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Étiquette : accouchement dans l’eau

Ma Doula, ma bouée

Ma Doula, ma bouée

En cette semaine mondiale des Doulas, Karine voulait écrire un message particulier à la Doula qui l’a accompagnée pendant les 9 mois de sa grossesse et le jour de son accouchement. Voici comment Sa Doula a fait une différence lors de cette merveilleuse aventure en haute mer! 

 

Par ses cours personnalisés, nous avons pu, mon mari et moi, explorer plus loin ma maternité, notre parentalité, mes options, nos tabous, mes craintes et nos attentes. Et surfer sur une vague de bonheur candide qui portait… loin.

 

Par ses connaissances, j’ai pu avoir un phare, une bouée à laquelle m’accrochée, lorsque je vivais des angoisses, des doutes et des blessures autant physiques que psychologiques et que je nageais en  eaux troubles.

Ma Doula, ma bouée | Cocoon Bien Naître | Accompagnante à la naissance
Crédit photo : Junny Photographie studio

Par sa présence à mon l’accouchement, elle a pu porter main forte à mon homme qui devait certainement se sentir submergé par ces vagues intenses et magnifiques qui nous rapprochaient de notre nouvelle famille.

 

Par ses délicatesses, en me préparant un plateau de fruits digne d’une princesse, que dis-je?! d’une reine, en partageant sans compter conseils et matériels, en m’apprenant tranquillement à me faire confiance, a me considérer comme une perle… unique et précieuse.

 

Par sa merveilleuse personne, investie, marginale, englobante, affirmée…Je me suis sentie appuyée, respectée et puissante pour affronter cette mer déchaînée. La plus belle des tempêtes.

 

Encore merci douce Marie-Ève Sturrock

Karine Dumont, nouvelle maman comblée

Ma Doula, ma bouée | Cocoon Bien Naître | Accompagnante à la naissance
Crédit photo : Junny Photographie Studio

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Accouchement, on a respecté mon rythme, mon corps et mon intimité #accouchementrespecte #smar2016

Accouchement, on a respecté mon rythme, mon corps et mon intimité #accouchementrespecte #smar2016

6 mars 2015,

Félix a alors 36 semaines et 6 jours de fait dans mon ventre.

C’est le jour de ma fête, et c’est aussi le jour où tu as décidé de te pointer le bout du nez !

Je me rends compte que je perds du liquide amniotique. Ton papa et moi nous nous rendons à la maison de naissance de la Rivière.

C’est dans un milieu chaleureux, doux, serein, réconfortant et sécuritaire que nous avons choisit de t’accueillir. C’est dans un cocon remplis d’amour, accompagnés par 2 merveilleuses sages-femmes, que tu verras le jour. Dans le respect de notre rythme, de mes désirs et de nos choix éclairés. Ta naissance sera un moment de très grande douceur et empreint de confiance. Tous ensembles nous ferons émerger la force et l’énergie nécessaire afin de te guider vers la sortie.

 

10h00 environ

Arrivée à la maison de naissance. Papa et moi sommes accueilli par une merveilleuse aide-natale. Elle prend le temps de nous demander comment nous nous sentons. Nous sommes très fébriles de savoir que tu seras bientôt parmi nous. Arriver à la maison de naissance c’est comme arriver à la maison. Ce sentiment de bien-être, de sécurité, de chaleur et d’intimité. Loin de cet environnement médical, froid et stressant. L’aide-natale nous guide vers notre chambre. Wow, c’est comme être à l’hôtel. On me demande si j’ai envie de manger. Oh oui, car je sens que je vais avoir besoin de force et d’énergie. On m’apporte des fruits frais, des noix et du yogourt. Merci! Je me sens déjà chez moi ! Ensuite ma première sage-femme vient me rendre visite. Elle m’examine … surprise c’est seulement le premier feuillet de la poche des eaux qui est rupturé. On écoute ton petit cœur et tu es en pleine forme mon coco ! Puis, on m’installe mon soluté car je suis positive au strepto B. Pas de panique, je pourrais quand même bouger et l’enlever après la première dose. On s’installe tranquillement dans la chambre.

 

11h30 environ

Ma deuxième sage-femme arrive, je lui demande à ce qu’on rupture ma deuxième poche. A partir de ce moment les contractions deviennent plus intenses. Assise sur le ballon, je prends les contractions une à la fois entre 2 bouchées de fruits. Et oui, j’ai encore faim !! Je demande à ce qu’on mettre la radio car j’aime beaucoup écouter de la musique. Cela m’aide à me détendre. Papa est près de moi et me prend dans ses bras à chaque contraction. Il m’aide à rester concentrer sur ma respiration et m’encourage. Sa présence est tellement importante. Mes contractions sont environ aux 4 minutes mais s’intensifient très rapidement. C’est mon troisième accouchement mais mon premier fait de façon naturel en maison de naissance.

 

12h30

Le travail avance toujours aussi rapidement. Je me sens bien. Je sens que l’on respecte ton arrivée et notre intimité. L’accouchement est vécu en couple. Il n’y a que nous dans la chambre. Je me sens tout en contrôle et en confiance. Les sages-femmes se relaient pour venir voir si tout se passe bien. On respecte la bulle dans laquelle nous sommes plongés. Elle me laisse le temps de bien prendre mes contractions avant de me poser des questions, d’écouter ton cœur. Elles m’encouragent et me disent que je fais bien cela.

 

1h30

Je serre papa très très fort dans mes bras. Je suis debout, accroché à son cou et je me balance de gauche à droite en faisant des sons. Les contractions sont aux 2 minutes et font tellement mal. Papa m’aide en respirant lentement dans mon oreille et m’incite à suivre sa respiration. Je sens que nous travaillons en équipe lui et moi. Je sens une force incroyable au fond de moi qui m’aide à continuer et à ne pas abandonner. Je sens tellement d’amour entre nous. La façon dont il me regarde me fait sentir encore plus forte.

 

1h45

Les contractions sont toujours aux 2 minutes et très très intense. Je sens qu’il n’y a plus de position qui me soulage. À quatre pattes dans le lit, assis sur la toilette, debout etc. Je clame mon envie d’aller dans le bain. On me fait couler un bain chaud. Le bain n’a pas encore finit de se remplir que je suis déjà dedans hihi ! Je me souviens avoir entendu ma sage-femme me dire que le bain c’est comme mon épidurale !! Wow ! La chaleur de l’eau me fait tellement de bien. Même si j’ai extrêmement mal, cela me permet de bien me reposer entre chaque contraction. Les 2 sages-femmes sont présentes. Je sais que cela signifie que le grand moment approche. D’un coup je sens que j’ai peur, je sais que je ne peux plus revenir en arrière. Les sages-femmes me posent la même question que durant mon suivi de grossesse : « Kim, aimerais-tu accoucher dans l’eau ? » Eeeuh !!! Même réponse qui me revient…. « Je ne sais pas encore » Quand j’y repense, cela me fait bien rire, j’hésitais encore rendu à la fin hihihi ! À la vitesse où le travail avance, je me demande bien comment je vais faire pour sortir du bain !!! hihihi !

 

2h30

Wow !! que c’est intense, que ça fait mal. Je n’y arriverai pas. Je veux que ça finisse. Je pense que je vais mourir…. Voilà une partie des pensées qui m’habitent. Ha et j’oubliais… JE VEUX L’ÉPIDURALE !!! Je ne l’ai pas crié haut et fort mais c’est ce qui tournait en boucle dans ma tête!! C’est le moment où une de mes sages-femmes me dit : « Kim, si tu veux sortir de l’eau, c’est maintenant ou jamais !! » Et bien je vais rester ici ! Je me sens tellement mieux dans l’eau.

Je serre papa tellement fort que j’ai peur de lui faire mal. Je serre de toutes mes forces le bord du bain. C’est là que ma sage-femme me tend la main. On m’encourage en me disant que ça va bien, que bébé arrive, que ce sera bientôt terminé. Je sens alors un côté animal tout au fond de moi. Je vais puiser dans une force dont je ne soupçonnais pas l’existence. Je cris, je hurle de toute mes forces. Ma sage-femme fait des sons avec moi. Elle m’aide à rester focussée.

  

2h45

Ça fait tellement mal que je crois que je vais mourir. Je sens que je perds le contrôle. Je cris, je pleure et je sens qu’il faut que ça finisse. Une contraction arrive et je pousse de toutes mes forces. On me dit d’écouter mon corps, que mon corps sait quoi faire. On me dit que je suis bonne, que j’aurai bientôt bébé dans mes bras. Ha oui ! C’est vrai! mon coco Félix, on doit le faire ensemble. C’est alors qu’arrive CETTE contraction. Je cris encore de toute mes forces, elle fait terriblement mal. Mes cris ne sont pas tût, ils sont accueillis et entendu. Je sens une très grande compassion quant à la douleur que je ressens. Jamais on ne m’a dit de crier moins fort. Je ne sens pas que je « dérange ». Je me laisse guider par mes sensations et mon désir d’extérioriser. Cela me fait du bien. Je pousse encore de toutes mes forces. On me dit que ta tête est là. Ma sage-femme s’empresse de me dire que je dois pousser doucement pour faire attention à mon périnée. Je ne suis pas capable de contrôler ma dernière poussée.

Et là bébé sort. Le moment tant attendu! C’est papa qui t’attrape dans l’eau et qui te dépose sur moi. Voilà!!! J’ai réussi!! Je l’ai fait!!! Un sentiment de fierté incroyable s’empare de moi!!! On a réussi mon bébé! On a réussi papa!!!! Et non, je ne suis pas morte!!  Nous pleurons de joie!!! Les sages-femmes nous laissent te contempler! Que tu es beau mon bébé!! Je m’inquiète soudain parce que tu ne pleures pas. On me rassure vite… C’est parce que tu as eu droit à une naissance calme et dans l’eau. Tu es passé de l’eau à l’eau. C’est pourquoi tu ne pleure pas. Tu es si calme mon bébé. Tu continue à dormir dans mes bras. Tu es né à 2h47.

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Photographie privée, ne pas reproduire svp
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Photographie privée, ne pas reproduire svp

Nous restons dans l’eau environ 25 minutes. Ensuite papa a pu te prendre et faire du peau à peau avec toi. Plus tard, on me demande si j’ai envie de manger. Ohh oui! Je sens que je dois reprendre des forces… C’est avec surprise que ça cogne à ma porte… Voilà que plusieurs sages-femmes et aides-natales viennent pour me chanter bonne fête !!! Ma première réaction est … « Ha oui !! C’est vrai… c’est ma fête » J’avais complètement oublié hihihi !!

C’est tellement apprécié comme surprise !!

L’examen de mon petit Félix est fait devant nous. On nous explique chaque étape et le pourquoi du comment cela! Woow! Que c’est intéressant!

 

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Papa coupe le cordon ombilical, Photographie privée, ne pas reproduire svp

On me guide aussi lors de mon premier allaitement. 3 heures après la naissance de notre fils, on nous laisse en famille afin de bien nous reposer. C’est tellement bien de pouvoir se retrouver dans l’intimité à profiter de ces premiers moments si précieux.

Quand on y repense, les mots qui nous viennent en tête lorsqu’on  parle de notre accouchement : c’est respect, confiance, soutien et amour. Je sens qu’on a respecté mon rythme, mon corps et mon intimité. L’approche sage-femme respecte tellement le côté humain qu’on recherche tant dans un moment si important de notre vie. La naissance de notre enfant et un moment dont on se souviendra toute notre vie! Il est tellement important que ce soit une expérience positive et respectueuse. Je n’ai jamais eu de pression quant à mes choix durant mon accouchement et durant mon suivi. On m’a informé et nous avons ensuite pu prendre les décisions en lien avec nos valeurs. Je peux dire que « nous » avons accouchés dans l’amour, la confiance et le respect. Je ne remercierai jamais assez mes 2 sages-femmes pour tout ce qu’elles ont fait pour nous ! Pour le soutien, l’écoute et le merveilleux suivi. Vous êtes tellement des femmes extraordinaire et dévouée. Vous ferez toujours partie de l’histoire de Félix! Il vous remercie aussi de l’avoir respecté et d’avoir pris soin de lui! Continuez votre merveilleux travail.

On vous aime !

Kim Paquin

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Félix, Photographie privée, ne pas reproduire svp

Je tiens à remercier Kim Paquin pour avoir partagé le récit de son accouchement avec nous.

Et vous? Comment s’est déroulé votre accouchement?

Racontez nous votre histoire en commentaire! 

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Accouchements : Perdue dans le désert, suivi de Promenade en bateau #accouchementrespecte #smar2016

Accouchements : Perdue dans le désert, suivi de Promenade en bateau #accouchementrespecte #smar2016

Premier accouchement: perdue dans le désert

Pour raconter le récit de mon accouchement, prétendre qu’il est possible de mettre des mots sur l’intensité, la puissance et la fragilité nécessaire, je me dois de faire une introduction. C’est notre premier bébé à mon conjoint et à moi. La grossesse amène son lot d’incertitudes, de peurs et de bonheur. J’ai eu la chance d’aimer porter mon fils, même si les derniers temps ont parfois été plus difficiles.

J’ai besoin de commencer mon récit quelques jours avant mon accouchement.

Vendredi premier novembre 2013, après plusieurs mauvaises nuits d’affilée, je décide de commencer mon traitement choc homéopathique, tisane de framboisier et huile d’onagre, conseillé par ma sage-femme. Mon traitement à la main, j’entame le week-end avec assurance. Samedi soir, petit souper entre amis, un vrai moment de détente et de plaisir. Question d’en rajouter, je me sers un verre de vin. La soirée tire à sa fin, on rentre à la maison et on se couche.

Moins de 15 minutes plus tard, une contraction, puis une autre. Je passe au salon, J’essaie de me reposer et j’y arrive malgré les contractions qui reviennent fidèlement au 10-15 minutes. Je laisse mon chum dormir, il doit être en forme pour accueillir son fils. Plus la nuit avance, plus les contractions se rapprochent. À 2 heures du matin j’appelle ma sage-femme et je suis soulagée de savoir que je ne la réveille pas. Je lui dis que je pense que le travail s’installe, que les contractions durent 1 minute et reviennent aux 8-10 minutes. Au petit matin, j’appelle mon accompagnante, qui est aussi étudiante sage-femme, car elle doit faire de la route pour nous retrouver.

L’excitation grimpe en moi car j’entrevois la naissance de notre fils qui se prépare. Malgré une nuit sans vrai sommeil, je suis plutôt en forme, transportée par l’idée que je vais enfin faire la connaissance de ce petit être qui grandit en moi, depuis ce qui me semble être une éternité.  Je réveille mon conjoint.

Vers 7h, les contractions sont aux 3 minutes, mon accompagnante est sur le point d’arriver et je décide d’appeler ma sage-femme. Elle est trop occupée pour me parler et me dit qu’une de ses collègues me rappellera sous peu. Lorsqu’elle me téléphone la chimie n’est pas vraiment au rendez-vous mais nous convenons de nous rejoindre à la maison de naissance à 8h30. À notre arrivée, ma sage-femme a finalement réussit à se libérer et je suis aux anges de la retrouver.

Puis, mon  monde bascule, l’excitation se transforme en désarroi. L’examen révèle un minuscule centimètre d’ouverture. Latence, le mot qui me reste encore entre les dents aujourd’hui. La meilleure solution reste de retourner chez moi et de patienter. Je ne veux pas patienter, je veux rencontrer mon fils, je suis en colère contre mon corps qui me raconte des histoires, qui n’est pas assez efficace.

La journée passe chez moi, les contractions continuent aux 3-15 minutes, je me fatigue, j’ai juste envie de pleurer… je n’ai pas d’appétit.

Le soir venu, je n’ai qu’une seule envie, me reposer. Mon chum fait le tour de la ville pour me trouver des Gravol® un dimanche soir. Je les avale le cœur plein d’espoir mais en vain.

L’abandon. J’ai abandonné à ce moment-là. La fatigue a eu raison de moi, de cette envie de donner la vie naturellement dans un lieu accueillant. Je garde ça pour moi car je n’ai pas la force de l’admettre.

Téléphone à ma sage-femme, je n’en peux plus. Mon accompagnante (étudiante sage-femme) me fait un examen pour éviter de la faire déplacer, 3-4 centimètres. On se donne alors rendez-vous à la maison de naissance. On essaie ballon et autre trucs dont je ne me souviens pas vraiment. Sauf, le moment de solitude avec mon chum ou j’ai pleuré ma vie, comme si c’était la fin de monde. C’était la fin de mon rêve, je veux une épidurale. J’ai échoué, je n’y arriverai pas, je suis exténuée, vidée. Je dis à ma sage-femme que je n’en peux plus, je veux l’épidurale. Elle organise le transfert et me rassure, le médecin en médecine familiale de garde est vraiment génial. Elle et son étudiante m’accompagnent à l’hôpital. J’y arrive mais j’ai peine à marcher tellement les contractions ont pris de la force. On m’amène en fauteuil roulant. Dès mon arrivée on fait mes prélèvements pré-épidurale et on me fait un examen, six centimètres, enfin! On m’installe la fameuse et tant souhaitée, délivrante, épidurale. J’arrive à me détendre, cette détente est plus réparatrice que plusieurs heures de sommeil.

Le médecin vient me voir pour un second examen, presque complète, elle me propose de rupturer les membranes, j’accepte. Puis, elle pose sa main doucement sur moi et me dis: ‘tu as bien fait, ne le regrette pas’. Ces mots je ne les oublierai jamais, elle a su me dire exactement ce que j’avais besoin d’entendre. Elle m’a délivré d’une bonne part de la culpabilité qui me pesait.

À l’examen suivant, je suis complète on me propose d’attendre un peu avant de pousser afin de laisser le bébé descendre.  Puis, l’action commence. Comme je ne sens pas les contractions on me guide beaucoup. Au bout de trois heures et quelques minutes mon garçon vient au monde en parfaite santé. À notre demande, le cordon n’est coupé que quelques minutes plus tard. Puis le placenta est expulsé et on m’offre de le voir, ce qui me ravie. La fatigue a disparue, laissant mon cœur remplit d’amour pour ce petit être. Je n’ai pas de mots devant la grandeur et la force de cette belle nature qui a pris soin de mon enfant tout ce temps à l’intérieur de mon corps. Maintenant c’est notre tour, comme parents, de prendre le relais.

Deuxième accouchement : une promenade en bateau

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Photographie privée, svp ne pas reproduire

 Cette fois si tout est différent, d’abord parce que je sais l’amour et la force qu’il faut avoir pour mettre au monde un enfant. Je sais aussi ce par quoi j’ai dû passer la première fois et je sais surtout quel chemin je ne veux pas prendre. C’est pourquoi je me suis tournée vers l’auto-hypnose afin de me préparer pour cette naissance.

Tout a commencé en douceur une après-midi suivant un cours d’aquaforme. J’ai quelques contractions par-ci par-là, rien de vraiment convaincant, comme j’ai l’habitude d’en avoir depuis quelques semaines. Vers la fin de l’après-midi aux environs de 16 heures un tableau commence à se dessiner, les contractions ne sont pas plus fortes que d’habitude mais plus rythmées. Environ aux 7-8 minutes et durent 45 secondes. Je me dit que ma période de latence a commencé. Comme j’en ai eu une très longue au premier, je n’en fait pas cas. Je prends un bain pour me convaincre de ce que je sais déjà et je vaque à mes occupations, j’ai quand même un fils de 2 ans.  Au début de la soirée, on fait des plans en prévision de faire garder le premier. Mon conjoint va le reconduire chez ses grands-parents, dans le pire des cas se sera une fausse alerte. J’appelle ma sage-femme, afin de l’aviser de la situation et de lui mentionner que je crois que c’est le début de quelque chose. Elle me suggère de me reposer parce que la latence peut être longue. La soirée passe. Le rythme, lui, change peu. Vers 22 heures, sur les conseils de ma sage-femme, je me couche avec ma séance d’hypnose dans les oreilles.

Je l’écoute en boucle jusqu’à ce que je ne puisse plus rester coucher pour supporter les contractions. Je me lève en passe quelques-unes puis me dis que ce serait une bonne idée de les compter pour réaliser qu’elles sont espacées de deux ou trois minutes et durent une minute. Je suis au calme plat, aucune précipitation dans mon esprit, je suis tout de même mon conjoint, qui lui veut vraiment partir rapidement. Il contacte ma sage-femme et on se donne rendez-vous là-bas. À mon arrivée, les contractions continuent, moi je suis toute en contrôle, très calme. Je suis enchantée de comment se passent les choses. Je suis dans ma bulle, c’est comme si tout le reste était comme un rêve, brumeux, vaporeux même à la limite du réel. Le temps disparaît, n’existe plus. La sage femme coule le bain en me disant : je ne sais pas si ça t’intéresse d’accoucher dans l’eau mais je coule le bain question qu’il soit prêt si ça dit. On tente d’écouter le cœur mais ce n’est pas fait facile debout alors je m’allonge. Son cœur va très bien. Je me déshabille et j’entre dans l’eau afin que l’on puisse faire mon premier examen. À ma grande surprise, je suis déjà à environ 6-7 cm, il est 1h15. Cinq minutes plus tard,  je suis dans un état intérieur incontrôlable je me souviens avoir mentionné à mon chum que je ne supporte pas les contractions dans l’eau et que je voulais sortir du bain. Il m’offre de m’aider à sortir mais je lui réponds que je ne veux pas, que je n’en suis pas capable. Moment de panique intérieur ; c’est mon fils qui se fraye un chemin vers la sortie. Puis,  je sens que ça pousse, la panique disparaît soudainement, la vraie poussée fait son entrée en scène. Je voudrais bien dire que c’est à ce moment-là que j’ai poussé, mais ce n’est pas le cas. Honnêtement je n’ai rien fait, presque rien. Mon corps a très bien fait les choses tout seul.  Il le fait très efficacement visiblement car au bout de 15 minutes mon Émile, beau garçon de huit livres et demi est venu au monde rapidement, doucement dans l’eau. Il était magnifique, aussi zen que sa venue au monde. La perfection quoi, comprendre ici, l’enfant et l’accouchement 😉

Le placenta naît quelques minutes plus tard dans un fou rire qui l’expulse de mon corps. Puis, une fois ces derniers services rendus, on coupe le cordon. Papa rencontre son deuxième fils alors que je suis debout dans le bain quelques minutes seulement après sa naissance. Je me sens invincible comme une guerrière, parce que donner la vie est sans aucun doute ce qui m’a donné le plus de puissance de toute ma vie. Grâce à une extraordinaire équipe de sages-femmes, j’ai pu le faire comme je le souhaitais.

Alexandra Morency


Merci à Alexandra Morency pour avoir partagé les récit de ses accouchements avec nous.

Et vous? Comment s’est déroulé votre accouchement?

Racontez nous votre histoire en commentaire! 

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Mon accouchement de rêve à domicile #smar2016 #accouchementrespecté

Mon accouchement de rêve à domicile #smar2016 #accouchementrespecté

Ma latence a commencé le 23 février vers 12h, un peu avant la sieste de mon fils, Théo. On a dîné et fait la sieste ensemble (juste nous 2, pour la dernière fois). J’avais déjà eu des contractions de façon irrégulière et pas très intense, mais là, les sensations étaient quand même différentes des autres jours.

J’ai appelé Julie-Anne, ma sage-femme, vers 16h. Elle m’a dit d’aller prendre un bain et de bien manger avant (au cas où ça « starterait » avec le bain). J’ai soupé avec Loïc, mon conjoint et notre fils puis je suis allée dans le bain pendant environ 2h. J’étais dans ma bulle et j’écoutais ma playlist d’accouchement. Mes contractions se rapprochaient aux 10-15 minutes environ, mais tout a stoppé quand je suis sortie du bain. J’étais déçue.

Le reste de la soirée s’est déroulé comme d’habitude. On a écouté un film avec Théo, on a joué. J’ai laissé un message vocal à ma sage-femme pour l’avertir que ça s’était calmé et que j’allais me coucher. J’ai bercé Théo pour le dodo. Je me doutais de quelque chose au fond de moi, je regardais Théo dormir dans mes bras et je me disais que c’était la dernière fois qu’il était mon petit bébé à moi toute seule. J’ai hésité avant de le déposer dans son lit. Je me suis allongée à côté et je l’ai regardé dormir, puis je me suis assoupie.

Réveil brusque à 23h avec une contraction assez vive!

J’ai aussi très faim.

Je me lève et je vais rejoindre Loïc dans le salon qui joue à son jeu vidéo. Je grignote un peu en faisant du ballon et en faisant rouler mon bassin dessus. Loïc me dit de retourner me reposer au cas où. C’est ce que je fais.

Re-réveil vers 2h du matin avec des contractions irrégulières mais quand même bien senties !

J’appelle Julie-Anne pour la ré-informer. Elle me dit de retourner dans le bain pour voir comment ça s’enligne et de la rappeler quand ça semble se rapprocher (j’étais aux 10-15 minutes encore à ce moment-là). Elle m’a dit de relaxer car ça peut être encore long avec des contractions aux 10 minutes (c’est fou comme on oublie toute la théorie de doula/sage-femme quand on est dans les contractions hihi)

Je retourne me mettre dans le bain avec mes chandelles et ma belle ambiance douce de 2h à 5h. Mes contractions se rapprochent sans pour autant se régulariser. Je fais plusieurs selles « typique » d’un accouchement imminent … je perds beaucoup de bouchon muqueux avec filament de sang … Je finis par sortir du bain parce que j’ai trop faim. Je vais donc manger « mon fameux wrap aux avocats » qui m’a suivi dans mes craving de grossesse.  J’en profite pour informer ma Super-Doula, Valérie. 

Je rappelle Julie-Anne, ma sage-femme, un peu après pour lui dire que mes contractions sont aux 5-7 minutes sans pour autant être régulières, mais une coche plus douloureuses. Elle m’annonce qu’elle est en route!! Je vais réveiller mon conjoint pour l’avertir de la situation. Il se réveille doucement et commence à préparer le set-up pour notre accouchement à domicile.

Théo dort toujours, je vais le voir, lui caresse les cheveux en prenant une petite contraction.

J’avertis ma Doula que mes sage-femmes sont en route. 30 minutes après, je suis aux 4 minutes, je lui écris qu’elle peut s’en venir.

Tout est prêt!

Ma sage-femme arrive. Elle commence à installer son matériel sur le bureau qu’on a prévu pour elle, je suis sur le ballon et je prends quelque petites contractions par-ci par-là. On jase et le soleil commence à se lever dans notre super grand salon (endroit prévu pour la naissance).

J’informe Jennely, une amie, qu’on est en train de se préparer, que c’est ben relaxe et que Théo fait encore dodo. Je lui demande si elle peut s’en venir tranquillement pour s’occuper de lui le moment venu, comme convenu.

Vers 7h environ tout le monde est là. Théo s’est réveillé doucement et il est bien content d’avoir autant de monde chez lui!

Pendant ce temps, mes contractions se rapprochent et s’intensifient doucement. Je me promène dans le salon et dans la cuisine. J’apprécie le moment. Nous sommes tous dans la cuisine, les sages-femmes en train de prendre un café et de jaser ensemble, Valérie est près de nous et prend des photos. Théo, Loïc et Jennely déjeunent ensemble. Moi je suis debout à laisser les contractions s’installer peu à peu.

Julie-Anne et Valérie me proposent de m’allonger sur le sofa pour m’aider à décrocher un peu, car je me promène partout avec mes contractions et je jase un peu trop à leur goût. Je m’allonge donc sur le sofa. Loïc et Valérie discutent ensemble en me massant, ça fait du bien ! Mes contractions commencent à faire mal, je crispe mes orteils…

Comme j’étais en toujours en phase de latence, les sages-femmes ont quittaient temporairement pour se rendre à une réunion. Je devais les rappeler quand le travail actif commençait. Pendant leur absence, je n’arrêtais pas de faire pipi et d’avoir des contractions, intenses et rapprochées. J’étais encore capable de parler encore avec mon conjoint et ma Doula. Je leur ai demandé de me faire couler un bain. Je suis passée en travail actif presque au moment où j’y ai mis les pieds. Loïc les a rappeler les sages-femmes vers 9h30 pour leur dire de revenir (peu de temps après leur départ!).

Je suis aux 2 minutes et j’ai parfois des contractions qui se chevauchent…mais je parle encore avec Valérie! Je lui verbalise que je trouve ça long avant que le travail actif embarque (alors qu’il était déjà là) que j’ai hâte que ça soit fini et que je vois enfin mon joli bébé tant attendu. Elle me rassure comme elle sait si bien le faire et me rappelle que oui bébé sera là très bientôt! J’aime entendre jaser de l’autre côté de la porte, j’aime que Théo fasse des allers-retours entre la salle de bain et les autres pièces où il joue avec Jennely. Il observe beaucoup ce que les sages-femmes font, je me dis que je ne peux pas demander mieux comme naissance et que bébé 2 sera bien accueilli.

Valérie m’incite beaucoup à plonger dans les contractions. C’est ce qui m’aide à vraiment décrocher et partir dans ma bulle. J’ai les yeux fermés, je gémis un peu et je ne parle plus sauf pour verbaliser la douleur que je ressens. J’entends vaguement les sages-femmes qui sont de retour. Julie-Anne vient s’installer près du bain avec Valérie et les deux me tiennent compagnie pendant que je déconnecte peu à peu…Elles se relayent pour me masser le dos et me flatter les bras et les épaules, ça me fait vraiment du bien. Valérie remplie ma bouteille d’eau, j’ai tellement soif! Elles me répètent de laisser aller, de continuer à bien respirer. Elles me disent que je suis bonne, de laisser mon bébé descendre, qu’il sera bientôt dans mes bras. Ce sont ces beaux gestes et ces douces paroles qui m’aident à vraiment bien prendre mon rôle en main et à laisser venir le bébé.  Pour l’avoir déjà vécu, je me répète mentalement d’accepter chaque contraction, de respirer doucement, de laisser ma bouche molle, j’accueille la douleur comme un vieil ami et je me dis que c’est temporaire, que j’en suis capable!!

Pendant ce temps, Loïc et Sophie, la deuxième sage-femme, s’occupent de remplir ma piscine. Je passe un long moment assise dans le bain et mes contractions deviennent de plus en plus douloureuses. Je me dis que « Je n’y arriverais jamais!! ». Je me dis que « J’en ai pour quelque heures encore, comment vais-je faire!? ». Je me dis aussi que ça ne se peut pas que je sois déjà rendu là!!

Puis instinctivement, je me mets à genoux et mes eaux crèvent! Puis je me met à 4 pattes, j’entends Valérie et Julie-Anne se dirent: »Ohh, ça s’en vient » (je crois qu’elles ont vu la ligne mauve de ma craque de fesse hihi).

J’ai jamais eu de toucher vaginal alors je n’ai jamais su à combien j’étais et ça me convenait comme ça!

J’ai quelques contractions et tout déboule! Ça pousse ET ça chauffe! Je dis que « Ça chauffe » à Valérie et la scène me fait rire intérieurement. Valérie qui avertit les sages-femmes, elles qui courent presque pour prendre leur matériel, Loïc qui observe la « panique » et demande ce qui se passe …

Valérie et Julie-Anne m’aident à sortir du bain, je me rends doucement à la piscine. Bizarrement je ne sens pas que ça pousse SI FORT alors je ne comprends pas pourquoi ça chauffe ?!  J’en suis même rendu à croire que j’ai une bande de col et que ça pousse alors que je ne suis pas encore complètement dilaté!

J’embarque donc dans la piscine et je m’installe la poitrine appuyée contre le rebord. Je sais qu’il y a ma Doula et mes sages-femmes pas loin de moi, Loïc à mes côté et je remarque que Jennely porte Théo au dos. Je me sens bien entourée et en sécurité.

À la première contraction je pousse un bon coup, je sens la tête avancer puis reculer. Je me dit « Oh ça va être long, j’aime pas ça! » Seconde contractions je sers les doigts de Loïc tellement fort que je me surprend à penser que je vais les casser. Je verbalise la douleur avec un beau gros son grave, un looong « chant » et une longue poussée physiologique, et pouf la tête sort d’un seul coup! Ça m’a tellement prise par surprise que j’ai lâchée un cri de peur! Et instinctivement, je tiens sa tête et je flatte ses petits cheveux en attendant la prochaine contraction avec Loïc à mes côté qui colle sa tête contre la mienne. Je lui dit de rester comme ça près de moi.

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Photo privée, ne pas reproduire svp – ©Capteuse de vie photographie, par Valérie Turcotte

Puis j’attrape bébé 2! La sensation d’accueillir son enfant soi-même…wow! Je n’ai aucun mot pour le décrire! (C’est très différent de la naissance de Théo que je n’ai pas voulu toucher, ni accueillir moi-même tellement j’étais envahie par mes émotions)

Bébé a le cordon autour du torse (comme un sac en bandoulière). Les sages-femmes l’ont fait culbuter pour le défaire rapidement et j’ai pu coller bébé sur moi! À peine quelques secondes après, elle poussait son premier cri! Je lui ai parlé pour la rassurer. Je me sentais tellement bien, j’étais consciente de ce qui se passait, je lui disais « Allo mon chaton! »

Théo était présent et à très bien vécu tout ça. Il jouait, regardait ses émissions, se promenait, observait beaucoup et venait me voir quelque secondes par-ci par-là. Lors de la poussée il a très bien réagi et disait « Bébé! » en la pointant du doigt ! Je suis très heureuse de l’avoir inclus dans la naissance, je ne regretterais jamais mon choix!

Je réalise que j’ai eu mon accouchement de rêve!

Quelques minutes après j’ai expulsé le placenta. On l’a laissé flotter dans un petit bol près de nous quelque instants avant que l’on sorte de la piscine.

Je n’ai pas pu rester très longtemps dans la piscine car elle n’a pas eu le temps de se réchauffer pleinement, étant donné que l’accouchement a été assez rapide. Mais ça ne m’a pas du tout déranger, j’avais pu accoucher dans l’eau et j’étais heureuse!

Nous avons eu notre première « tétée de bienvenue » dans le lit en mangeant de bons fruits et du yogourt de coco, le tout préparé par ma superbe Doula! Théo s’en donnait à cœur joie et picossait dans mon assiette que je partageais bien sûr volontiers avec lui!

Malgré toutes mes 1001 craintes durant ma grossesse et quelques petits désagréments post-partum, je suis bien heureuse de dire que mon accouchement a été parfait pour moi et que j’ai eu mon beau cercles de femmes (et 2 hommes) pour m’aider et me soutenir.

Mélissa Goulet

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Mélissa et son bébé Lotus – Photo privée, ne pas reproduire svp –  ©Capteuse de vie photographie, par Valérie Turcotte


Je tiens à remercier vivement Mélissa pour avoir partagé le récit de son accouchement avec nous ainsi que Valérie Turcotte, Accompagnante à la naissance pour ses superbes photographies.

Et vous? Comment s’est déroulé votre accouchement?

Racontez votre histoire en commentaire! 

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L’eau, source de réconfort pendant l’accouchement

L’eau, source de réconfort pendant l’accouchement

L’accouchement dans l’eau inspire un sentiment de bien être et de détente. Le chercheur soviétique Igor Borisovich Charkovsky développa le concept d’accouchement dans l’eau durant les années 1970 et entreprit de réaliser des naissances sous l’eau à l’image des dauphins. Michel Odent poursuivit l’expérience en utilisant l’eau chaude d’une piscine afin de soulager la mère pendant le travail. La chaleur, la flottabilité d’un accouchement dans l’eau réduisant de manière significative la douleur tout en augmentant la détente. Depuis l’eau se retrouve dans les différentes étapes de la naissance.

L’eau pour soulager « le faux travail »

L’accouchement normal se produit au terme de la grossesse, soit entre la 37e et la 42e semaine de grossesse. Avant d’entrer dans « le travail » de l’accouchement, phase où les premières contractions régulières se font sentir, la femme peut passer par une phase de « faux travail » avec des  contractions de Braxton-Hicks.

Ces contractions correspondent à une tension passagère des muscles de l’utérus. L’utérus se durcir. Fréquentes en milieu de grossesse, ces fausses contractions ne sont habituellement pas douloureuses, durent jusqu’à une demi-minute, et peuvent survenir une ou deux fois par heure, plusieurs fois par jour. Avec l’avancée de la grossesse, ces fausses contractions peuvent devenir plus intenses, voire douloureuses parfois et peuvent se confondre avec les contractions du « travail ».

Si vous êtes à moins de 37 semaines d’aménorrhées, que les contractions deviennent douloureuses, plus régulière et plus intense, n’attendez pas pour contacter la sage-femme ou l’hôpital. Vous pourriez être en Menace  d’Accouchement Prématuré (MAP).

Si vous êtes à terme et que les contractions deviennent douloureuses, il est toujours préférable de rejoindre la maison de naissance ou l’hôpital où vous accouchez pour évaluer la situation. Les sages-femmes et les infirmières de l’obstétrique conseillent souvent aux mamans de faire leurs exercices respiratoires, de relaxer et de se plonger dans un bain chaud (comprendre tiède et pas brûlante !!) pendant environ 1 h.

Le bain chaud a généralement pour effet de stopper les Braxton-Hicks, ainsi vous serez fixée. Si vous être en travail, le bain chaud soulagera les tensions du corps, vous apportera de la détente et participera positivement à l’avancer du travail. Pour s’ouvrir votre col a BESOIN que vous soyez Zen et détendue !! Le bain sera un moment idéal d’intimité avec votre conjoint qui pourra en profiter pour vous masser le bas du dos ou les hanches ! L’ocytocine, hormone de l’Amour qui contribue largement au déroulement de l’accouchement, a besoin de douceur, de tendresse, de calme et d’Amour pour pouvoir être sécrétée correctement. Alors gâtez-vous !

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Facteurs influençant la production d’ocytocine et d’endorphine

L’accouchement dans l’eau

Au cours des dernières années, l’accouchement dans l’eau a gagné en popularité en raison des nombreux avantages qu’il représente.

L’origine des accouchements dans l’eau est très ancienne. On pense que les Amérindiennes demeurant près de mers chaudes ou de sources chaudes jaillissantes accouchaient souvent dans l’eau. A Hawaï, la tradition de donner naissance dans l’eau remonterait ainsi à 16 000 ans (Vadeboncoeur 1995). D’autres éléments indiquant que l’eau était utilisée comme moyen thérapeutique, notamment pour soulager les douleurs liées à l’accouchement, remontent à l’époque des Assyriens, des Grecs et des Romains (Reid-Campion 1997). En ce qui concerne le premier accouchement dans l’eau rapporté par la littérature scientifique, celui-ci a eu lieu en France en 1803 (Embry 1805).

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© Crédit photo : Katia Pechard Photographe

Au Québec, le nombre d’accouchements dans l’eau n’est pas connu, mais il peut cependant être estimé à quelques centaines compte tenu du fait que ce type de prestation n’est offert que dans les maisons de naissance ou au domicile sous la supervision des sages-femmes. L’accouchement dans l’eau n’est pas disponible actuellement dans les hôpitaux du Québec.

En France, pays où l’accouchement dans l’eau a été initié assez tôt dans l’histoire du monde moderne, il représenterait environ 500 naissances par an sur 800 000, soit 0,06% des naissances. Par contre, en Angleterre et au Pays de Galles où cette pratique est davantage développée, les accouchements dans l’eau représentent près de 1% des naissances (Gilbert et Tookey 1999).

Pour pouvoir accoucher dans l’eau, la femme doit être en bonne santé et ne pas avoir de contre-indications telles que : grossesse à risques, grossesse multiple ou tout autre problème de santé qui restreignent l’accès à une sage-femme.

La chaleur associée à l’immersion dans l’eau procure le sentiment réconfortant d’être enveloppée, protégée, bercée, soutenue et détendue par l’eau. L’immersion dans l’eau donne aussi l’impression d’établir une barrière dans l’espace occupé, favorisant ainsi un sentiment d’intimité, de contrôle sur son environnement et, par conséquent, un plus grand lâcher-prise chez la femme.

Il faut attendre que le travail actif soit bien installé pour s’immerger dans l’eau, car si on y entre trop tôt ou si on y reste plus de 2 heures, il y a un risque de ralentir le travail.

L’accouchement dans l’eau aide la future mère, le bébé et le conjoint à vivre une naissance naturelle et en douceur. L’accouchement dans l’eau présente les avantages suivant :

Avantages pour la maman

  • L’eau aide à réduire le stress et aide à la détente. L’immersion dans l’eau permet à la femme d’être dans sa bulle. La femme doit se sentir en confiance avec les personnes présentes car  le sentiment d’intimité est beaucoup plus grand. Pour l’aider on peut tamiser les lumières, éviter le plus possible de lui parler ou de l’observer directement et minimiser les sources de bruits. On s’assurera régulièrement qu’elle n’a ni froid, ni faim, qu’elle se sent en sécurité et confortable.
  • La détente général du corps permet une meilleure respiration et apporte un maximum d’oxygène aux muscles utérin. Un muscle bien oxygéné travaille mieux et est moins douloureux.
  • L’immersion dans l’eau aurait des effets physiologiques marqués sur le système cardio-vasculaire, tel qu’une réduction de la tension artérielle due à une vasodilatation des vaisseaux périphériques et la redistribution du débit sanguin. De fait, l’immersion dans l’eau chaude serait ainsi associée à une amélioration de l’irrigation sanguine au niveau de l’utérus et donc à une meilleure oxygénation du fœtus.
  • L’effet de pesanteur est diminué, permettant à la femme une liberté de mouvement plus grande et plus de facilité à trouver une position confortable. La femme a plus de facilité à se laisser guider par son corps.
  • La production d’endorphines (opiacé naturel de la même famille que la morphine) sera favorisée. Les endorphines aident à rendre les douleurs des contractions moins difficiles. Elles diminuent l’anxiété et la fatigue. Elles contribuent aussi à mettre le néocortex à l’arrêt (cerveau rationnel, celui qui réfléchit, qui compte) pour laisser la place au cerveau primitif (celui qui sait accoucher par instinct). Les endorphines incitent aussi la femme à abandonner ses résistances et ses barrières mentales telles que la peur, le jugement et le contrôle.
  • L’immersion dans l’eau prévient la libération des hormones de stress dans l’organisme, telles que les catécholamines, qui inhibent l’ocytocine et la progression du travail.
  • L’accouchement dans l’eau diminuera sensiblement la durée du travail, divisée par 3 par rapport aux naissances classiques. Le col de l’utérus se dilate beaucoup plus vite, la douleur étant ressentie de façon moins intense et moins longtemps, la femme aura plus d’énergie et des poussées beaucoup plus efficaces.
  • On note une réduction considérable des complications et de l’instrumentalisation (accélération du travail, forceps, péridurale, césariennes).
  • La détente induite par l’eau permet un relâchement musculaire optimal, le périnée sera plus détendu et plus élastique et détendu, réduisant ainsi l’incidence des déchirures.
  • En reparlant de l’expérience d’un accouchement dans l’eau avec les femmes qui ont pu en bénéficier, on constate une meilleure satisfaction de leur vécu et le sentiment d’avoir été en contrôle. Le sentiment de satisfaction du vécu de l’accouchement est important. Tschudin*, dans une étude publiée en 2009 a montré qu’une anxiété ou une insatisfaction lors d’un premier accouchement peut être source d’angoisse, pouvant même amener  la femme à demander une césarienne lors de l’accouchement suivant. De plus un meilleur vécu de l’accouchement réduit les symptômes du post-partum (irritabilité, cauchemars, trouble du sommeil, etc.) et les risques de dépression.

* TSCHUDIN.S, Previous birth experience and birth anxiety: predictors of caesarean section on demand?, Sept 2009, Journal of Pscychosomatic Obstetrics & Gynecology; 30(3): 175-180

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© Crédit photo : Katia Pechard Photographe

Pour le bébé

  • L’accouchement dans l’eau se fera plus en douceur, le bébé sera accueilli d’une manière plus rassurante et se sentira en sécurité.
  • Il semble que les bébés nés dans l’eau soient plus calmes et pleurent moins
  • Le peau à peau pourra être fait rapidement puisque la température de l’eau est à 37° C. La maman pourra ainsi le toucher, le caresser et le regarder autant qu’elle le désire.

 

Pour le conjoint

  • L’accouchement dans l’eau permet une participation active du conjoint. Lorsque le bain est assez grand, le conjoint peut y entrer et participer au processus de la naissance. Il aura tout loisir de caresser, masser, encourager et soutenir la future maman.
  • L’immersion dans l’eau créait un contact intime entre les 2 partenaires et favorise la production d’ocytocine (hormone de l’amour, qui créait des liens) synthétisée naturellement au cours de l’accouchement. Pour que la production d’ocytocine soit déclencher, la femme doit se sentir en confiance, aimer et encouragée. Sa production augmentant graduellement au cours de l’accouchement, l’ocytocine allonge la durée des contractions, réduit leurs intervalles et permet de rendre le travail plus efficace. Quand le bébé atteint la partie basse du vagin, le cerveau commande de relâcher une quantité maximale d’ocytocine qui va favoriser un attachement fort et immédiat avec l’enfant. Cette forte concentration d’ocytocine produira également le réflexe d’éjection du placenta. Elle permettra aussi à l’utérus de se rétracter après cette expulsion, le ramenant à sa position et à sa forme initiale, et réduisant ainsi les risques d’hémorragies.
  • On oublie trop souvent que l’accouchement est aussi pour le père un événement intense. Lui aussi vivra des émotions fortes et le fait de voir sa conjointe détendu et en confiance va l’aider à trouver plus facilement sa place auprès d’elle. Il aura le sentiment d’être aidant et davantage impliqué auprès de sa nouvelle famille.

Quels sont les facteurs à considérés ?

Il existe quatre grandes préoccupations mentionnées par les différents ordres professionnels, elles sont reliées à la sécurité de la femme et de son enfant lors de l’accouchement dans l’eau :

1) la thermorégulation :  il est important que la température de l’eau du bain ne soit pas supérieure à celle du corps de la femme afin d’éviter une hyperthermie du fœtus ou un malaise de la mère. Lors de l’immersion dans l’eau, la femme doit avoir la possibilité de réguler la température de l’eau et être encouragée à sortir et rentrer dans l’eau au cours de la phase de travail aussi souvent qu’elle le souhaite. La température de la pièce doit également être confortable pour la patiente et celle-ci doit être encouragée à s’hydrater régulièrement.

2) le risque d’infection : provient de l’idée que l’eau est un vecteur de germes. La mère et le nouveau-né pourraient être contaminés par des germes déjà présents dans le bain. De son côté, la mère pourrait contaminer son nouveau-né par les différents fluides expulsés lors de l’accouchement. Il est également proposé que les risques d’infections soient accrus pour la mère car l’eau pourrait pénétrer dans son utérus (Rosevear et al. 1993) et que l’effet relaxant de l’eau chaude pourrait conduire à des contractions post-partum moins efficaces (Deans et Steer 1995). Bien évidemment, toutes les piscines et les bains d’accouchement et autres équipements doivent être nettoyés, désinfectés et séchés après chaque utilisation.

Les études semblent montrer qu’il n’y a pas de différence notable des taux de mortalité néonatale et les taux d’infections (maternelles et néonatales) entre un accouchement traditionnel et un accouchement dans l’eau.

3) les difficultés respiratoires chez le nouveau-né : il est rapporté que le réflexe de plongée (« diving reflex ») empêche le nouveau-né en bonne santé d’inhaler de l’eau. Selon Johnson (1996), le larynx du fœtus possède un grand nombre de chémorécepteurs respiratoires, empêchant ainsi l’inhalation de liquide. De plus, le réflexe de plongée est principalement déclenché par les récepteurs de la peau du visage qui transmettent les stimuli aux chémorécepteurs. Par contre, un nouveau-né présentant une défaillance au niveau du réflexe de plongée présente un risque d’inhalation de liquide avant d’avoir atteint la surface de l’eau.

4) la rupture du cordon ombilical : il existe un risque accru de rupture du cordon ombilical dans la mesure où il est potentiellement plus difficile d’appréhender la longueur du cordon dans un bain d’accouchement.

Les mesures d’urgences et l’évacuation du bain en situation de risques doivent être envisagés et discutés en prénatal avec le couple.

Comment faire pour accoucher dans l’eau ?

Pour vous renseigner sur les possibilités d’accouchement dans l’eau et les services de sages-femmes au Québec

Les maisons de naissance sont équipées de grandes chambres avec des bains confortables et tout le matériel nécessaire à votre confort.

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Pour trouver une maison de naissance au Québec

Pour celles qui envisagent l’accouchement au domicile et si votre bain n’est pas suffisamment grand ou pas assez accessible pour permettre à la sage-femme de surveiller le bon déroulement de l’accouchement, vous devrez peut-être acheter une piscine gonflable spécifique.

Pour vous en procurez une, visitez le site périnatalité inc.

Accoucher dans l’eau à l’hôpital ?

Pour les femmes qui accouchent à l’hôpital, sachez que la plupart sont équipés de grand bain et même si la naissance de votre bébé ne peut pas se faire dedans, vous aurez tout loisir d’y passer le temps que vous voulez et d’en apprécier les bénéfices !!

Compresses d’eau chaude ou froide

Facile à utiliser, les compresses peuvent être utilisées tout au long de l’accouchement.

Les compresses chaudes peuvent être appliquées au niveau du dos, du bas-ventre et du périnée. En plus de soulager la douleur, la chaleur diminue les frissons et tremblements, les tensions articulaires et les spasmes musculaires : elle augmente la souplesse et l’extensibilité des tissus conjonctifs.

Les compresses froides peuvent être appliquées au niveau du dos, du cou, de la poitrine et du visage. En plus de diminuer la perception de la douleur, le froid aide à soulager les spasmes musculaires et à réduire l’inflammation et l’œdème des tissus.

Une étude randomisée contrôlée auprès de 717 femmes nullipares n’ayant pas pratiqué le massage périnéal prénatal a démontré que l’application de compresses chaudes au niveau du périnée à la fin du deuxième stade de travail ne diminuait pas le besoin de faire des sutures périnéales. Toutefois, elle avait pour effet de diminuer le taux de déchirure de troisième et quatrième degrés, la douleur perçue par les femmes au moment de la naissance, la douleur perçue au Jour 1 et au Jour 2 suivant l’accouchement, de même que l’incidence d’incontinence urinaire à 3 mois post-partum. Les auteurs estiment que cette pratique simple et peu coûteuse devrait être intégrée aux soins accordés lors du deuxième stade de travail.

Les papules d’eau sous-cutanée

L’injection sous-cutanée d’eau stérile à des points précis dans la région du sacrum diminue la douleur localisée au bas du dos en quelques minutes. L’effet dure de 45 à 120 minutes.

L’utilisation de papules d’eau stérile serait associée à une diminution de la douleur lombaire pendant le premier stade du travail. Selon les études, cette méthode ne diminue pas le recours aux autres moyens de soulager la douleur, mais elle peut retarder le recours à l’épidurale. Leur utilisation n’est pas répandu dans tous les hôpitaux du Québec renseignez-vous là où vous devez accoucher.

Vous avez accouchée dans l’eau? Racontez nous votre histoire en commentaire, elle pourrait faire la Une lors d’une prochaine publication!!


Sources :

Votre accouchement: gérer la douleur de façon naturelle

chus : Rapport_Bains_accouchement


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L’accouchement, moment riche en émotions, sublimé par Amanda Greavette

L’accouchement, moment riche en émotions, sublimé par Amanda Greavette

Pour Amanda Greavette, « La naissance est moment intime et privé, mais il est tellement viscérale et riche qu’il est un sujet étonnant à explorer. » Sans contredit cette artiste-peintre originaire de l’Ontario a su capter les émotions de l’accouchement dans une série de peintures intitulée « Projet de naissance ».

Je tiens à remercier chaleureusement Amanda Greavette qui m’a personnellement autorisée à vous partager son travail. Je vous invite à lui laisser vos commentaires !

Amanda Greavette vit et travaille en Ontario (Canada). Elle a cinq beaux enfants, est une artiste-peinture et s’implique dans sa communauté. Amanda est très impliquée dans les actions de la «Leche League ».

Elle est également membre de « Les Amis des Sages-femmes de Muskoka » un des rares groupes de défense des intérêts de l’obstétrique en Ontario. Elle est diplômée de l’École des beaux-arts et du Design de l’Ontario (2004). Amanda a exposé dans de nombreuses galeries et lors d’événements. Je vous invite à parcourir sa biographie.

Amanda a donné naissance deux fois à l’hôpital, trois fois à la maison, une fois avec un médecin, et quatre fois avec les sages-femmes. La maman a donné naissance sur le sol, sur des lits et dans l’eau. « Tous mes accouchements ont été des expériences très positives » a-t-elle déclarée dans un récent article au Huffington post. Pour Amanda, la naissance et la parentalité sont des événements majeurs et très puissants qui nous transforment.

Amanda Greavette a créé une série de peintures intitulées  « Projet de naissance ». Elle y représente les accouchements d’amies ou de membres de sa famille auxquels elle a personnellement assisté. Certaines de ses peintures sont également des répliques de photographie que plusieurs femmes lui ont fait parvenir via les réseaux sociaux ou par courriels. D’ailleurs Amanda invite les femmes a lui soumettre leurs histoires et leurs images afin de les inclure dans sa bibliothèque de références dont elle s’inspire pour créer ses peintures. Pour en savoir plus sur l’histoire de ses peintures vous pouvez visiter le Blog d’Amanda Greavette.

Le Blog de Baby Center lui a également consacrer un article en ce début d’année.

Pour vous procurer une reproduction de ses toiles, vous pouvez visiter la Boutique Etsy d’Amanda Greavette. Vous pouvez également la suivre via sa page Facebook.

Espérons que nous aurons la chance de faire la connaissance d’Amanda Greavette et de pouvoir admirer ses toiles à Montréal !

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