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Catégorie : Dépression postpartum

Quand la Dépression post-partum vous ronge !

Quand la Dépression post-partum vous ronge !

La dépression postnatale (ou dépression post-partum) est encore un sujet tabou, que peu de nouvelles mères osent évoquer avec leurs proches.

Ce problème de santé publique qui touche pourtant 10 à 15 % des femmes dans l’année suivant la naissance de l’enfant. Depuis les années 80, la dépression post-partum a fait l’objet de nombreuses études. Cette maladie peut affecter l’état psychologique de la mère, avoir des répercussions sur le couple, avoir des conséquences néfastes sur le lien d’attachement mère-enfant et de ce fait, perturber le développement psychologique de ce dernier.

Néanmoins, 30 à 50 % des mères souffrant de dépression ne sont ni diagnostiquées, ni traitées. La femme va souvent dissimuler sa souffrance par crainte d’être jugée et traitée de « mauvaise mère ». Le conjoint et la famille proche ne connaissent pas les symptômes de la maladie et mettent souvent les difficultés sur le compte de la fatigue et d’un manque d’adaptation au rythme du bébé. Quant aux professionnelles de la santé se sentent souvent mal outiller pour venir en aide à ses nouvelles mères.

Je me sens au bout du rouleau depuis la naissance de ma dernière (4 mois) et je me questionne à savoir si je ne serais pas en dépression post-partum. J’ai cherchais de l’aide. Zéro compréhension; faudrait que j’arrêter d’allaiter ma grande, que je donne des biberons à ma dernière, que je les laisse pleurer la nuit, les fasses garder, etc. On dirait que c’est impossible de m’aider MOI avec mon moi-même et non pas avec mes enfants. Ce n’est pas tant la charge que sont mes enfants qui m’épuisent, mais peut-être plus le manque de soutien…ou juste un débalancement hormonal. J’sais tu moi! Je pense qu’on fait face à une telle situation que les gens (professionnel de la santé et autre) sont mal à l’aise face à la dépression et qu’ils pensent qu’on s’en met trop sur les épaules. Ils savent pas comment réagir !

Anonyme

Plusieurs types de dépressions ?

Un certain nombre de recherches ont été menés et mentionnent différents types d’atteintes psychiques dans la période du post-partum.

1- Le baby blues ou  « syndrome du troisième jour » toucherait 30-80% des accouchées. Il apparaît entre le troisième et le dixième jour suivant l’accouchement et dure rarement plus de 2 semaines.

Il se manifeste avec les symptômes suivant :

  • fatigue, 
  • tristesse,
  • irritabilité,
  • hyperémotivité,
  • envie incontrôlable de pleurer.

Moins sévère que la dépression post-partum, le baby-blues n’empêche pas la mère de s’occuper de son nouveau-né. Le baby blues ne nécessite pas de traitement médicamenteux. La mobilisation de l’entourage, l’information, une attitude chaleureuse, rassurante et compréhensive de la part des professionnels de la santé suffisent le plus souvent pour surmonter ce trouble passager.

Ce qu’il manque (à mon avis!) c’est du support. Un réseau plus serré (tsé l’expression « ça prend un village » ben ça prendrait un village, mais pour les mères). Pas pour se faire dire comment faire. Pas tant pour se faire donner des conseils. Juste pour que quelqu’un de confiance puisse ramasser le « trop plein » de temps en temps pour nous permettre de souffler avant d’exploser.  Je pense à un souper qui serait préparé, une heure où mes enfants sont avec quelqu’un de confiance pour que je puisse dormir sur mes deux oreilles, une discussion d’ADULTE, une oreille attentive pour m’écouter chialer 5 minutes sans me juger ou me donner des « conseils »…

2- La dépression du post-partum (DPP) toucherait 13% des mères. La DPP peut se manifester à tout moment dans l’année suivant la naissance de l’enfant. Les troubles peuvent persister jusqu’à deux ans après la naissance si la dépression n’est pas prise en charge. Les femmes qui en sont atteintes éprouvent des symptômes physiques et psychiques.

Une femme souffrant de dépression post-partum peut éprouver :

  • Sentiment d’irritabilité et de colère, parfois sans aucune raison ;
  • Anxiété par rapport à des éléments qui ne posent aucun problème d’habitude. Certaines femmes se sentent si inquiètes qu’elles ne sortent pas de chez elles et refusent  de voir leurs amis. Peur de rester toute seule avec son enfant,
  • Sentiment d’incompétence ou impression d’être débordée,
  • Apparition de crises d’angoisse avec : mains moites, palpitations et nausées. Souvent imprévisibles et très douloureuses sur le plan émotionnel,
  • Troubles du sommeil, même lorsque le bébé dort paisiblement,
  • Sentiment constant d’épuisement et d’engourdissement, d’incapacité à faire face aux tâches ménagères. Laisser-aller général, baisse de la libido, désintérêt pour les relations sociales,
  • Problèmes de concentration, confusion ou égarement,
  • Perte d’appétit ou au contraire trouver refuge dans la nourriture. Perte ou prise de poids,
  • Crises de larmes sans raison apparente,
  • Comportement obsessionnel comme par exemple, ranger méticuleusement la maison et s’imposer des exigences impossibles,
  • Peur de mourir, de blesser le bébé, obsession morbide, pensée anormale dont la femme a conscience.

De tels sentiments peuvent avoir des répercussions néfastes sur le développement du lien affectif qui unit la mère et l’enfant ainsi que des répercussions sur son développement.

3- La psychose post-partum est une maladie rare mais très sérieuse qui survient chez environ 0,1% des nouvelles mamans. Elle apparaît de deux à six semaines après l’accouchement.

Parmi les symptômes de la psychose post-partum, on note :

  • une perte de contact avec la réalité,
  • de la confusion,
  • des troubles de l’humeur,
  • de la culpabilité
  • de l’agressivité pouvant mettre en danger l’intégrité physique de la mère et du bébé.

La psychose puerpérale nécessite une hospitalisation rapide où un traitement par neuroleptique sera instauré (les neuroleptiques sont des médicaments utilisés pour leur effet tranquillisants, anti-délirants et pour réguler le cours de la pensée).

Dans 20 % des cas, il y a récidive au cours des grossesses ultérieures. La psychose post-partum peut évoluer vers une maladie maniaco-dépressive ou une schizophrénie.

Comment survivre au Baby-Blues ?

Les symptômes du Baby-blues devraient se résorber d’eux même en quelques jours, voire 2 semaines. Néanmoins, il n’est pas conseillé de laisser le temps au temps sans parler de vos difficultés car cela pourrait se transformer en Dépression du post-partum si vous ne faites rien. Si vous traversez un Baby-Blues et pour vous aider à vous sentir mieux, vous pouvez :

  • En parler avec votre conjoint ou votre entourage (amis, famille) : dites-leur ce que vous ressentez, parlez de vos difficultés (fatigue, nuits difficiles, inquiétudes, etc.), dites-leur que vous avez besoin de leur aide (s’occuper du bébé, cuisiner, faire le ménage, faire l’épicerie, etc.);
  • Prenez du temps pour vous : dormez en même temps que votre bébé, couchez-vous tôt le soir, prenez un bain pendant que papa surveille le bébé, sortez pour vous changer les idées, appelez une amie, faites une activité de loisir au moins 1 fois par semaine, faites-vous plaisir;
  • Faites des activités extérieur avec votre bébé: promenade au parc, allez prendre une collation dans un café, cherchez des activités maman-bébé qui vous corresponde ;

Votre bébé ressent probablement votre détresse et peux avoir de la difficulté à gérer ses émotions. Il pourrait être plus difficile à calmer, avoir du mal à trouver le sommeil, vouloir être au sein plus souvent. Essayez si vous vous en sentez capable, d’être dans le moment présent et à l’écoute lorsque vous vous occupez de lui. Pour qu’il se sente en sécurité, vous pouvez :

  • Faire du portage et du peau à peau avec votre bébé,
  • Le mettre au sein s’il en montre le besoin,
  • Le bercer, lui chanter des comptines,
  • Le masser,
  • Lui parler de vos difficultés avec des mots simples et lui expliquer que cela ne vient pas de lui.

Y a-t-il des facteurs prédisposant à la DPP ?

Les chercheurs estiment que la dépression post-partum résulte de nombreux facteurs complexes qui seraient de 3 ordres : biologique, psychologique et environnemental.

1- Sur le plan biologique, la grossesse et l’accouchement font intervenir des changements rapides et importants des taux d’œstrogènes et de progestérone. 5 à 8% femmes enceintes pourraient être plus sensibles à ses variations hormonales qui induisent  des modifications de l’humeur et du comportement.

Chez certaines femmes souffrant de dépression post-natale on a découvert un dérèglement temporaire de la thyroïde, glande associée aux changements d’humeurs (Gale et Harlow, 2003).

2- Sur le plan psychologique, la grossesse et la naissance d’un enfant sont des étapes importantes dans la vie d’une femme. Elles impliquent beaucoup de changements sur le plan personnel, familial et professionnel. La nouvelle mère est confrontée à une grande responsabilité face à ce petit être qui vient de naître et qui dépend entièrement d’elle. Les premiers mois sont souvent difficiles, les changements et l’adaptation qu’ils nécessitent engendrent un stress important. Chaque personne réagit différemment au stress, certaines mères peuvent avoir l’impression d’être dépassées par la situation.

Dans l’imaginaire collectif, la mère est épanouie, pleine d’énergie et vit dans le bonheur absolu. Être mère est considéré comme un instinct, et non comme quelque chose qui s’apprend.

Les femmes éprouvant des difficultés ont l’impression d’être les seules à se sentir débordées. Elles peuvent avoir des émotions contradictoires (envie de revenir en arrière) qui vont provoquer un sentiment de culpabilité, un sentiment d’échec et un questionnement sur leur capacité à être une « bonne mère ».

Elles vont souffrir d’une détresse émotionnelle profonde qui les conduit à s’isoler.

Le nouveau-né nécessite des soins quasi-constants dans les premiers mois de sa vie, la mère doit mettre beaucoup d’énergie à s’occuper de son bébé. De plus les réveils nocturnes fréquents pour l’alimenter réduisent considérablement la qualité et la quantité de sommeil de la mère. La fatigue peut engendre un manque de patience et d’énergie, des pleurs et de l’irritabilité.

Pour certaines femmes, le déroulement de l’accouchement ne correspond pas à leurs attentes. Elles ont le sentiment d’avoir été « déçues » par la façon dont la naissance de leur bébé s’est déroulée. L‘impression de ne pas avoir été à la hauteur ou de ne pas avoir atteint leurs objectifs peut les conduire à développer une DPP. Par ailleurs, un accouchement traumatisant ou difficile peut avoir les mêmes répercussions.

Des complications liées à la grossesse ou à la naissance du bébé (prématurité, réanimation néonatale ou maternelle, malformation congénitale, maladie dans les premiers mois de la vie) peuvent déclencher une DPP.

La qualité des relations conjugales influencent la manière dont les femmes vivent la période du post-partum. Les tensions et le manque de communication au sein du couple augmentent le risque de développer une DPP. Un partage inégal des tâches pourrait s’accompagner d’une détresse psychologique plus grande chez les nouvelles mères

De plus les mères n’aurait-elles pas besoins : d’être écoutées sans jugement ? D’être rassurées sur leur capacité à être de « bonnes mères » ? D’exprimer leurs difficultés et d’être guider dans la recherche de solutions qui leurs conviennent ?

3- Sur le plan de l’environnement de la nouvelle mère, le fait d’avoir un réseau de soutien peu développé, des difficultés relationnelles avec leur propre mère, des difficultés financières ou encore le fait d’être une mère adolescentes augmente le risque de développer une DPP. La perte d’un parent proche ou une séparation du couple sont des facteurs de risque dans le cadre des DPP.

Quelles sont les conséquences de la DPP ?

La DPP a des effets négatifs et indéniables sur l’ensemble de la structure familiale.

On sait que l’enfant a particulièrement besoin d’entrer en interaction avec sa mère pour se développer. Un jeune enfant (jusqu’à environ 2 ans) a besoin de développer une relation d’attachement avec au moins une personne qui prend soin de lui de façon cohérente et continue pour avoir un développement social et émotionnel normal.

La qualité du temps passé avec l’enfant est plus importante que la quantité. Le nouveau-né par ses pleurs, son babillage, ses sourires poussent la mère à entrer en relation fréquente avec lui et à répondre à ses besoins.

Une mère déprimée et son enfant éprouvent de grandes difficultés dans le processus menant au lien d’attachement. Une mère dépressive est souvent moins attentive aux besoins de son enfant, se montrent moins affectueuse et moins tolérante. Elle s’investit moins dans la relation avec son nouveau-né.

Elle va généralement donner les soins de façon mécanique sans échanger avec son enfant. La privation de parole rassurante, de regard, de caresses, de portage, de bercement, etc. va engendrer des troubles du comportement (agitation ou apathie, troubles anxieux et affectifs).

L’affect négatif renvoyé par la mère au nourrisson nuit à son apprentissage et à sa capacité de traiter l’information.

Les mères dépressives ont plus de difficulté à fixer des limites à leurs enfants ou de les faire respecter. Les enfants de mère dépressive semblent être moins « facile à vivre » et être moins matures pour leur âge. Ils réagissent moins bien au contact amical, jouent moins de façon autonome. Les enfants peuvent développer des troubles de l’attention, des troubles de raisonnement mathématique et de ce fait, avoir des besoins éducatifs spéciaux.

La DPP entraîne des difficultés au niveau du couple. Dans la plupart des cas, les femmes n’osent pas parler de leur situation.

La naissance de l’enfant étant un événement joyeux, elles se sentent coupables de ressentir de la tristesse et de l’ambivalence par rapport à l’enfant.

Le manque de discussion au sein du couple peut entraîner des conflits et même des séparations. Le père peut se sentir impuissant face au changement de comportement de sa conjointe. Parfois les pères pensent que la situation n’est que passagères et que les choses vont s’améliorer au fur et à mesure que l’enfant va grandir.

Il semble donc primordial de prévenir et traiter rapidement les troubles dépressifs chez les nouvelles mères. Vous découvrirez prochainement dans la deuxième partie de notre article comment faire face à la dépression post-partum et quel sont les endroits où trouver de l’aide.

Comment reprendre sa vie en main ?!

Si vous souffrez de symptômes de dépression post-partum, il est important de demander de l’aide. Parlez-en immédiatement à votre famille ou à un professionnel de la santé (médecin de famille, sage-femme, obstétricien, infirmière, etc.). Parlez de vos sentiments et inquiétudes aidera à comprendre quels sont vos besoins. En plus de cela :

  • Reposez-vous dès que vous en avez l’occasion. Faites des siestes en même temps que votre bébé. La nuit, si vous allaitez, votre conjoint peut vous aider en donnant du lait maternel que vous aurez tiré dans la journée,
  • Demandez de l’aide à votre conjoint ou à votre famille pour les tâches de la vie quotidienne telles que le ménage, l’épicerie, le lavage, etc.
  • Limitez-vous dans les tâches ménagères le temps que votre bébé prenne son rythme car il peut s’avérer difficile de vouloir tout mener de front,
  • Passez du temps avec votre famille et vos amis,
  • Prenez du temps pour vous en laissant votre bébé avec son papa ou avec une personne de confiance. Profitez-en pour faire une promenade, du sport, un souper entre amis,
  • Préservez les moments d’intimité que vous avez avec votre partenaire, passez du temps ensemble sans le bébé, partager des activités,
  • Recherchez les groupes de soutien de votre secteur, ils offrent généralement des activités maman-bébé qui permettent de briser l’isolement, de rencontrer d’autres femmes et d’échanger sur ses expériences en matières de maternage et de parentalité (yoga prénatal, accompagnement à la naissance, services de relevailles, soutien à l’allaitement, etc.).

Des rencontres avec des groupes de soutien peuvent être valorisant et aider certaines femmes à surmonter leurs sentiments de culpabilité et d’isolement.

Il est difficile de faire une liste exhaustive des organismes mais en voici quelques exemples :

  • La psychothérapie est souvent un traitement de choix dans la DPP. La thérapie individuelle ou la thérapie de groupe peuvent être très efficaces. Elles se concentrent sur la parentalité, les relations que la mère entretient avec les autres. La thérapie interpersonnelle (TIP) encourage la mère à contrôler son humeur, à se sentir comprise, facilite l’expression de ses émotions et améliore l’estime de soi. La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) vise à remplacer les idées négatives et les comportements inadaptés par des pensées et des réactions en adéquation avec la réalité.

Pour trouver un thérapeute consultez le Répertoire canadien des psychologues offrant des services de santé.

  • Pour les mères ne répondant pas aux interventions psychosociales et psychologiques, l’usage d’un traitement par antidépresseurs peut s’avérer nécessaire. Dans les cas de mères qui allaitent, il est possible de choisir un produit qui ne soit pas contre-indiqué avec l’allaitement.

Si vous allaitez et que vous vous posez des questions concernant les médicaments qu’on vous a prescrits, vérifiez avec le Centre Image de l’Hôpital Ste Justine.

  • Dans certains cas plus extrême il peut être nécessaire d’hospitaliser la mère dans une unité spécialisée.

La famille et les proches, comment aider ? 

Vivre une dépression post-partum peut être très difficile et frustrant pour la mère et son entourage. Il vous faudra faire preuve de patience et de compréhension.

Laisser la mère s’exprimer librement et apportez-lui votre soutien en vous efforçant de ne pas poser de jugement de valeur. Les mères vivant une DPP ont de la difficulté à exprimer leurs sentiments car elles ont peur d’être jugées et que leur qualité de mères soit remise en question.

Encouragez, rassurez. Surtout ne banalisez pas les symptômes en vous disant « c’est normal d’être stressée avec l’arrivée d’un bébé », soyez attentif au changement de comportement de la nouvelle maman.

Le manque de sommeil peut augmenter les symptômes d’irritabilité, les crises de pleurs et le manque de patience. Proposez-vous pour garder le bébé le temps que maman fasse une sieste. Aidez pour les tâches quotidiennes afin qu’elle ait un temps de qualité à passer avec son bébé ou qu’elle puisse prendre du temps pour elle-même.

Si vous vous sentez dépassé par la situation, trouvez de l’aide auprès d’un professionnel de la santé.

Pour une assistance immédiate, appelez Info-Santé (8-1-1), les urgences (9-1-1) ou la Ligne Parents, un service d’intervention accessible jour et nuit, gratuit et confidentiel (1-800-361-5085).

Jocelyne Gaudy, Infirmière et Accompagnante à la naissance

Pour plus d’informations, contactez-moi en message privé sur ma page Facebook ou sur mon cellulaire : 514-969-1469

Jocelyne Gaudy, accompagnante à la naissance | Cocoon Bien Naitre
Crédit photo : Katia Péchard

Maman de 2 garçons nés en 2003 et 2011, ma vision de la naissance et de la grossesse a été complètement chamboulée par ma formation d’accompagnante à la naissance et les formations suivies par la suite.

Au quotidien j’occupe le métier d’infirmière, un travail qui me passionne et qui se conjugue très bien avec celui d’accompagnante. J’ai travaillé durant plus de 10 ans avec des bébés prématurés ; un domaine à la fois difficile et plein d’espoir, où la vie est si précieuse qu’on la maintient par des tas de fils!

En tant qu’accompagnante à la naissance, je vous aide à mieux vivre votre grossesse, votre accouchement et l’accueil de votre nouvel enfant. Je vous encourage à prendre soin de lui en vous enseignant l’art du massage pour bébé et du bain relaxant, véritable moment de détente après la naissance ou durant la période des coliques.


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Maman Rebelle

10 conseils pour survivre à la naissance de bébé | Cocoon Bien Naître

10 conseils pour survivre à la naissance de bébé | Cocoon Bien Naître

De retour de l’hôpital ou de la maison de naissance où vous vous sentiez en sécurité, entourée par des professionnels, vous voilà maintenant seule à la maison avec un Bébé qui va progressivement trouver son rythme. Vous allez devoir apprendre à organiser une nouvelle routine qui tient compte des soins au bébé, des tâches ménagères, l’épicerie, etc. Ce n’est pas toujours évident d’arriver à tout gérer. Que ce soit ou non un premier bébé, Il y a certains points que vous devez vous rappeler ! Voici 10 conseils pour survivre à la naissance de bébé.

1 – Votre repos est une priorité !

Entre des nuits entrecoupées par l’alimentation et les changes du bébé et des siestes interrompues pour les mêmes raisons, ce n’est pas évident d’être en forme, calme et sereine. Pour tenir le coup et ne pas s’épuiser, il faut s’organiser. Reposez-vous dès que Bébé vous en laisse la possibilité. C’est la condition sine qua non pour maintenir toute l’énergie nécessaire pour vous occuper de bébé! L’idéal serait d’arriver à faire 2 siestes par jour et de vous coucher très tôt le soir, juste après sa dernière tétée de la journée. N’oubliez pas que cela va prendre plusieurs mois avant que bébé fasse correctement ses nuits. Que vous l’allaitiez ou non, vous aurez peux être avantage à installer le lit de bébé dans votre chambre ou dans la chambre attenante pour vous éviter de trop grand déplacement.

2 – Prenez le temps de vous adapter à l’arrivée du bébé !

Les mois qui suivent la naissance sont généralement exigeants pour les nouveaux parents et la fratrie. Vous et votre famille auraient besoin de temps pour vous adapter à l’arrivée du nouveau bébé. Et Bébé aura besoin de temps lui aussi pour s’habituer à son nouvel environnement. En tant que parents, il est tout à fait normal dans les premiers mois d’avoir des inquiétudes, d’être fatigués ou de se sentir dépassés. C’est une grande période de déséquilibre pour toute la famille. Toutes les sphères de votre vie seront touchées par l’arrivée du bébé (travail, relation amoureuse, familiale, loisirs, sortie entre ami(e)s, etc.). Il faut accepter de vous donner du temps pour apprendre à assumer votre nouveau rôle de parents et pour vous sentir à l’aise dans les soins au bébé. Une période de 3 à 6 mois, et parfois jusqu’à 2 ans, est souvent nécessaire pour pouvoir s’adapter à tous ces changements. 

10 conseils pour survivre à la naissance de bébé | Cocoon Bien Naître
© Crédit photo : Katia Pechard Photographe

3 – Organisez-vous !

Faites le plein de plats surgelés et de boîtes de conserves avant la naissance du bébé. Gâtez-vous et faites-vous livrer un plat préparé à domicile lorsque vous n’avez pas le courage de cuisiner ! Coté épicerie, vous pouvez magasiner depuis votre salon grâce à internet et vous faire livrer, surtout si votre bébé né en plein hiver!

4 – Demandez de l’aide !

Avant l’arrivée de bébé, prenez le temps de discuter avec les membres de votre famille pour savoir s’ils pourront vous aider le moment venu (plats préparés, épicerie, ménage, accompagnements aux rendez-vous médicaux, surveiller bébé pendant que vous prenez un douche) Oui ! Je vous assure que vous en aurez besoin. Surtout ne refusez pas l’aide que vous proposera votre entourage.

Lorsqu’on est nouveaux parents, il est normal d’être inquiets et de ne pas avoir toutes les réponses. De nombreux organismes sont là pour vous aider et répondre à vos questions (CLSC, groupes de soutien, organismes communautaires, etc.).

5 – Apprenez à doser les visites !

Après la naissance du bébé, l’entourage commencent déjà à affluer à l’hôpital et les visites se multiplient par la suite à la maison. Chacun est impatient de découvrir le nouveau-venu et de féliciter les parents. De votre côté, vous aurez probablement besoin de vous retrouver en famille réduite (votre couple, la fratrie et le bébé). Concernant la famille proche (grand parents, etc.) faites une mise au point de vos besoins avant la naissance, ils comprendront. Pour les amis, voici une belle idée proposée par une maman : envoyer un courriel courtois a tout ce beau monde pour leur expliquer que bébé est né, que vous souhaitez vivre les premiers temps dans l’intimité et qu’ils seront les bienvenus pour rencontrer le nouveau bébé dans les semaines suivant l’accouchement !!! En annonçant leur venue SVP!

6 – Allez-y avec doucement coté ménage !

Evidemment personne n’aime avoir une maison en désordre mais il va falloir choisir vos priorités car il vous sera impossible de tout faire. Le bébé va vous prendre la majeure partie de votre temps et comme cela a été mentionné plus haut vous devriez consacrer le reste de la journée à vous occuper de vous, de votre repos et de votre alimentation. Ce n’est pas le moment de vous lancer dans un ménage de printemps ! Un petit ménage quotidien suffira, n’hésitez pas à solliciter le papa pour qu’il s’implique dans les tâches ménagères. Si vraiment il ne peut pas vous aider, faites venir une aide extérieur pendant quelques semaines.

7 – Surveillez le Baby blues des premiers jours !

La fatigue et les modifications hormonales peuvent entraîner des changements d’humeur. La plupart des femmes ressentiront de l’anxiété, de la tristesse voir même de la culpabilité. C’est ce qu’on appelle le baby blues, il survient souvent dans les 3 jours qui suivent la naissance du bébé mais ne se prolonge pas au-delà 15 jours. Dans le cas contraire il est impératif d’en discuter avec votre médecin qui évaluera vos difficultés car vous pourriez débuter une dépression du post-partum. La thérapeutique proposée en cas de dépression postnatale ne sera alors pas la même que dans le cas du baby blues. Pour vous aider à surmonter le baby blues, vous pouvez parler de vos émotions avec quelqu’un de confiance qui saura vous apporter écoute et soutien. Là encore prenez le temps de vous reposer mais aussi de bien vous nourrir. Les symptômes vont disparaître progressivement au fil des jours.

8 – Valorisez le rôle du papa !

Avec l’arrivée d’un bébé, le papa a besoin de trouver sa place et d’être reconnu par la mère dans son nouveau rôle. Si la mère ne lui laisse pas la place suffisante pour s’impliquer auprès du bébé ou s’il ne veut pas participer aux soins et à l’organisation de la nouvelle famille, les disputes se multiplieront inévitablement. Comme la maman, papa peut se sentir mal à l’aise lorsqu’il s’occupe du bébé les premiers temps. La maman devra apprendre à lui faire confiance tout en l’aiguillant au besoin sur les gestes à accomplir. Là encore cela nécessite beaucoup d’écoute et de dialogue au sein du couple.

10 conseils pour survivre à la naissance de bébé | Cocoon Bien Naître
© Crédit photo : Katia Pechard Photographe

9 – Prenez soin de votre couple

Vous allez avoir besoin d’un temps d’adaptation dans votre nouvelle vie à 3. Il faut que chacun trouve ses marques. Fini les petits plaisirs à deux et les sorties en amoureux du moins pour un temps ! Il est important de prendre conscience que tous vos repaires seront chamboulés et que vous allez devoir vous adaptez. Néanmoins, l’arrivée de bébé ne doit pas vous faire basculer dans un quotidien monotone où vous vous noyer entre nourrir le bébé et changer ses couches. Il faut vous octroyer des petits moments à deux, comme un dîner en tête-à-tête même à la maison et surtout maintenir une bonne communication! Lorsqu’un couple a la volonté de construire une famille et d’avoir des projets d’avenir, la communication est essentielle ! Elle doit commencer bien en amont, avant l’arrivée de bébé. Discuter de chaque décision prise au cours de la grossesse vous permettra de fonder les bases d’une relation plus solide. La communication permet d’exposer son point de vue, de trouver des pistes de solutions et de faire des compromis.

La reprise des relations sexuelles peut être difficile, voire douloureuse dans les premières semaines donc pas de précipitations. Laissez votre corps se remettre doucement de la naissance du bébé. Vous pouvez tout de même encourager les rapprochements mais à défaut privilégier les caresses et les petites attentions. Les changements hormonaux peuvent provoquer une sécheresse vaginale, n’hésitez pas à utiliser des gels lubrifiants lorsque vous vous sentirez à nouveau prêts. Il est bon de savoir que l’épisiotomie peut parfois rendre les rapports douloureux, il faudra patienter un peu, le temps que la cicatrisation soit complète.

Le retour de couches correspond aux premières règles après l’accouchement et annonce que le corps est prêt à une nouvelle grossesse éventuelle. Si vous n’y prenez pas garde vous pourriez avoir de drôle de surprise ! Pour les femmes qui n’allaitent pas, il survient en général entre 6 et 8 semaines après l’accouchement. Pour les mamans qui allaitent, le retour de couche sera retardé. L’allaitement bloque naturellement l’ovulation. Mais ATTENTION, cette méthode de contraception naturelle : appelée méthode MAMA (Méthode de l’allaitement maternelle et d’aménorrhée) efficace à seulement 98% lorsque TOUS les critères sont respectés : bébé a moins de 6 mois, maman n’a pas eu son retour de couche (menstruations), bébé est nourri au sein, et il est allaité au moins aux 4 heures le jour et au moins aux 6 heures la nuit. 

Tout peut arriver ! alors prenez vos précautions ! Parlez-en à votre médecin au cours de la première visite postnatale, il vous conseillera une méthode adaptée à vos besoins.  (Pour en savoir plus sur la contraception après la naissance, surveillez nos prochains articles !).

J’ALLAIS OUBLIER le conseil LE PLUS IMPORTANT !!! Celui que la MAJORITÉ d’entre vous oublierez si personne n’était là pour le rappeler!!!

10 – SURTOUT pensez à prendre soin de VOUS!!!

Votre petit trésor va occuper toutes vos journées, tout votre temps pendant plusieurs mois ! On ne se cachera pas que l’arrivée d’un nouveau membre dans la famille fait en sorte qu’on s’oublie un peu, BEAUCOUP. Entre la gestion du linge de bébé, des tétées, des pleurs, du sommeil, et de tout le reste, il n’y a plus grand place pour VOUS … Si votre conjoint a l’occasion de voir du monde et de parler à des adultes lorsqu’il retourne au travail, vous n’avez pas forcément cette « chance » !

Passer les premières semaines d’extase à observer votre bébé sous tout les angles et à apprendre comment gérer efficacement la routine, vous aurez probablement envie de reprendre un peu de « votre vie » là dedans … Voici les conseils de plusieurs mamans pour prendre soins de VOUS !

Moi j’ai fait l’erreur de me laisser aller, de laisser la vie couler, … couches-tétées-dodo, et de ne m’occuper que de mon bébé et de mon mari – en m’oubliant. Surtout prends soin de toi, coiffe-toi, habilles toi même si tu ne sors pas de chez toi, maquille-toi même juste du mascara pour avoir l’air moins fatiguée ! Prends soin de toi, même si tu penses ne pas avoir le temps ou la foi de le faire, c’est important !

Sarah

On dirait que j’ai besoin de me sortir la tête de tous ces trucs de bébés.. Ça me ferait plaisir d’en parler avec d’autres mamans, mais j’ai aussi envie de parler de spectacles, d’actualité, de me trouver un nouveau hobbie, apprendre quelque chose qui n’est pas nécessairement en lien avec la maternité,etc..! Depuis que je suis tombé enceinte, je ne fais que lire et apprendre sur les bébés (j’y connaissais vraiment rien) et comme j’ai été mise en retrait préventif assez tôt, j’ai eu le temps eeeeeen masse de m’informer. J’ai besoin de voir que la vie n’est pas figée dans tout ça ! Surtout que je vois ma fille être de plus en plus allumée et je sens que je pourrais commencer à vivre un peu plus à mon rythme et pas juste au sien..

Une nouvelle maman

Moi le sport et le yoga me sauve tous les jours !

 M. Michèle

Moi j’ai opté pour du jardinage communautaire, question de ne pas côtoyer QUE des mamans ( tsé 😉 ! ) Alors une matinée par semaine on jardine en groupe et c’est bien sympa de rapporter nos récoltes à la maison.

A chaque semaine on se rencontre avec d’autres mamans dans un café bébé-friendly, on marche, on va au parc, au cinéma maman-bébé, à des activités maman-en-forme, on se rejoint aux Haltes allaitement du CLSC.

Anonyme

Je fais le Pilates avec bébé et pour être honnête, je n’aime pas vraiment ça. Je m’explique… Je me suis inscrite en me disant que ce serait un moment pour faire quelque chose pour moi, une fois par semaine. Quelle idée!  Avec ma petite, je n’arrive pas à faire la moitié du cours, je suis toujours déconcentrée et je dois constamment m’arrêter pour m’occuper d’elle. À l’avenir, je prendrai un moment pour moi toute seule, pendant que papa ou quelqu’un d’autre s’occupe d’elle.

Jocelyne Gaudy, Infirmière et Accompagnante à la naissance

 

Allaitement : une clé du développement durable | Cocoon Bien Naitre
Crédit photo : Katia Péchard

Maman de 2 garçons nés en 2003 et 2011, ma vision de la naissance et de la grossesse a été complètement chamboulée par ma formation d’accompagnante à la naissance et les formations suivies par la suite.

Au quotidien j’occupe le métier d’infirmière, un travail qui me passionne et qui se conjugue très bien avec celui d’accompagnante. J’ai travaillé durant plus de 10 ans avec des bébés prématurés ; un domaine à la fois difficile et plein d’espoir, où la vie est si précieuse qu’on la maintient par des tas de fils!

En tant qu’accompagnante à la naissance, je vous aide à mieux vivre votre grossesse, votre accouchement et l’accueil de votre nouvel enfant. Je vous encourage à prendre soin de lui en vous enseignant l’art du massage pour bébé et du bain relaxant, véritable moment de détente après la naissance ou durant la période des coliques.

 


 

L’ensemble des articles du blog peut être reproduit et partagé dans un but non lucratif. Merci de toujours inscrire les noms et prénoms de l’auteur ainsi que la source cocoonbiennaitre.com lorsque vous partagez.

Accompagnante à la naissance | Cocoon Bien Naître

 

Témoignage : l’épuisement maternel

Témoignage : l’épuisement maternel

J’étais enceinte de ma 2ème fille et je n’étais pas du tout stressée à l’idée d’avoir un 2ème bébé étant donné que tout avait été tellement simple avec la première! J’avais souvent entendu que le 2ème bébé ne changeait pas grand-chose à la vie familiale, puisqu’on était déjà habitué. C’est une fois que mon bébé est arrivé que je suis tombée de mon petit nuage et que j’ai compris que ce ne serait peut-être pas si simple que ça!!

Ayant un conjoint malade, qui ne pouvait pas beaucoup m’aider avec notre nouveau-né, j’ai vite dû apprendre à tout gérer toute seule! Avec mon grand cœur de maman qui pense à ses filles avant elle-même, j’avais décidé de garder ma grande avec moi au lieu de l’envoyer à la garderie les premiers mois de mon congé de maternité. Je ne voulais pas qu’elle pense qu’elle passait en 2ème alors j’essayais de lui accorder le plus d’attention possible et de jouer le plus possible avec elle dès que j’avais une seconde, même si tout le monde me disait de me reposer!

 J’avais décidé d’allaiter et mon allaitement était assez difficile. Bébé était au sein la moitié du temps, ce qui me demandait beaucoup d’énergie! Mes nuits étaient vraiment courtes. Je pouvais dormir un petit 4 heures par nuit, entrecoupé de 4 ou 5 réveils pour allaiter! Je me disais que plus bébé grandirait, moins elle boirait la nuit. Mais plus les mois avançaient et plus je me rendais compte que les réveils ne diminuaient pas et que mon énergie, elle, descendait de plus en plus.

Mes journées étaient exigeantes, mes nuits encore plus. Pas de temps pour me reposer, pas beaucoup d’heures de sommeil la nuit.

Mais je me disais que j’étais une maman forte, avec une énergie sans fond!!! Dans ma tête, aucune maman ne tombait d’épuisement, on était toutes faites pour surmonter des grosses journées et des nuits sans sommeil ou presque! C’est ce que je croyais jusque-là!!

Tout ça a duré 9 mois!! Mon énergie baissant toujours de plus en plus.

Puis, j’ai recommencé à travailler… Un jour, mon conjoint a dû être hospitalisé et est parti à l’hôpital pour un bon bout! J’ai donc été laissée seule avec mes 2 filles, à travailler de jour en plus de courir tous les soirs à l’hôpital pour pouvoir assister mon amoureux!

C’est là que je suis vraiment tombée!!!

Ma plus jeune venait d’avoir un an! Cela faisait 1 an maintenant que je ne dormais jamais plus de 4h la nuit, je ne pouvais plus me reposer le jour puisque j’avais recommencé à travailler, en plus je vivais beaucoup de stress avec la maladie de mon conjoint!

Pendant les vacances de Noël, j’ai commencé à me sentir tellement fatiguée que j’avais de la misère à être fonctionnelle! Tout le monde me disait : Oui, c’est normal tu es fatiguée!!! NON, je n’étais pas juste fatiguée, j’étais complètement ÉPUISÉE, à un point que je ne réussissais même plus à m’occuper de mes filles!

Je pense qu’on ne peut pas comprendre ce sentiment d’épuisement sans l’avoir vécu soi-même! C’est si intense!!

Je continuais de descendre de jours en jours! Je n’avais plus d’appétit, je ne digérais rien, je perdais du poids, je me sentais affaiblie! J’ai commencé à faire de l’insomnie! Aussi ironique que ce soit, ma plus jeune avait commencé à faire ses nuits, je pouvais maintenant dormir et c’était maintenant mon corps qui ne comprenait plus qu’il pouvait dormir la nuit!!! Je passais mes nuits à essayer de trouver le sommeil, mais j’en étais incapable!!

J’ai passé 3 mois à être si épuisée que je ne réussissais même pas à sortir de chez moi! Incapable de rien faire. Mon corps était au bout du rouleau!

C’est à ce moment que j’ai appris sans le vouloir, à lâcher prise!!! Moi, pour qui c’était tellement important de toujours accompagner mes filles partout, d’aller chercher mes cocottes à la garderie pour voir comment elles s’amusaient, je n’ai pas eu d’autres choix que de me faire aider et de devoir rester à me reposer à la maison, pendant que nos proches nous aidaient en faisant tout ce que je faisais en temps normal!!!

J’ai vraiment touché le fond, le très BAS fond de l’épuisement! Je n’aurais jamais cru que c’était possible! Les gens me disaient : Tu fais sûrement une dépression post-partum! NON, je n’étais pas déprimée….Ma tête allait très très bien, c’est mon corps qui était complètement épuisé, c’est mon corps qui ne voulait plus avancer!! C’est là que j’ai compris que l’épuisement maternel existait! J’ai fait beaucoup de recherches à ce sujet et j’ai réalisé que c’est exactement ce que j’étais en train de vivre!!

Tout ce que je voulais c’était remonter au plus vite et recommencer à m’occuper de mes filles comme je l’avais toujours fait!  J’ai finalement dû me rendre à l’évidence! J’en avais beaucoup trop fait! J’avais trop souvent dépassé mes limites et il allait falloir que je revoie mes priorités et ma manière d’être! Tout un travail intérieur ainsi que beaucoup BEAUCOUP de repos ont été nécessaire pour pouvoir commencer à remonter!

Ça a été très long, mais j’ai fini par remonter petit à petit, en me re-questionnant chaque jour : qu’est-ce qui doit vraiment être fait aujourd’hui? Le ménage peut attendre…. je ne suis pas obligée de faire de grosses activités et sorties avec mes filles, une journée collées à la maison ou à faire des jeux tranquilles peut tout autant leur faire plaisir et peut me permettre, à moins, de me reposer!

Aujourd’hui, je ne suis pas encore remontée à 100% et ma plus jeune a 2 ans! Je repense à tout ce temps difficile que j’ai vécu et je ne voudrais pas retourner en arrière, mais je me dis que rien n’arrive pour rien et que j’ai beaucoup appris de cette expérience!

Alors à vous toutes, les mamans qui n’arrêtent pas de courir, pensez à VOUS! Reposez-vous dès que vous le pouvez, respectez vos limites, apprenez à lâcher prise et à déléguer des tâches à tous vos proches qui peuvent vous aider!!! C’est réellement important, parce que personne n’est à l’abri de l’épuisement maternel!!

Anonyme


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Placentophagie ou « consommer son placenta »

Placentophagie ou « consommer son placenta »

Si vous suivez l’actualité people, vous aviez surement vu passer l’information disant que Kim Kardashian a  « consommer son placenta après la naissance de son bébé » pour favoriser les suites de couches. Sur son Blog, la star précise pour ses fans un peu perplexes « Quand je dis que j’ai mangé mon placenta, je veux dire que je l’ai fait dessécher et l’ai fait transformer en plusieurs pilules».

Depuis quelque temps, la placentophagie ou le fait de consommer son placenta est en vogue aux Etats Unis et cela fait la manchette des journaux lorsqu’une starlette se prête à l’exercice.

Le placenta serait bon pour la santé?

Selon les dires des stars américaines, la consommation de placenta serait le meilleur remède pour retrouver la forme après un accouchement.

Rappelons que le placenta, c’est cette enveloppe qui entoure, protège et nourrie votre bébé tout au long de la grossesse. Le placenta est un tissu fœto-maternel, provenant de la fusion partielle d’un tissu maternel de l’endomètre (couche de l’utérus) et de tissu fœtal appelé chorion (partie la plus externe de l’œuf).

Placentophagie ou "consommer son placenta" | Cocoon Bien Naître
Constituants du placenta

À l’accouchement, il est naturellement expulsé hors de l’utérus : on parle de « délivrance du placenta ». Les femelles de la plupart des espèces de mammifères mangent le placenta après son expulsion ce qui donne à cet organe un deuxième rôle nutritif et hormonal pour la femelle. Selon les scientifiques, les femelles le feraient pour plusieurs raisons :

  • par instinct de survie : pour ne pas laisser de trace de l’accouchement et ainsi protéger leurs nouveau-nés,
  • pour éviter d’attirer de mouches ou autres insectes susceptibles de colporter des microbes,
  • pour récupérer des protéines, du fer et d’autres oligoéléments dont la femelle aura besoin pour la lactation,
  • pour favoriser à la fois la rétractation post-partum de l’utérus et la montée laiteuse car le placenta est riche en vitamines et en hormones (prostaglandines et ocytocines),
  • Le placenta aurait des propriétés galactogènes.

 

La placentophagie serait une pratique ancienne ?

Au Moyen Age, les femmes consommaient tout ou partie de leur placenta pour améliorer leur fertilité. A cette époque, on prêtait à cet organe des vertus pour combattre l’impuissance masculine et on le faisait ingérer à l’homme à son insu (le placenta était réduit en cendre et on le mélangeait à de l’eau avant de la faire boire à M.).

Chez les Inuits, selon une croyance toujours très ancrée, le placenta est la matrice de la fertilité maternelle. Pour pouvoir être à nouveau enceinte, une femme doit nécessairement manger son placenta après l’accouchement.

Quels intérêts pour la femme ?

A ce jour, aucune étude scientifique ne prouve les bienfaits de l’ingestion de placenta chez l’humain. On pense que les éléments nutritifs qu’il contient permettraient une remise en forme plus rapide de la mère, favoriseraient la montée de lait, que son absorption faciliterait également la sécrétion d’ocytocine qui est l’hormone du maternage et renforcerait donc le lien mère-enfant. Les nouvelles mamans seraient également moins susceptibles de faire une dépression post-partum.

Néanmoins pour de nombreux spécialistes et professionnels, cette pratique est saugrenue et arriérée. Même si aujourd’hui, la placentophagie se propage largement aux Etats-Unis, en Angleterre et de façon plus timide au Québec et en France, la récupération du placenta en milieu hospitalier est encore peu fréquente et mal vu. L’augmentation des accouchements naturels et à domicile facilitent l’accès au placenta et à ces nouvelles pratiques.

Comment le placenta est-il consommé ?

Vous n’êtes pas obligé de le faire cuire comme un steak ! Le placenta peut se consommer de diverses façons !

Aux Etats-Unis, où la placentophagie est autorisée, les mères peuvent l’ingérer sous forme de granules homéopathiques ou de gélules. Dans le premier cas, le placenta est dilué plusieurs fois, puis des granules sont imprégnées avec cette dilution. Dans le second cas, le placenta est déshydraté, réduit en poudre puis le mis dans des gélules afin de profiter de ses multiples bénéfices en toute simplicité,  sous forme de supplément. Dans les deux cas, ce sont des laboratoires qui effectuent ces transformations après l’envoi par la mère d’un bout de placenta.

Plus artisanale, la teinture-mère est une autre manière de traiter le placenta. Ce procédé est le suivant : le morceau de placenta doit être coupé et dilué plusieurs fois dans une solution hydro-alcoolique. La préparation récupérée ne contient plus de sang, mais les principes actifs du placenta ont été conservés. La teinture-mère de placenta faciliterait, au même titre que les granules et gélules de cet organe, la récupération de la maman, et aurait également des vertus en application locale, pour soigner toutes sortes d’infections chez l’enfant (gastro-entérite, otites, maladies infantiles classiques). A condition toutefois que la teinture-mère de placenta ne soit utilisée qu’au sein d’une même fratrie.

Comment faire pour consommer son placenta, ici, au Québec ?

Si l’expérience vous intéresse, vous pouvez trouver quelques endroits pour faire l’encapsulation de votre placenta.

Je vous invite à découvrir Vivaplacenta où Laurie et Madeleine offrent une option intéressante aux nouveaux parents des Laurentides pour qu’ils puissent profiter des multiples bénéfices que le placenta peut leur apporter.

Pour la région de Québec,  vous pouvez aussi avoir accès à l’encapsulation et à la teinture mère avec vie-ta-mine.  Suivez Vie-ta-mine sur Facebook

Pour Montréal, Moontreemontreal offre un service d’information et de mise en capsule du placenta.

Et vous ? Vous seriez tenté par l’expérience ?

N’hésitez pas à venir donner votre avis en commentaire !

Jocelyne Gaudy, Infirmière et Accompagnante à la naissance

Jocelyne Gaudy, accompagnante à la naissance | Cocoon Bien Naître

Crédit photo : Katia Péchard

Maman de 2 garçons nés en 2003 et 2011, ma vision de la naissance et de la grossesse a été complètement chamboulée par ma formation d’accompagnante à la naissance et les formations suivies par la suite.

Au quotidien j’occupe le métier d’infirmière, un travail qui me passionne et qui se conjugue très bien avec celui d’accompagnante. J’ai travaillé durant plus de 10 ans avec des bébés prématurés ; un domaine à la fois difficile et plein d’espoir, où la vie est si précieuse qu’on la maintient par des tas de fils!

En tant qu’accompagnante à la naissance, je vous aide à mieux vivre votre grossesse, votre accouchement et l’accueil de votre nouvel enfant. Je vous encourage à prendre soin de lui en vous enseignant l’art du massage pour bébé et du bain relaxant, véritable moment de détente après la naissance ou durant la période des coliques.

 


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