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Étiquette : accouchement respecté

Touche pas à mon col ! Pas de stripping sans consentement

Touche pas à mon col ! Pas de stripping sans consentement

De plus en plus de femmes me disent qu’à leur rendez-vous de suivi dès la 38e semaine de grossesse on leur propose mentionne (sans véritable consentement éclairé) qu’on va leur faire un stripping pour aider à partir le travail.

Pour certaines le geste a semble-t-il été posé sans même qu’on les avise … oui, parce que quand tu as des saignements et que tu perds ton bouchon muqueux dans les heures qui suivent ton rdv, ça laisse un petit questionnement/doute sur ce qui a pu déclencher tout ça…

 

Le stripping, quèsaco  ?

Imaginez que votre col est un gros beigne bien moelleux recouvert d’une couche de chocolat glacé … Maintenant, mettez votre doigt dans l’orifice par en dessous et essayez d’aller décoller la crème chocolatée qui recouvre votre beigne … Ben, ça ressemble à ça un stripping.

Crédit photo : Free stock photo

 

Le médecin ou parfois la sage-femme, essaie de décoller la membrane amniotique collée au-dessus de votre col de l’utérus. Cette manœuvre entraîne une production locale de prostaglandine qui favoriserait le début du travail.

Vous comprendrez que votre col doit être déjà  légèrement ouvert de 1-3 cm pour que les membranes soient accessibles, c’est ce qu’on appelle « avoir un col favorable ».

 

Le stripping, douloureux ?

Rarement agréable, le stripping peut parfois aussi être douloureux. Il entraîne des pertes sanguines plus ou moins importantes dans les 12 à 24h suivantes et parfois des crampes dans le bas du ventre.

Bien souvent, il représente une source de stress inutile pour la femme enceinte qui se demande si :

  • la présence de saignement est normale ?
  • est-ce important de surveiller la quantité de sang perdu ?
  • pourquoi j’ai soudain mal au ventre, est-ce grave ?
  • est-ce que finalement le stripping était nécessaire ?
  • à quoi je dois m’attendre pour la suite ?
  • bref beaucoup de stress inutile !

 

Pour certaines, pressées d’en finir avec la grossesse et de voir enfin leur bébé, le stripping peut donner de faux espoirs et entraîner une certaine lassitude. La future maman se met à compter les jours qui passent et se désole de sa situation au lieu de se réjouir de l’arrivée du bébé. Le stripping ne donne pas de garanti que l’accouchement et imminent et doit parfois être refait plusieurs fois avant d’être efficace.

 

Le stripping, un geste sans conséquence ?

Malheureusement aucune intervention n’est sans risque sinon ce serait trop facile et on n’aurait pas besoin de se poser de questions. Les risques du stripping sont les même que pour les autres formes de déclenchement (rupture des membranes, ballonnet, administration d’hormones de synthèse au niveau du col ou par voie veineuse) :

  • contractions utérines plus fortes ;
  • phase de latence plus longue ;
  • diminution du rythme du cœur fœtal ;
  • plus d’interventions chirurgicales (ventouse, forceps, césarienne) ;
  • accouchement avant terme en raison d’une erreur de datation ;
  • procidence du cordon ombilical s’il y a rupture prématurée des membranes (amniotomie) ;
  • hémorragie après l’accouchement.

 

Crédit photo : Le Monde « l’épidémie des césariennes des brésiliennes »

 

Le stripping, un mal nécessaire ?

Vous vous demandez peut-être pourquoi le stripping semble si populaire auprès des médecins. Loin de vouloir cesser de vous voir la binette à chaque semaine, ils craignent plutôt les risques encourus par un dépassement de terme. On sait qu’en allant au-delà de 42 semaines de grossesse, les chances de complications augmentent.

Pour commencer, plusieurs études ont montré que l’efficacité du placenta à nourrir et oxygéner le bébé diminuait au-delà de ce terme.

Comme bébé aura eu le temps de bien se nourrir il pourrait aussi être plus gros que prévu, allongeant du même coup la longueur du travail et la nécessité de le sortir « de force » avec des instruments comme les forceps ou la ventouse. Les études démontrent un plus haut taux de déchirures au niveau du périnée (allant jusqu’au 3e et 4e degré).

Autre risque possible pour le bébé c’est qu’il manque d’oxygène à la naissance surtout si l’accouchement est long et compliqué. La présence de méconium dans le liquide amniotique, signe de souffrance fœtale, peut également entraîner des difficultés respiratoires à la naissance. Les conséquences de tout ça peuvent évidemment être dramatique pour le bébé est entraîner des anomalies neurologiques irréversibles.

Après 42 semaines, le risque d’infections chez la maman est légèrement plus fréquent (chorioamniotite, endométrite).

Les études prouvent également que le taux d’hémorragie de la délivrance chez la maman est plus important et ce dès 41 semaines.

 

Le stripping, une décision éclairée!

On peut lire sur le site de l’institut national sur la santé public du Québec (INSPQ) que « la date d’accouchement est souvent fixée à la 40e  semaine de grossesse. Cependant, il n’est pas possible de déterminer la date exacte du début du travail. Celui-ci devrait débuter spontanément entre la 37e  et la 42e  semaine. Il est donc tout à fait normal qu’une grossesse puisse se rendre jusqu’à 41 semaines et 6 jours. »

Il est toujours préférable d’attendre que le travail débute spontanément, cela permet de réduire le risque de complications obstétricales (forceps, ventouse, césarienne). À partir de 41 semaines, une évaluation régulière du bien-être fœtal permet de déterminer si un déclenchement du travail est nécessaire ou si on attend encore un peu.

 

Lorsque le déclenchement s’impose avant 41 semaines pour raison médicale, c’est correct, on s’astinera pas avec ça. A partir de 41 semaines si le col est favorable on aura tout intérêt à aider un peu la nature pour éviter les complications.

Là où on commence à peser les pour et les contres c’est quand le médecin le propose voir l’impose dès 38 semaines. Vous avez alors tout intérêt à essayer d’abord des méthodes douces et naturelles pour aider la nature à faire tranquillement son chemin.

 

Le stripping, des alternatives ?

Oui des alternatives il y en a ! En plus, elles sont souvent facile d’accès et vous n’avez même pas besoin de vous forcer pour les essayer. Vous pouvez les utiliser si votre col est favorable, c’est-à-dire s’il est mou, court voire légèrement dilaté. Puisque ce sont des méthodes douces qui prennent un peu de temps et parfois plusieurs essais avant de porter leurs fruits vous pouvez les essayer vers la 39e semaine.

J’ai commencé à dresser la liste de tous les moyens possibles mais finalement c’était tellement long (parce que j’aime ça vous donner le plus d’informations possible) que j’ai décidé de vous le mettre dans un deuxième article où je vous donne des trucs pour éviter le déclenchement et favoriser le travail naturellement.

Vous y trouverez entre autre :

  • le déclenchement à l’italienne,
  • comment lâcher-prise,
  • quoi faire pour libérer les blocages physiques et psychologiques,
  • quels spécialistes en médecines douces consultés.
Crédit photo : Pixabay

 

Le stripping, un choix éclairé !

J’espère qu’avec tout ça vous aurez pu vous faire une idée plus précise sur le stripping, des avantages et des inconvénients de celui-ci et que vous serez en mesure de faire un choix éclairé lorsque viendra le temps d’en discuter avec votre médecin.

Si vous avez préparé votre plan de naissance, n’hésitez pas à y inclure une mention à ce sujet.

 

Est-ce vous avez déjà eu un stripping avec ou sans votre consentement ?

Venez m’en jaser en commentaire 🙂

 

Jocelyne Gaudy, Infirmière et Accompagnante à la naissance

Jocelyne Gaudy, accompagnante à la naissance | Cocoon Bien Naître

 

Maman de 2 garçons nés en 2003 et 2011, ma vision de la naissance et de la grossesse a été complètement chamboulée par ma formation d’accompagnante à la naissance et les formations suivies par la suite.

Au quotidien j’occupe le métier d’infirmière, un travail qui me passionne et qui se conjugue très bien avec celui d’accompagnante. J’ai travaillé durant plus de 10 ans avec des bébés prématurés ; un domaine à la fois difficile et plein d’espoir, où la vie est si précieuse qu’on la maintient par des tas de fils!

En tant qu’accompagnante à la naissance, je vous aide à mieux vivre votre grossesse, votre accouchement et l’accueil de votre nouvel enfant. Je vous encourage à prendre soin de lui en vous enseignant l’art du massage pour bébé et du bain relaxant, véritable moment de détente après la naissance ou durant la période des coliques.

 


Références:

 

 

 

  • Kashanian M, Akbarian A, Baradaran H, Samiee MM. Effect of membrane sweeping at term pregnancy on duration of pregnancy and labor induction: a randomized trial. Gynecol Obstet Invest. 2006;62(1):41-4.

 

 

 

  • Boulvain M, Stan CM, Irion O. Membrane sweeping for induction of labour. Cochrane Database of Systematic Reviews 2005, Issue 1.

 


L’ensemble des articles du blog peut être partagé dans un but non lucratif. Néanmoins, merci de toujours inscrire les noms et prénoms de l’auteur ainsi que la source cocoonbiennaitre.com lorsque vous le faîtes.

Ma Doula, ma bouée

Ma Doula, ma bouée

En cette semaine mondiale des Doulas, Karine voulait écrire un message particulier à la Doula qui l’a accompagnée pendant les 9 mois de sa grossesse et le jour de son accouchement. Voici comment Sa Doula a fait une différence lors de cette merveilleuse aventure en haute mer! 

 

Par ses cours personnalisés, nous avons pu, mon mari et moi, explorer plus loin ma maternité, notre parentalité, mes options, nos tabous, mes craintes et nos attentes. Et surfer sur une vague de bonheur candide qui portait… loin.

 

Par ses connaissances, j’ai pu avoir un phare, une bouée à laquelle m’accrochée, lorsque je vivais des angoisses, des doutes et des blessures autant physiques que psychologiques et que je nageais en  eaux troubles.

Ma Doula, ma bouée | Cocoon Bien Naître | Accompagnante à la naissance
Crédit photo : Junny Photographie studio

Par sa présence à mon l’accouchement, elle a pu porter main forte à mon homme qui devait certainement se sentir submergé par ces vagues intenses et magnifiques qui nous rapprochaient de notre nouvelle famille.

 

Par ses délicatesses, en me préparant un plateau de fruits digne d’une princesse, que dis-je?! d’une reine, en partageant sans compter conseils et matériels, en m’apprenant tranquillement à me faire confiance, a me considérer comme une perle… unique et précieuse.

 

Par sa merveilleuse personne, investie, marginale, englobante, affirmée…Je me suis sentie appuyée, respectée et puissante pour affronter cette mer déchaînée. La plus belle des tempêtes.

 

Encore merci douce Marie-Ève Sturrock

Karine Dumont, nouvelle maman comblée

Ma Doula, ma bouée | Cocoon Bien Naître | Accompagnante à la naissance
Crédit photo : Junny Photographie Studio

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10 trucs pour favoriser un accouchement naturel

10 trucs pour favoriser un accouchement naturel

Pour être en confiance le jour de l’accouchement et permettre à votre corps de faire naître votre bébé de façon naturelle, il vous faudra être bien renseignée sur les différentes étapes de l’accouchement, comprendre les processus physiologiques qui s’opèrent et mettre en place des stratégies qui favorisent la progression du travail. Je vous donne ici quelques suggestions pour vous permettre d’avoir un accouchement naturel.

1- Choisissez d’accoucher avec une sage-femme

Cette professionnelle de la santé, spécialement formée pour accompagner les femmes durant leur accouchement saura prendre le temps qu’il faut pour vous expliquer en détails les différents stades du travail de l’accouchement. Il est moins stressant de vivre un événement comme celui-ci lorsqu’on en connait les étapes.

Pour être suivi par une sage-femme je vous recommande de vous inscrire rapidement dans la maison de naissance la plus proche de chez vous. Les places sont limitées et les listes d’attente souvent très longues. L’accouchement à domicile est un autre choix possible dans la mesure où votre grossesse se déroule bien et c’est tout aussi sécuritaire que d’accoucher en maison de naissance. Quoi de mieux que d’être dans son nid douillet pour donner la vie ?

Vous n’avez pas eu de place en maison de naissance ? Saviez-vous que vous pouvez accoucher à l’hôpital avec une sage-femme ? La plupart des CSSS ont des ententes particulières avec les maisons de naissance permettant aux sages-femmes d’être présentes auprès des mamans qui le désirent.

2- Hôpital – médecin, magasinez un endroit où on sache être à l’écoute de vos besoins

Vous devez accoucher à l’hôpital ? Sachez que chaque hôpital a ses propres protocoles et chaque médecin sa personnalité et sa façon de faire. Renseignez-vous dans votre entourage large pour savoir ce que les femmes ont aimé ou pas du lieu où elles ont donné naissance. Il est facile de constater que certains hôpitaux sont plus ouverts que d’autres à l’accouchement naturel et aux méthodes douces pour la gestion de la douleur. Même si le médecin qui vous suit pendant votre grossesse ne sera pas forcément présent le jour de votre accouchement, l’importance de pouvoir discuter avec lui de toutes les options qui s’offrent à vous est primordiale. Pour vous aider à faire votre choix, vous pouvez lire l’article « choisir un lieu de naissance qui vous ressemble »

10 trucs pour favoriser un accouchement naturel | Cocoon Bien Naître
Crédit photo : Geneviève Moreau Photographe

3- Faites affaire avec une accompagnante à la naissance

Le jour de l’accouchement, il faut s’assurer d’être entourée par des personnes significatives qui pourront vous aider et vous mettre en confiance. Pour que le travail se déroule de façon optimale il faut que vous soyez capable d’être complètement relâchée et dans l’ouverture. Selon vos besoins, l’accompagnante peut se déplacer à votre domicile tout au long de la grossesse pour vous donner des cours prénataux. Elle vous explique en détails le processus de la naissance. Elle vous décrit les différentes interventions qui peuvent être pratiquées par l’équipe médicale à vous-même ou à votre bébé. Elle vous donne leurs avantages et les effets secondaires ainsi que des alternatives possibles pour vous permettre de faire des choix éclairés.

L’accompagnante, qui a souvent plusieurs heures de formations et plusieurs chapeaux à son actif, vous ouvrira sa boite à outils et vous fera découvrir comment passer au travers des contractions sans trop de souffrance. Elle outillera votre conjoint pour qu’il soit un partenaire efficace et aidant le jour de la naissance de bébé. A vous les massages, points d’acupression, visualisations positives, hypnose, mobilité, ballon, bain relaxant, etc. !!

4- Préparez votre plan de naissance

Établissez un plan de naissance en ayant réfléchi à toutes les éventualités et présentez-le à votre médecin et à l’équipe en place le jour de la naissance. Il faudra être capable de faire part de vos choix tout en gardant à l’esprit que l’accouchement n’est pas un chemin tracé d’avance. Le plan de naissance n’est pas un simple bout de papier. Pour être capable de le rédiger vous devrez avoir fait l’exercice de vous renseigner sur différents sujets et d’en avoir discuté en couple. Le plan de naissance est avant tout un moyen d’en apprendre plus sur l’accouchement, les interventions médicales qui peuvent vous être proposées, le protocole hospitalier, les différentes méthodes de soulagement de la douleur.

10 trucs pour favoriser un accouchement naturel | Cocoon Bien Naître
Crédit photo : Geneviève Moreau Photographe

 

 

5- Restez active pendant votre grossesse et le jour de l’accouchement

Accoucher c’est un peu comme courir un marathon, il faut que votre corps soit un minimum entraîné. Evidemment ce n’est pas le temps de vous inscrire à un programme de musculation ou de vous lancer dans la course à pied si vous n’en avez jamais fait. Pratiquez des activités plus douces comme l’aquagym ou le ballon forme. En plus de tonifier vos muscles en douceur, de favoriser l’oxygénation des cellules, un entrainement léger vous permet de mobiliser votre bassin. En fin de grossesse cela favorisera la descente du bébé vers la sortie. Au début du travail, n’oubliez pas de rester active. Marchez à votre rythme, faites bouger votre bassin, roulez des hanches sur un ballon.

6- Faites votre nid

L’ocytocine, hormone de l’amour sécrétée au cours de l’accouchement, a besoin d’intimité et de sécurité pour être produite par le corps. L’ocytocine issue du mot grec õkytokíne, qui signifie «naître rapidement» ou «accouchement rapide» facilite la naissance du bébé par le biais de contractions soutenues et efficaces. Cette hormone, dont les taux sont à leur maximum à la naissance du bébé, permet l’amorce du lien d’attachement mère/enfant. La sécrétion d’ocytocine permet également aux dernières contractions de l’utérus d’expulser le placenta et de minimiser les risques d’hémorragie du post-partum.

Afin de maintenir une production d’ocytocine constante, vous devez faire votre nid. Que vous prévoyez accoucher chez vous, en maison de naissance ou à l’hôpital, voici quelques suggestions pour vous sentir à votre aise. Prévoyez des vêtements douillets et des oreillers pour être confortable. Faites-vous une playlist de musique que vous aimez et qui vous détendent. Installez des bougies. Vous pouvez en mettre des vraies si vous accouchez à la maison, sinon on en trouve aussi à batteries un peu partout. Au pire tamisez juste les lumières. Prenez un bain chaud et relaxez au maximum. Faites-vous masser et dorloter.

Entourez-vous de personnes significatives et qui sauront vous réconforter. Si vous êtes à la maison et que c’est votre souhait, vos enfants peuvent être présents. Ils vous apporteront beaucoup d’amour et d’encouragements. Sinon vous pouvez toujours apporter une photo d’eux. Prenez le temps d’avoir des petites périodes d’intimités avec votre partenaire. Sachez que l’ocytocine est aussi l’hormone qui est sécrétée lorsque vous faites l’amour. Embrassez tendrement votre partenaire, incitez-le à vous prendre dans ses bras et à vous démontrer son amour. Le plaisir émotionnel et physique qui découle de ses moments de tendresse ne sera que positif et favorisera le processus naturel qui se déroule.

10 trucs pour favoriser un accouchement naturel | Cocoon Bien Naître
Crédit photo : Geneviève Moreau Photographe

7- Rester zen 

La visualisation positive, la méditation ou encore des techniques de respiration peuvent vous aider à gérer le stress de l’accouchement. L’état de stress et la peur ne sont pas bons pendant la grossesse et ralentissent la progression du travail. Lorsque vous êtes stressée votre corps produit de l’adrénaline et du cortisol, deux hormones qui inhibent l’action de l’ocytocine. Tout au long de la grossesse, faites des exercices pratiques en groupe ou en solitaire. Pendant l’accouchement centrez-vous sur vous-même et votre bébé, sur le travail qui s’opère pour permettre sa naissance. Respirez à votre rythme et mettez votre mental sur OF. Oubliez l’horloge qui tourne, le temps d’espacement des contractions, l’espace qui vous entoure et mettez-vous dans votre bulle.

8- Trouvez des alternatives pour la gestion des contractions

Depuis des années, le corps médical a concentré son énergie à tenter d’abolir la douleur physique ressentie par la femme notamment par l’utilisation presque systématique de la péridurale. Néanmoins cette méthode n’est pas sans danger et entraîne une cascade d’événement qui conduit souvent à la césarienne. Au Québec 25% des naissances font suite à une césarienne, ce que l’OMS considère comme un taux élevé. Il existe des méthodes naturelles pour gérer la douleur des contractions. Renseignez-vous pour savoir lesquelles vous avez envie d’essayer. Il sera important de vous pratiquer en couple dans les semaines précédant la naissance. En effet votre partenaire va jouer un grand rôle dans la perception que vous aurez à ce moment-là. Les outils sont multiples : massage, acupression, respiration, hypnose, préparation affective à la naissance, bain, etc.

9- Lisez des récits de naissances naturelles

Évitez d’écouter trop d’histoires d’accouchement qui tournent mal. Souvent ces histoires-là sont racontées de façon à être sensationnelles et ne font qu’augmenter la peur et le manque de confiance en soi. Je vous recommande fortement de lire « Une naissance heureuse » écrit par Isabelle Brabant. C’est une sage-femme du Québec qui a passé plus de 30 ans à aider les femmes à faire naître leur bébé. Ce livre est vraiment inspirant.

10- Faites-vous confiance

C’est sans doute le point le plus important de cette liste. La nature a bien fait les choses et vous a donné tout ce dont vous avez besoin pour faire naître votre bébé par vous-même. Instinctivement votre corps sait quelle position adopter pour faire avancer le travail, faire descendre le bébé dans le vagin et permettre sa naissance. Votre corps produit un véritable cocktail hormonal pour vous aider. Instinctivement vous voudrez vous placer dans un lieu sécuritaire et agréable. De vous-même vous voudrez être avec des personnes de confiance et faire votre bulle le moment opportun. Faites-vous confiance et suivez votre instinct.

10 trucs pour favoriser un accouchement naturel | Cocoon Bien Naître
Crédit photo : Geneviève Moreau Photographe

J’avais envie de vivre pleinement cette expérience, de m’y investir en profondeur et d’accueillir mon bébé en douceur, à son rythme. Tout ceci était possible en choisissant l’environnement de sa naissance, en m’éduquant et en m’entourant de personnes ressources.

Un accouchement naturel ce n’est pas une punition, c’est un privilège puisqu’on en ressort tellement fière, tellement puissante. Il y a quelque chose de magique dans l’univers d’une naissance spontanée, respecté et dans l’accueil de son bébé dans toute la délicatesse qu’il mérite. Je remercie les sages-femmes qui savent accompagner les parents avec beaucoup de respect et d’authenticité, qui prennent le temps de partager avec nous de précieux moments.

Trina Gzilla

Un grand merci à Trina Gzilla pour avoir accepté de partager les magnifiques photos de son accouchement et à Geneviève Moreau Photographe. 

Je vous souhaite un accouchement à votre image

Jocelyne Gaudy, Accompagnante à la naissance

Jocelyne Gaudy, accompagnante à la naissance | Cocoon Bien NaîtreMaman de 2 garçons nés en 2003 et 2011, ma vision de la naissance et de la grossesse a été complètement chamboulée par ma formation d’accompagnante à la naissance et les formations suivies par la suite.

Au quotidien j’occupe le métier d’infirmière, un travail qui me passionne et qui se conjugue très bien avec celui d’accompagnante. J’ai travaillé durant plus de 10 ans avec des bébés prématurés ; un domaine à la fois difficile et plein d’espoir, où la vie est si précieuse qu’on la maintient par des tas de fils!

En tant qu’accompagnante à la naissance, je vous aide à mieux vivre votre grossesse, votre accouchement et l’accueil de votre nouvel enfant. Je vous encourage à prendre soin de lui en vous enseignant l’art du massage pour bébé et du bain relaxant, véritable moment de détente après la naissance ou durant la période des coliques.

 


L’ensemble des articles du blog peut être reproduit et partagé dans un but non lucratif. Merci de toujours inscrire les noms et prénoms de l’auteur ainsi que la source cocoonbiennaitre.com lorsque vous partagez.

Accompagnante à la naissance | Cocoon Bien Naître

Cet accouchement tant attendu

Cet accouchement tant attendu

Le matin du 23 Décembre 2014, après 1 an d’essais et 2 fausses-couches, j’apprends que je suis enceinte!

Je ne vous apprends rien quand je dis que cette grossesse a été très stressante pour moi. Chaque étape que je franchissais était une victoire: dépasser le terme de mes fauches-couches, la première échographie, entendre le cœur et sentir le bébé bouger pour la première fois. Ce n’est qu’après l’échographie morphologique que j’ai réellement commencé à y croire. J’ai souvent entendu dire que l’important c’est d’avoir un bébé en santé, qu’importe le sexe. Laissez-moi vous dire que cette phrase a pris tout son sens lors de cette grossesse, à tel point que nous avions décidé de ne pas connaître le sexe du bébé avant sa naissance. Je dois avouer que ce fut plus difficile que je ne le croyais une fois la sonde posée sur mon ventre mais, nous avons résisté !

Cet accouchement tant attendu | Cocoon Bien Naître
Ma première échographie

Après mon premier accouchement traumatisant en centre hospitalier et ma formation d’accompagnante à la naissance, il allait de soi que je me tourne vers le suivi sage-femme. Ce fut un suivi personnalisé et chaleureux. Mes sages-femmes étaient très disponibles et à l’écoute face à mes inquiétudes, d’autant plus que j’avais encore une fois beaucoup de contractions. J’ai un utérus qui n’aime pas trop être dérangé, on dit qu’il est irritable 🙁

Le matin du 29 Août, vers 6h00, je perds mes eaux. Le moment que j’attends depuis bientôt 2 ans est enfin arrivé! J’appelle ma sage-femme pour l’informer. Je suis si fébrile. Je n’ai pas encore de contractions pour le moment. Vers midi, mes beaux-parents viennent chercher mon grand garçon. Après leur départ, nous décidons d’aller prendre une trèsssss longue marche. Il est maintenant 17h00 et toujours rien. Je rappelle ma sage-femme, Andréanne, pour discuter avec elle des options. Nous convenons de nous rencontrer à la maison de naissance.

Nous arrivons à la maison de naissance vers 18h00 soit, 12h après la rupture de la poche des eaux. À l’examen, Andréanne se rend compte qu’il reste un deuxième feuillet. Elle le rompt et me fait un méchant bon stripping !!! Je vais à l’extérieur marcher avec mon conjoint. À mon retour, toujours rien. Nous décidons donc de donner un petit coup de pouce à mon corps afin qu’il puisse produire ses propres hormones grâce à de l’homéopathie (des actées). Il est maintenant 2h00 am. Toujours rien de significatif.

Je décide donc de retourner à la maison pour essayer d’aller dormir et de revenir le lendemain matin réessayer les actées. Durant le trajet d’auto nous discutons, mon conjoint et moi, de la possibilité du transfert de mon dossier à un gynécologue. Si je n’entre pas en travail actif d’ici le lendemain (36h post rupture) je devrai être déclenchée à l’hôpital. Je suis tellement déçue par cette éventualité, après tous ces mois à penser à mon accouchement dans l’eau, voilà qu’il me glisse peut-être des mains.

On arrive à la maison et je me mets en pyjama. Je dépose ma tête sur l’oreiller quand soudain une très forte contraction fait son apparition, puis une deuxième, et une troisième… Elles sont aux 7 minutes. Je descends en bas pour ne pas déranger mon conjoint qui s’est endormi. Son sommeil a été de courte durée, car il fut réveillé par le bruit de ma respiration. Il rappelle Andréanne et elle demande à ce que nous retournions immédiatement à la maison de naissance. Mon conjoint n’a jamais roulé aussi vite! J’ai même dû lui demander de ralentir entre 2 contractions.

Retour à la maison de naissance

Il est maintenant 4h00 du matin et nous sommes de retour à la maison de naissance. Ça y est! J’appelle Valérie, mon accompagnante, pour l’aviser qu’il est temps de venir nous rejoindre. Pendant l’heure qui suit, je me laisse guider par mon corps et je bouge selon mes besoins. Puis, vers 6h00, apparaît une contraction différente des autres: elle est beaucoup plus forte, me donne l’impression que la tête du bébé pousse vers le bas et je me surprends à émettre des sons. Andréanne vient m’informer qu’il est temps d’appeler la deuxième sage-femme afin qu’elle arrive à temps pour la naissance. Je lui demande de m’examiner avant car je ne veux pas la  faire déplacer pour rien. Je suis finalement en travail actif, 24h après la perte de mes eaux: 6 cm, complètement effacée et la tête du bébé est bien descendue (station +1). Déjà!

Valérie me propose donc d’aller dans le bain.

Bébé arrive bientôt!

Cet accouchement tant attendu | Cocoon Bien Naître
Ecoute du cœur fœtal dans le bain

Une fois dans le bain, tout va très vite! Les contractions sont de plus en plus fortes, de plus en plus rapprochées et je somnole entre elles. Puis, j’ai un moment de doute, je me demande si je vais y arriver. Je ressens la présence sécurisante des gens qui m’entourent et j’entends leurs encouragements. Je replonge alors dans ma bulle et au fil des contractions, des sons graves, que je n’avais encore jamais entendus avant, sortent de ma bouche. Puis, vient le moment où mon corps se met à pousser tout seul.

Je pousse ainsi pendant 30 minutes dans un silence respectueux du processus incroyable qui se déroule. Une poussée fait descendre la tête du bébé sur mon périnée et ça me surprend. J’appréhende la prochaine contraction. J’ouvre les yeux et je vois par la fenêtre le lever de soleil et je me souviens que nous sommes à quelques minutes de découvrir le sexe de notre bébé et d’enfin faire sa rencontre. Ça me motive! Puis, vient la contraction suivante qui pousse la tête du bébé à l’extérieur. ÇA BRÛLE !!! Je panique. On me rassure et on m’encourage en me disant que c’est bientôt fini. Une dernière poussée et bébé naît à 7h55. Mon conjoint l’attrape,  le dépose sur moi et je m’aperçois que c’est un garçon !!!

Cet accouchement tant attendu | Cocoon Bien Naître

Nous passons les heures suivantes en peau à peau à nous découvrir l’un l’autre. Quel bonheur !!!

Valérie Picard, Maman et Accompagnante à la naissance

 


L’ensemble des articles du blog peut être reproduit et partagé dans un but non lucratif. Merci de toujours inscrire les noms et prénoms de l’auteur ainsi que la source cocoonbiennaitre.com lorsque vous partagez.

Accompagnante à la naissance | Cocoon Bien Naître

signature MamanRebelle

Accouchement, rencontre d’une jeune femme avec toute sa force intérieure

Accouchement, rencontre d’une jeune femme avec toute sa force intérieure

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©Amalgame Photographie*

Lorsque je suis tombée enceinte, à l’âge de 23 ans. Ma première rencontre médicale me laissa un goût amer. J’ai rencontré le remplaçant de mon médecin de famille, pendant ses vacances, et celui-ci n’a pas ménagé ses préjugés et ses opinions à mon égard. Ce fut pour moi l’élément déclencheur qui m’amena à consulter les Sages-femmes. Avec elles j’ai eu un suivi extraordinaire, rempli d’écoute et de compassion. Je me rappellerai toujours lorsque j’ai dit à ma sage-femme « Quand tu m’accoucheras… » Celle-ci m’a repris immédiatement en corrigeant « Quand je t’assisterai dans ton accouchement… » J’ai su immédiatement qu’elle serait toujours mon égale.

L’accouchement s’est annoncé de manière subite, avec la rupture de la poche des eaux, en fin de soirée. Le travail commença à une cadence folle aux deux minutes. Je suis arrivée à la maison des naissances en panique. Ma Sage-femme m’a accueillie en caressant mon front du revers de la main, me disant de détendre mon visage, ce qui m’a tout de suite apaisée.

Je me suis installée à la chambre pour faire mon nid, mais la douleur était tout simplement insupportable. En fait, tout m’était insupportable. Je marchais de long en large dans la pièce, et même si on m’avait apporté un ballon, un banc d’accouchement, une chaise berçante et tout l’attirail nécessaire, rien n’apaisait la douleur. L’équipe avait même tamisé les lumières et mit une musique douce dans l’espoir me calmer.

J’ai eu besoin d’aller à la salle de bain et lorsque je me suis assise sur la toilette la paix est venue en moi. J’ai fermé les lumières et verrouillé la porte. J’ai caché mon visage dans mes mains et la plénitude est arrivée. Sauf que… un léger toc-toc s’est fait entendre et une voie douce a dit « Cynthia, tu dois déverrouiller la porte, je dois pouvoir te voir… » Mais non, j’avais trouvé mon nid enfin! Elle a insisté doucement et j’ai consenti à déverrouillé la porte. Mais qu’elle n’y entre pas! La porte est restée fermée tel que convenu mais au bout de quelques minutes elle a frappé à nouveau. Elle a réitéré doucement sa demande de me voir, j’ai accepté. La porte s’est entrouverte de quelques centimètres et j’ai vu dans la pénombre son œil qui me scrutait silencieusement. Elle était assise sur le sol, probablement depuis le début. Puis elle est venue gentiment m’évaluer et est ressortie rapidement, me laissant dans le noir, la porte entrouverte à ma demande, dans ma paix. Je suis restée ainsi près de deux heures, la voyant venir me regarder dans la fente de la porte et repartir régulièrement.

Puis j’ai commencé à bouger et on m’a proposé un bain. Ce fut merveilleux, encore plus  confortable  que la salle de bain. La chambre était silencieuse et l’équipe s’approchait de moi à pas feutré. On m’a présenté une stagiaire, à qui je lançais aux 10 minutes l’ordre de diminuer le volume de la musique, ce qu’elle faisait incessamment. Une seule fois, la sage-femme m’a demandé de sortir du bain pour m’évaluer mais ma réaction fût tellement négative qu’elle fit ses examens à même le bain. Je restais 4 heures à y mariner dans un total respect de mes besoins. On m’apportait parfois de l’eau et des fruits, toujours en silence, personne n’osait déranger la paix et la pénombre que j’exigeais.

Puis un son sortit de ma bouche de manière incontrôlable « ça pousse! » disais-je. J’ai demandé à ma Sage-femme comme si elle menait le bal « Que dois-je faire? », En ricanant elle me répondit « Pousse doucement pour te soulager ». Rapidement elle m’évalua et je pu officiellement débuter à pousser, toujours dans le bain. Lorsque la tête du bébé fût sortie, un problème survient. Le bébé était en dystocie d’épaule. Ma poussée était inutile, je m’épuisais. Elle me demanda de sortir du bain, s’attendant à ce que je m’accroupisse au pied, mais non, je me suis élancé jusqu’au lit à environ 6 pieds de là. Je crois que la scène d’une femme tenant la tête de son bébé à demi-sortie entre ses jambes et planant jusqu’au lit a marqué la mémoire de toute l’équipe. À cet endroit, j’ai essayé plusieurs positions, en vain et je terminai sur le dos. Le temps pressait, il devait sortir maintenant! L’équipe m’entoura, je plaçai un pied sur le genou de la Sage-femme principale qui s’affairait à trouver comment dégager le bébé, la seconde Sage-femme et la stagiaire se tenaient à mes côtés, j’entourai mes bras à leurs tailles. Nous comptâmes jusqu’à trois, et en équipe, je poussais de toutes mes forces pendant que la Sage-femme faisait une manœuvre de dégagement. Les deux autres femmes m’encourageaient. J’ai le souvenir que ce bébé est né accompagné par toute une équipe, à 5h28 du matin, un bon 28 Janvier 2009 de tempête.

Cet événement, dans son ensemble, me donne l’impression d’un passage initiatique. La rencontre d’une jeune femme avec toute sa force intérieure, le passage de la jeune femme à la femme. Celle qui a appris à se connaître, celle qui a rencontré la force de la nature, celle qui a vécu un moment unique. Lorsque la Sage-femme déposa le bébé sur ma poitrine, il me regarda droit dans les yeux, dans mon cœur il me disait « bonjour maman ».

Cynthia

#accouchementrespecte


Je tiens à remercier Cynthia pour avoir partagé avec nous le merveilleux récit de son accouchement.

Et vous? Comment s’est déroulé votre accouchement?

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*Noter que le récit de cet accouchement et la photographie de Amalgame Photographie n’ont pas de liens entre eux. 

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