte donc pas un centime aux entreprises quelles qu’elles soient. Les laits industriels sont des marchandises, permettent de faire gagner de l’argent, et surtout, font office de « produits d’appel » pour les multinationales. On oublie facilement la marque des biscuits pour la collation, pas celle du premier lait de son bébé.

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Crédit photo : pixabay.com

D’autres raisons, plus profondes

En fait, il y a plusieurs façons de parler de l’alimentation des nouveau-nés. L’une d’entre elles est aseptisée et tacitement moralisatrice. Elle évacue les enjeux émotionnels de la relation mère enfant, ne tient aucun compte des systèmes de représentations du corps féminin, ni des conceptions du maternage, ni des conditions parentales d’une époque donnée….

Elle donne un avis clair, simple, sur « la bonne manière » de s’occuper d’un bébé et de le nourrir[1]. Dans une société où les repères traditionnels tendent à partir en fumée, les idées fortes et simplistes attirent ceux et celles qui veulent recevoir ou donner des solutions toutes faites. Ainsi, les discours sur l’allaitement sont parfois réduits aux bénéfices du lait maternel, additionnés ou non d’une critique en règle des laits de type industriel.

Ou l’inverse! Il y a trente ans, l’opinion publique et bien des professionnels de la santé préconisaient le lait industriel. Le biberon semblait l’avenir de l’homme tant il symbolisait la modernité: partage des tâches, réglage des quantités, fiabilité démontrée à grand renfort de publicités et de « petits cadeaux » aux institutions médicales.

De nos jours, le lait maternel étant mieux connu, on se contente de le mettre en doute – on évoque les résidus pesticides qui peuvent s’y trouver, mais jamais ceux du lait de vache qui sert pourtant de base aux lait industriels. Ou alors, on en minimise l’intérêt. Périodiquement un(e) pédiatre (ou autre) se fait remarquer dans la presse en affirmant que les bébés nourris « au biberon » se portent aussi bien que les autres, allaités; que le lait maternel ne serait pas « si miraculeux que cela ».

L’allaitement maternel un sujet « chaud »

Mais qu’a-t-il (elle) voulu dire au juste ? Que la jeune mère a le droit de choisir le mode d’alimentation qui lui convient ? Mais pourquoi ne pas le dire ouvertement ? Pourquoi n’arrive-t-on à parler de la liberté de choix qu’en minimisant le lait maternel ? Pourquoi la question du ressenti et de la liberté de chacune ne peut-elle s’exprimer qu’en terme de prévention de l’asthme ou de troubles intestinaux, ou encore de taux de taurine, de lactobifidus ou d’omega 3 selon la mode du moment ?

Parce que l’alimentation du tout petit est un sujet « chaud », situé aux confluents de plusieurs domaines à forte charge émotionnelle comme la place de la femme et de la mère, le couple, la fécondité, la transmission de la vie, donc le sens que l’on donne à celle-ci, le cheminement psychologique au cours d’une grossesse, le rapport au corps en général, l’image du corps féminin en particulier, le maternage intensif des premières semaines (et son vécu!), la place que prend (ou non) le père, le regard d’une société productiviste sur le « congé » de maternité, le degré de solidarité autour des familles, la vision que l’on a du tout petit, fauteur de troubles ou miracle vivant ou les deux à la fois !

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Crédit photo : Renée Ledoux

Parce qu’ il y a toujours un risque à aborder les désirs parfois contradictoires qui nous animent, les ambivalences qui nous touchent, les répugnances que l’on préfère taire, les insuffisances d’une société ou d’un système de soins de santé.

Qu’est ce qui fait qu’une femme décide d’allaiter ou non ? 

Et surtout, qu’est ce qui fait qu’une fois sa décision prise, elle continue un peu, beaucoup, tendrement, passionnément ou pas du tout ?

Pour avoir accompagné et écouté tant de femmes et de familles dans la rencontre avec leur tout petit, je sais qu’il n’y a pas de réponse simple.

L’allaitement est comme un jeux de cartes

L’image qui me vient pour exprimer toutes les idées, croyances, vécus, paroles, représentations qui peuvent influencer l’allaitement, est celle d’un jeu de cartes : il y aurait les « atouts », les cartes qui le facilitent, le font voir comme un fait normal, accessible. Et il y a les autres, celles qui le rendent difficile, le font voir comme un fait contraignant, désagréable ou douloureux.

Chaque femme, possède son propre jeu, élaboré tout au tout au long de sa maturation intérieure et des multiples imprégnations extérieures. Chaque jeu est unique, et forcément mélangé. Personne n’a que des cartes favorables ou que  des cartes défavorables. Rien n’est « tout blanc » ou « tout noir »; la couleur globale d’un jeu se situe toujours dans le plus ou moins gris. Lorsque sa collection de cartes tend vers le clair, la jeune mère pense et dit que l’allaitement « coule de source », « c’est tellement naturel ». À l’inverse, d’autres ne le sentent pas du tout : « Ma mère n’a jamais eu de lait » ; « J’ai essayé une fois, j’ai eu trop mal » ; « une bouche de bébé sur mes sein? Non!  »  Ajouter à cela toutes les intermédiaires, celles qui  veulent bien « essayer »: « si j’y arrive », « si j’ai du lait ».

Et puis, toutes les futures et jeunes mères  sont en communication avec d’autres personnes – conjoint, ascendants, collatéraux, amies, médecins, sages-femmes…- qui elles-mêmes possèdent leur « jeu de cartes » particulier, influençant leur manière de percevoir l’allaitement, de le soutenir, de s’en désintéresser ou …de le saboter.

Voyons d’abord les « cartes » d’origine interne

Tout au long de son histoire, la petite fille, la jeune fille, la jeune femme a élaboré une image et un vécu de ses seins, nourri par le discours de sa mère, de sa famille, de la culture ambiante. Nous faisons partie de ces mammifères qui conjuguent station debout et développement des glandes mammaires hautes. Les seins des femmes sont haut placés, globulaires, immédiatement visibles, formant une part repérable et typique de la silhouette féminine. Aux confins de l’être, où se mêlent de manière inextricable nature et culture, les seins féminins ont plusieurs fonctions, se vivent sur plusieurs harmoniques: narcissique, sexuelle, maternelle.

La fonction narcissique, est purement psychique et propre à l’espèce humaine. Bien vécue, elle contribue largement à une identification sexuelle gratifiante et amène la jeune fille à se regarder avec satisfaction, se toucher, à en connaître la sensibilité et à les mettre en valeur. Une « bonne carte » pour un éventuel allaitement futur. Mais cette première fonction peut aussi être mal vécue ou interdite. Comment envisager allaiter avec des seins que l’on n’apprécie pas, que l’on veut ou ne peut pas toucher? Comment imaginer l’allaitement si l’on reste dans l’immaturité du paraître et la croyance que seuls les seins (retouchés à l’ordinateur) des magasines sont dignes d’intérêt? La réalité très « incarnée » de l’allaitement, avec les seins qui gonflent ou qui coulent, avec le bébé qui tète goulûment, peut mettre certaines femmes très mal à l’aise.

La fonction sexuelle est également spécifiquement humaine. Bien vécue, cette fonction conduit à prendre conscience de l’attrait que les seins exercent sur l’autre moitié de l’humanité, et, dans une relation privilégiée, à recevoir et donner du plaisir. Lorsque séduction et maternité ont été intégrés dans la personnalité, se voir et se concevoir à la fois comme amante et comme mère, rend l’allaitement psychiquement possible. Mais nous sommes issus d’une culture où le sexuel et le maternel ont été très souvent séparés[2], rendus incompatibles. Pour certaines femmes, il y a un choix à faire : si les seins sont érotiques, ils ne peuvent être nourriciers (ou le contraire). Imaginer leur bébé tétant leur sein crée un malaise indicible où se profile l’interdit de l’inceste. Allaiter, ou voir allaiter un bambin de plus de six mois, voire d’un an et plus, est carrément impensable : c’est choquant[3].

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Crédit photo : Renée Ledoux

Poussées dans le dos par l’information à propos des avantages du lait maternel, certaines mères font un compromis avec elles-mêmes pour donner « le meilleur » à leur tout petit. Elles  décident de donner du lait maternel, mais au biberon et après l’avoir exprimé avec un tire-lait. L’appareillage fait écran entre son corps et celui de son bébé, et permet le don du lait sans l’angoisse que pourrait susciter un contact trop intime.

Bien entendu,  certains hommes vivent avec le même clivage concernant la femme, leur corps et leurs seins. La sainte maman et l’amoureuse ne peuvent être une seule et même personne. Pensées compatissantes à leur épouse…

La fonction maternelle est la dernière à se mettre en place et se colore de la manière dont ont été vécues les deux autres, dans le gris clair ou foncé. C’est la seule fonction qui soit qualifiée de « naturelle », puisque nous la partageons avec les autres femelles mammifères, mais le libre choix possible, l’intensité et la complexité des liens qui s’y jouent font qu’on ne peut la réduire à une fonction strictement biologique, …comme aucune fonction vitale chez l’être humain, d’ailleurs.

On le voit, au cours des années qui précèdent la maternité, se construisent la relation à soi et aux autres, et se mûrit le désir vivre à deux puis le désir d’enfant. Des cartes propices ou non se collectionnent, s’influencent ou se contredisent.

Quelques exemples concrets d’atouts allaitement

La petite fille voit sa mère allaiter avec bonheur; elle joue à l’imiter en mettant sa poupée au sein; dans ses livres scolaires, il y a des images représentant des mères qui allaitent leur bébé ; au jardin public, elle voit une jeune mère bien dans sa peau allaiter son bébé tout naturellement; adolescente, elle est heureuse de voir ses formes se dessiner; elle ose se toucher, se laisser toucher. Elle entend dire ou lit quelque part que le lait maternel est le meilleur qui soit et que le fait d’allaiter est excellent pour la santé.

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Crédit photo : Renée Ledoux

Quelques contre-exemples

Sa mère considère la maternité comme une corvée et s’y sent malheureuse. Elle lui raconte qu’elle a essayé, mais qu’elle n’avait pas assez de lait. Personne n’allaite dans son entourage. La petite fille donne le biberon à sa poupée. Jeune fille, elle se compare aux autres et ne se trouve pas belle avec ses seins trop petits, gros, haut, bas (biffez les mentions inutiles). Elle croit que l’allaitement abîme les seins (entendu à la télé), que le lait maternel est pollué, (lu dans le journal). Elle lit « Le deuxième sexe » de Simone de Beauvoir. Jeune femme, elle se représente les seins comme des objets de séduction. Sa meilleur copine fait une expérience désastreuse de l’allaitement; elle a très peur d’avoir mal….

Ne croyez pas que je vous ai décrit deux personnes différentes. Je le répète, des cartes des deux catégories peuvent se retrouver chez une même personne. On peut très bien avoir donné le biberon à ses poupées, avoir lu Simone, avoir entendu sa mère se plaindre de n’avoir jamais eu assez de lait, avoir peur de vivre à temps plein avec un tout petit ET faire partie d’une famille où l’allaitement a plutôt bonne presse, avoir une amie qui allaite avec une aisance et un conjoint très encourageant.

Lectrice ou lecteur, je vous invite, avec humour et lucidité, à regarder votre propre jeu, à voir vos atouts et vos as de pique, à les comparer…

Voyez si votre jeu évolue au cours d’un allaitement, s’il est influencé par la météo ou le nombre d’heures de sommeil de la nuit dernière.

Vous verrez, rien n’est limpide. Mais c’est cela être humain.

Ingrid Bayot

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Ingrid Bayot est infirmière et Sage-femme de formation belge. Elle a travaillé dans les divers domaines de la périnatalité. En 2003, elle obtient un Diplôme Universitaire en Lactation Humaine et Allaitement (DULHAM) à la Faculté de médecine de Grenoble. Elle a suivi diverses formations en communication et en psychologie. Ingrid Bayot est formatrice en périnatalité pour Co-Naître® depuis 1992 (www.co-naitre.net ) et assure des formations en périnatalité et allaitement au Québec et en Europe. Elle est consultante pour le CIUSSS de l’Estrie, chargée de cours à l’UQTR dans le programme de Pratique Sage-femme au Québec. Elle est l’auteure de nombreux articles et du livre Parents futés, bébé ravi, Ed. Robert Jauze. Site www.ingridbayot.com

 

 


[1] Lire à ce sujet l’excellent livre de G. Delaisi de Parceval et S. Lallemand, « L’Art d’accommoder les bébés, 100 ans de puériculture française », Edition Odile Jacob,  2001.

[2] Dans les mythologies celtes, certaines déesses sont à la fois amantes expertes et mère prolifiques, signant là une formidable vitalité. L’imaginaire chrétien ne propose qu’une seule figure féminine : une mère vierge. Même si les exégètes modernes considèrent la virginité comme un symbole de disponibilité spirituelle, il n’en fut pas de même par le passé.

[3] On peut sans doute y voir la raison pour laquelle des professionnels de la santé s’arrangent pour mettre en doute ou pour saborder les allaitement « trop longs ».


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La maternité sous le pinceau d’Alena Kalchanka

La maternité sous le pinceau d’Alena Kalchanka

J’ai découvert les œuvres d’ Alena Kalchanka par hasard sur mon fil de nouvelles Facebook. Une de ces œuvres est récemment apparue en couverture du Hot Milk Magazine. J’ai été tout de suite charmée par la finesse de son coup de pinceau et l’explosion de couleurs présente sur ses tableaux.

Ces peintures traitant de maternité, d’allaitement ou encore de parentalité rappellent celles de Katie M. Berggren ou encore de Tania Garcia (Taniarts Créations). Néanmoins Alena Kalchanka possède un style bien particulier qui rend ses tableaux tout à fait unique.

La maternité sous le pinceau Alena Kalchanka | Cocoon Bien Naître
Crédit photo : Hot Milk Magazine

Alena est d’origine biélorusse mais habite depuis presque 15 ans en Italie, plus précisément en Sicile. Elle y vit avec son mari et ses jumelles âgées de 3 ans, Sacha et Bianca. Alena aime tout ce qui touche à la nature. Elle adore aussi cuisiner et lire quand elle a le temps.

Alena Kalchanka était une enfant à l’imagination fertile, elle aimait travailler l’argile et dessiner. Elle excellait dans cette matière et impressionnait ses professeurs. Rapidement, ils conseillèrent à sa famille de l’inscrire aux Beaux-arts. Néanmoins, son très jeune âge et les horaires tardifs des cours l’empêchent finalement de poursuivre dans cette branche. Aujourd’hui elle se dit plutôt autodidacte.

Elle reprend la peinture au cours de sa grossesse

Remplie des émotions de la grossesse elle avait besoin de les exprimer d’une manière ou d’une autre. Via la toile et les couleurs, elle a cherché à exprimer ce qu’elle ressentait en tant que future-mère. Sa grossesse gémellaire et l’enthousiasme qui s’y rattache sont pour elle une merveilleuse source d’inspiration. Depuis 3 ans, elle puise dans la joie de vivre de ses filles et de ceux qui l’entourent pour créer de superbes œuvres d’art.

« L’inspiration ne manque jamais, il me suffit de voir des mamans et leurs enfants et tout de suite j’imagine un tableau. Il suffit parfois d’une histoire ou d’une pensée qui m’émeut et la toile prend vie. »

Alena Kalchanka utilise actuellement sa page Facebook pour diffuser son travail. Elle gagne en popularité, sa page comptant déjà plus de 37 000 abonnés. Pour celles qui comme moi raffolent des bijoux, sachez que ses peintures peuvent être montées sur de très beaux pendentifs. Elle transfert aussi ses peintures sur des chandails qui font fureur.

Sur sa page Facebook, Alena précise néanmoins que pour l’instant elle ne réalise aucun tableau sur commande. Elle crée plutôt au rythme de ses envies. Parfois elle organise un concours sur sa page et demande aux gens de mettre une photo en commentaire. Elle choisit alors de peindre celles qui l’inspirent le plus.

La maternité sous le pinceau Alena Kalchanka | Cocoon Bien Naître
Crédit photo : Alena Kalchanka

Merci à Alena Kalchanka pour sa disponibilité et pour avoir répondu à mes questions. Cette fois c’est en italien qu’il a fallu échanger.  Merci Google translate pour ton support 😉

Maman Rebelle


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Plongée dans l’aventure de la prématurité

Plongée dans l’aventure de la prématurité

J’ai eu la chance d’avoir 3 magnifiques grossesses. Mes accouchements ont aussi été merveilleux, sans stress, sans péridurale, j’aurais pratiquement pu les accoucher seule dans un champ de patates!!

Ma 4e grossesse s’est  »bien passée » quoique très différente des 3 autres. J’ai eu des maux de cœur constants, mal au dos, de la fatigue extrême etc. Rien d’extraordinaire, ni rien pour m’empêcher de fonctionner, mais quand même… Ça ne ressemblait en rien à ce que j’avais déjà vécu. Faut dire que j’ai vécu mes 3 premières grossesses dans ma jeune vingtaine et que cette fois-ci j’avais dépassé les 30 ans fatidique!!

Forte de ma triple expérience de grossesse/accouchement/allaitement parfaite je ne faisais que raconter ces belles histoires à mon amoureux, qui lui, le vivait pour la première fois. J’étais convaincue que tout allait se passer de la même façon.

GROSSE ERREUR!!!

A 29 semaines (Semaines d’Aménorrhée), je me suis rendu à mon hôpital pour cause de perte d’un liquide qui n’était pas de l’urine. 

Le Doc. pas trop inquiet puisque le premier test est négatif, me fait le test de Fugère (mignon comme nom hein !), me dit qu’il revient dès qu’il a les résultats. Convaincue que j’ai rien de grave, je recommence à m’habiller pour retourner chez moi (Y’é quand même 1 heure du matin).  Le jeune médecin ouvre la porte de la salle d’examen toute grande, en grosse panique et me dit: « NON! Toi tu t’en va à MTL ! Tu perds du liquide amniotique » et il referme la porte!

Figée sur place, je regarde mon amoureux qui me demande: « Ça veut dire quoi ça?!»  Et moi de lui répondre: « J’en ai aucune idée ».

Me voilà plongée dans l’aventure de la prématurité. On m’a accueillie à Ste-Justine à bras ouverts, avec la douceur d’une maman, l’oreille d’une meilleure amie et les informations d’un savant fou.

Les spécialistes m’ont expliquée tout ce qui arriverait à Ma Mini puce si elle arrivait à ce moment-là. Ils m’ont dit qu’ils feraient tout pour qu’elle reste au chaud le plus longtemps possible, que si elle se rendait jusqu’à 34 semaines, elle serait forcée de naitre pour la protéger des infections.

Mais surtout on m’a expliqué que la meilleure chose que j’allais pouvoir faire après sa naissance c’est de lui donner mon lait. Pour moi, ça allait de soi! Je l’avais fait pour son frère et ses deux sœurs, pourquoi pas pour elle?

Ma Mini est née à 30 semaines, elle respirait seule (nous avons été très chanceux). Mon « Petit paquet de 3 livres » n’avait aucun problème de santé à part qu’elle était arrivée trop tôt et qu’elle devait prendre du poids.

1h après sa naissance catastrophique, les infirmières sont venues me voir avec un tire-lait. Un énorme moteur sur roulette qui allait les aider à nourrir ma fille. Parce que voyez-vous, à 30 semaines (SA), Miss Mini n’avait pas encore acquis la succion. Elle devait être gavée!

Alors, me voilà, en larme, les bras vides, mon chum anxieux x 100000, en train de me faire  »traire » le colostrum pour donner à Ma Mini. Je nous vois encore récolter, avec des seringues sans aiguilles, chaque goute de ce précieux liquide et courir les porter en néonatalogie.

J’ai tiré mon lait aux 3 heures avec le moteur sur roulette pendant les deux jours de mon hospitalisation. Dès ma sortie je suis partie en louer un, que j’allais toujours trainer avec moi au manoir Ronald MC Donald (Merci McDo pour l’hébergement presque gratuit!!), chez moi les week-ends, quand j’allais faire le plein d’énergie auprès de mes 3 grands enfants trop inquiets pour leur petite mini sœur.

À toutes les 3 heures, mon lait était extrait (Oui Oui c’est comme ça que je le vivais) pour aider ma fille à grandir. Mon lait était enrichi puis donné par gavage au moyen d’un tube qui passait par son nez jusque dans son estomac.

J’ai trouvée affreusement difficile de ne pas pouvoir lui donner le sein. Il me manquait cette proximité magique que procure l’allaitement.

Puis vers 3 semaines de vie, Miss Mini a commencé à montrer des signes de faim. Elle se tétait les poings et les lèvres!!!

J’ai donc commencé la mise au sein. À ce moment-là, j’étais convaincue que tout allait fonctionner comme avec mes autres amours. Oooooh que j’étais loin de m’imaginer à quel point ça allait être difficile pour nous deux…. Miss Mini n’avait pas assez d’énergie pour téter longtemps, je devais donc être patiente et donner le sein un peu, puis compléter avec son gavage. Certain jour, elle ne voulait rien savoir, elle n’ouvrait même pas la bouche. Ces jours-là, elle était donc gaver et je partais tirer mon lait en pleurs. Je ne comprenais pas pourquoi quelque chose de si naturel ne fonctionnait pas! Je détestais tirer mon lait, je me haïssais de ne pas être capable de nourrir ma fille, je détestais le petite tube de gavage qui la nourrissait à ma place.

Puis Miss Mini a atteint 35 semaines. Plus éveillée, elle avait une meilleure succion et nous avons enfin réussi un allaitement nutritif. J’ai tout de suite adoré ce mot: NUTRITIF!!! Je venais de nourrir ma fille!!!

Bien sûr, ce n’était pas gagné. Nous avons eu de la difficulté à s’adapter. J’ai pleuré, elle a pleuré, on m’a offert de lui donner un biberon pour voir…pour voir si c’était plus facile et dans un moment de faiblesse ou de lucidité j’ai dit OUI! Étrangement ce biberon nous a beaucoup aidées. On dirait qu’elle a compris le principe et  j’ai pu souffler un peu.

Je suis donc retournée chez moi avec Miss Mini lorsqu’elle avait 7 semaines de vie. Je lui donnais le sein et des biberons de mon lait enrichi en calorie pour l’aider à prendre du poids.  Enfin installées chez nous, dans nos choses, nous avons développé une complicité lors des allaitements.

J’ai réussi à lui offrir la même chose que son frère et ses sœurs. Ce moment magique, exclusif, qu’est l’allaitement. Miss Mini a profité de ces moments jusqu’à 6 mois, journée où elle a décidé qu’elle ne voulait plus de ce dernier boire que je gardais que pour le plaisir. Elle a préféré les biberons que tout le monde pouvait lui donner, elle a préféré pouvoir passer ces moments magiques, exclusifs, avec tous ceux qu’elle aime. Papa, Tit homme, Miss D et Miss A, ils en ont tous profité pleinement et moi aussi.

En tout, J’ai tiré mon lait aux 3 heures le jour et aux 6 heures la nuit, pendant 7 semaines. 7 semaines d’enfer ou j’ai détesté mon incapacité à nourrir ma propre fille. 7 semaines à arrêter tout ce que je faisais pour extraire mon lait et le donner par un bout de plastique. 7 semaines à traîner mon tire-lait partout, à courir la nuit dans les corridors du Manoir pour aller porter mon lait dans le congélateur, à pleurer parce que j’aurais donc voulu que ce soit simple.

Le fait est qu’un bébé prématuré n’est pas simple. Rien ne sera comme prévu avec un bébé né trop tôt. Rien ne se passe dans les normes avec un tit’ bébé pressé. L’important c’est de trouver nos normes, notre façon de faire, de fermer nos yeux et arrêter de vouloir être comme tout le monde. Parce qu’avec un mini préma, plus rien ne sera comme tout le monde.

J’ai donné tout ce que je pouvais à Ma petite Mini. Mon énergie, mon temps, mon lait et j’en suis fière! Cette expérience m’a fait comprendre que l’important pour nos bébés est vraiment notre présence. Rien ne doit être pris pour acquis et que chaque maman vit l’allaitement différemment. L’important est de NOURRIR notre enfant!

Miss Kaz


Crédit photo à la Une Amalgame Photographie. Notez que le témoignage et la photo de Amalgame Photographie non pas de lien entre eux.

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Lait maternel, précieux or blanc pour les prématurés

Lait maternel, précieux or blanc pour les prématurés

Avez-vous déjà entendu cette expression : l’or blanc, pour désigner le lait maternel?

Par définition selon Le Larousse, l’or est ce qui a un mérite exceptionnel, un grand prix, une grande valeur. Si on associe l’or au lait maternel, nous pouvons donc affirmer que l’allaitement a un mérite exceptionnel, une grande valeur! Et nous les femmes, avons ce grand pouvoir unique de produire du lait.

Le lait maternel, précieux pour les bébés malades ou prématurés!

Bien sûr, le lait maternel a une grande valeur pour tous les bébés.  Il est le premier aliment du nouveau-né. Il assure un lien avec la mère et il est spécialement adapté pour la survie de l’être humain. Si vous parlez à une mère ayant accouché d’un bébé malade ou prématuré, elle vous dira assurément à quel point l’expression «or blanc» prend tout son sens lorsque nous parlons de lait maternel!

Un nouveau-né qui a des difficultés à respirer comme un prématuré ou un grand prématuré ne pourra pas boire au sein, sera peut-être gavé ou encore aura besoin d’un soluté pendant quelque temps. La survie de ce petit être dépend des soins qu’on saura lui prodiguer. Néanmoins il y une chose que la médecine ne pourra jamais égaler pour sauver un nouveau-né malade : le lait maternel.

Lait maternel, précieux or blanc pour les prématurés | Cocoon Bien Naître
Estel et papa née a 34 5/7 et 4 lbs. Allaitée exclusivement depuis sa naissance. Maman tire son lait pour compléter chaque allaitement avec une séance de DAA. (comme sur la photo). Estel a aujourd’hui 6 mois

 

Le colostrum pour réduire les risques infectieux

Le colostrum, produit dès la naissance, avant que survienne la montée laiteuse, va aider le nouveau-né à faire face au monde non-stérile dans lequel nous vivons. Il est composé d’une très grande quantité d’immunoglobulines qui serviront d’anticorps pour protéger le bébé. Saviez-vous que la mère qui accouche prématurément produit encore plus d’anticorps que celle ayant accouché à terme? Ces immunoglobulines vont permettre à l’enfant d’avoir, si on peut le dire ainsi, une couche protectrice qui va tapisser son intestin, réduisant les risques d’infections de toutes sortes mais notamment l’entérocolite nécrosante, une infection souvent mortelle chez les enfants prématurés.

L’allaitement prolongé pour diminuer les ré-hospitalisations

Poursuivre l’allaitement à plus long terme va permettre de diminuer le nombre d’hospitalisations durant la première année de vie et la gravité des infections des voies respiratoires ou encore des gastro-entérites pour ne nommer que ceux-la. Quand on sait que les enfants prématurés sont plus sujets à être malade, on peut dire que non seulement le lait maternel leur a sauvé la vie mais aussi, leur sauve bien des visites aux urgences!!

L’allaitement pour établir un lien d’attachement

Au delà des p’tits miracles immunologiques du lait maternel, celui-ci permet d’aider à établir le lien mère/enfant. Bien qu’elle ait porté son enfant comme n’importe qu’elle autre mère, le lien avec son bébé ne se fera peut-être pas aussi facilement que si elle avait accouché à terme et cohabité avec celui-ci. Souvent dès la naissance, il y a séparation pour offrir les premiers soins à l’enfant. Le lien  d’attachement est parfois plus difficile à établir étant donné la séparation précoce. La mère qui ne peut pas mettre son enfant au sein mais doit tout de même entretenir une production de lait.

Pendant l’hospitalisation d’un nouveau-né, une chose reste unanime, l’expression du lait maternel permet d’avoir un lien (en or!) qui unit mère et bébé. Nous parlons ici d’une maman qui prendra son tire-lait plusieurs fois par jour, le nettoiera, entreposera méticuleusement son lait pour que celui-ci soit donné par gavage à son petit bébé précieux. Cette maman sera dans l’attente du jour où enfin il pourra prendre le sein et où ils vivront ensemble un moment d’allaitement comme elle l’avait imaginé.

A la recherche de l’or blanc

Néanmoins, il y a des hauts et des bas. Pour certaines, le tire-lait n’est pas suffisant pour arriver à exprimer les quantités de lait dont bébé a besoin. Quand l’or blanc n’est pas tout aussi abondant qu’il faudrait pour assurer la survie de son petit être, alors là, l’urgence de la productivité se fait sentir. Chaque goutte devient importante, chaque expression de lait devient un défi.

Quand tous les efforts ne suffisent plus, les chercheurs d’or blanc doivent se tourner vers la mine pour récolter ailleurs, les autres mamans allaitantes.

Nous avons la chance inouïe au Québec de maintenant pouvoir compter sur la banque de lait d’Héma-Québec. Celui-ci est récolté, analysé, pasteurisé et distribué dans les unités néonatales partout dans la province. Savez-vous qu’avec une seule bouteille de 100 ml fourni par Héma-Québec, nous pouvons nourrir jusqu’à deux à trois grands prématurés pour toute une journée? Bien sûr au début, ils n’ont besoin que d’une petite quantité.

Donnez votre lait pour sauver des vies

Alors mamans allaitantes du Québec qui avez la chance de faire assez d’or blanc pour votre enfant, si vous pouviez exprimer un peu de lait et le donner à Héma-Québec. Personnellement, je trouve parfois difficile d’exprimer du lait car je dois le faire pendant que mon enfant tète sinon rien ne sort. Mais quand je pense à ces petits bébés qui en ont tant besoin, à ces mères qui sortent leur tire-lait au moins huit fois par jour, je me dis que je peux bien le faire au moins une fois dans la journée.

Je vous encourage à donner votre lait. Ce n’est qu’un petit geste mais soyez assurée qu’il sauvera beaucoup de vies.

Marie-Ève Loiselle,  Infirmière et IBCLC au CHU Sainte-Justine

Lait maternel, précieux or blanc pour les prématurés | Cocoon Bien Naître


Un grand merci aux mamans qui ont partagé ici leurs photos et leur histoire.

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Allaités par 2 mamans

Allaités par 2 mamans

Avril 2011

Le début d’une belle histoire, une histoire unique et spéciale… celle de 2 bébés allaités par 2 mamans.

Fraîchement diplômée, je suis tombée amoureuse d’une femme formidable. Pendant 4 ans, nous nous sommes côtoyées tous les jours au baccalauréat en enseignement sans jamais vraiment se parler. Il aura fallu graduer pour discuter et débuter notre belle histoire.

Dès le début, je savais que je ferais ma vie avec elle. Nous voulions plusieurs enfants et notre principal objectif de vie: fonder une famille. En mars 2013, nous avons emménagé dans notre première maison. Nous étions déjà en processus à la clinique de fertilité pour avoir un premier enfant. Nous avons passé plusieurs tests, rencontré la psychologue, acheté toute une panoplie de tests d’ovulation… et voilà.

Avril 2013

Nous avons commencé les inséminations. Nous avons choisi ma bedaine, même si ce choix n’était pas unanime. Toutes les deux, on rêvait de porter la vie. Ma blonde porterait les 2e et 3e, et moi le premier. C’était ça le deal! Le premier essai pour moi s’est avéré négatif. En tout, 6 fois, Ma blonde a su m’épauler quand le test de grossesse était négatif et quand je sombrais peu à peu dans la dépression. Je n’étais pas de tout repos, mais c’était tellement de stress. La 7e fois, un lundi matin, nous avons aperçu un petit + sur le bâton, ce jour allait à jamais marquer nos vies. Un petit bonhomme se faisait une place dans mon bedon, une ‘miette de toast’ comme ma blonde disait.

Allaités par 2 mamans | SMAM 2016 | Cocoon Bien Naître
Crédit photos : Véronique Moisan Photography

La grossesse s’est déroulée à merveille et l’accouchement aussi. Avec l’aide de notre accompagnante, nous avons fait de ce jour, un jour mémorable. Loan est né et a su nous charmer dès la première seconde.

Et que dire de l’allaitement… Je suis tombée en amour avec ce geste, cette mentalité, ce lien unique avec son enfant. Ma blonde m’a toujours supportée quand quelqu’un me suggérait maladroitement le biberon. Nuit et jour, elle m’a épaulée lorsque notre petit ange décidait de boire sans cesse ou de faire le party 😉 Lorsque Loan a eu 4 mois, la vie était belle et magnifique… Ma blonde avait hâte d’être enceinte à son tour.

Nous nous sommes relancées dans l’aventure et un autre petit bonhomme s’est fait, en un seul essai, une place dans son bedon à elle. En deux temps trois mouvements, Éli est né et ma blonde a été d’une force incroyable. J’ai vécu l’accouchement d’une façon tellement différente. J’étais consciente de tout ce qui se passait, j’ai pu vivre un moment de peau à peau incroyable avec notre fils dès sa naissance pendant qu’elle reprenait ses esprits. J’étais remplie de connaissances pour l‘appuyer, avec mes 13 mois d’expérience et mon cours de marraine d’allaitement. Rapidement, ma blonde m’a laissé une petite place et j’ai pu moi aussi allaiter notre bébé, même si je ne l’avais pas porté. Les nuits étaient plus faciles et les tétées groupées aussi. Imaginez, 4 seins pour le prix de 2 ! 😉  Éli a pris beaucoup de notre temps et de notre patience, mais il s’est avéré qu’il avait une intolérance et un RGO. Ensemble, nous avons gravi cette montagne et pendant 8 mois, nous avons suivi un régime strict, malgré les commentaires dégradants que nous avions. Vivre l’expérience d’allaiter un bambin et d’allaiter notre bébé, ça n’a pas de mot.

Ma blonde et moi, nous avons une histoire unique.

Nous venons de vivre notre 2e défi allaitement ensemble. 27 mois plus tard… et 2 petits hommes comblés d’amour et d’or liquide.

Annie, maman de 2 garçons


Merci à Annie pour ce magnifique témoignage ainsi qu’à Véronique Moisan, Photographe pour m’avoir autorisé à partager son travail.

Vous vivez une histoire d’allaitement spéciale vous aussi ?

Venez m’en jaser en commentaire 😉


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Allaitement : une clé du développement durable

Allaitement : une clé du développement durable

La Semaine mondiale de l’allaitement 2016 (SMAM) se tient cette année du 1er au 7 octobre en Amérique du Nord. Le thème choisi est  l’allaitement : une clé du développement durable.

Qu’est-ce que le développement durable ?

Le développement durable est un concept assez nouveau du 20ème siècle. A l’échelle planétaire, cela implique que les générations d’aujourd’hui doivent être capables de répondre à leurs besoins sans compromettre l’autosuffisance des générations futures. Le développement durable englobe les enjeux sociaux et environnementaux.

Un proverbe résume très bien cette notion :

«  Nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants ».

 

L’allaitement : une clé du développement durable ?

Cette année, la semaine mondiale de l’allaitement maternel se concentre sur les 17 objectifs du développement durable (ODD) que les gouvernements du monde entier ont convenu d’atteindre d’ici 2030. Un objectif de taille me direz-vous ! Effectivement, mais c’est en faisant un pas à la fois qu’on avance.

L’allaitement maternel s’inscrit dans plusieurs des 17 objectifs du développement durable :

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1- Pas de pauvreté : l’allaitement maternel ne coûte pas grand-chose et il peut être pratiqué par quasiment n’importe quelle maman, quel que soit son niveau social ou financier. Je dis presque, parce qu’évidemment il y a des composantes physiques à prendre en compte, pis que l’allaitement demande un large réseau de soutien (familial et professionnel).

L’allaitement peut faire une véritable différence pour les bébés des milieux défavorisés. Néanmoins on constate un peu partout qu’une grande partie des femmes ayant de faibles revenus allaitent moins que les femmes de classes moyennes. Manque d’informations ? Manque de soutien ? Manque d’intérêt ? Un certain nombre de question qui restent à explorer.

zero-faim

2- Faim « zéro » : Toutes les 3,6 secondes, une personne meurt de faim dans le monde. C’est habituellement un enfant de moins de cinq ans. Pour un enfant, une bonne alimentation est essentiel pour survivre mais aussi pour pouvoir se développer harmonieusement sur le plan physique, intellectuel et affectif.

Dans les communautés à faibles revenus, l’UNICEF tente d’offrir un maximum d’information sur la nutrition à offrir aux enfants notamment en encourageant la pratique de l’allaitement maternel. Dans les zones les plus pauvres ou vivant des situations de crises, l’UNICEF installe des espaces protégés pour les femmes enceintes et qui allaitent, leur fournit des micronutriments essentiels.

Au Québec par exemple, la fondation  OLO (Oeuf-Lait-Orange) offre quotidiennement aux futures mamans des aliments qui permettront d’améliorer leur alimentation :  1L de lait, un œuf, un verre de jus d’orange ainsi que des suppléments de vitamines et minéraux.

bonne-sante

3- Bonne santé et bien-être : l’allaitement est sans aucun doute une source de bonne santé pour la mère et pour son bébé.

Le lait maternel est un aliment vivant. Il contient de nombreuses cellules de défense capables de phagocyter les bactéries. Le lait maternel participe à la défense de l’organisme. Comme un vaccin, le lait maternel intervient dans les mécanismes immunitaires. Il favorise la prévention des allergies et la défense contre les infections.

Il contient de nombreuses hormones et des enzymes qui participent à la multiplication de la flore naturelle présente dans le tube digestif du bébé.  Voir l’article de maman Éprouvette à ce sujet.

Les graisses contenues dans le lait maternel permettent l’absorption de vitamines et d’autres substances liposolubles. Elles modulent l’appétit du bébé et favorisent la régulation des cycles veilles/sommeil.

Le lait maternel s’adapte au besoin de l’enfant. Il contient des glucides, lipides, protéines, etc., nutriments essentiels au développement harmonieux du bébé. En cas de prématurité, le lait sera plus riche en protéines et en acides gras poly-insaturés. Passé le 1er mois d’allaitement la composition du lait évolue pour répondre à la croissance de l’enfant.

L’allaitement maternel participe au processus de formation du lien mère/enfant. Il permet le développement d’un attachement mutuel. Le contact peau à peau induit par l’allaitement permet au bébé de se sentir rassuré et satisfait dans ses besoins.

Le fait d’allaiter protège l’enfant et la mère de possible problème de santé. Les nouveau-nés nourris au lait maternel semblent faire moins d’anémie, de gastro-entérites, de diarrhées, de maladies des voies respiratoires, de rhumes, d’otites et de méningites que les bébés qui ne le sont pas. De plus, l’allaitement maternel protège contre plusieurs maladies chroniques comme l’obésité, la maladie de Crohn, la colite ulcéreuse, le diabète et la leucémie. Du coté des mamans, celles qui allaitent ont moins de risques de faire une dépression post-partum ou de développer un cancer du sein.

ville-durable

11- Villes et communautés durables : en œuvrant jour après jour pour la normalisation de l’allaitement nous contribuons à faire de nos villes et nos collectivités des endroits ouverts à tous, où chacun se sent encouragé à donner le meilleur de lui-même sans subir le regard des autres. Dans cette optique, je vous invite à voir mon petit vidéo prouvant qu’on peut allaiter partout et en toute simplicité (à la fin de l’article 😉 ).

consommation-et-production-responsable

12 – Consommation et production responsables : l’allaitement favorise une consommation et une production responsable. Une mère veut toujours le meilleur pour son bébé. Pendant la grossesse ou lorsqu’elle allaite la femme a tendance à être plus vigilante par rapport à la qualité et à la provenance des aliments qu’elle consomme. Il est important qu’elle choisisse des aliments sains et qu’elle mange de façon équilibrée afin d’assurer des apports satisfaisant pour le bébé et éviter l’épuisement.

Allaiter est écologique dans la mesure où il ne nécessite presque aucun accessoire pour pouvoir être mis en place. Avec l’allaitement maternel on oublie le kit de biberon, les boites en aluminium contenant la poudre de lait, le chauffe-biberon et autres accessoires. Le lait maternel est fabriqué au fur et à mesure pour répondre aux besoins du bébé.

Les objectifs de la SMAM en 2016

Pour 2016, les objectifs de la  SMAM 2016 sont :

  • Informer la population des nouveaux objectifs de développement durable,
  • Établir les liens avec l’allaitement et l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant,
  • Ancrer solidement l’allaitement en tant que clé du développement durable,
  • Encourager la mise en place de mesures variées favorables à l’allaitement et à l’alimentation optimale du nourrisson et du jeune enfant,
  • De s’engager et de collaborer avec un large éventail d’acteurs autour de la promotion, de la protection et du soutien de l’allaitement.

 

Comment faire une différence?

En tant que maman, chacune d’entre nous peut faire une différence!

Pendant votre grossesse, renseignez-vous sur les bienfaits de l’allaitement et sur ses avantages. Devenez marraine d’allaitement pour soutenir d’autres mamans! Encouragez les femmes de votre entourage à allaiter et à donner le meilleur d’elle-même. Allaitez en public parce que nourrir son enfant c’est un geste naturel.

Si vous cherchez du soutien ou des informations sur l’allaitement maternel, voici quelques liens qui pourrez vous aider :

  • Nourri-source,
  • Ligue La Leche,
  • références pour une IBCLC  (International Board Certified Lactation Consultants – Consultantes en lactation certifiées par l’IBLCE).

 

Normalisons l’allaitement!

J’ai demandé aux mamans de Facebook de me partager leur photos d’allaitement dans des situations particulières afin de montrer qu’on peut allaiter partout sans éprouver de gène. Elles ont étaient nombreuses à participer. Je les en remercie chaleureusement.

Je vous invite à me raconter votre histoire d’allaitement en commentaire,

ça pourrait aider d’autres mamans qui vivent des situations similaires.

 

Je vous partage ici le montage vidéo réalisé dans le cadre de la SMAM 2016 🙂

 

Jocelyne Gaudy, Infirmière et Accompagnante à la naissance

Pour plus d’information contactez moi en message privé sur ma page Facebook ou sur mon cellulaire : 514-969-1469

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Crédit photo : Katia Péchard

Maman de 2 garçons nés en 2003 et 2011, ma vision de la naissance et de la grossesse a été complètement chamboulée par ma formation d’accompagnante à la naissance et les formations suivies par la suite.

Au quotidien j’occupe le métier d’infirmière, un travail qui me passionne et qui se conjugue très bien avec celui d’accompagnante. J’ai travaillé durant plus de 10 ans avec des bébés prématurés ; un domaine à la fois difficile et plein d’espoir, où la vie est si précieuse qu’on la maintient par des tas de fils!

En tant qu’accompagnante à la naissance, je vous aide à mieux vivre votre grossesse, votre accouchement et l’accueil de votre nouvel enfant. Je vous encourage à prendre soin de lui en vous enseignant l’art du massage pour bébé et du bain relaxant, véritable moment de détente après la naissance ou durant la période des coliques.

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