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Manger en accouchant? Plus agréable qu’un soluté de glucose !

Manger en accouchant? Plus agréable qu’un soluté de glucose !

Cet article était en préparation depuis un petit bout de temps mais la parution récente d’une étude réalisée ici au Québec m’en a fait changer un peu l’introduction, je vous laisse découvrir pourquoi! Le temps où on vous interdisait de manger en accouchant est révolu.

Il n’y a pas si longtemps encore, il était interdit de manger et de boire lorsque le travail de l’accouchement avait commencé. A cette époque, pas si lointaine, l’accouchement était pratiqué sous anesthésie générale, la femme était attachée et intubée. Pour éviter que des vomissements surviennent au moment de l’intubation, l’interdiction de s’alimenter était préconisée comme pour toute autre intervention chirurgicale. L’épidurale a remplacé tranquillement l’anesthésie générale mais la restriction, elle, a été maintenue au cas où on aurait finalement recours à une césarienne.

L’accouchement naturel reprend doucement sa place et la pertinence de laisser les femmes à jeun pendant un nombre d’heures incalculables devient dérisoire.

 

Le sucre réduit la durée moyenne des accouchements

J’en veux pour preuve cette récente étude réalisée par le Dre Josianne Paré  au Centre de Recherche du Centre Hospitalier Universitaire de Sherbrooke. l’étude mentionne que le sucre peut améliorer la performance musculaire en cas d’exercice prolongé (comme lorsqu’on court un marathon par exemple) et que c’est la même choses pour le muscle utérin lors de l’accouchement. Celui-ci a besoin de sucre pour fournir l’énergie nécessaire à la naissance du bébé.

L’étude a été faite sur des femmes induites donc ayant un accès veineux et à qui on a mis un soluté de glucose (sucre) plutôt qu’un soluté salin (sel). L’étude établit que la supplémentation en glucose abaisse considérablement le temps de l’accouchement.

Les résultats de cette étude ont été repris dans des dizaines d’articles ici et partout dans le monde : Le journal de Montréal, France TV info, Nouvelles Canada, Magic maman, neuf mois, etc.

Du coté des professionnels qui tendent à revenir aux bases de l’accouchement physiologique on se désole un peu de l’impact qu’une telle étude pourrait avoir sur les croyances populaires.

En effet, l’amalgame est vite fait de se dire qu’une perfusion de glucose permettra d’accélérer l’accouchement TOUTES situations confondues et de proposer systématiquement la pose d’un soluté aux femmes qui accouchent. Surtout quand on sait que la pose d’un soluté en vue d’une induction est LA PREMIÈRE étape d’une cascade d’événements menant à la pratique d’interventions médicales et notamment à la césarienne.

 

Manger en accouchant plus agréable qu'une perfusion de glucosé !| Cocoon Bien Naître
Traduit par Mireille Boulanger

Manger en accouchant, des bénéfices considérables!

L’accouchement dure en moyenne 12 heures, et plus, et la dépense d’énergie requise correspond effectivement à celle d’un athlète courant le marathon. Autant dire qu’il est impératif de s’alimenter un minimum et surtout de s’hydrater à volonté. J’espère que la suite des études qui seront menées mettra en lumière que MANGER et S’HYDRATER pendant l’accouchement apporte des bénéfices bien plus considérables encore qu’un soluté de glucose 😉

Je remercie le Dre Josianne Paré pour son étude et j’espère juste que cette réflexion pourra la faire cheminer dans ce sens, je n’ai malheureusement pas trouvé comment la contacter pour discuter de cet enjeu directement avec elle. Je suis certaine que ça aurait été une discussion des plus enrichissante.

Les directives cliniques mentionnées au journal des obstétriciens et gynécologues du Canada (volume 38, de septembre 2016) recommandent entre autres qu’on « devrait laisser aux femmes peu susceptibles d’avoir besoin d’une anesthésie générale le choix de manger ou de boire comme elles le souhaitent ou selon ce que permet la phase de travail » et cela pour favoriser l’accouchement vaginal et optimiser les issues de la grossesse.

Christopher Harty et Erin Sprout, étudiants en médecine à l’Université Memorial (Canada) ont analysé 385 études publiées depuis 1990 et ont conclu que le jeûne durant l’accouchement pourrait même être risqué. Le corps privé de nourriture puisera de l’énergie dans la masse graisseuse, augmentant l’acidité du sang de la mère comme de l’enfant, pouvant entraîner une diminution des contractions utérines, un travail plus long et la naissance d’un bébé moins tonique. En début de travail, les femmes seraient donc encouragées à prendre un repas léger incluant des fruits, des soupes légères, des toasts, des sandwiches légers, du jus et de l’eau. La plupart des femmes constatent avoir moins d’appétit pendant le travail très actif. Elles peuvent néanmoins continuer à boire des liquides comme de l’eau et des jus clairsLes étudiants spécifiaient néanmoins que ces recommandations s’appliquaient aux femmes en bonne santé et dont la grossesse ne présentait aucun facteur de risque (éclampsie, prééclampsie, obésité).

 

Pour celles qui sont convaincues que manger et s’hydrater pendant l’accouchement peut faire une différence, je vous propose ici plusieurs recettes à faire d’avance et des encas à prévoir pour l’accouchement. Pour les autres, je vous invite à vous rendre compte que la suite du menu est plus attrayante qu’un soluté de glucose 😉

Jocelyne Gaudy, Infirmière et Accompagnante à la naissance

Jocelyne Gaudy, accompagnante à la naissance | Cocoon Bien Naître

Crédit photo : Katia Péchard

Maman de 2 garçons nés en 2003 et 2011, ma vision de la naissance et de la grossesse a été complètement chamboulée par ma formation d’accompagnante à la naissance et les formations suivies par la suite.

Au quotidien j’occupe le métier d’infirmière, un travail qui me passionne et qui se conjugue très bien avec celui d’accompagnante. J’ai travaillé durant plus de 10 ans avec des bébés prématurés ; un domaine à la fois difficile et plein d’espoir, où la vie est si précieuse qu’on la maintient par des tas de fils!

En tant qu’accompagnante à la naissance, je vous aide à mieux vivre votre grossesse, votre accouchement et l’accueil de votre nouvel enfant. Je vous encourage à prendre soin de lui en vous enseignant l’art du massage pour bébé et du bain relaxant, véritable moment de détente après la naissance ou durant la période des coliques.

 

 

Références :

Grossesse et accouchement droits des femmes, Association pour la santé publique du Québec

revue cochrane.org – Faut-il autoriser les femmes à boire ou à manger durant l’accouchement?


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Cet accouchement tant attendu

Cet accouchement tant attendu

Le matin du 23 Décembre 2014, après 1 an d’essais et 2 fausses-couches, j’apprends que je suis enceinte!

Je ne vous apprends rien quand je dis que cette grossesse a été très stressante pour moi. Chaque étape que je franchissais était une victoire: dépasser le terme de mes fauches-couches, la première échographie, entendre le cœur et sentir le bébé bouger pour la première fois. Ce n’est qu’après l’échographie morphologique que j’ai réellement commencé à y croire. J’ai souvent entendu dire que l’important c’est d’avoir un bébé en santé, qu’importe le sexe. Laissez-moi vous dire que cette phrase a pris tout son sens lors de cette grossesse, à tel point que nous avions décidé de ne pas connaître le sexe du bébé avant sa naissance. Je dois avouer que ce fut plus difficile que je ne le croyais une fois la sonde posée sur mon ventre mais, nous avons résisté !

Cet accouchement tant attendu | Cocoon Bien Naître
Ma première échographie

Après mon premier accouchement traumatisant en centre hospitalier et ma formation d’accompagnante à la naissance, il allait de soi que je me tourne vers le suivi sage-femme. Ce fut un suivi personnalisé et chaleureux. Mes sages-femmes étaient très disponibles et à l’écoute face à mes inquiétudes, d’autant plus que j’avais encore une fois beaucoup de contractions. J’ai un utérus qui n’aime pas trop être dérangé, on dit qu’il est irritable 🙁

Le matin du 29 Août, vers 6h00, je perds mes eaux. Le moment que j’attends depuis bientôt 2 ans est enfin arrivé! J’appelle ma sage-femme pour l’informer. Je suis si fébrile. Je n’ai pas encore de contractions pour le moment. Vers midi, mes beaux-parents viennent chercher mon grand garçon. Après leur départ, nous décidons d’aller prendre une trèsssss longue marche. Il est maintenant 17h00 et toujours rien. Je rappelle ma sage-femme, Andréanne, pour discuter avec elle des options. Nous convenons de nous rencontrer à la maison de naissance.

Nous arrivons à la maison de naissance vers 18h00 soit, 12h après la rupture de la poche des eaux. À l’examen, Andréanne se rend compte qu’il reste un deuxième feuillet. Elle le rompt et me fait un méchant bon stripping !!! Je vais à l’extérieur marcher avec mon conjoint. À mon retour, toujours rien. Nous décidons donc de donner un petit coup de pouce à mon corps afin qu’il puisse produire ses propres hormones grâce à de l’homéopathie (des actées). Il est maintenant 2h00 am. Toujours rien de significatif.

Je décide donc de retourner à la maison pour essayer d’aller dormir et de revenir le lendemain matin réessayer les actées. Durant le trajet d’auto nous discutons, mon conjoint et moi, de la possibilité du transfert de mon dossier à un gynécologue. Si je n’entre pas en travail actif d’ici le lendemain (36h post rupture) je devrai être déclenchée à l’hôpital. Je suis tellement déçue par cette éventualité, après tous ces mois à penser à mon accouchement dans l’eau, voilà qu’il me glisse peut-être des mains.

On arrive à la maison et je me mets en pyjama. Je dépose ma tête sur l’oreiller quand soudain une très forte contraction fait son apparition, puis une deuxième, et une troisième… Elles sont aux 7 minutes. Je descends en bas pour ne pas déranger mon conjoint qui s’est endormi. Son sommeil a été de courte durée, car il fut réveillé par le bruit de ma respiration. Il rappelle Andréanne et elle demande à ce que nous retournions immédiatement à la maison de naissance. Mon conjoint n’a jamais roulé aussi vite! J’ai même dû lui demander de ralentir entre 2 contractions.

Retour à la maison de naissance

Il est maintenant 4h00 du matin et nous sommes de retour à la maison de naissance. Ça y est! J’appelle Valérie, mon accompagnante, pour l’aviser qu’il est temps de venir nous rejoindre. Pendant l’heure qui suit, je me laisse guider par mon corps et je bouge selon mes besoins. Puis, vers 6h00, apparaît une contraction différente des autres: elle est beaucoup plus forte, me donne l’impression que la tête du bébé pousse vers le bas et je me surprends à émettre des sons. Andréanne vient m’informer qu’il est temps d’appeler la deuxième sage-femme afin qu’elle arrive à temps pour la naissance. Je lui demande de m’examiner avant car je ne veux pas la  faire déplacer pour rien. Je suis finalement en travail actif, 24h après la perte de mes eaux: 6 cm, complètement effacée et la tête du bébé est bien descendue (station +1). Déjà!

Valérie me propose donc d’aller dans le bain.

Bébé arrive bientôt!

Cet accouchement tant attendu | Cocoon Bien Naître
Ecoute du cœur fœtal dans le bain

Une fois dans le bain, tout va très vite! Les contractions sont de plus en plus fortes, de plus en plus rapprochées et je somnole entre elles. Puis, j’ai un moment de doute, je me demande si je vais y arriver. Je ressens la présence sécurisante des gens qui m’entourent et j’entends leurs encouragements. Je replonge alors dans ma bulle et au fil des contractions, des sons graves, que je n’avais encore jamais entendus avant, sortent de ma bouche. Puis, vient le moment où mon corps se met à pousser tout seul.

Je pousse ainsi pendant 30 minutes dans un silence respectueux du processus incroyable qui se déroule. Une poussée fait descendre la tête du bébé sur mon périnée et ça me surprend. J’appréhende la prochaine contraction. J’ouvre les yeux et je vois par la fenêtre le lever de soleil et je me souviens que nous sommes à quelques minutes de découvrir le sexe de notre bébé et d’enfin faire sa rencontre. Ça me motive! Puis, vient la contraction suivante qui pousse la tête du bébé à l’extérieur. ÇA BRÛLE !!! Je panique. On me rassure et on m’encourage en me disant que c’est bientôt fini. Une dernière poussée et bébé naît à 7h55. Mon conjoint l’attrape,  le dépose sur moi et je m’aperçois que c’est un garçon !!!

Cet accouchement tant attendu | Cocoon Bien Naître

Nous passons les heures suivantes en peau à peau à nous découvrir l’un l’autre. Quel bonheur !!!

Valérie Picard, Maman et Accompagnante à la naissance

 


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Accompagnante à la naissance | Cocoon Bien Naître

signature MamanRebelle

Accouchement, rencontre d’une jeune femme avec toute sa force intérieure

Accouchement, rencontre d’une jeune femme avec toute sa force intérieure

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©Amalgame Photographie*

Lorsque je suis tombée enceinte, à l’âge de 23 ans. Ma première rencontre médicale me laissa un goût amer. J’ai rencontré le remplaçant de mon médecin de famille, pendant ses vacances, et celui-ci n’a pas ménagé ses préjugés et ses opinions à mon égard. Ce fut pour moi l’élément déclencheur qui m’amena à consulter les Sages-femmes. Avec elles j’ai eu un suivi extraordinaire, rempli d’écoute et de compassion. Je me rappellerai toujours lorsque j’ai dit à ma sage-femme « Quand tu m’accoucheras… » Celle-ci m’a repris immédiatement en corrigeant « Quand je t’assisterai dans ton accouchement… » J’ai su immédiatement qu’elle serait toujours mon égale.

L’accouchement s’est annoncé de manière subite, avec la rupture de la poche des eaux, en fin de soirée. Le travail commença à une cadence folle aux deux minutes. Je suis arrivée à la maison des naissances en panique. Ma Sage-femme m’a accueillie en caressant mon front du revers de la main, me disant de détendre mon visage, ce qui m’a tout de suite apaisée.

Je me suis installée à la chambre pour faire mon nid, mais la douleur était tout simplement insupportable. En fait, tout m’était insupportable. Je marchais de long en large dans la pièce, et même si on m’avait apporté un ballon, un banc d’accouchement, une chaise berçante et tout l’attirail nécessaire, rien n’apaisait la douleur. L’équipe avait même tamisé les lumières et mit une musique douce dans l’espoir me calmer.

J’ai eu besoin d’aller à la salle de bain et lorsque je me suis assise sur la toilette la paix est venue en moi. J’ai fermé les lumières et verrouillé la porte. J’ai caché mon visage dans mes mains et la plénitude est arrivée. Sauf que… un léger toc-toc s’est fait entendre et une voie douce a dit « Cynthia, tu dois déverrouiller la porte, je dois pouvoir te voir… » Mais non, j’avais trouvé mon nid enfin! Elle a insisté doucement et j’ai consenti à déverrouillé la porte. Mais qu’elle n’y entre pas! La porte est restée fermée tel que convenu mais au bout de quelques minutes elle a frappé à nouveau. Elle a réitéré doucement sa demande de me voir, j’ai accepté. La porte s’est entrouverte de quelques centimètres et j’ai vu dans la pénombre son œil qui me scrutait silencieusement. Elle était assise sur le sol, probablement depuis le début. Puis elle est venue gentiment m’évaluer et est ressortie rapidement, me laissant dans le noir, la porte entrouverte à ma demande, dans ma paix. Je suis restée ainsi près de deux heures, la voyant venir me regarder dans la fente de la porte et repartir régulièrement.

Puis j’ai commencé à bouger et on m’a proposé un bain. Ce fut merveilleux, encore plus  confortable  que la salle de bain. La chambre était silencieuse et l’équipe s’approchait de moi à pas feutré. On m’a présenté une stagiaire, à qui je lançais aux 10 minutes l’ordre de diminuer le volume de la musique, ce qu’elle faisait incessamment. Une seule fois, la sage-femme m’a demandé de sortir du bain pour m’évaluer mais ma réaction fût tellement négative qu’elle fit ses examens à même le bain. Je restais 4 heures à y mariner dans un total respect de mes besoins. On m’apportait parfois de l’eau et des fruits, toujours en silence, personne n’osait déranger la paix et la pénombre que j’exigeais.

Puis un son sortit de ma bouche de manière incontrôlable « ça pousse! » disais-je. J’ai demandé à ma Sage-femme comme si elle menait le bal « Que dois-je faire? », En ricanant elle me répondit « Pousse doucement pour te soulager ». Rapidement elle m’évalua et je pu officiellement débuter à pousser, toujours dans le bain. Lorsque la tête du bébé fût sortie, un problème survient. Le bébé était en dystocie d’épaule. Ma poussée était inutile, je m’épuisais. Elle me demanda de sortir du bain, s’attendant à ce que je m’accroupisse au pied, mais non, je me suis élancé jusqu’au lit à environ 6 pieds de là. Je crois que la scène d’une femme tenant la tête de son bébé à demi-sortie entre ses jambes et planant jusqu’au lit a marqué la mémoire de toute l’équipe. À cet endroit, j’ai essayé plusieurs positions, en vain et je terminai sur le dos. Le temps pressait, il devait sortir maintenant! L’équipe m’entoura, je plaçai un pied sur le genou de la Sage-femme principale qui s’affairait à trouver comment dégager le bébé, la seconde Sage-femme et la stagiaire se tenaient à mes côtés, j’entourai mes bras à leurs tailles. Nous comptâmes jusqu’à trois, et en équipe, je poussais de toutes mes forces pendant que la Sage-femme faisait une manœuvre de dégagement. Les deux autres femmes m’encourageaient. J’ai le souvenir que ce bébé est né accompagné par toute une équipe, à 5h28 du matin, un bon 28 Janvier 2009 de tempête.

Cet événement, dans son ensemble, me donne l’impression d’un passage initiatique. La rencontre d’une jeune femme avec toute sa force intérieure, le passage de la jeune femme à la femme. Celle qui a appris à se connaître, celle qui a rencontré la force de la nature, celle qui a vécu un moment unique. Lorsque la Sage-femme déposa le bébé sur ma poitrine, il me regarda droit dans les yeux, dans mon cœur il me disait « bonjour maman ».

Cynthia

#accouchementrespecte


Je tiens à remercier Cynthia pour avoir partagé avec nous le merveilleux récit de son accouchement.

Et vous? Comment s’est déroulé votre accouchement?

Racontez votre histoire en commentaire! 

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*Noter que le récit de cet accouchement et la photographie de Amalgame Photographie n’ont pas de liens entre eux. 

signature fond bleu

Accouchement, on a respecté mon rythme, mon corps et mon intimité #accouchementrespecte #smar2016

Accouchement, on a respecté mon rythme, mon corps et mon intimité #accouchementrespecte #smar2016

6 mars 2015,

Félix a alors 36 semaines et 6 jours de fait dans mon ventre.

C’est le jour de ma fête, et c’est aussi le jour où tu as décidé de te pointer le bout du nez !

Je me rends compte que je perds du liquide amniotique. Ton papa et moi nous nous rendons à la maison de naissance de la Rivière.

C’est dans un milieu chaleureux, doux, serein, réconfortant et sécuritaire que nous avons choisit de t’accueillir. C’est dans un cocon remplis d’amour, accompagnés par 2 merveilleuses sages-femmes, que tu verras le jour. Dans le respect de notre rythme, de mes désirs et de nos choix éclairés. Ta naissance sera un moment de très grande douceur et empreint de confiance. Tous ensembles nous ferons émerger la force et l’énergie nécessaire afin de te guider vers la sortie.

 

10h00 environ

Arrivée à la maison de naissance. Papa et moi sommes accueilli par une merveilleuse aide-natale. Elle prend le temps de nous demander comment nous nous sentons. Nous sommes très fébriles de savoir que tu seras bientôt parmi nous. Arriver à la maison de naissance c’est comme arriver à la maison. Ce sentiment de bien-être, de sécurité, de chaleur et d’intimité. Loin de cet environnement médical, froid et stressant. L’aide-natale nous guide vers notre chambre. Wow, c’est comme être à l’hôtel. On me demande si j’ai envie de manger. Oh oui, car je sens que je vais avoir besoin de force et d’énergie. On m’apporte des fruits frais, des noix et du yogourt. Merci! Je me sens déjà chez moi ! Ensuite ma première sage-femme vient me rendre visite. Elle m’examine … surprise c’est seulement le premier feuillet de la poche des eaux qui est rupturé. On écoute ton petit cœur et tu es en pleine forme mon coco ! Puis, on m’installe mon soluté car je suis positive au strepto B. Pas de panique, je pourrais quand même bouger et l’enlever après la première dose. On s’installe tranquillement dans la chambre.

 

11h30 environ

Ma deuxième sage-femme arrive, je lui demande à ce qu’on rupture ma deuxième poche. A partir de ce moment les contractions deviennent plus intenses. Assise sur le ballon, je prends les contractions une à la fois entre 2 bouchées de fruits. Et oui, j’ai encore faim !! Je demande à ce qu’on mettre la radio car j’aime beaucoup écouter de la musique. Cela m’aide à me détendre. Papa est près de moi et me prend dans ses bras à chaque contraction. Il m’aide à rester concentrer sur ma respiration et m’encourage. Sa présence est tellement importante. Mes contractions sont environ aux 4 minutes mais s’intensifient très rapidement. C’est mon troisième accouchement mais mon premier fait de façon naturel en maison de naissance.

 

12h30

Le travail avance toujours aussi rapidement. Je me sens bien. Je sens que l’on respecte ton arrivée et notre intimité. L’accouchement est vécu en couple. Il n’y a que nous dans la chambre. Je me sens tout en contrôle et en confiance. Les sages-femmes se relaient pour venir voir si tout se passe bien. On respecte la bulle dans laquelle nous sommes plongés. Elle me laisse le temps de bien prendre mes contractions avant de me poser des questions, d’écouter ton cœur. Elles m’encouragent et me disent que je fais bien cela.

 

1h30

Je serre papa très très fort dans mes bras. Je suis debout, accroché à son cou et je me balance de gauche à droite en faisant des sons. Les contractions sont aux 2 minutes et font tellement mal. Papa m’aide en respirant lentement dans mon oreille et m’incite à suivre sa respiration. Je sens que nous travaillons en équipe lui et moi. Je sens une force incroyable au fond de moi qui m’aide à continuer et à ne pas abandonner. Je sens tellement d’amour entre nous. La façon dont il me regarde me fait sentir encore plus forte.

 

1h45

Les contractions sont toujours aux 2 minutes et très très intense. Je sens qu’il n’y a plus de position qui me soulage. À quatre pattes dans le lit, assis sur la toilette, debout etc. Je clame mon envie d’aller dans le bain. On me fait couler un bain chaud. Le bain n’a pas encore finit de se remplir que je suis déjà dedans hihi ! Je me souviens avoir entendu ma sage-femme me dire que le bain c’est comme mon épidurale !! Wow ! La chaleur de l’eau me fait tellement de bien. Même si j’ai extrêmement mal, cela me permet de bien me reposer entre chaque contraction. Les 2 sages-femmes sont présentes. Je sais que cela signifie que le grand moment approche. D’un coup je sens que j’ai peur, je sais que je ne peux plus revenir en arrière. Les sages-femmes me posent la même question que durant mon suivi de grossesse : « Kim, aimerais-tu accoucher dans l’eau ? » Eeeuh !!! Même réponse qui me revient…. « Je ne sais pas encore » Quand j’y repense, cela me fait bien rire, j’hésitais encore rendu à la fin hihihi ! À la vitesse où le travail avance, je me demande bien comment je vais faire pour sortir du bain !!! hihihi !

 

2h30

Wow !! que c’est intense, que ça fait mal. Je n’y arriverai pas. Je veux que ça finisse. Je pense que je vais mourir…. Voilà une partie des pensées qui m’habitent. Ha et j’oubliais… JE VEUX L’ÉPIDURALE !!! Je ne l’ai pas crié haut et fort mais c’est ce qui tournait en boucle dans ma tête!! C’est le moment où une de mes sages-femmes me dit : « Kim, si tu veux sortir de l’eau, c’est maintenant ou jamais !! » Et bien je vais rester ici ! Je me sens tellement mieux dans l’eau.

Je serre papa tellement fort que j’ai peur de lui faire mal. Je serre de toutes mes forces le bord du bain. C’est là que ma sage-femme me tend la main. On m’encourage en me disant que ça va bien, que bébé arrive, que ce sera bientôt terminé. Je sens alors un côté animal tout au fond de moi. Je vais puiser dans une force dont je ne soupçonnais pas l’existence. Je cris, je hurle de toute mes forces. Ma sage-femme fait des sons avec moi. Elle m’aide à rester focussée.

  

2h45

Ça fait tellement mal que je crois que je vais mourir. Je sens que je perds le contrôle. Je cris, je pleure et je sens qu’il faut que ça finisse. Une contraction arrive et je pousse de toutes mes forces. On me dit d’écouter mon corps, que mon corps sait quoi faire. On me dit que je suis bonne, que j’aurai bientôt bébé dans mes bras. Ha oui ! C’est vrai! mon coco Félix, on doit le faire ensemble. C’est alors qu’arrive CETTE contraction. Je cris encore de toute mes forces, elle fait terriblement mal. Mes cris ne sont pas tût, ils sont accueillis et entendu. Je sens une très grande compassion quant à la douleur que je ressens. Jamais on ne m’a dit de crier moins fort. Je ne sens pas que je « dérange ». Je me laisse guider par mes sensations et mon désir d’extérioriser. Cela me fait du bien. Je pousse encore de toutes mes forces. On me dit que ta tête est là. Ma sage-femme s’empresse de me dire que je dois pousser doucement pour faire attention à mon périnée. Je ne suis pas capable de contrôler ma dernière poussée.

Et là bébé sort. Le moment tant attendu! C’est papa qui t’attrape dans l’eau et qui te dépose sur moi. Voilà!!! J’ai réussi!! Je l’ai fait!!! Un sentiment de fierté incroyable s’empare de moi!!! On a réussi mon bébé! On a réussi papa!!!! Et non, je ne suis pas morte!!  Nous pleurons de joie!!! Les sages-femmes nous laissent te contempler! Que tu es beau mon bébé!! Je m’inquiète soudain parce que tu ne pleures pas. On me rassure vite… C’est parce que tu as eu droit à une naissance calme et dans l’eau. Tu es passé de l’eau à l’eau. C’est pourquoi tu ne pleure pas. Tu es si calme mon bébé. Tu continue à dormir dans mes bras. Tu es né à 2h47.

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Photographie privée, ne pas reproduire svp
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Photographie privée, ne pas reproduire svp

Nous restons dans l’eau environ 25 minutes. Ensuite papa a pu te prendre et faire du peau à peau avec toi. Plus tard, on me demande si j’ai envie de manger. Ohh oui! Je sens que je dois reprendre des forces… C’est avec surprise que ça cogne à ma porte… Voilà que plusieurs sages-femmes et aides-natales viennent pour me chanter bonne fête !!! Ma première réaction est … « Ha oui !! C’est vrai… c’est ma fête » J’avais complètement oublié hihihi !!

C’est tellement apprécié comme surprise !!

L’examen de mon petit Félix est fait devant nous. On nous explique chaque étape et le pourquoi du comment cela! Woow! Que c’est intéressant!

 

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Papa coupe le cordon ombilical, Photographie privée, ne pas reproduire svp

On me guide aussi lors de mon premier allaitement. 3 heures après la naissance de notre fils, on nous laisse en famille afin de bien nous reposer. C’est tellement bien de pouvoir se retrouver dans l’intimité à profiter de ces premiers moments si précieux.

Quand on y repense, les mots qui nous viennent en tête lorsqu’on  parle de notre accouchement : c’est respect, confiance, soutien et amour. Je sens qu’on a respecté mon rythme, mon corps et mon intimité. L’approche sage-femme respecte tellement le côté humain qu’on recherche tant dans un moment si important de notre vie. La naissance de notre enfant et un moment dont on se souviendra toute notre vie! Il est tellement important que ce soit une expérience positive et respectueuse. Je n’ai jamais eu de pression quant à mes choix durant mon accouchement et durant mon suivi. On m’a informé et nous avons ensuite pu prendre les décisions en lien avec nos valeurs. Je peux dire que « nous » avons accouchés dans l’amour, la confiance et le respect. Je ne remercierai jamais assez mes 2 sages-femmes pour tout ce qu’elles ont fait pour nous ! Pour le soutien, l’écoute et le merveilleux suivi. Vous êtes tellement des femmes extraordinaire et dévouée. Vous ferez toujours partie de l’histoire de Félix! Il vous remercie aussi de l’avoir respecté et d’avoir pris soin de lui! Continuez votre merveilleux travail.

On vous aime !

Kim Paquin

kim paquin6
Félix, Photographie privée, ne pas reproduire svp

Je tiens à remercier Kim Paquin pour avoir partagé le récit de son accouchement avec nous.

Et vous? Comment s’est déroulé votre accouchement?

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Accouchement surmédicalisé : Comment en est-on arrivé là?

Accouchement surmédicalisé : Comment en est-on arrivé là?

L’image actuelle de l’accouchement surmédicalisé, où tout doit être surveillé par crainte de problèmes, fait grandement contraste avec le caractère naturel et normal qu’elle devrait plutôt avoir. En effet, pour que toutes espèces puissent survivre, naître doit être/rester un acte normal. Qu’est-ce qui nous a amené à percevoir la naissance comme une étape dangereuse et effrayante ?    

Pour la majorité des sociétés tribales la naissance était un rituel sacré tandis que pour les sociétés plus modernes, la façon d’accoucher était déterminée par la classe sociale.

Au Moyen-âge

Accouchement surmédicalisé : comment en est-on arrivé là? | Cocoon Bien NaîtreEn effet, dès que le mode chasseur-cueilleur fût terminé et que les classes sociales ont émergés, un clivage dans la périnatalité est apparu. Bien que toutes les classes sociales fussent encouragées à se reproduire, principalement pour assurer la survie de l’espèce, les classes supérieures avaient des avantages marqués favorisant la reprise de la vie mondaine (récupération plus rapide de la femme après l’accouchement grâce à des nourrices qui prenaient entièrement l’enfant en charge, grossesses somme toutes assez reposantes, etc.). Les femmes des classes inférieures quant à elles travaillaient jusqu’au jour de l’accouchement et immédiatement après la naissance, par obligation pour permettre la subsistance de la famille. La malnutrition, les maladies et le fait qu’à vingt ans les femmes avaient déjà pour la plupart plusieurs enfants accentuait ce clivage social.  Les classes supérieures avaient également accès plus facilement aux dernières connaissances et techniques médicales, néanmoins cela n’a pas toujours été une bonne chose. De leur côté, les femmes des classes inférieures devaient souvent se débrouiller seules où au mieux avec l’expérience d’une femme en ayant déjà aidé une autre.

Tout cela contrastait beaucoup avec les rituels transmis de femmes à femmes des sociétés tribales comme en Amérique du sud, dans les cultures amérindiennes et africaines.

A la Renaissance  

Accouchement surmédicalisé : comment en est-on arrivé là? | Cocoon Bien Naître Avant la Renaissance, il était très rare que les chirurgiens aient à participer aux naissances. Puis les médecins ont commencé tranquillement à prendre une plus grande place dans la sphère périnatale, non sans lutte. Il faut dire qu’en réalité, tout ce qui touchait à la santé féminine n’était pas du tout abordé par les médecins de l’époque, principalement, encore une fois, à cause de la notion sociale.  

Les femmes devaient être complètement couvertes pour ne rien laisser voir aux médecins, ce qui aurait été à l’encontre des bonnes mœurs. Ces derniers n’étaient qu’observateurs et ne pouvaient pas intervenir dans le processus de l’accouchement. Il était hautement inconvenant pour un homme de prendre part au processus intime de l’accouchement. Quant aux sages-femmes, elles ne voulaient pas renoncer à leur savoir ni à leur expertise dans le domaine. Les sages-femmes avaient l’expérience de leur côté; les médecins avaient le pouvoir qui vient avec le titre. La plupart des écrits et des conseils formulés à l’époque proviennent d’éminents médecins et beaucoup de leurs conseils émanent de conjectures provenant de simples observations plus que de leur pratique.

Au 17e et 18e Siècles

Alors que l’Europe est devenue plus populeuse dans les 17e et 18e siècles, les maladies transmissibles sont la principale cause de décès lors de l’accouchement. La fièvre puerpérale (liée à une infection bactérienne qui est apparaît dans les jours suivant l’accouchement) lors de naissances assistées par un médecin était fréquente. La hausse des taux d’accouchement dans les hôpitaux impliquée que de nombreuses femmes donnaient naissance dans une grande proximité sans qu’aucune règle d’hygiène ne soit adoptée. Il a fallu attendre l’arrivée des théories sur les germes pour que les médecins comprennent qu’il était impératif qu’ils se lavent les mains entre chaque patiente. Ce qui a par la suite grandement amélioré le taux de survie des mères et des nouveau-nés en milieux hospitalier. 

Les pionniers qui se sont installés dans l’Ouest américain n’avaient pas beaucoup plus de chance que leurs homologues de l’Est ou d’Europe. Les médecins et les sages-femmes étaient rares. Les sages-femmes qui étaient en mesure d’aider à l’accouchement avaient rarement plus de connaissances que leur propre expérience de naissance. La mortalité infantile était donc élevée. L’isolement des familles en campagne avait au moins l’avantage de minimiser la propagation des maladies.

A partir du 19e Siècle

En 1847, Young Simpson commença à utiliser le chloroforme comme anesthésiant. Très rapidement, la pratique obstétricale l’adopta. Les femmes étaient endormies durant le travail. Le clergé freinait cependant cette pratique pour des raisons religieuses pour lequel le dogme « Tu enfanteras dans la douleur » reste d’actualité.

Il ne faut surtout pas oublier le contexte hospitalier de la périnatalité du début des années 1900. À cette époque, c’est le « Twilight sleep » qui avait préséance pour les accouchements. Cette technique impliquait l’injection de morphine et de scopolamine aux femmes en travail. Ces injections faisaient en sorte qu’une femme en travail non seulement ressentait moins de douleur, mais n’avait au final plus aucun souvenir de la douleur du travail ou de l’accouchement en lui-même. Cela mettait la mère complètement hors de l’expérience de la naissance et affectait également le système nerveux central du bébé provoquant un état très somnolent et une capacité respiratoire diminuée. Il a été découvert plus tard que la morphine utilisée de cette façon a grandement contribué à la mortalité maternelle de l’époque.

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En 1900, moins de 5% des femmes donnaient naissance à l’hôpital. Il s’agissait pour la très grande majorité de filles-mère sans emplois rejetées par leurs familles ou de femmes très malades à la santé précaire. N’oublions pas de mentionner l’absence de contraception à cette époque. La très grande majorité des femmes continuaient à donner naissance à domicile. Ce n’était que les plus démunies qui allaient vers les hôpitaux en dernier recours et souvent trop tard. Si à la fois la mère et le bébé survivaient à la naissance, il était excessivement rare qu’ils repartent ensemble. La très grande majorité du temps, les enfants étaient confiés à l’orphelinat.

 

Le docteur Joseph DeLee, un obstétricien très influent en 1915 fit une grande promotion de l’intervention préventive. Il proposa que les obstétriciens utilisent des interventions comme l’éther, les sédatifs,  les épisiotomies, les forceps de routine pour supprimer “the evils natural to labor.”  Il justifia l’utilisation des forceps en décrivant le travail comme étant l’équivalent d’écraser la tête d’un bébé dans une porte. Il utilisa des images semblables pour justifier l’épisiotomie nécessaire à l’utilisation des forceps. Pour lui, durant le travail, les problèmes ne devaient pas être combattus lorsqu’ils arrivaient, mais prévenu lors de tous les accouchements par l’utilisation de diverses interventions. Encore aujourd’hui, sa mentalité est très présente en obstétrique malgré un contexte sanitaire grandement différent.

Même si donner naissance à la maison était toujours considéré comme une norme culturelle jusqu’à la fin des années 1930. De 1920 à 1930, de plus en plus de femmes commencent à préférer donner naissance à l’hôpital plutôt qu’à la maison. A cette époque, l’American Hospital Association a élaboré un programme spécial d’assurance qui permettait aux femmes enceintes d’avoir accès à un accouchement à l’hôpital, normalement coûteux, pour un prix très abordable. Ce programme spécial d’assurance a évolué plus tard dans ce que nous connaissons plus communément comme la Croix-Bleu. L’accouchement médicalisé n’était donc plus seulement un privilège de la classe sociale supérieure mais était désormais accessible à tous.

 

Les femmes ont commencé à se précipiter pour avoir leurs bébés à l’hôpital. Les conditions d’hygiène s’étant améliorée, les taux de complications ont grandement diminués. Les médecins faisaient la promotion d’un accouchement sans douleur, l’anesthésie générale étant devenue une pratique courante en obstétrique à l’époque. Les femmes se faisaient promettre un travail sans douleur duquel elles ressortaient sans aucun souvenir de l’accouchement. C’est rapidement devenu « la façon moderne » d’avoir un bébé et elle a été largement acceptée par la société américaine.

Les drogues comme l’éther, le chloroforme et de l’opium étaient des anesthésiques communs. Ces médicaments non seulement bloquaient la douleur, mais provoquaient aussi l’arrêt des contractions. La réponse du médecin pour ce problème était les dispositifs invasifs comme les forceps. La femme endormie, une infirmière poussant sur le ventre pendant que le médecin sortait le bébé avec des forceps était devenu la définition d’une naissance normale. Tandis que les naissances sont suivies par des médecins hommes, les pères ne sont pas autorisés dans la salle d’accouchement, attendant confortablement dans une salle d’attente de l’hôpital l’arrivée de leur enfant. Ces derniers étaient envoyés à la pouponnière où ils passaient plusieurs jours sous les soins des infirmières en attendant que leur mère récupère. Ce fut aussi au même moment que les médecins commencèrent à proclamer que les femmes devaient cesser d’allaiter leurs bébés et donnaient du lait en bouteille, se justifiant que le biberon était un plus sanitaire, pratique et beaucoup plus sûr pour nourrir les enfants.

Par la suite, l’anesthésie générale ayant été abandonnée, les femmes donnaient naissance attachées au lit, privées de tout contrôle sur la naissance de leur enfant. On peut facilement imaginer comment les médecins de l’époque ont reçu leur enseignement sur ce qu’était un accouchement.

Dans les années 1970

Il a fallu attendre les années 70 pour que les mentalités commencent tranquillement à changer.

Frédérick Leboyer, un gynécologue et obstétricien français a émis entre autre à l’époque le postulat que le bébé ressentait des sensations physiques dès sa naissance. Dans les années 1900 la croyance populaire était que le système nerveux du bébé n’était pas suffisamment développé pour ressentir la douleur. Certaines pratiques vis-à vis du bébé se sont donc graduellement modifiées. C’est au cours de ses voyages en Inde et grâce à sa rencontre avec Svämi Prajnänpad que Frédérick Leboyer a développé sa méthode de l’accouchement doux, permettant au nouveau-né de venir au monde sans traumatisme.

Le médecin obstétricien met l’accent sur l’importance de déposer l’enfant sur le ventre de sa mère pour qu’il continue à en sentir la chaleur et le battement cardiaque. Il préconise également de couper le cordon ombilical uniquement lorsqu’il a cessé de battre. Selon lui, « ce geste facilite le passage à la respiration pulmonaire et le rend moins traumatisant. » Frédérick Leboyer précise que le plus important, c’est de laisser du temps à la mère et à l’enfant pour « être ensemble ». Il ajoute que les bruits excessifs, les mouvements brusques et les lumières trop intenses ne sont pas les bienvenus lorsqu’un enfant vient au monde.

Clair Day, Hans Voldman et Igor Charkovsky, à la même époque, ont grandement contribué à retrouver une certaine humanité dans les naissances. Igor Charkovsky a développé le concept de l’accouchement dans l’eau afin d’aider les femmes à retrouver leur capacité d’accoucher par elles-mêmes. Selon lui l’accouchement dans l’eau facilite la transition entre le monde intérieur et le monde extérieur pour le bébé. Il avance que l’accouchement dans l’eau permet d’aider la femme à dilater et à contracter plus calmement tout en aidant à relâcher le périnée. La douleur était ainsi diminuée et la mobilité de la future maman plus facile grâce à l’apesanteur. Ce type d’accouchement n’est plus pratiqué dans les hôpitaux de nos jours au Québec mais il est encore offert par les sages-femmes en maison de naissance ou à domicile.

Toujours dans les années 1970, Fernand Lamaze, un neurologue et obstétricien français, a amené la fameuse méthode Lamaze très connue et mainte fois reprise au cinéma. Elle vise un contrôle de la douleur par des techniques de relaxation et de respiration dite «respiration du petit chien». Il insiste également sur l’implication paternelle et le soutien à la mère pendant l’accouchement.

Le manque d’humanisation des naissances dans les sociétés occidentales amorcée depuis la fin du moyen âge influence encore aujourd’hui notre façon de percevoir ce moment clé de notre vie.

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Quel futur pour la naissance ?

On peut donc bien voir que cette perte d’humanisation des naissances dans les sociétés occidentales amorcée depuis la fin du moyen âge influence encore notre façon de percevoir ce moment clé de notre vie. Il nous est cependant possible de ramener un peu de physiologie et d’humanité dans ce processus. De continuer ce virage des dernières décennies qui vise à ramener le caractère normal de cette expérience. Il n’est pas nécessaire pour l’homme de se rendre dans un système ou la parentalité serait mise à l’écart des parents. Dans un univers stérile et aseptique où l’homme ne sait plus être lui-même. Donner la vie, faire naître l’amour sont à la base des fondements de la parentalité et c’est ce dont les enfants ont besoin. Des parents confiants, aimants, qui sont là pour lui.

Il appartient à chaque femme de déterminer ce qu’elle désire, pour elle et son bébé, pour son accouchement. Elle est en droit de vivre cette expérience selon la meilleure façon pour elle. L’important n’est pas tant la manière qu’elle choisit pour le vivre mais plutôt le fait qu’elle ait eu le choix et qu’elle soit libre de l’exercer.

Nicolas Lacroix Pépin, Accompagnant à la naissance, 

Nicolas Lacroix-Pépin est Thérapeute scientifique, spécialiste en périnatalité, passionné par le merveilleux monde de la grossesse et les poupons.

Dans ce domaine depuis 2009, il a complété une maîtrise suivi d’un doctorat en Médecine Moléculaire et le sujet de sa thèse était centrée sur les hormones et l’utérus.

Il est un des premiers accompagnant à la naissance formé au Québec. Il est allie la massothérapie, la relation d’aide, l’hypnose et les soins Rebozo afin d’offrir des outils thérapeutiques aux nouvelles familles. Avec ce bagage autant humain que scientifique, il a une vision très globale de la périnatalité.

Ses services sont offerts en français et en anglais.

Pour contacter Nicolas Lacroix Pépin, je vous encourage vivement à aller visiter son site web ou à le contacter via sa page Facebook.


Nicolas a été le premier Accompagnant à la naissance formé au Québec. Je le remercie de collaborer avec toujours autant de passion et d’enthousiasme sur le blogue.

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Accouchements : Perdue dans le désert, suivi de Promenade en bateau #accouchementrespecte #smar2016

Accouchements : Perdue dans le désert, suivi de Promenade en bateau #accouchementrespecte #smar2016

Premier accouchement: perdue dans le désert

Pour raconter le récit de mon accouchement, prétendre qu’il est possible de mettre des mots sur l’intensité, la puissance et la fragilité nécessaire, je me dois de faire une introduction. C’est notre premier bébé à mon conjoint et à moi. La grossesse amène son lot d’incertitudes, de peurs et de bonheur. J’ai eu la chance d’aimer porter mon fils, même si les derniers temps ont parfois été plus difficiles.

J’ai besoin de commencer mon récit quelques jours avant mon accouchement.

Vendredi premier novembre 2013, après plusieurs mauvaises nuits d’affilée, je décide de commencer mon traitement choc homéopathique, tisane de framboisier et huile d’onagre, conseillé par ma sage-femme. Mon traitement à la main, j’entame le week-end avec assurance. Samedi soir, petit souper entre amis, un vrai moment de détente et de plaisir. Question d’en rajouter, je me sers un verre de vin. La soirée tire à sa fin, on rentre à la maison et on se couche.

Moins de 15 minutes plus tard, une contraction, puis une autre. Je passe au salon, J’essaie de me reposer et j’y arrive malgré les contractions qui reviennent fidèlement au 10-15 minutes. Je laisse mon chum dormir, il doit être en forme pour accueillir son fils. Plus la nuit avance, plus les contractions se rapprochent. À 2 heures du matin j’appelle ma sage-femme et je suis soulagée de savoir que je ne la réveille pas. Je lui dis que je pense que le travail s’installe, que les contractions durent 1 minute et reviennent aux 8-10 minutes. Au petit matin, j’appelle mon accompagnante, qui est aussi étudiante sage-femme, car elle doit faire de la route pour nous retrouver.

L’excitation grimpe en moi car j’entrevois la naissance de notre fils qui se prépare. Malgré une nuit sans vrai sommeil, je suis plutôt en forme, transportée par l’idée que je vais enfin faire la connaissance de ce petit être qui grandit en moi, depuis ce qui me semble être une éternité.  Je réveille mon conjoint.

Vers 7h, les contractions sont aux 3 minutes, mon accompagnante est sur le point d’arriver et je décide d’appeler ma sage-femme. Elle est trop occupée pour me parler et me dit qu’une de ses collègues me rappellera sous peu. Lorsqu’elle me téléphone la chimie n’est pas vraiment au rendez-vous mais nous convenons de nous rejoindre à la maison de naissance à 8h30. À notre arrivée, ma sage-femme a finalement réussit à se libérer et je suis aux anges de la retrouver.

Puis, mon  monde bascule, l’excitation se transforme en désarroi. L’examen révèle un minuscule centimètre d’ouverture. Latence, le mot qui me reste encore entre les dents aujourd’hui. La meilleure solution reste de retourner chez moi et de patienter. Je ne veux pas patienter, je veux rencontrer mon fils, je suis en colère contre mon corps qui me raconte des histoires, qui n’est pas assez efficace.

La journée passe chez moi, les contractions continuent aux 3-15 minutes, je me fatigue, j’ai juste envie de pleurer… je n’ai pas d’appétit.

Le soir venu, je n’ai qu’une seule envie, me reposer. Mon chum fait le tour de la ville pour me trouver des Gravol® un dimanche soir. Je les avale le cœur plein d’espoir mais en vain.

L’abandon. J’ai abandonné à ce moment-là. La fatigue a eu raison de moi, de cette envie de donner la vie naturellement dans un lieu accueillant. Je garde ça pour moi car je n’ai pas la force de l’admettre.

Téléphone à ma sage-femme, je n’en peux plus. Mon accompagnante (étudiante sage-femme) me fait un examen pour éviter de la faire déplacer, 3-4 centimètres. On se donne alors rendez-vous à la maison de naissance. On essaie ballon et autre trucs dont je ne me souviens pas vraiment. Sauf, le moment de solitude avec mon chum ou j’ai pleuré ma vie, comme si c’était la fin de monde. C’était la fin de mon rêve, je veux une épidurale. J’ai échoué, je n’y arriverai pas, je suis exténuée, vidée. Je dis à ma sage-femme que je n’en peux plus, je veux l’épidurale. Elle organise le transfert et me rassure, le médecin en médecine familiale de garde est vraiment génial. Elle et son étudiante m’accompagnent à l’hôpital. J’y arrive mais j’ai peine à marcher tellement les contractions ont pris de la force. On m’amène en fauteuil roulant. Dès mon arrivée on fait mes prélèvements pré-épidurale et on me fait un examen, six centimètres, enfin! On m’installe la fameuse et tant souhaitée, délivrante, épidurale. J’arrive à me détendre, cette détente est plus réparatrice que plusieurs heures de sommeil.

Le médecin vient me voir pour un second examen, presque complète, elle me propose de rupturer les membranes, j’accepte. Puis, elle pose sa main doucement sur moi et me dis: ‘tu as bien fait, ne le regrette pas’. Ces mots je ne les oublierai jamais, elle a su me dire exactement ce que j’avais besoin d’entendre. Elle m’a délivré d’une bonne part de la culpabilité qui me pesait.

À l’examen suivant, je suis complète on me propose d’attendre un peu avant de pousser afin de laisser le bébé descendre.  Puis, l’action commence. Comme je ne sens pas les contractions on me guide beaucoup. Au bout de trois heures et quelques minutes mon garçon vient au monde en parfaite santé. À notre demande, le cordon n’est coupé que quelques minutes plus tard. Puis le placenta est expulsé et on m’offre de le voir, ce qui me ravie. La fatigue a disparue, laissant mon cœur remplit d’amour pour ce petit être. Je n’ai pas de mots devant la grandeur et la force de cette belle nature qui a pris soin de mon enfant tout ce temps à l’intérieur de mon corps. Maintenant c’est notre tour, comme parents, de prendre le relais.

Deuxième accouchement : une promenade en bateau

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Photographie privée, svp ne pas reproduire

 Cette fois si tout est différent, d’abord parce que je sais l’amour et la force qu’il faut avoir pour mettre au monde un enfant. Je sais aussi ce par quoi j’ai dû passer la première fois et je sais surtout quel chemin je ne veux pas prendre. C’est pourquoi je me suis tournée vers l’auto-hypnose afin de me préparer pour cette naissance.

Tout a commencé en douceur une après-midi suivant un cours d’aquaforme. J’ai quelques contractions par-ci par-là, rien de vraiment convaincant, comme j’ai l’habitude d’en avoir depuis quelques semaines. Vers la fin de l’après-midi aux environs de 16 heures un tableau commence à se dessiner, les contractions ne sont pas plus fortes que d’habitude mais plus rythmées. Environ aux 7-8 minutes et durent 45 secondes. Je me dit que ma période de latence a commencé. Comme j’en ai eu une très longue au premier, je n’en fait pas cas. Je prends un bain pour me convaincre de ce que je sais déjà et je vaque à mes occupations, j’ai quand même un fils de 2 ans.  Au début de la soirée, on fait des plans en prévision de faire garder le premier. Mon conjoint va le reconduire chez ses grands-parents, dans le pire des cas se sera une fausse alerte. J’appelle ma sage-femme, afin de l’aviser de la situation et de lui mentionner que je crois que c’est le début de quelque chose. Elle me suggère de me reposer parce que la latence peut être longue. La soirée passe. Le rythme, lui, change peu. Vers 22 heures, sur les conseils de ma sage-femme, je me couche avec ma séance d’hypnose dans les oreilles.

Je l’écoute en boucle jusqu’à ce que je ne puisse plus rester coucher pour supporter les contractions. Je me lève en passe quelques-unes puis me dis que ce serait une bonne idée de les compter pour réaliser qu’elles sont espacées de deux ou trois minutes et durent une minute. Je suis au calme plat, aucune précipitation dans mon esprit, je suis tout de même mon conjoint, qui lui veut vraiment partir rapidement. Il contacte ma sage-femme et on se donne rendez-vous là-bas. À mon arrivée, les contractions continuent, moi je suis toute en contrôle, très calme. Je suis enchantée de comment se passent les choses. Je suis dans ma bulle, c’est comme si tout le reste était comme un rêve, brumeux, vaporeux même à la limite du réel. Le temps disparaît, n’existe plus. La sage femme coule le bain en me disant : je ne sais pas si ça t’intéresse d’accoucher dans l’eau mais je coule le bain question qu’il soit prêt si ça dit. On tente d’écouter le cœur mais ce n’est pas fait facile debout alors je m’allonge. Son cœur va très bien. Je me déshabille et j’entre dans l’eau afin que l’on puisse faire mon premier examen. À ma grande surprise, je suis déjà à environ 6-7 cm, il est 1h15. Cinq minutes plus tard,  je suis dans un état intérieur incontrôlable je me souviens avoir mentionné à mon chum que je ne supporte pas les contractions dans l’eau et que je voulais sortir du bain. Il m’offre de m’aider à sortir mais je lui réponds que je ne veux pas, que je n’en suis pas capable. Moment de panique intérieur ; c’est mon fils qui se fraye un chemin vers la sortie. Puis,  je sens que ça pousse, la panique disparaît soudainement, la vraie poussée fait son entrée en scène. Je voudrais bien dire que c’est à ce moment-là que j’ai poussé, mais ce n’est pas le cas. Honnêtement je n’ai rien fait, presque rien. Mon corps a très bien fait les choses tout seul.  Il le fait très efficacement visiblement car au bout de 15 minutes mon Émile, beau garçon de huit livres et demi est venu au monde rapidement, doucement dans l’eau. Il était magnifique, aussi zen que sa venue au monde. La perfection quoi, comprendre ici, l’enfant et l’accouchement 😉

Le placenta naît quelques minutes plus tard dans un fou rire qui l’expulse de mon corps. Puis, une fois ces derniers services rendus, on coupe le cordon. Papa rencontre son deuxième fils alors que je suis debout dans le bain quelques minutes seulement après sa naissance. Je me sens invincible comme une guerrière, parce que donner la vie est sans aucun doute ce qui m’a donné le plus de puissance de toute ma vie. Grâce à une extraordinaire équipe de sages-femmes, j’ai pu le faire comme je le souhaitais.

Alexandra Morency


Merci à Alexandra Morency pour avoir partagé les récit de ses accouchements avec nous.

Et vous? Comment s’est déroulé votre accouchement?

Racontez nous votre histoire en commentaire! 

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L’eau, source de réconfort pendant l’accouchement

L’eau, source de réconfort pendant l’accouchement

L’accouchement dans l’eau inspire un sentiment de bien être et de détente. Le chercheur soviétique Igor Borisovich Charkovsky développa le concept d’accouchement dans l’eau durant les années 1970 et entreprit de réaliser des naissances sous l’eau à l’image des dauphins. Michel Odent poursuivit l’expérience en utilisant l’eau chaude d’une piscine afin de soulager la mère pendant le travail. La chaleur, la flottabilité d’un accouchement dans l’eau réduisant de manière significative la douleur tout en augmentant la détente. Depuis l’eau se retrouve dans les différentes étapes de la naissance.

L’eau pour soulager « le faux travail »

L’accouchement normal se produit au terme de la grossesse, soit entre la 37e et la 42e semaine de grossesse. Avant d’entrer dans « le travail » de l’accouchement, phase où les premières contractions régulières se font sentir, la femme peut passer par une phase de « faux travail » avec des  contractions de Braxton-Hicks.

Ces contractions correspondent à une tension passagère des muscles de l’utérus. L’utérus se durcir. Fréquentes en milieu de grossesse, ces fausses contractions ne sont habituellement pas douloureuses, durent jusqu’à une demi-minute, et peuvent survenir une ou deux fois par heure, plusieurs fois par jour. Avec l’avancée de la grossesse, ces fausses contractions peuvent devenir plus intenses, voire douloureuses parfois et peuvent se confondre avec les contractions du « travail ».

Si vous êtes à moins de 37 semaines d’aménorrhées, que les contractions deviennent douloureuses, plus régulière et plus intense, n’attendez pas pour contacter la sage-femme ou l’hôpital. Vous pourriez être en Menace  d’Accouchement Prématuré (MAP).

Si vous êtes à terme et que les contractions deviennent douloureuses, il est toujours préférable de rejoindre la maison de naissance ou l’hôpital où vous accouchez pour évaluer la situation. Les sages-femmes et les infirmières de l’obstétrique conseillent souvent aux mamans de faire leurs exercices respiratoires, de relaxer et de se plonger dans un bain chaud (comprendre tiède et pas brûlante !!) pendant environ 1 h.

Le bain chaud a généralement pour effet de stopper les Braxton-Hicks, ainsi vous serez fixée. Si vous être en travail, le bain chaud soulagera les tensions du corps, vous apportera de la détente et participera positivement à l’avancer du travail. Pour s’ouvrir votre col a BESOIN que vous soyez Zen et détendue !! Le bain sera un moment idéal d’intimité avec votre conjoint qui pourra en profiter pour vous masser le bas du dos ou les hanches ! L’ocytocine, hormone de l’Amour qui contribue largement au déroulement de l’accouchement, a besoin de douceur, de tendresse, de calme et d’Amour pour pouvoir être sécrétée correctement. Alors gâtez-vous !

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Facteurs influençant la production d’ocytocine et d’endorphine

L’accouchement dans l’eau

Au cours des dernières années, l’accouchement dans l’eau a gagné en popularité en raison des nombreux avantages qu’il représente.

L’origine des accouchements dans l’eau est très ancienne. On pense que les Amérindiennes demeurant près de mers chaudes ou de sources chaudes jaillissantes accouchaient souvent dans l’eau. A Hawaï, la tradition de donner naissance dans l’eau remonterait ainsi à 16 000 ans (Vadeboncoeur 1995). D’autres éléments indiquant que l’eau était utilisée comme moyen thérapeutique, notamment pour soulager les douleurs liées à l’accouchement, remontent à l’époque des Assyriens, des Grecs et des Romains (Reid-Campion 1997). En ce qui concerne le premier accouchement dans l’eau rapporté par la littérature scientifique, celui-ci a eu lieu en France en 1803 (Embry 1805).

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© Crédit photo : Katia Pechard Photographe

Au Québec, le nombre d’accouchements dans l’eau n’est pas connu, mais il peut cependant être estimé à quelques centaines compte tenu du fait que ce type de prestation n’est offert que dans les maisons de naissance ou au domicile sous la supervision des sages-femmes. L’accouchement dans l’eau n’est pas disponible actuellement dans les hôpitaux du Québec.

En France, pays où l’accouchement dans l’eau a été initié assez tôt dans l’histoire du monde moderne, il représenterait environ 500 naissances par an sur 800 000, soit 0,06% des naissances. Par contre, en Angleterre et au Pays de Galles où cette pratique est davantage développée, les accouchements dans l’eau représentent près de 1% des naissances (Gilbert et Tookey 1999).

Pour pouvoir accoucher dans l’eau, la femme doit être en bonne santé et ne pas avoir de contre-indications telles que : grossesse à risques, grossesse multiple ou tout autre problème de santé qui restreignent l’accès à une sage-femme.

La chaleur associée à l’immersion dans l’eau procure le sentiment réconfortant d’être enveloppée, protégée, bercée, soutenue et détendue par l’eau. L’immersion dans l’eau donne aussi l’impression d’établir une barrière dans l’espace occupé, favorisant ainsi un sentiment d’intimité, de contrôle sur son environnement et, par conséquent, un plus grand lâcher-prise chez la femme.

Il faut attendre que le travail actif soit bien installé pour s’immerger dans l’eau, car si on y entre trop tôt ou si on y reste plus de 2 heures, il y a un risque de ralentir le travail.

L’accouchement dans l’eau aide la future mère, le bébé et le conjoint à vivre une naissance naturelle et en douceur. L’accouchement dans l’eau présente les avantages suivant :

Avantages pour la maman

  • L’eau aide à réduire le stress et aide à la détente. L’immersion dans l’eau permet à la femme d’être dans sa bulle. La femme doit se sentir en confiance avec les personnes présentes car  le sentiment d’intimité est beaucoup plus grand. Pour l’aider on peut tamiser les lumières, éviter le plus possible de lui parler ou de l’observer directement et minimiser les sources de bruits. On s’assurera régulièrement qu’elle n’a ni froid, ni faim, qu’elle se sent en sécurité et confortable.
  • La détente général du corps permet une meilleure respiration et apporte un maximum d’oxygène aux muscles utérin. Un muscle bien oxygéné travaille mieux et est moins douloureux.
  • L’immersion dans l’eau aurait des effets physiologiques marqués sur le système cardio-vasculaire, tel qu’une réduction de la tension artérielle due à une vasodilatation des vaisseaux périphériques et la redistribution du débit sanguin. De fait, l’immersion dans l’eau chaude serait ainsi associée à une amélioration de l’irrigation sanguine au niveau de l’utérus et donc à une meilleure oxygénation du fœtus.
  • L’effet de pesanteur est diminué, permettant à la femme une liberté de mouvement plus grande et plus de facilité à trouver une position confortable. La femme a plus de facilité à se laisser guider par son corps.
  • La production d’endorphines (opiacé naturel de la même famille que la morphine) sera favorisée. Les endorphines aident à rendre les douleurs des contractions moins difficiles. Elles diminuent l’anxiété et la fatigue. Elles contribuent aussi à mettre le néocortex à l’arrêt (cerveau rationnel, celui qui réfléchit, qui compte) pour laisser la place au cerveau primitif (celui qui sait accoucher par instinct). Les endorphines incitent aussi la femme à abandonner ses résistances et ses barrières mentales telles que la peur, le jugement et le contrôle.
  • L’immersion dans l’eau prévient la libération des hormones de stress dans l’organisme, telles que les catécholamines, qui inhibent l’ocytocine et la progression du travail.
  • L’accouchement dans l’eau diminuera sensiblement la durée du travail, divisée par 3 par rapport aux naissances classiques. Le col de l’utérus se dilate beaucoup plus vite, la douleur étant ressentie de façon moins intense et moins longtemps, la femme aura plus d’énergie et des poussées beaucoup plus efficaces.
  • On note une réduction considérable des complications et de l’instrumentalisation (accélération du travail, forceps, péridurale, césariennes).
  • La détente induite par l’eau permet un relâchement musculaire optimal, le périnée sera plus détendu et plus élastique et détendu, réduisant ainsi l’incidence des déchirures.
  • En reparlant de l’expérience d’un accouchement dans l’eau avec les femmes qui ont pu en bénéficier, on constate une meilleure satisfaction de leur vécu et le sentiment d’avoir été en contrôle. Le sentiment de satisfaction du vécu de l’accouchement est important. Tschudin*, dans une étude publiée en 2009 a montré qu’une anxiété ou une insatisfaction lors d’un premier accouchement peut être source d’angoisse, pouvant même amener  la femme à demander une césarienne lors de l’accouchement suivant. De plus un meilleur vécu de l’accouchement réduit les symptômes du post-partum (irritabilité, cauchemars, trouble du sommeil, etc.) et les risques de dépression.

* TSCHUDIN.S, Previous birth experience and birth anxiety: predictors of caesarean section on demand?, Sept 2009, Journal of Pscychosomatic Obstetrics & Gynecology; 30(3): 175-180

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© Crédit photo : Katia Pechard Photographe

Pour le bébé

  • L’accouchement dans l’eau se fera plus en douceur, le bébé sera accueilli d’une manière plus rassurante et se sentira en sécurité.
  • Il semble que les bébés nés dans l’eau soient plus calmes et pleurent moins
  • Le peau à peau pourra être fait rapidement puisque la température de l’eau est à 37° C. La maman pourra ainsi le toucher, le caresser et le regarder autant qu’elle le désire.

 

Pour le conjoint

  • L’accouchement dans l’eau permet une participation active du conjoint. Lorsque le bain est assez grand, le conjoint peut y entrer et participer au processus de la naissance. Il aura tout loisir de caresser, masser, encourager et soutenir la future maman.
  • L’immersion dans l’eau créait un contact intime entre les 2 partenaires et favorise la production d’ocytocine (hormone de l’amour, qui créait des liens) synthétisée naturellement au cours de l’accouchement. Pour que la production d’ocytocine soit déclencher, la femme doit se sentir en confiance, aimer et encouragée. Sa production augmentant graduellement au cours de l’accouchement, l’ocytocine allonge la durée des contractions, réduit leurs intervalles et permet de rendre le travail plus efficace. Quand le bébé atteint la partie basse du vagin, le cerveau commande de relâcher une quantité maximale d’ocytocine qui va favoriser un attachement fort et immédiat avec l’enfant. Cette forte concentration d’ocytocine produira également le réflexe d’éjection du placenta. Elle permettra aussi à l’utérus de se rétracter après cette expulsion, le ramenant à sa position et à sa forme initiale, et réduisant ainsi les risques d’hémorragies.
  • On oublie trop souvent que l’accouchement est aussi pour le père un événement intense. Lui aussi vivra des émotions fortes et le fait de voir sa conjointe détendu et en confiance va l’aider à trouver plus facilement sa place auprès d’elle. Il aura le sentiment d’être aidant et davantage impliqué auprès de sa nouvelle famille.

Quels sont les facteurs à considérés ?

Il existe quatre grandes préoccupations mentionnées par les différents ordres professionnels, elles sont reliées à la sécurité de la femme et de son enfant lors de l’accouchement dans l’eau :

1) la thermorégulation :  il est important que la température de l’eau du bain ne soit pas supérieure à celle du corps de la femme afin d’éviter une hyperthermie du fœtus ou un malaise de la mère. Lors de l’immersion dans l’eau, la femme doit avoir la possibilité de réguler la température de l’eau et être encouragée à sortir et rentrer dans l’eau au cours de la phase de travail aussi souvent qu’elle le souhaite. La température de la pièce doit également être confortable pour la patiente et celle-ci doit être encouragée à s’hydrater régulièrement.

2) le risque d’infection : provient de l’idée que l’eau est un vecteur de germes. La mère et le nouveau-né pourraient être contaminés par des germes déjà présents dans le bain. De son côté, la mère pourrait contaminer son nouveau-né par les différents fluides expulsés lors de l’accouchement. Il est également proposé que les risques d’infections soient accrus pour la mère car l’eau pourrait pénétrer dans son utérus (Rosevear et al. 1993) et que l’effet relaxant de l’eau chaude pourrait conduire à des contractions post-partum moins efficaces (Deans et Steer 1995). Bien évidemment, toutes les piscines et les bains d’accouchement et autres équipements doivent être nettoyés, désinfectés et séchés après chaque utilisation.

Les études semblent montrer qu’il n’y a pas de différence notable des taux de mortalité néonatale et les taux d’infections (maternelles et néonatales) entre un accouchement traditionnel et un accouchement dans l’eau.

3) les difficultés respiratoires chez le nouveau-né : il est rapporté que le réflexe de plongée (« diving reflex ») empêche le nouveau-né en bonne santé d’inhaler de l’eau. Selon Johnson (1996), le larynx du fœtus possède un grand nombre de chémorécepteurs respiratoires, empêchant ainsi l’inhalation de liquide. De plus, le réflexe de plongée est principalement déclenché par les récepteurs de la peau du visage qui transmettent les stimuli aux chémorécepteurs. Par contre, un nouveau-né présentant une défaillance au niveau du réflexe de plongée présente un risque d’inhalation de liquide avant d’avoir atteint la surface de l’eau.

4) la rupture du cordon ombilical : il existe un risque accru de rupture du cordon ombilical dans la mesure où il est potentiellement plus difficile d’appréhender la longueur du cordon dans un bain d’accouchement.

Les mesures d’urgences et l’évacuation du bain en situation de risques doivent être envisagés et discutés en prénatal avec le couple.

Comment faire pour accoucher dans l’eau ?

Pour vous renseigner sur les possibilités d’accouchement dans l’eau et les services de sages-femmes au Québec

Les maisons de naissance sont équipées de grandes chambres avec des bains confortables et tout le matériel nécessaire à votre confort.

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Pour trouver une maison de naissance au Québec

Pour celles qui envisagent l’accouchement au domicile et si votre bain n’est pas suffisamment grand ou pas assez accessible pour permettre à la sage-femme de surveiller le bon déroulement de l’accouchement, vous devrez peut-être acheter une piscine gonflable spécifique.

Pour vous en procurez une, visitez le site périnatalité inc.

Accoucher dans l’eau à l’hôpital ?

Pour les femmes qui accouchent à l’hôpital, sachez que la plupart sont équipés de grand bain et même si la naissance de votre bébé ne peut pas se faire dedans, vous aurez tout loisir d’y passer le temps que vous voulez et d’en apprécier les bénéfices !!

Compresses d’eau chaude ou froide

Facile à utiliser, les compresses peuvent être utilisées tout au long de l’accouchement.

Les compresses chaudes peuvent être appliquées au niveau du dos, du bas-ventre et du périnée. En plus de soulager la douleur, la chaleur diminue les frissons et tremblements, les tensions articulaires et les spasmes musculaires : elle augmente la souplesse et l’extensibilité des tissus conjonctifs.

Les compresses froides peuvent être appliquées au niveau du dos, du cou, de la poitrine et du visage. En plus de diminuer la perception de la douleur, le froid aide à soulager les spasmes musculaires et à réduire l’inflammation et l’œdème des tissus.

Une étude randomisée contrôlée auprès de 717 femmes nullipares n’ayant pas pratiqué le massage périnéal prénatal a démontré que l’application de compresses chaudes au niveau du périnée à la fin du deuxième stade de travail ne diminuait pas le besoin de faire des sutures périnéales. Toutefois, elle avait pour effet de diminuer le taux de déchirure de troisième et quatrième degrés, la douleur perçue par les femmes au moment de la naissance, la douleur perçue au Jour 1 et au Jour 2 suivant l’accouchement, de même que l’incidence d’incontinence urinaire à 3 mois post-partum. Les auteurs estiment que cette pratique simple et peu coûteuse devrait être intégrée aux soins accordés lors du deuxième stade de travail.

Les papules d’eau sous-cutanée

L’injection sous-cutanée d’eau stérile à des points précis dans la région du sacrum diminue la douleur localisée au bas du dos en quelques minutes. L’effet dure de 45 à 120 minutes.

L’utilisation de papules d’eau stérile serait associée à une diminution de la douleur lombaire pendant le premier stade du travail. Selon les études, cette méthode ne diminue pas le recours aux autres moyens de soulager la douleur, mais elle peut retarder le recours à l’épidurale. Leur utilisation n’est pas répandu dans tous les hôpitaux du Québec renseignez-vous là où vous devez accoucher.

Vous avez accouchée dans l’eau? Racontez nous votre histoire en commentaire, elle pourrait faire la Une lors d’une prochaine publication!!


Sources :

Votre accouchement: gérer la douleur de façon naturelle

chus : Rapport_Bains_accouchement


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Choisir un lieu de naissance qui vous ressemble !

Choisir un lieu de naissance qui vous ressemble !

Parmi les décisions que vous aurez à prendre, le choix du lieu de la naissance est primordial et va influencer le reste de la grossesse. Au Québec, on peut choisir d’accoucher en maison de naissance, à l’hôpital ou à domicile. Chacune de ces options comporte son lot d’avantages et, évidemment, d’inconvénients.

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L’accouchement à l’hôpital

Une grande majorité des femmes décident d’accoucher en milieu hospitalier. En cas de complications pour la mère ou le bébé, l’hôpital est l’endroit le mieux approprié pour gérer les complications. Néanmoins, on lui reproche bien souvent son manque de chaleur humaine et le côté impersonnel de la prise en charge tout au long de la grossesse et de l’accouchement. Les rendez-vous de suivi prénataux ne durent qu’une vingtaine de minutes en moyenne (rencontre avec l’infirmière / auxiliaire pour pesée, prise de tension, contrôle des urines; rencontre avec le médecin pour mesure de la hauteur utérines, écoute du cœur fœtal et questions) et cela ne vous laisse pas beaucoup de temps pour poser des questions. De plus le médecin qui fera votre suivi de grossesse ne sera probablement pas présent le jour de la naissance de bébé (sauf si vous avez beaucoup de chance !). L’aspect surmédicalisé des soins donnés lors de l’accouchement peux en effrayer certaines surtout si vous rêver d’un accouchement naturel. Bien que de plus en plus d’hôpitaux  se tournent vers des options plus naturelles, l’ensemble du personnel n’est pas encore formé à cette nouvelle approche et ne pourra pas toujours vous soutenir comme il le faudrait. De plus, lors de votre accouchement, vous risquez d’avoir affaire à plusieurs équipes différentes si vous tombez entre deux quart de travail.

J’ai aimé accoucher à l’hôpital pour la rapidité de prise en charge si il y a un problème. Mais il y a plusieurs aspect négatifs : les instruments autours de nous, les monitorings à répétition, le fait que le personnel médical rentrait et me demandais « vous êtes sûre de ne pas vouloir la péridurale », ne pas se sentir dans son cocoon. Le personnel médical qui parle dans les couloirs

Lydie, maman de 3 garçons

L’hôpital est le seul endroit où vous aurez accès à la péridurale si vous voulez en faire la demande pour soulager la douleur due aux contractions. Pour certaines femmes cela constitue un avantage, mais cela représente un inconvénient pour d’autres. Tous les hôpitaux ont des protocoles de soins et des lignes de conduites différents, je vous conseille de vous renseigner sur chacun d’eux en fonction de vos besoins et de ne pas seulement considérer la proximité surtout si vous souhaitez avoir un accouchement le moins médicalisé possible. Plusieurs hôpitaux proposent désormais des chambres d’accouchement avec tout l’équipement requis pour aider à une naissance naturelle.

J’ai adoré mon accouchement à l’hôpital! Je me suis senti en sécurité, on a été à l’écoute de mes besoins et de mes désirs. On n’a même pas prononcé une seule fois le mot épidurale! J’ai pu utiliser le bain aussi longtemps que je le désirais, écouter la musique que je voulais, crier et dire toute les niaiseries qui me passait par la tête … Seul point négatif, je ne pouvais pas pousser en position accroupi. Je cherche à trouver le moyen de le faire pour mon prochain.                       

Joanie, enceinte de son deuxième bébé

Comment faire si je souhaite avoir un accouchement naturel à l’hôpital?

Si vous devez accoucher à l’hôpital et que vous répondez aux critères, vous pouvez tout de même avoir un suivi par une sage-femme ! Sachez qu’une entente peut être conclue entre la sage-femme et l’hôpital (l’hôpital LaSalle à Montréal est le premier à avoir conclu cette entente avec les sages-femmes). La sage-femme sera présente à l’hôpital le jour de la naissance et c’est elle qui vous accompagnera et vous soutiendra pour donner naissance de façon naturelle. Si au cours de l’accouchement vous prenez la décision de demander une péridurale, la sage-femme devra alors faire un transfert de soins vers l’équipe médicale. L’accouchement se fera alors sous l’autorité d’un médecin.

Une autre option qui peut être envisagée est de faire appel aux services d’une accompagnante à la naissance. L’accompagnante à la naissance a suivi une formation de base de plusieurs centaines d’heures sur la grossesse et l’accouchement avec un organisme reconnu. Elle a la plupart du temps bien d’autres formations à son actif (hypno-naissance, préparation affective à la naissance, Bonapace, etc.) et a souvent plusieurs casquettes (infirmière, ostéopathe, acupuncteur,  herboriste, etc.). Elle vous apportera une multitude d’informations ayant trait à la grossesse, la naissance et l’allaitement au cours de rencontres pré et post-natales. Attention tout de même, l’accompagnante à la naissance n’est pas une sage-femme, ni un médecin et ne vous vous dispense pas des suivis réguliers qui s’imposent. Elle ne pose aucun acte médical et ne peux par conséquent pas procéder à l’accouchement. L’accompagnante est disponible en tout temps pendant la grossesse, lors de l’accouchement et dans le postnatal, selon le désir des parents. Elle est à l’écoute de vos besoins et établis avec vous un lien de confiance privilégié.  Elle saura créer une atmosphère favorable à l’écoute et à l’échange entre les futurs parents. Elle vous informe sur les interventions possibles et leurs alternatives afin que vous puissiez faire des choix éclairés. Elle vous guide dans l’élaboration d’un plan de naissance, vous rassure sur le processus de la grossesse et de l’accouchement afin que vous vous sentiez en confiance le jour de la naissance. Sa présence rassurante vous apportera la confiance nécessaire pour optimiser vos chances d’avoir un accouchement naturel. Pour trouver votre perle rare, il vous faudra peut-être en rencontrer plusieurs ! Les accompagnantes offrent la plupart du temps une rencontre d’approche gratuite pour vous expliquer leurs services et vous permettre de faire votre choix.

L’accouchement en maison de naissance gagne en popularité !

De plus en plus de femmes choisissent de donner naissance de façon plus naturelle, sans avoir recours notamment à la péridurale. Toutefois, il est important de savoir que vous devez être en excellente santé et que votre grossesse ne doit présenter aucune complication (pas de grossesse gémellaire, de signe d’hypertension grave, de placenta prævia, etc.) pour avoir accès aux services d’une sage-femme. De plus, si une complication devait survenir au cours de l’accouchement, vous serez immédiatement transférer vers l’hôpital le plus proche.

J’ai tellement apprécié mon suivi avec les sages-femmes. Je savais que je devais être prête à l’éventualité d’un transfert en cas de complications. C’est ce qui m’est arrivé malheureusement, mais je le ferais encore si c’était à refaire. Ça vaut le coût même si c’est éprouvant sur le moment. Je le nomme car c’est souvent la critique que l’on attend le plus des gens qui ne connaissent pas bien les maisons de naissance. Malgré tout, Je le conseille fortement de t’offrir ce beau cadeau pour cette grossesse.

Amélie, maman de Mathilde

Depuis 1999, les Québécoises peuvent bénéficier des services de sages-femmes pour leur suivi de grossesse et leur accouchement. Une loi encadre la pratique de celles-ci, les soins qu’elles peuvent dispenser ainsi que les tests et les médicaments qu’elles peuvent prescrire. Elles reçoivent toutes une formation universitaire de quatre années dans le domaine de l’obstétrique, qui inclut un stage en maison de naissance et en milieu hospitalier.

En maison de naissance, vous êtes assurée qu’une des deux sages-femmes qui vous est attitrée et qui vous suit pendant la grossesse sera celle qui vous assistera au moment de l’accouchement. La sage-femme vous offrira un support chaleureux et aura le temps de répondre à toutes vos inquiétudes. Les rendez-vous avec la sage-femme dure au minimum une heure, ce qui vous laisse amplement le temps de poser toutes vos questions.  Le jour de l’accouchement, vous aurez accès à une chambre privée, on vous laissera libre de vous mobiliser à votre guise, de manger, de boire ou de vous plonger dans un bain si vous le souhaitez. On vous préparera tout au long de la grossesse à différentes méthode de soulagement de la douleur (massage, bain, acupression, respiration, relaxation, hypnose et j’en passe !). Votre conjoint pourra rester avec vous en tout temps. Certaines maisons de naissance offrent la possibilité d’accoucher en piscine. En règle générale, votre accouchement se déroulera dans le respect de vos désirs et de vos besoins.

J’ai adoré sentir que mes Sages-femmes avaient 100% confiance en ma capacité à accoucher, ça mets en confiance ! On sent leur passion à chaque rencontre ! J’ai aussi beaucoup apprécié le fait que mon accouchement ne dépendait pas d’un protocole, que c’était moi qui était aux commandes, sans pression par rapport au temps.

Peggy-Ann, maman de Alexis.

La maison de naissance a un caractère communautaire,  on y favorise la création et le maintien d’un comité de parents. On y trouve des activités en lien avec la parentalité et la santé où vous serez invitez à partager avec d’autres parents.

Les services dispensés par les sages-femmes incluent un suivi global comprenant la grossesse, l’accouchement et la période postnatale. Ils sont offerts gratuitement aux femmes qui sont couvertes par la Régie de l’assurance-maladie du Québec.

Les listes d’attente en maison de naissance sont (très, très) longues ! Si vous choisissez cette option, il faut prévoir de vous inscrire le plus tôt possible.

Pour la liste complète des maisons de naissance au Québec

L’accouchement à domicile

Bien que l’accouchement à domicile reste une décision encore rare, les femmes qui en font le choix invoquent le souhait de vouloir donner naissance dans leur cocon, avec une ambiance personnelle et chaleureuse, entourée des personnes qui leurs sont chères (conjoint, fratrie, grand-mère ou amie proche).

Pour avoir le droit d’accoucher à domicile au Québec, il est nécessaire d’habiter à moins de trente minutes d’un hôpital, d’avoir accès au téléphone et de mener une grossesse qui ne présente aucune complication. Vous serez assistée par une ou plusieurs sages-femmes.

Des études récentes ont démontré que, l’accouchement à domicile ne comporte pas plus de risques que l’accouchement à l’hôpital en autant que la sage-femme qui vous accompagne ait de l’expérience, que vous soyez en bonne santé et que votre grossesse soit normale. Il est d’ailleurs pratiqué en toute sécurité dans un grand nombre de pays industrialisés comme l’Angleterre, les États-Unis et les Pays-Bas.

Pour en savoir plus la prise en charge de l’accouchement par la sage-femme, consultez le lien de l’Ordre des sages-femmes du Québec .

Quel que soit le lieu que vous choisirez pour accoucher, ce qui compte, c’est que ce vous soyez bien informer les différentes possibilités qui s’offrent à vous et que vous fassiez votre choix de manière éclairée.

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