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Accouchement, rencontre d’une jeune femme avec toute sa force intérieure

Accouchement, rencontre d’une jeune femme avec toute sa force intérieure

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©Amalgame Photographie*

Lorsque je suis tombée enceinte, à l’âge de 23 ans. Ma première rencontre médicale me laissa un goût amer. J’ai rencontré le remplaçant de mon médecin de famille, pendant ses vacances, et celui-ci n’a pas ménagé ses préjugés et ses opinions à mon égard. Ce fut pour moi l’élément déclencheur qui m’amena à consulter les Sages-femmes. Avec elles j’ai eu un suivi extraordinaire, rempli d’écoute et de compassion. Je me rappellerai toujours lorsque j’ai dit à ma sage-femme « Quand tu m’accoucheras… » Celle-ci m’a repris immédiatement en corrigeant « Quand je t’assisterai dans ton accouchement… » J’ai su immédiatement qu’elle serait toujours mon égale.

L’accouchement s’est annoncé de manière subite, avec la rupture de la poche des eaux, en fin de soirée. Le travail commença à une cadence folle aux deux minutes. Je suis arrivée à la maison des naissances en panique. Ma Sage-femme m’a accueillie en caressant mon front du revers de la main, me disant de détendre mon visage, ce qui m’a tout de suite apaisée.

Je me suis installée à la chambre pour faire mon nid, mais la douleur était tout simplement insupportable. En fait, tout m’était insupportable. Je marchais de long en large dans la pièce, et même si on m’avait apporté un ballon, un banc d’accouchement, une chaise berçante et tout l’attirail nécessaire, rien n’apaisait la douleur. L’équipe avait même tamisé les lumières et mit une musique douce dans l’espoir me calmer.

J’ai eu besoin d’aller à la salle de bain et lorsque je me suis assise sur la toilette la paix est venue en moi. J’ai fermé les lumières et verrouillé la porte. J’ai caché mon visage dans mes mains et la plénitude est arrivée. Sauf que… un léger toc-toc s’est fait entendre et une voie douce a dit « Cynthia, tu dois déverrouiller la porte, je dois pouvoir te voir… » Mais non, j’avais trouvé mon nid enfin! Elle a insisté doucement et j’ai consenti à déverrouillé la porte. Mais qu’elle n’y entre pas! La porte est restée fermée tel que convenu mais au bout de quelques minutes elle a frappé à nouveau. Elle a réitéré doucement sa demande de me voir, j’ai accepté. La porte s’est entrouverte de quelques centimètres et j’ai vu dans la pénombre son œil qui me scrutait silencieusement. Elle était assise sur le sol, probablement depuis le début. Puis elle est venue gentiment m’évaluer et est ressortie rapidement, me laissant dans le noir, la porte entrouverte à ma demande, dans ma paix. Je suis restée ainsi près de deux heures, la voyant venir me regarder dans la fente de la porte et repartir régulièrement.

Puis j’ai commencé à bouger et on m’a proposé un bain. Ce fut merveilleux, encore plus  confortable  que la salle de bain. La chambre était silencieuse et l’équipe s’approchait de moi à pas feutré. On m’a présenté une stagiaire, à qui je lançais aux 10 minutes l’ordre de diminuer le volume de la musique, ce qu’elle faisait incessamment. Une seule fois, la sage-femme m’a demandé de sortir du bain pour m’évaluer mais ma réaction fût tellement négative qu’elle fit ses examens à même le bain. Je restais 4 heures à y mariner dans un total respect de mes besoins. On m’apportait parfois de l’eau et des fruits, toujours en silence, personne n’osait déranger la paix et la pénombre que j’exigeais.

Puis un son sortit de ma bouche de manière incontrôlable « ça pousse! » disais-je. J’ai demandé à ma Sage-femme comme si elle menait le bal « Que dois-je faire? », En ricanant elle me répondit « Pousse doucement pour te soulager ». Rapidement elle m’évalua et je pu officiellement débuter à pousser, toujours dans le bain. Lorsque la tête du bébé fût sortie, un problème survient. Le bébé était en dystocie d’épaule. Ma poussée était inutile, je m’épuisais. Elle me demanda de sortir du bain, s’attendant à ce que je m’accroupisse au pied, mais non, je me suis élancé jusqu’au lit à environ 6 pieds de là. Je crois que la scène d’une femme tenant la tête de son bébé à demi-sortie entre ses jambes et planant jusqu’au lit a marqué la mémoire de toute l’équipe. À cet endroit, j’ai essayé plusieurs positions, en vain et je terminai sur le dos. Le temps pressait, il devait sortir maintenant! L’équipe m’entoura, je plaçai un pied sur le genou de la Sage-femme principale qui s’affairait à trouver comment dégager le bébé, la seconde Sage-femme et la stagiaire se tenaient à mes côtés, j’entourai mes bras à leurs tailles. Nous comptâmes jusqu’à trois, et en équipe, je poussais de toutes mes forces pendant que la Sage-femme faisait une manœuvre de dégagement. Les deux autres femmes m’encourageaient. J’ai le souvenir que ce bébé est né accompagné par toute une équipe, à 5h28 du matin, un bon 28 Janvier 2009 de tempête.

Cet événement, dans son ensemble, me donne l’impression d’un passage initiatique. La rencontre d’une jeune femme avec toute sa force intérieure, le passage de la jeune femme à la femme. Celle qui a appris à se connaître, celle qui a rencontré la force de la nature, celle qui a vécu un moment unique. Lorsque la Sage-femme déposa le bébé sur ma poitrine, il me regarda droit dans les yeux, dans mon cœur il me disait « bonjour maman ».

Cynthia

#accouchementrespecte


Je tiens à remercier Cynthia pour avoir partagé avec nous le merveilleux récit de son accouchement.

Et vous? Comment s’est déroulé votre accouchement?

Racontez votre histoire en commentaire! 

L’ensemble des articles du blog peuvent être reproduits et partagés dans un but non lucratif. Merci de toujours inscrire les noms et prénoms de l’auteur ainsi que la source www.cocoonbiennaitre.wordpress.com lorsque vous partagez.


*Noter que le récit de cet accouchement et la photographie de Amalgame Photographie n’ont pas de liens entre eux. 

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2 naissances, 1 accouchement

2 naissances, 1 accouchement

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©Amalgame Photographie*

Naissance de Sacha et Côme (Québec)

Quand je tombe enceinte la deuxième fois, nous habitons au Québec (Canada) depuis plus d’1 an. Je suis remplie de bien plus de connaissance et de foi en mon corps de femme. J’ai aimé la naissance de ma fille mais pour moi, si tout se passe bien, il est hors de question que je remette les pieds à l’hôpital pour donner de nouveau naissance. Comme quoi, les connaissances n’empêchent pas la naïveté.

À l’époque nous avons la chance d’habiter dans le secteur d’une maison de naissance et encore mieux de faire parti de son secteur «naissance à domicile». Je téléphone le lendemain du test positif pour être sûre d’avoir ma place. Je veux accoucher dans la douceur de mon foyer. Je ne veux pas quitter les miens même pour 48h. 3 jours plus tard on me confirme mon inscription à la maison de naissance. Une réunion est prévue pour mi-août.

Le jour de la réunion, je commence à avoir de forte douleur dans le ventre. Mais je profite quand même. Nous voulons que notre enfant naisse chez nous mais la maison de naissance est super quand même. C’est un cocon. La réunion terminée, l’inquiétude reviens. Je pense à la fausse couche mais surtout je pense à la grossesse extra-utérine. J’aimerais être rassurée mais un petit tour de 6h dans la salle d’attente des urgences sans avoir vu même l’ombre d’un médecin me décide à lâcher prise.

Quelques jours plus tard, nous partons rejoindre mes parents et des amis en Guadeloupe. Mais arrivée sur place, je n’arrive pas à profiter. La douleur est toujours là. S’il y a quelque chose je veux le savoir. Nous nous rendons donc aux urgences d’une petite clinique. Je suis prise en charge presque tout de suite et on me confie au soin de la gynécologue de garde qui va me faire une échographie. La cause de mes douleurs est simple. Mes ligaments en prennent déjà pour leur grade parce que je n’ai pas un mais deux petits locataires dans mon utérus! Un véritable choc! Je pleure. De joie et de soulagement parce que tout va bien. Mais aussi d’angoisse et de stupeur. De penser à tout ce à quoi je vais devoir renoncer… La gynéco m’explique que ce sont des grossesses plus compliquées mais aussi plus à risque. Elle me dit que j’attends ce que j’appellerai plus tard couramment des « mono-bi ». Mes crevettes se partagent le même placenta mais sont dans deux poches séparées par une fine membrane.

Sur la route du retour de la clinique on réfléchi à comment on pourrait faire. L’idée que je poursuive ma grossesse en France est déjà vaguement évoquée mais ça parait un peu fou pour le moment. Je sais déjà qu’il va falloir que je renonce à mon accouchement à domicile, voir même mon accouchement à la maison de naissance. Au suivi simple par une sage femme aussi… C’est tout un deuil que je dois faire et un regret que je garde encore aujourd’hui.

Au fil des vacances, cette seule solution se dessine de rentrer au bercail pour accoucher. Un peu comme les saumons ou les tortues je ne sais plus très bien. Ça doit finalement être une tradition familiale de naître dans cette maternité qui a vu naître ma première fille ainsi que moi-même. Retour de vacances. La décision est prise. Je suis partagée. Contente à l’idée de revoir mes amis, ma famille. Tellement triste de me séparer de l’homme et de séparer ma princesse de son papa. De vivre cette grossesse seule, tellement à l’opposé de ce que j’avais imaginé.

Retour en France le 16 octobre. L’avion avec mon presque déjà gros bidon et ma poussinette c’est sport. En France, nouvelle écho. Tout va bien. Mais la gynéco n’est pas spécialiste donc elle me réfère à une de ses collègues, appelons là Dr A, qui me suivra jusqu’au bout.

Une écho tous les 15 jours à cause du caractère « mono-bi » de cette grossesse. On s’entend qu’on est bien loin du suivi à la cool que j’aurais voulu. Mais bon adaptabilité, lâcher-prise sont les maîtres mots.

La grossesse se passe sans problème médicalement parlant. De «petits maux» de grossesse comme on dit. Surtout de grosses douleurs ligamentaires. Les mêmes que celles qui m’ont poussé à consulter. Mais de plus en plus douloureuses au fur et à mesure que mon utérus grossi.

Je suis contente de voir arriver l’homme pour les 36sa. Le 6 mars. Il ne repartira plus avant la naissance. En fait il ne repartira plus sans nous cette fois. Le même jour, dernier RDV avec ma gynéco. Mon col a bien évolué, elle part en vacances 1 semaine et pense que je ne l’attendrai pas pour accoucher. Rater. Je l’ai attendu en fait. Bien involontairement cela dit.

La fin est cauchemardesque. Je ne peux plus marcher, ni être assise, ni couchée… Je ne dors plus. Pas peu, non, juste plus du tout… Je suis une loque. Je n’aime pas avoir l’air d’exagérer parce que ce n’est pas le cas. À ce stade je serais allée les déloger moi-même au forceps si j’avais pu (ok là j’exagère !)

A 38+6, on me reprogramme un rdv pour voir l’avancement. Si le col est favorable on déclenche. Grossesse mono-bi encore une fois, les gynécos n’aiment pas trop laisser traîner. Peut être que si je n’avais pas supplié qu’on me déclenche on aurait pu attendre encore un peu… Oui, j’ai supplier car vraiment j’avais atteint, je pense, mon maximum… Finis les rêves de naturel. Je veux que ça s’arrête.

Au rdv « col bien favorable » donc on peut déclencher. L’homme est là, ma fille avec ma mère. 8h c’est parti avec les perfs d’ocytocine de synthèse. Les contractions ne tardent pas à arriver et elles piquent tout de suite un peu plus. La sage-femme est un ange de douceur. Le protocole veut que je sois sanglée au monito mais elle me permet 3 temps pendant le travail, libérée de toutes entraves et que je passe sur le ballon. Ces moments me font un bien fou. Je gère vraiment mieux comme ça.

Dans l’après-midi (les heures sont flous mais vers 14h je pense), la sage-femme perce la poche des eaux ce qui fait parti du protocole de déclenchement. Une vraie piscine olympique là-dedans! À partir de là, ouch… Les contractions sont très difficiles à encaisser couchée sur le dos. On me met sur le côté un moment, je m’y sens un peu mieux mais l’homme doit tenir les capteurs du monito… Au bout d’un moment je demande la péri. Je n’en peux juste plus et de toutes façons avec des jumeaux on me fera le forcing pour la mettre. Je pense qu’elle est posée vers 16h ou 16h30 je ne sais plus exactement. Dans la douceur cette fois et dosée juste comme il faut. Je peux bouger mais la sensation douloureuse est partie. Vers 17h30, 18h environ elle revient en force. Je sais que c’est parce que la fin approche. Je reconnais l’engagement dans le bassin. Les mêmes douleurs que pour ma fille. La sage-femme vérifie et oui le premier commence à s’engager. Très vite ça me donne envie de pousser. Ma sage femme pense que c’est un peu tôt et en fait en vérifiant elle me donne raison mais je vais devoir attendre un peu, la pédiatre est occupée à côté et elle doit être dispo pour l’expulsion des jumeaux.

Enfin la gynéco entre et c’est parti. C’est très «intimiste» et c’est génial. Juste la sage-femme, la gynéco et une auxiliaire de puériculture. Le «renfort» est dehors. J’aime vraiment cette maternité. Je retrouve exactement la même sérénité que pour la naissance de ma fille. Sacha est là très rapidement. 2 ou 3 poussées je crois. Il est tout dodu, plein de vernix encore. Je suis choquée de la rapidité de sortie. Je voulais me mettre sur le côté mais je n’en ai même pas eu le temps. Après contrôle échographique la gynéco se rend compte que Côme (qui était en siège) s’est mis en transverse. Parait que c’est classique. Le deuxième bébé, tout stupéfait d’avoir tant de place dans le bidon de maman, en profite pour expérimenter quelques figures. Et c’est là que la gynécologue a utilisé une manœuvre appelé « grande extraction ». J’ai eu un peu la sensation d’être à l’étable un court instant. Dr A est donc parti chercher le pied de bb2 pour le tirer et le sortir avec l’aide d’une poussée de ma part. Ça parait barbare? Ça l’est et en général les bébés n’aiment pas ça… Surprenant non? Bb2 est né avec un APGAR à 3. Pour les néophytes ça veut dire qu’il ne respirait pas et ne bougeait quasi pas. Ils l’ont bien sur emmené de suite et là c’est les minutes les plus longues de notre vie. Mais en fait c’est un chef ce gamin car un petit coup de ventilation au masque et c’était reparti.

Voilà. Naissance le 26 mars 2014 à 19h01 et 19h04. Deux bébés en pleine forme. Deux futurs tétouilleurs professionnels.

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Photographie privée, svp ne pas reproduire

Je suis sur mon petit nuage. Au sens figuré comme au sens propre. Je me sens m’enfoncer comme dans du coton. En fait je suis en train de faire une hémorragie du post-partum. La gynécologue gère ça très bien mais je me suis fait peur quand même. La sage-femme est honnête. Après une journée de contraction artificiellement dirigée par l’ocytocine de synthèse, mon utérus a fait la grève et ne se contractait plus du tout. La faute au déclenchement donc.

Si je devais faire le bilan de ces deux naissances (voir « ma sage-femme, cette fée qui m’a tout appris ») je dirais qu’elles ne respectaient surement pas toujours la physiologie mais en tout temps, on a respecté mes demandes. On ne m’a forcée à rien. Et je remercie vraiment cette maternité d’avoir fait de l’arrivée sur terre de mes enfants des moments de calme et de douceur. Mais j’aurais peut-être fait des choix différents si on m’avait réellement expliquée les tenants et les aboutissants de mes choix et si on m’avait proposé des alternatives pour palier. Et je pense réellement que –en toute objectivité- la place d’une doula dans le parcours de la grossesse et de l’accouchement est vraiment très importante. Parce que même si on possède les connaissances, même si on nous propose des moyens naturels pour palier, les hormones, la fatigue, la douleur nous font parfois oublié ce qu’on veut vraiment. Une doula peut veiller à tout ça. Elles ont tout à fait leur place et la mérite.

Laure Bizard alias Maman Ours de Côme, Sacha et Nora

C’est ici pour lire le récit de la naissance de Nora


* Notez qu’il n’y a pas de lien direct entre l’image d’Amalgame Photographie et le récit d’accouchement.


Merci à mon amie Laure pour ce merveilleux récit! Tu es la bienvenue pour écrire à nouveau via le blog et partager avec nous sur l’allaitement, le maternage, l’éducation Montessori et tout le reste! 

signature MamanRebelle

Ma sage-femme, cette fée qui m’a tant appris

Ma sage-femme, cette fée qui m’a tant appris

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©Amalgame Photographie*

Naissance de Nora (France)

Quand je suis tombée enceinte de ma fille, je ne connaissais que peu de chose en physiologie de la grossesse et de l’accouchement. Juste ce qu’on m’avait appris en formation d’infirmière puéricultrice. Ma vision de la naissance était encore très formatée par les films et autres émissions de télé-réalité dont on taira le nom !
Au moment où mon test a viré positif, c’était évident pour moi de me laisser porter par le corps médical sans me poser de question. Bien sur que je voulais la péridurale ! Pourquoi souffrir ?

Géographiquement, l’évidence voulait que j’accouche dans la maternité même qui m’avait vu naitre. La première maternité labellisée IHAB (Initiative Hôpital Ami des Bébés).

Le destin -et les pages jaunes- ont mis sur ma route une sage-femme formidable. J’ai acquis vraiment beaucoup de connaissances avec elle, sur la physiologie de l’accouchement, sur les risques possibles d’une péridurale, sur les vrais positions physiologiques d’accouchement. Elle m’a notamment rappelé lors des cours de préparation à la naissance que la femme enceinte c’est moi et pas la sage femme de la maternité ou le/la gynécologue. Et que c’est moi qui vais aider notre enfant à venir au monde.

Pleine de toutes ces connaissances, ma réflexion sur la naissance de ce bébé à venir s’affine. J’aimerais accoucher sans péridurale. Je me laisse une petite marge de rétractation parce que l’inconnu de cette douleur m’effraie. Surtout je veux pouvoir être mobile et je veux choisir la position dans laquelle j’accoucherai. Je visionne des vidéos de naissance physiologique sur YouTube. Je me projette. Mes envies sont complètement validées par la sage femme de la maternité au RDV du 8e et 9e mois. Une fée, elle aussi.

Le 13 juillet, les contractions du matin sont plus piquantes que d’habitude. Je suis à 41SA+4 et donc surveillée tous les deux jours à la maternité depuis 4 jours. Le 13 au matin pourtant la sage-femme me dit que ce n’est encore vraiment pas pour tout de suite mais que tout va bien. J’en ai un peu marre je l’avoue volontiers. Mais on profite quand même de ce répit pour voir le dernier Harry Potter sorti le jour même. J’ai quand même pas mal de contractions, je sens qu’elles sont différentes. La fin approche, c’est sûr.

Les choses s’accélèrent après le repas du soir. Les contractions s’intensifient et sont bien plus douloureuses. Et elles sont situées dans le dos, ce que je redoutais un peu. Je trouve ça vraiment douloureux, ça me coupe le souffle à chaque fois. Mais je n’ai pas vraiment de point de comparaison à ce moment là.

L’indice donné aux femmes enceintes pour la première fois, pour savoir quand venir à la maternité, c’est de compter 2h de contractions régulières aux 5 minutes. Vers 22h, elles sont là ces fameuses contractions régulières aux 5 minutes. L’homme dort déjà sur le canapé. Moi je suis à quatre pattes à côté. Je vais chercher mon ballon, il se réveille à ce moment là. Je lui dis de dormir, qu’on ne bougera pas avant 2 bonnes heures encore. Sur le ballon, ce n’est pas moins douloureux mais plus gérable. Je me penche sur l’avant quand une contraction arrive. Je met un truc insipide à la télé, je me met un peu dans ma bulle, me concentre. Le temps passe très vite. 2h après je réveille l’homme, je lui dit que je vais prendre une douche et finir ma valise. Il appelle la maternité pour leur dire qu’on ne tardera pas trop. La douche chaude a un gout de paradis. Rétrospectivement, j’étais tellement bien chez moi. Je gérais bien. J’aurais pu rester encore plus longtemps. Mais une peur reste encrée, j’ai encore besoin du corps médical pour me rassurer.

Le trajet en voiture est insupportable. Je ne gère absolument plus rien et la position prise n’arrange absolument pas les contractions futures. Ce trajet marque vraiment un tournant. Un tournant, non pas dans la douleur mais dans sa gestion, qui influencera de beaucoup ma réponse à la question de la sage femme : « Est ce que vous voulez la péridurale ». Question à laquelle je réponds oui. Avec regret. Mais je ne suis qu’à 3 cm de dilatation à mon arrivée vers 2h et je sais que le travail peut encore être long. Ma fille est à priori mal positionnée, ce qui me cause des contractions dans le dos. La sage femme appelle donc l’anesthésiste. Mais c’est la nuit du 14 juillet. Celle-ci est seule et déjà retenue sur une intervention.

En attendant, la sage femme me propose des alternatives pour gérer la douleur. Je prends un bain, le jet chaud sur mon dos me fait du bien. Quand j’en ai marre, la sage-femme me propose le ballon. J’y passe un long moment en attendant l’arrivée de l’anesthésiste vers 5h. Je suis à 6 cm environ. La progression est dans les « normes standards » (j’aime pas ça les normes standardisées mais elles existent). L’anesthésiste est loin d’être aussi sympa que le reste de l’équipe. Elle ronchonne qu’on l’a appelée trop tôt, qu’il y a encore le temps. Elle me fait mal en piquant. Elle est brute dans ses gestes. Elle ajuste la dose à mon poids et ma taille. Sans prendre en compte que certaines personnes réagissent plus fort à certaines substances, ce qui est mon cas. Pour moi, c’est une dose de cheval. Elle m’explique que je vais continuer à sentir encore un peu les contractions mais de moins en moins fort mais je n’en sentirai plus aucune. Elles sont là. Mais je ne les sens plus. Et en moins d’1h je ne sens plus rien d’ailleurs.

Le changement d’équipe se fait vers 7 ou 8h je ne me souviens plus. La sage-femme qui prend le relais est ma fée que j’ai rencontrée pour les rdv du 8e et 9e mois. À l’examen elle voit bien que la dilatation stagne depuis la pose de la péridurale. Quand je lui dis que je ne sens plus mes jambes du tout, elle comprend qu’il y a un lien. Elle diminue la dose de la péridurale et perce la poche des eaux. Je somnole un peu. Les souvenirs de cette matinée sont plus flous. J’ai du mal à réaliser que notre bébé est presque là. Vers 11h, j’ai de nouveau mal. Après examen, je suis à dilatation complète et ma fille commence à s’engager. Il faut attendre encore un peu. Je trouve la descente dans le bassin pire que les autres contractions. Celles-ci me coupent le souffle et la douleur semble presque permanente. Vers 11h35, tout le monde s’installe. Pas besoin de le lui rappeler, la sage-femme sait que je ne veux pas être couchée et elle approuve à 100%. Ma fille ne s’est pas tournée, elle arrive en OS (occipito-sacrée c’est à dire qu’elle regarde les étoiles) et la poussée va être ardue. Elle m’installe une barre à laquelle je me suspens pendant les contractions. De l’expulsion je n’avais que cette image qu’on voit à la tv, de ces équipes médicales qui hurlent littéralement sur les femmes «on pousse – on pousse – on pousse» tel une équipe de cheerleader déchainées. De ces soignants qui houspillent les femmes parce qu’elles font «n’importe quoi », qu’il faut se concentrer et bla bla bla. Pour la naissance de notre bébé, rien de tout ça. La sage-femme m’encourage doucement, sans me brusquer, elle s’arrête quand je suis épuisée. Je pleure, je vomis même, mais elle ne me dit jamais de me «concentrer». Je fatigue. Dans ma tête je me dis «elle sort maintenant» sinon je ne pousse plus. Je trouve ça bien drôle maintenant ! Comme si j’avais le choix ! Dans un dernier effort mon bébé naît. Je le prends sur moi. Tellement soulagée que ce soit fini que je ne regarde même pas ce que c’est. Le cordon est entre ses jambes, la sage femme le soulève pour me montrer, c’est une fille ! Notre Nora est née le 14 juillet 2011 à 12h05.

La suite est fabuleuse. Peau à peau jusqu’à plus soif en salle de naissance, pas de soin invasif. Première tétée … la première d’une très longue série.

Laure Bizard alias Maman Ours de Nora, Sacha et Côme

A venir le récit de naissance de Sacha et Côme (Québec)!


* Notez qu’il n’y a pas de lien direct entre l’image d’Amalgame Photographie et le récit d’accouchement.


Merci à mon amie Laure pour ce témoignage! Tu es la bienvenue pour écrire à nouveau via le blog et partager avec nous sur l’allaitement, le maternage, l’éducation Montessori et tout le reste! C’est une invitation 😉

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Cette petite cicatrice au bas du ventre presque invisible… mais tellement grande dans mon cœur et dans ma tête

Cette petite cicatrice au bas du ventre presque invisible… mais tellement grande dans mon cœur et dans ma tête

Mon histoire a commencé le soir du 6 septembre 2011 :

J’ai des contractions aux 5 min, j’ai très mal au dos, étant donné qu’on habite loin de l’hôpital, on nous dit à moi et mon mari de nous y rendre maintenant.

Arrivé là-bas, on me met sur le moniteur, le cœur du bébé va bien mais mon travail n’est pas très efficace donc on me dit que je dois retourner chez moi. On me propose un «stripping». Est ce que j’en veux?! Je ne sais pas, c’est ma première grossesse, je ne connais pas cette manœuvre, je me dis, si elle me le propose c’est que ça doit être correct dans les circonstances, donc je lui donne mon accord.

Une fois fait, la personne se retourne vers sa collègue et lui dit «hey! tu sais ce que je viens de faire?» avec un petit sourire moqueur. «Je lui ai fait un stripping» l’autre de lui répondre «pourquoi tu as fait cela?! On est déjà débordé». En effet, j’ai cru entendre après qu’il y avait environ 6-7 mamans qui avaient accouché cette soirée-là, et encore d’autre qui attendaient… alors pourquoi avoir tenté de faire avancer mon travail inutilement?

Nous retournons donc à la maison. Dans la nuit, mes contractions augmentent, aux 3 min environ, grosse douleur. On retourne à l’hôpital, je crois qu’il était environ 1h du matin (donc le 7 septembre). À mon arrivée on me met encore le moniteur, on me dit que mon travail a commencé et qu’ils vont me garder, on me met une intraveineuse (seulement le tube, je ne suis encore relier à rien. Quand elle a eu besoin de me le relier ça faisais tellement longtemps que je l’avais que le sang avait séché et c’était bloqué. Ils ont dû en poser un autre). Interdiction de manger et de boire à partir de maintenant (je n’ai pas mangé depuis déjà plusieurs heures), je vais être la 7e ou 8e à accoucher (je me rappelle pas de tous les chiffres exacts mais je sais que c’était beaucoup). Beaucoup de femmes accouchent en même temps donc je n’ai pas encore de salle d’accouchement à moi, je reste dans la salle des moniteurs.

Les heures passent et je suis enfin transférée dans la salle d’accouchement. Je mentionne à l’infirmière que je dois prendre mon médicament contre les nausées (diclectin), elle me dit que ce n’est pas possible que je n’ai pas le droit de boire de l’eau, donc je reçois une injection de gravol dans la cuisse. C’est plus calme dans la salle d’accouchement, donc on en profite, moi et mon mari, pour se reposer un peu.

Le lendemain matin, j’ai très faim. Mais je n’ai pas le droit de manger, je n’ai droit qu’à des «popsicles». je n’ai pas le droit à l’eau non plus.

Je remarque une porte ouverte dans ma chambre, et je vois un bain, je me dis que ça me ferais du bien pour relaxer mais je n’ai pas le droit d’y aller sous prétexte qu’il n’est pas lavé! On ne m’a pas proposé de prendre de douche non plus…

Plus tard dans la journée, on me dit que ça fait trop longtemps que je n’ai pas manger, donc j’ai le droit à un repas, mon plateau arrive avec… une belle assiette de saumon, alors que je venais de remplir la feuille pour allergies où j’avais indiqué : allergies aux fruits de mers et poissons… Franchement ça commençait à faire beaucoup, je me demandais si quelqu’un quelque part, faisait ce qu’il avait à faire pour moi. Finalement on me commande un sandwich.

Le médecin venait à peine me voir. Il venait 5 min pour me dire qu’il n’avait pas le temps, que les autres femmes étaient plus avancées que moi, donc je devais simplement attendre.

Je n’ai pas été encouragée à marcher ou à bouger, je n’avais pas de ballon d’exercice dans ma chambre, rien… j’avais faim, j’étais fatiguée, j’avais mal aux cuisses à cause des injections.

J’ai reçu plusieurs doses de morphine et fentanyl. Juste après la dose de fentanyl, on a essayé une épidurale. Les infirmières ont dû tenir ma main pour que je signe leur feuille pour l’épidurale. Mon mari n’a pas eu le droit de rester avec moi. Et moi, droguée comme j’étais, je tremblais comme une feuille, je voyais flou, j’étais terriblement mal. L’anesthésiste a essayé 1 fois de poser l’épidurale. Ça faisait tellement mal que je lui ai dit que j’avais changé d’idée mais il a réessayé et réessayé encore. (Il c’était déplacé pour moi dans la nuit, c’Est comme s’il se disait « je suis venu tu vas l’Avoir ») la dernière fois j’ai crié d’Arrêter. L’infirmière lui a dit « ok arrête », il est parti, fâché.

Le médecin est venu me voir et m’a dit (genre de médecin qui se pense mieux que tout le monde) «maintenant que tu as refusée l’épidurale, tu devras faire tout naturel. Si tu finis en césarienne tu seras obligée d’être endormie et ton bébé aura 1min pour sortir, sinon il va mourir.»
Sur le coup je n’ai pas tant porté attention à ses mots… Pour moi, je voulais mon bébé naturel.

Ensuite on m’a mise sur l’ocytocine. J’avais de très grosses contractions, je pouvais à peine respirer. J’Arrachais le moniteur sur mon ventre, on me forçait à rester coucher. Apres plusieurs minutes (qui me parurent des heures) une des infirmières dit à l’autre «hey! Je pense qu’on a mis la dose trop forte… » (Là je me dis encore, est-ce que vous faites votre travail?! Et j’avoue ne plus avoir confiance dans le personnel médical rendu là)

Bon, finalement, on réajuste la dose et ça va plus ou moins mieux. Mais je suis épuisée, tellement épuisée. J’ai mal et je veux que ça finisse. Je pleure pour une césarienne (moi qui n’en voulais absolument pas au départ, je ne voulais pas de médicament, pas d’épidurale, j’aurais tant voulu 100% naturel) là on me répond «ben on ne choisit pas comme ça d’Avoir une césarienne » avec un air hautain (je ne trouve pas que je l’ai tant « choisi » après 2 jours et demi d’enfer. Un moment donné faut que ça finisse!)

Un moment donné après ça, je me souviens d’avoir demandé d’aller à la toilette. On me l’a aussi refusé, en disant que c’était bébé qui poussait. (Mais après tout ce temps, il y avait un pourcentage de chance que j’Ai VRAIMENT envie, et que si j’avais eu l’occasion d’y aller, peut-être que les 1-2 cm qui me manquait auraient peut-être bougé…?!)

Apres on appelle le gynéco, qui mesure mon col et me demande de pousser. J’en étais incapable tellement j’étais épuisée. Il a dit «ok on fait la césarienne». J’ai jamais été aussi soulagée de toute ma vie!

On me prépare et m’apporte au bloc. Rendu là, ma tête se rappelle de quelque chose et je leur dit toute paniquer «mon bébé va mourir, comment vous aller faire, je n’ai pas pris l’épidurale… ». La gentille madame me rassure et me dit «ma belle, on peut te faire une rachianesthésie. On pique, on injecte et on enlève… (Merci cher docteur qui m’a dit de telles horreurs!)

Quand j’ai enfin été « gelée » j’ai juste senti un gros OUFFFFFF (c’Est presque fini).
Le gynécologue arrive et demande aux infirmières si elles ont pris les signes vitaux du bébé. Une répond « pas depuis que nous sommes parti de la salle d’accouchement » donc on les prend et j’entends le médecin dire en anglais (bizarrement je l’ai compris en français! Je me rappelle pas de ses mots anglais) «sortez le kit de réanimation». Une seconde après l’infirmière à côté de moi me bouche les oreilles.

Je suis seule (parmi toute une équipe!), les bras attachés, sur une table d’opération. Je viens d’entendre que mon bébé a probablement quelque chose qui ne va pas. J’ai les oreilles bouchées et je n’entends plus rien… L’enfer, j’ai pleuré, tellement pleuré. J’Avais peur. À la fin je soufrais tellement, que je voulais en finir c’est tout. Je ne pensais même plus a « mon bébé », mon bébé qui souffrait tant elle aussi. L’infirmière me débouche une oreille et me dit «ton mari ne peux pas entrer, bébé doit sortir très vite en urgence». Donc je suis resté seule, à compter les minutes et à regarder l’heure sur l’horloge, à prier pour que mon bébé pleure. C’était tellement long. Je disais «Est-ce que c’est une fille ?» «Est-ce qu’elle pleure ?». L’infirmière me dit « il n’est pas encore sorti » (dans ma tête, ben voyons fallait qu’il sorte de toute urgence?! c’est ben long, ça m’a parue une éternité!) finalement je l’entends, elle pleure! Elle a pleuré en sortant. J’ai tellement pleuré, le déluge!  Enfin c’était fini, et mon bébé allait bien! Mon mari a pu entrer (imaginez sa peur lui aussi!).

Quelques heures plus tard j’ai pu faire du peau à peau avec ma fille. Je l’ai allaitée et elle est retournée en observation à la pouponnière. Moi J’AI DORMI, comme une grosse marmotte. Je n’ai jamais aussi bien dormi de toute ma vie (j’ai dormi 3h et je croyais avoir fait une nuit entière!).

Ma fille est née le 9 septembre 2011 à 11h49, 2 jour et demi après le début de mes contractions.

Pour ma deuxième grossesse (en juillet 2013) j’ai refusé l’AVAC. J’habitais à environ 1h30 de l’hôpital, mon mari travaillait parfois à 1-2h de la maison. Avec toutes les peurs que les médecins nous ont fait à propos de l’AVAC, on avait l’impression que bébé allait mourir si on le tentait. Je suis restée en salle de réveille 8h après la césarienne parce que je restais «gelée». Je n’ai pas allaité ma fille avant ses 9h de vie (papa a fait du peau à peau tout ce temps). On a eu de grosses difficultés pour le début d’allaitement et ma fille a fini hospitalisé à 10 jours de vie. Elle était déshydratée et faisait une jaunisse. (On a osé dernièrement de me dire « ça n’a peut-être pas un lien avec la césarienne! » bien sûr que non.. sans césarienne j’aurais quand même resté geler en salle de réveille 8h ?!

Aujourd’hui, je suis encore enceinte, une 3e petite fille va venir agrandir la famille, ma dpa est le 7 septembre 2016, exactement 5 ans après mes débuts de contractions pour ma première.

4 mai 2016 – Je demande à rencontrer un 2e gynécologue pour parler de l’AVA2C (accouchement vaginal après 2 césariennes) qui me tiens vraiment à cœur, je regrette de ne pas l’avoir essayé à ma deuxième. Maintenant je suis renseignée au maximum, même plus que toutes les docteurs et infirmières que j’ai rencontrées et qui m’ont regardé comme si j’étais folle. Elles étaient en panique avec leur «trop de risques de déchirure, trop de risques que bébé meurt». Mais quand je demande, quel est le pourcentage de risques, je n’ai que des «euh» en réponse. Personne ne sait quoi me répondre. Quand je demande «et quels sont les risques d’une 3e césariennes ?» on me répond «tu demanderas au gynécologue». Quand j’ai demandé à voir quelqu’un d’autre, le docteur m’a dit quelle me verrait juste vers 36 semaines. Je lui ai dit que j’aimerais la voir plus tôt. Si elle ne veut pas et que ses réponses ne sont pas suffisantes pour moi j’irais voir quelqu’un d’autre.

2 semaines plus tard, le 11 mai, le jour de la rencontre, je suis stressée. Ça fait des mois que je lis plein d’études, que je m’informe auprès des mamans qui ont vécu des AVAC et AVA2C.

La gynéco est un peu sur ses gardes. Elle tente de m’expliquer que la salle d’opération est loin, que s’il arrive quelque chose c’est dangereux, qu’il n’y a pas d’équipe prête la nuit, bref encore toutes des choses basées sur la peur et tout ce que je savais déjà. Je lui dis alors que je ne veux pas un AVAC à tout prix. (Dans ma tête je me disais, ben si mon travail commence très tôt le matin, pourquoi ne pas laisser faire pour voir si j’Accouche vite cette fois ?! l’équipe sera là de jour, on ne peut pas tout prévoir, peut-être ça aurait fonctionné), mais je n’ai pas eu le temps de lui dire, qu’elle me répond, le docteur a écrit sur le papier «la patiente veux un AVAC et si tu l’acceptes pas elle ira ailleurs». Franchement, je ne savais plus quoi dire, je ne voulais pas mon AVAC absolument. Je voulais que pour une fois, quelqu’un regarde MON dossier et me disent pourquoi MOI je ne peux pas avoir un AVA2C (il y a environ 1% plus de risque en AVA2C qu’en AVAC. Pourtant les AVAC sont pratiqués à mon hôpital) donc elle regarde dans mon dossier et me dit

«Wow, on oublie que tu as eu deux césariennes, ici c’Est écrit « Extension was notes on both sides of the incision, extending circumferentially around to the posterior uterine wall » », ce qui veut dire que mon incision pendant la césarienne a déchiré jusqu’à derrière mon utérus. J’aurais pu faire une hémorragie et subir une hystérectomie à cause de cela. Et je viens de l’apprendre 4 ans et demi plus tard.

Tout viens de s’effondrer, je ne pourrais plus jamais (et je n’ai jamais pu d’ailleurs) mettre mes bébés au monde. Je ne pourrais jamais les prendre à la sortie. Mon mari ne pourra pas couper le cordon, on ne pourra pas être au calme et en paix. J’aurais mes bébés attachée sur une table d’opération.

Le chirurgien avait « oublié » de me dire que mon utérus avait déchiré tout le tour. Et de me dire aussi que dans mon cas, je ne pourrais jamais avoir d’AVAC. (Alors qu’à ma deuxième grossesse, on m’avait proposé l’AVAC ?!)

(On a aussi oublié à mon premier accouchement, de me mettre les bas pour la circulation. Et aussi la pompe pour inspirer dedans (j’oublie le nom!) on m’en a parlé en sortant  » as-tu bien inspiré dans ta pompe » euh?! Quelle pompe?!.. Je suis sortie de l’hôpital en ne disant pas la vérité sur mes douleurs au poumon, qui aurait pu être dangereuses je crois..?!)

Je n’ai plus aucune confiance en cet hôpital.

Des amis m’ont demandé « vas-tu demander un autre avis?!, vas-tu continuer tes recherches?! »

Non… Je ne veux pas m’acharner. Mon combat à moi est terminé. Je n’Ai plus envie de cet AVAC. (Je sais que j’aurais pu accoucher normalement à ma première si j’avais eu l’aide nécessaire. Ça, ça restera ma blessure à jamais.)

Je ne pardonnerais jamais aux gens qui ont fait de mon accouchement un enfer, mais je veux tourner la page et je suis assez « zen » pour me dire que ce n’est qu’une naissance. J’ai la chance d’avoir des enfants, ce que certaines personnes n’auront jamais dans leur vie. Leur début de vie et mes accouchements ont été et seront différents que ce que la nature a voulu mais je peux en avoir. Les allaiter, les aimer, les voir grandir.

Et Je me dis, wow… J’aurais pu tout perdre. J’aurais pu devoir arrêter à un bébé alors que je voulais une grande famille. Ma deuxième fille ne serait pas là et ma 3eme ne serait pas dans mon bedon aujourd’hui. Et je veux préparer la venue du bébé dans le calme, pas seulement dans le regret. Elle est là, c’est une bonne nouvelle.

Un jour je serais accompagnante à la naissance parce que les femmes ont besoin et ont le droit d’avoir de bonnes informations. Ça doit changer. J’espère à travers mon histoire que je pourrais en inspirer quelques-unes à faire un AVAC ou à réussir un premier accouchement.

Par contre, ma blessure je la porterais toujours. Cette petite cicatrice au bas du ventre presque invisible… mais tellement grande dans mon cœur et dans ma tête.

Céline


N’hésitez pas à me contacter si vous aussi vous voulez partager un récit de naissance.

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Accouchement, on a respecté mon rythme, mon corps et mon intimité #accouchementrespecte #smar2016

Accouchement, on a respecté mon rythme, mon corps et mon intimité #accouchementrespecte #smar2016

6 mars 2015,

Félix a alors 36 semaines et 6 jours de fait dans mon ventre.

C’est le jour de ma fête, et c’est aussi le jour où tu as décidé de te pointer le bout du nez !

Je me rends compte que je perds du liquide amniotique. Ton papa et moi nous nous rendons à la maison de naissance de la Rivière.

C’est dans un milieu chaleureux, doux, serein, réconfortant et sécuritaire que nous avons choisit de t’accueillir. C’est dans un cocon remplis d’amour, accompagnés par 2 merveilleuses sages-femmes, que tu verras le jour. Dans le respect de notre rythme, de mes désirs et de nos choix éclairés. Ta naissance sera un moment de très grande douceur et empreint de confiance. Tous ensembles nous ferons émerger la force et l’énergie nécessaire afin de te guider vers la sortie.

 

10h00 environ

Arrivée à la maison de naissance. Papa et moi sommes accueilli par une merveilleuse aide-natale. Elle prend le temps de nous demander comment nous nous sentons. Nous sommes très fébriles de savoir que tu seras bientôt parmi nous. Arriver à la maison de naissance c’est comme arriver à la maison. Ce sentiment de bien-être, de sécurité, de chaleur et d’intimité. Loin de cet environnement médical, froid et stressant. L’aide-natale nous guide vers notre chambre. Wow, c’est comme être à l’hôtel. On me demande si j’ai envie de manger. Oh oui, car je sens que je vais avoir besoin de force et d’énergie. On m’apporte des fruits frais, des noix et du yogourt. Merci! Je me sens déjà chez moi ! Ensuite ma première sage-femme vient me rendre visite. Elle m’examine … surprise c’est seulement le premier feuillet de la poche des eaux qui est rupturé. On écoute ton petit cœur et tu es en pleine forme mon coco ! Puis, on m’installe mon soluté car je suis positive au strepto B. Pas de panique, je pourrais quand même bouger et l’enlever après la première dose. On s’installe tranquillement dans la chambre.

 

11h30 environ

Ma deuxième sage-femme arrive, je lui demande à ce qu’on rupture ma deuxième poche. A partir de ce moment les contractions deviennent plus intenses. Assise sur le ballon, je prends les contractions une à la fois entre 2 bouchées de fruits. Et oui, j’ai encore faim !! Je demande à ce qu’on mettre la radio car j’aime beaucoup écouter de la musique. Cela m’aide à me détendre. Papa est près de moi et me prend dans ses bras à chaque contraction. Il m’aide à rester concentrer sur ma respiration et m’encourage. Sa présence est tellement importante. Mes contractions sont environ aux 4 minutes mais s’intensifient très rapidement. C’est mon troisième accouchement mais mon premier fait de façon naturel en maison de naissance.

 

12h30

Le travail avance toujours aussi rapidement. Je me sens bien. Je sens que l’on respecte ton arrivée et notre intimité. L’accouchement est vécu en couple. Il n’y a que nous dans la chambre. Je me sens tout en contrôle et en confiance. Les sages-femmes se relaient pour venir voir si tout se passe bien. On respecte la bulle dans laquelle nous sommes plongés. Elle me laisse le temps de bien prendre mes contractions avant de me poser des questions, d’écouter ton cœur. Elles m’encouragent et me disent que je fais bien cela.

 

1h30

Je serre papa très très fort dans mes bras. Je suis debout, accroché à son cou et je me balance de gauche à droite en faisant des sons. Les contractions sont aux 2 minutes et font tellement mal. Papa m’aide en respirant lentement dans mon oreille et m’incite à suivre sa respiration. Je sens que nous travaillons en équipe lui et moi. Je sens une force incroyable au fond de moi qui m’aide à continuer et à ne pas abandonner. Je sens tellement d’amour entre nous. La façon dont il me regarde me fait sentir encore plus forte.

 

1h45

Les contractions sont toujours aux 2 minutes et très très intense. Je sens qu’il n’y a plus de position qui me soulage. À quatre pattes dans le lit, assis sur la toilette, debout etc. Je clame mon envie d’aller dans le bain. On me fait couler un bain chaud. Le bain n’a pas encore finit de se remplir que je suis déjà dedans hihi ! Je me souviens avoir entendu ma sage-femme me dire que le bain c’est comme mon épidurale !! Wow ! La chaleur de l’eau me fait tellement de bien. Même si j’ai extrêmement mal, cela me permet de bien me reposer entre chaque contraction. Les 2 sages-femmes sont présentes. Je sais que cela signifie que le grand moment approche. D’un coup je sens que j’ai peur, je sais que je ne peux plus revenir en arrière. Les sages-femmes me posent la même question que durant mon suivi de grossesse : « Kim, aimerais-tu accoucher dans l’eau ? » Eeeuh !!! Même réponse qui me revient…. « Je ne sais pas encore » Quand j’y repense, cela me fait bien rire, j’hésitais encore rendu à la fin hihihi ! À la vitesse où le travail avance, je me demande bien comment je vais faire pour sortir du bain !!! hihihi !

 

2h30

Wow !! que c’est intense, que ça fait mal. Je n’y arriverai pas. Je veux que ça finisse. Je pense que je vais mourir…. Voilà une partie des pensées qui m’habitent. Ha et j’oubliais… JE VEUX L’ÉPIDURALE !!! Je ne l’ai pas crié haut et fort mais c’est ce qui tournait en boucle dans ma tête!! C’est le moment où une de mes sages-femmes me dit : « Kim, si tu veux sortir de l’eau, c’est maintenant ou jamais !! » Et bien je vais rester ici ! Je me sens tellement mieux dans l’eau.

Je serre papa tellement fort que j’ai peur de lui faire mal. Je serre de toutes mes forces le bord du bain. C’est là que ma sage-femme me tend la main. On m’encourage en me disant que ça va bien, que bébé arrive, que ce sera bientôt terminé. Je sens alors un côté animal tout au fond de moi. Je vais puiser dans une force dont je ne soupçonnais pas l’existence. Je cris, je hurle de toute mes forces. Ma sage-femme fait des sons avec moi. Elle m’aide à rester focussée.

  

2h45

Ça fait tellement mal que je crois que je vais mourir. Je sens que je perds le contrôle. Je cris, je pleure et je sens qu’il faut que ça finisse. Une contraction arrive et je pousse de toutes mes forces. On me dit d’écouter mon corps, que mon corps sait quoi faire. On me dit que je suis bonne, que j’aurai bientôt bébé dans mes bras. Ha oui ! C’est vrai! mon coco Félix, on doit le faire ensemble. C’est alors qu’arrive CETTE contraction. Je cris encore de toute mes forces, elle fait terriblement mal. Mes cris ne sont pas tût, ils sont accueillis et entendu. Je sens une très grande compassion quant à la douleur que je ressens. Jamais on ne m’a dit de crier moins fort. Je ne sens pas que je « dérange ». Je me laisse guider par mes sensations et mon désir d’extérioriser. Cela me fait du bien. Je pousse encore de toutes mes forces. On me dit que ta tête est là. Ma sage-femme s’empresse de me dire que je dois pousser doucement pour faire attention à mon périnée. Je ne suis pas capable de contrôler ma dernière poussée.

Et là bébé sort. Le moment tant attendu! C’est papa qui t’attrape dans l’eau et qui te dépose sur moi. Voilà!!! J’ai réussi!! Je l’ai fait!!! Un sentiment de fierté incroyable s’empare de moi!!! On a réussi mon bébé! On a réussi papa!!!! Et non, je ne suis pas morte!!  Nous pleurons de joie!!! Les sages-femmes nous laissent te contempler! Que tu es beau mon bébé!! Je m’inquiète soudain parce que tu ne pleures pas. On me rassure vite… C’est parce que tu as eu droit à une naissance calme et dans l’eau. Tu es passé de l’eau à l’eau. C’est pourquoi tu ne pleure pas. Tu es si calme mon bébé. Tu continue à dormir dans mes bras. Tu es né à 2h47.

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Photographie privée, ne pas reproduire svp
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Photographie privée, ne pas reproduire svp

Nous restons dans l’eau environ 25 minutes. Ensuite papa a pu te prendre et faire du peau à peau avec toi. Plus tard, on me demande si j’ai envie de manger. Ohh oui! Je sens que je dois reprendre des forces… C’est avec surprise que ça cogne à ma porte… Voilà que plusieurs sages-femmes et aides-natales viennent pour me chanter bonne fête !!! Ma première réaction est … « Ha oui !! C’est vrai… c’est ma fête » J’avais complètement oublié hihihi !!

C’est tellement apprécié comme surprise !!

L’examen de mon petit Félix est fait devant nous. On nous explique chaque étape et le pourquoi du comment cela! Woow! Que c’est intéressant!

 

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Papa coupe le cordon ombilical, Photographie privée, ne pas reproduire svp

On me guide aussi lors de mon premier allaitement. 3 heures après la naissance de notre fils, on nous laisse en famille afin de bien nous reposer. C’est tellement bien de pouvoir se retrouver dans l’intimité à profiter de ces premiers moments si précieux.

Quand on y repense, les mots qui nous viennent en tête lorsqu’on  parle de notre accouchement : c’est respect, confiance, soutien et amour. Je sens qu’on a respecté mon rythme, mon corps et mon intimité. L’approche sage-femme respecte tellement le côté humain qu’on recherche tant dans un moment si important de notre vie. La naissance de notre enfant et un moment dont on se souviendra toute notre vie! Il est tellement important que ce soit une expérience positive et respectueuse. Je n’ai jamais eu de pression quant à mes choix durant mon accouchement et durant mon suivi. On m’a informé et nous avons ensuite pu prendre les décisions en lien avec nos valeurs. Je peux dire que « nous » avons accouchés dans l’amour, la confiance et le respect. Je ne remercierai jamais assez mes 2 sages-femmes pour tout ce qu’elles ont fait pour nous ! Pour le soutien, l’écoute et le merveilleux suivi. Vous êtes tellement des femmes extraordinaire et dévouée. Vous ferez toujours partie de l’histoire de Félix! Il vous remercie aussi de l’avoir respecté et d’avoir pris soin de lui! Continuez votre merveilleux travail.

On vous aime !

Kim Paquin

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Félix, Photographie privée, ne pas reproduire svp

Je tiens à remercier Kim Paquin pour avoir partagé le récit de son accouchement avec nous.

Et vous? Comment s’est déroulé votre accouchement?

Racontez nous votre histoire en commentaire! 

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Accouchement, je me sentais observée, jugée et non respectée dans mon intimité #smar2016 #violenceobstetricale

Accouchement, je me sentais observée, jugée et non respectée dans mon intimité #smar2016 #violenceobstetricale

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Je suis une jeune mère dans la vingtaine, en couple, avec deux enfants et présentement enceinte de X semaines. J’habite la région de l’Abitibi-Témiscamingue. J’ai vécu une agression sexuelle dans le passé. Cela me rend encore aujourd’hui craintive et très peu à l’aise face à des situations où je dois me retrouver nue ou être examiné.

Mes deux premiers accouchements se sont déroulés à l’hôpital avec un médecin et ce sera la même chose pour celui à venir (ce n’est pas par manque d’intérêt envers les sages-femmes, l’accouchement à domicile ou en maison de naissance, c’est simplement que ce choix ne s’offre pas à moi, puisqu’il n’est pas disponible dans ma région à mon grand regret.) Mes suivis de grossesses ont été faits dans des unités de médecine familiale, par des médecins en formation, supervisés par ceux qui ont de l’expérience. Je garde un très bon souvenir de mes suivis médicaux, je trouve que les jeunes médecins sont très consciencieux et respectueux. Malgré mon malaise pour les examens gynécologiques je n’ai jamais ressenti un quelconque geste inapproprié ou de jugement de leur part.

Lors de mes deux accouchements, les médecins qui m’avaient suivi n’étaient pas disponibles (ce qui arrive régulièrement étant donné leurs horaires et le nombre de personnes qu’ils doivent suivre). J’ai donc été accouchée par des médecins que je ne connaissais pas et par les infirmières présentes.

Mon premier accouchement a été comme c’est souvent le cas le plus long. J’ai eu recours à l’épidurale, ce qui a retardé le travail. Mon col ne dilatait plus et les contractions étaient intenses et difficile à supporter pour le cœur de bébé. Si je ne dilatais pas rapidement on m’a dit que je devrais aller en césarienne d’urgence. Le médecin, qui était une jeune femme, était douce et très rassurante. On m’a préparée pour me « descendre » en césarienne, mais finalement au dernier moment un examen du col à montrer que j’étais complètement dilatée. Le médecin m’a dit que si j’en ressentais le besoin je pouvais pousser. Après quelques poussées, une épisiotomie et l’utilisation des ventouses (pour aider à faire sortir le bébé plus vite à cause de son petit cœur fatigué), bébé était dans mes bras. Je ne me souviens pas m’être sentit mal à l’aise, j’étais confiante vis à vis du médecin et des deux infirmières qui étaient encourageantes. Il n’y a pas eu de va et vient de personnel. On me laissait tranquille pour pousser,  on m’encourageait ou on faisait silence.

Mon deuxième accouchement ne s’est pas passé comme le premier. Lorsque je suis arrivée à l’hôpital je sentais parfaitement que le travail avait commencé mais le doppler ne captait pas mes contractions. Je ressentais des contractions, mais mon col n’avait travaillé que d’1 centimètre. J’étais ouverte à 3 cm depuis mon dernier rendez-vous chez le médecin et désormais ouverte à 4. On me retourna donc chez moi en me disant que c’était peut-être un début de travail, mais peut-être que non et que je ne semblais pas sur le point d’accoucher. Chez moi les contractions ne diminuèrent pas. Elles étaient régulières et aux 3-4 minutes. Je retournai donc à l’hôpital moins de 2h plus tard pour me faire dire que j’étais ouverte à 8 cm et que j’accoucherais sur le champ. Je devais recevoir un soluté pour le streptocoque et je n’ai pas eu le temps de l’avoir. J’ai vécu cet accouchement dans un grand stress. J’étais paniquée, on m’a installé rapidement, j’avais peur des conséquences de ne pas avoir eu le soluté. Je n’avais pas le choix de l’épidural et on ne me disait rien pour me rassurer. Une infirmière lâchait des petits commentaires comme  »c’est pas ton premier tu devrais savoir comment faire » et  »tu n’as pas l’air de pousser bin bin » ou encore  »Si tu fais pas plus d’effort va falloir donner un médicament pour augmenter les contractions  » J’ai refusé mais on ne semblait pas vraiment m’écouter. Finalement je n’en ai pas eu parce la suite a été rapide. Il y avait beaucoup de va et vient autour de moi, je me sentais observée, jugée, regardée par plein de personnels qui changeaient souvent. On m’a maintenu les jambes écartées. Je voulais qu’on arrête de me toucher. Cet accouchement m’a paru beaucoup plus difficile que le premier et m’a rappelé de mauvais souvenirs. Je ne me souviens même pas de la personne qui m’a accouché tellement il y a eu des va et vient de personnel dans la chambre. Je ne me sentais pas respecter dans mon intimité et je n’aimais pas la position dans laquelle j’étais placé à la vue de tous et me faire dire des commentaires désobligeants. Heureusement cet accouchement a été rapide (pour une fille qui ne  »poussait pas bin bin »), ça a duré une vingtaine de minute, complètement naturellement sans coupure ou ventouses, ni rien. Une fois le bébé dans les bras tout allait mieux, J’ai réussi à me calmer. J’étais soulagée que tout soit finit.

J’ai commencé à allaiter mon bébé, mais rapidement on m’a dit qu’il fallait me transférer à ma chambre et je n’ai pas pu finir la tétée. Ce fut malheureusement la dernière prise de sein de mon bébé. Par la suite je n’ai jamais réussi à le remettre au sein malgré les conseils des infirmières qui me montraient les positions et etc. Bébé se reculait, pleurait et n’agrippait pas le sein. J’ai dû tirer mon lait et lui donner à la seringue. Avoir sût que cette tétée serait la dernière, j’aurais insisté pour qu’on me laisse la terminer en paix avant le transfert de chambre.

Aujourd’hui à nouveau enceinte, j’ai appris l’existence des maisons de naissances et des sages-femmes. Je me suis renseignée parce que j’aurai vraiment voulu vivre un accouchement à domicile. Je trouverais ça très rassurant d’être dans mon environnement, avec une sage-femme que je connaîtrais déjà et m’ayant suivi durant la grossesse, sans va et vient, sans que je sois touchée contre mon gré et sans transfert de chambre. Je voyais l’accouchement à domicile comme apaisant et intime, dans un environnement calme et paisible, sans pression. Toutefois en faisant mes recherches j’ai vu que ce n’était pas disponible dans ma région, ce qui m’a bien déçue.

J’ai peur de revivre le stress de mon dernier accouchement, j’ai peur de ne pas réussir à allaiter à nouveau. Ici, après l’accouchement les femmes sont dans des chambres communes de 4 mamans. Imaginez un peu avec les papas et la visite! Il n’y a que de minces rideaux séparant les lits des mamans qu’on tire lorsqu’on allaite, lors des changements de serviettes hygiéniques ou la vérification des points du suture, etc.  Avec mon vécu, je ne me sens ni à l’aise ni en  »sécurité » derrière de minces rideaux pour couvrir ma nudité face à des inconnus. Je débourserai sans doute le coût pour une chambre privée, mais même en en faisant la demande on m’a expliqué que cela ne veut pas dire qu’il y en aura de disponible si la maternité est achalandée ce jour-là. Je suis donc dans l’incertitude et légèrement anxieuse face à ce nouvel accouchement. Je prévois apporter des tabliers d’allaitement ce que je trouve un peu compliqué à la naissance avec un bébé qui ne sait pas encore prendre le sein mais je ne serai pas à l’aise autrement en chambre commune.

J’ai rédigé un plan de naissance expliquant ces inquiétudes et ce que j’aimerais avoir comme accouchement, je sais cependant que certaines choses ne seront pas possible en milieu hospitalier et que je devrai m’en accommoder.

Anonyme


Merci à cette maman d’avoir partagé avec nous ces difficiles moments. 

Si vous aussi, vous avez vécu des choses difficiles pendant votre accouchement et que vous avez eu l’impression de ne pas être respectée, n’hésitez pas à laisser votre témoignage dans les commentaires.


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Accouchements : Perdue dans le désert, suivi de Promenade en bateau #accouchementrespecte #smar2016

Accouchements : Perdue dans le désert, suivi de Promenade en bateau #accouchementrespecte #smar2016

Premier accouchement: perdue dans le désert

Pour raconter le récit de mon accouchement, prétendre qu’il est possible de mettre des mots sur l’intensité, la puissance et la fragilité nécessaire, je me dois de faire une introduction. C’est notre premier bébé à mon conjoint et à moi. La grossesse amène son lot d’incertitudes, de peurs et de bonheur. J’ai eu la chance d’aimer porter mon fils, même si les derniers temps ont parfois été plus difficiles.

J’ai besoin de commencer mon récit quelques jours avant mon accouchement.

Vendredi premier novembre 2013, après plusieurs mauvaises nuits d’affilée, je décide de commencer mon traitement choc homéopathique, tisane de framboisier et huile d’onagre, conseillé par ma sage-femme. Mon traitement à la main, j’entame le week-end avec assurance. Samedi soir, petit souper entre amis, un vrai moment de détente et de plaisir. Question d’en rajouter, je me sers un verre de vin. La soirée tire à sa fin, on rentre à la maison et on se couche.

Moins de 15 minutes plus tard, une contraction, puis une autre. Je passe au salon, J’essaie de me reposer et j’y arrive malgré les contractions qui reviennent fidèlement au 10-15 minutes. Je laisse mon chum dormir, il doit être en forme pour accueillir son fils. Plus la nuit avance, plus les contractions se rapprochent. À 2 heures du matin j’appelle ma sage-femme et je suis soulagée de savoir que je ne la réveille pas. Je lui dis que je pense que le travail s’installe, que les contractions durent 1 minute et reviennent aux 8-10 minutes. Au petit matin, j’appelle mon accompagnante, qui est aussi étudiante sage-femme, car elle doit faire de la route pour nous retrouver.

L’excitation grimpe en moi car j’entrevois la naissance de notre fils qui se prépare. Malgré une nuit sans vrai sommeil, je suis plutôt en forme, transportée par l’idée que je vais enfin faire la connaissance de ce petit être qui grandit en moi, depuis ce qui me semble être une éternité.  Je réveille mon conjoint.

Vers 7h, les contractions sont aux 3 minutes, mon accompagnante est sur le point d’arriver et je décide d’appeler ma sage-femme. Elle est trop occupée pour me parler et me dit qu’une de ses collègues me rappellera sous peu. Lorsqu’elle me téléphone la chimie n’est pas vraiment au rendez-vous mais nous convenons de nous rejoindre à la maison de naissance à 8h30. À notre arrivée, ma sage-femme a finalement réussit à se libérer et je suis aux anges de la retrouver.

Puis, mon  monde bascule, l’excitation se transforme en désarroi. L’examen révèle un minuscule centimètre d’ouverture. Latence, le mot qui me reste encore entre les dents aujourd’hui. La meilleure solution reste de retourner chez moi et de patienter. Je ne veux pas patienter, je veux rencontrer mon fils, je suis en colère contre mon corps qui me raconte des histoires, qui n’est pas assez efficace.

La journée passe chez moi, les contractions continuent aux 3-15 minutes, je me fatigue, j’ai juste envie de pleurer… je n’ai pas d’appétit.

Le soir venu, je n’ai qu’une seule envie, me reposer. Mon chum fait le tour de la ville pour me trouver des Gravol® un dimanche soir. Je les avale le cœur plein d’espoir mais en vain.

L’abandon. J’ai abandonné à ce moment-là. La fatigue a eu raison de moi, de cette envie de donner la vie naturellement dans un lieu accueillant. Je garde ça pour moi car je n’ai pas la force de l’admettre.

Téléphone à ma sage-femme, je n’en peux plus. Mon accompagnante (étudiante sage-femme) me fait un examen pour éviter de la faire déplacer, 3-4 centimètres. On se donne alors rendez-vous à la maison de naissance. On essaie ballon et autre trucs dont je ne me souviens pas vraiment. Sauf, le moment de solitude avec mon chum ou j’ai pleuré ma vie, comme si c’était la fin de monde. C’était la fin de mon rêve, je veux une épidurale. J’ai échoué, je n’y arriverai pas, je suis exténuée, vidée. Je dis à ma sage-femme que je n’en peux plus, je veux l’épidurale. Elle organise le transfert et me rassure, le médecin en médecine familiale de garde est vraiment génial. Elle et son étudiante m’accompagnent à l’hôpital. J’y arrive mais j’ai peine à marcher tellement les contractions ont pris de la force. On m’amène en fauteuil roulant. Dès mon arrivée on fait mes prélèvements pré-épidurale et on me fait un examen, six centimètres, enfin! On m’installe la fameuse et tant souhaitée, délivrante, épidurale. J’arrive à me détendre, cette détente est plus réparatrice que plusieurs heures de sommeil.

Le médecin vient me voir pour un second examen, presque complète, elle me propose de rupturer les membranes, j’accepte. Puis, elle pose sa main doucement sur moi et me dis: ‘tu as bien fait, ne le regrette pas’. Ces mots je ne les oublierai jamais, elle a su me dire exactement ce que j’avais besoin d’entendre. Elle m’a délivré d’une bonne part de la culpabilité qui me pesait.

À l’examen suivant, je suis complète on me propose d’attendre un peu avant de pousser afin de laisser le bébé descendre.  Puis, l’action commence. Comme je ne sens pas les contractions on me guide beaucoup. Au bout de trois heures et quelques minutes mon garçon vient au monde en parfaite santé. À notre demande, le cordon n’est coupé que quelques minutes plus tard. Puis le placenta est expulsé et on m’offre de le voir, ce qui me ravie. La fatigue a disparue, laissant mon cœur remplit d’amour pour ce petit être. Je n’ai pas de mots devant la grandeur et la force de cette belle nature qui a pris soin de mon enfant tout ce temps à l’intérieur de mon corps. Maintenant c’est notre tour, comme parents, de prendre le relais.

Deuxième accouchement : une promenade en bateau

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Photographie privée, svp ne pas reproduire

 Cette fois si tout est différent, d’abord parce que je sais l’amour et la force qu’il faut avoir pour mettre au monde un enfant. Je sais aussi ce par quoi j’ai dû passer la première fois et je sais surtout quel chemin je ne veux pas prendre. C’est pourquoi je me suis tournée vers l’auto-hypnose afin de me préparer pour cette naissance.

Tout a commencé en douceur une après-midi suivant un cours d’aquaforme. J’ai quelques contractions par-ci par-là, rien de vraiment convaincant, comme j’ai l’habitude d’en avoir depuis quelques semaines. Vers la fin de l’après-midi aux environs de 16 heures un tableau commence à se dessiner, les contractions ne sont pas plus fortes que d’habitude mais plus rythmées. Environ aux 7-8 minutes et durent 45 secondes. Je me dit que ma période de latence a commencé. Comme j’en ai eu une très longue au premier, je n’en fait pas cas. Je prends un bain pour me convaincre de ce que je sais déjà et je vaque à mes occupations, j’ai quand même un fils de 2 ans.  Au début de la soirée, on fait des plans en prévision de faire garder le premier. Mon conjoint va le reconduire chez ses grands-parents, dans le pire des cas se sera une fausse alerte. J’appelle ma sage-femme, afin de l’aviser de la situation et de lui mentionner que je crois que c’est le début de quelque chose. Elle me suggère de me reposer parce que la latence peut être longue. La soirée passe. Le rythme, lui, change peu. Vers 22 heures, sur les conseils de ma sage-femme, je me couche avec ma séance d’hypnose dans les oreilles.

Je l’écoute en boucle jusqu’à ce que je ne puisse plus rester coucher pour supporter les contractions. Je me lève en passe quelques-unes puis me dis que ce serait une bonne idée de les compter pour réaliser qu’elles sont espacées de deux ou trois minutes et durent une minute. Je suis au calme plat, aucune précipitation dans mon esprit, je suis tout de même mon conjoint, qui lui veut vraiment partir rapidement. Il contacte ma sage-femme et on se donne rendez-vous là-bas. À mon arrivée, les contractions continuent, moi je suis toute en contrôle, très calme. Je suis enchantée de comment se passent les choses. Je suis dans ma bulle, c’est comme si tout le reste était comme un rêve, brumeux, vaporeux même à la limite du réel. Le temps disparaît, n’existe plus. La sage femme coule le bain en me disant : je ne sais pas si ça t’intéresse d’accoucher dans l’eau mais je coule le bain question qu’il soit prêt si ça dit. On tente d’écouter le cœur mais ce n’est pas fait facile debout alors je m’allonge. Son cœur va très bien. Je me déshabille et j’entre dans l’eau afin que l’on puisse faire mon premier examen. À ma grande surprise, je suis déjà à environ 6-7 cm, il est 1h15. Cinq minutes plus tard,  je suis dans un état intérieur incontrôlable je me souviens avoir mentionné à mon chum que je ne supporte pas les contractions dans l’eau et que je voulais sortir du bain. Il m’offre de m’aider à sortir mais je lui réponds que je ne veux pas, que je n’en suis pas capable. Moment de panique intérieur ; c’est mon fils qui se fraye un chemin vers la sortie. Puis,  je sens que ça pousse, la panique disparaît soudainement, la vraie poussée fait son entrée en scène. Je voudrais bien dire que c’est à ce moment-là que j’ai poussé, mais ce n’est pas le cas. Honnêtement je n’ai rien fait, presque rien. Mon corps a très bien fait les choses tout seul.  Il le fait très efficacement visiblement car au bout de 15 minutes mon Émile, beau garçon de huit livres et demi est venu au monde rapidement, doucement dans l’eau. Il était magnifique, aussi zen que sa venue au monde. La perfection quoi, comprendre ici, l’enfant et l’accouchement 😉

Le placenta naît quelques minutes plus tard dans un fou rire qui l’expulse de mon corps. Puis, une fois ces derniers services rendus, on coupe le cordon. Papa rencontre son deuxième fils alors que je suis debout dans le bain quelques minutes seulement après sa naissance. Je me sens invincible comme une guerrière, parce que donner la vie est sans aucun doute ce qui m’a donné le plus de puissance de toute ma vie. Grâce à une extraordinaire équipe de sages-femmes, j’ai pu le faire comme je le souhaitais.

Alexandra Morency


Merci à Alexandra Morency pour avoir partagé les récit de ses accouchements avec nous.

Et vous? Comment s’est déroulé votre accouchement?

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