pourquoi choisir l’accouchement dans l’eau ?

pourquoi choisir l’accouchement dans l’eau ?

Au cours des dernières années, l’accouchement dans l’eau a gagné en popularité en raison des nombreux avantages qu’il représente.

L’accouchement dans l’eau aide la future mère, le bébé et le conjoint à vivre une naissance naturelle et en douceur. L’accouchement dans l’eau présente les avantages suivant :

Pour la maman

  • L’eau aide à réduire le stress et aide à la détente. L’immersion dans l’eau permet à la femme d’être dans sa bulle. La femme doit se sentir en confiance avec les personnes présentes car  le sentiment d’intimité est beaucoup plus grand. Pour l’aider on peut tamiser les lumières, éviter le plus possible de lui parler ou de l’observer directement et minimiser les sources de bruits. On s’assurera régulièrement qu’elle n’a ni froid, ni faim, qu’elle se sent en sécurité et confortable.
  • La détente général du corps permet une meilleure respiration et apporte un maximum d’oxygène aux muscles utérin. Un muscle bien oxygéné travaille mieux et est moins douloureux.
  • L’immersion dans l’eau aurait des effets physiologiques marqués sur le système cardio-vasculaire, tel qu’une réduction de la tension artérielle due à une vasodilatation des vaisseaux périphériques et la redistribution du débit sanguin. De fait, l’immersion dans l’eau chaude serait ainsi associée à une amélioration de l’irrigation sanguine au niveau de l’utérus et donc à une meilleure oxygénation du fœtus.
  • L’effet de pesanteur est diminué, permettant à la femme une liberté de mouvement plus grande et plus de facilité à trouver une position confortable. La femme a plus de facilité à se laisser guider par son corps.
  • La production d’endorphines (opiacé naturel de la même famille que la morphine) sera favorisée. Les endorphines aident à rendre les douleurs des contractions moins difficiles. Elles diminuent l’anxiété et la fatigue. Elles contribuent aussi à mettre le néocortex à l’arrêt (cerveau rationnel, celui qui réfléchit, qui compte) pour laisser la place au cerveau primitif (celui qui sait accoucher par instinct). Les endorphines incitent aussi la femme à abandonner ses résistances et ses barrières mentales telles que la peur, le jugement et le contrôle.
  • L’immersion dans l’eau prévient la libération des hormones de stress dans l’organisme, telles que les catécholamines, qui inhibent l’ocytocine et la progression du travail.
  • L’accouchement dans l’eau diminuera sensiblement la durée du travail, divisée par 3 par rapport aux naissances classiques. Le col de l’utérus se dilate beaucoup plus vite, la douleur étant ressentie de façon moins intense et moins longtemps, la femme aura plus d’énergie et des poussées beaucoup plus efficaces.
  • On note une réduction considérable des complications et de l’instrumentalisation (accélération du travail, forceps, péridurale, césariennes).
  • La détente induite par l’eau permet un relâchement musculaire optimal, le périnée sera plus détendu et plus élastique et détendu, réduisant ainsi l’incidence des déchirures.
  • En reparlant de l’expérience d’un accouchement dans l’eau avec les femmes qui ont pu en bénéficier, on constate une meilleure satisfaction de leur vécu et le sentiment d’avoir été en contrôle. Le sentiment de satisfaction du vécu de l’accouchement est important. Tschudin*, dans une étude publiée en 2009 a montré qu’une anxiété ou une insatisfaction lors d’un premier accouchement peut être source d’angoisse, pouvant même amener  la femme à demander une césarienne lors de l’accouchement suivant. De plus un meilleur vécu de l’accouchement réduit les symptômes du post-partum (irritabilité, cauchemars, trouble du sommeil, etc.) et les risques de dépression.

* TSCHUDIN.S, Previous birth experience and birth anxiety: predictors of caesarean section on demand?, Sept 2009, Journal of Pscychosomatic Obstetrics & Gynecology; 30(3): 175-180

Pour le bébé

  • L’accouchement dans l’eau se fera plus en douceur, le bébé sera accueilli d’une manière plus rassurante et se sentira en sécurité.
  • Il semble que les bébés nés dans l’eau soient plus calmes et pleurent moins
  • Le peau à peau pourra être fait rapidement puisque la température de l’eau est à 37° C. La maman pourra ainsi le toucher, le caresser et le regarder autant qu’elle le désire.

Pour le conjoint

  • L’accouchement dans l’eau permet une participation active du conjoint. Lorsque le bain est assez grand, le conjoint peut y entrer et participer au processus de la naissance. Il aura tout loisir de caresser, masser, encourager et soutenir la future maman.
  • L’immersion dans l’eau créait un contact intime entre les 2 partenaires et favorise la production d’ocytocine (hormone de l’amour, qui créait des liens) synthétisée naturellement au cours de l’accouchement. Pour que la production d’ocytocine soit déclencher, la femme doit se sentir en confiance, aimer et encouragée. Sa production augmentant graduellement au cours de l’accouchement, l’ocytocine allonge la durée des contractions, réduit leurs intervalles et permet de rendre le travail plus efficace. Quand le bébé atteint la partie basse du vagin, le cerveau commande de relâcher une quantité maximale d’ocytocine qui va favoriser un attachement fort et immédiat avec l’enfant. Cette forte concentration d’ocytocine produira également le réflexe d’éjection du placenta. Elle permettra aussi à l’utérus de se rétracter après cette expulsion, le ramenant à sa position et à sa forme initiale, et réduisant ainsi les risques d’hémorragies.
  • On oublie trop souvent que l’accouchement est aussi pour le père un événement intense. Lui aussi vivra des émotions fortes et le fait de voir sa conjointe détendu et en confiance va l’aider à trouver plus facilement sa place auprès d’elle. Il aura le sentiment d’être aidant et davantage impliqué auprès de sa nouvelle famille.

Peut-on accoucher dans l’eau à l’hôpital ?

Au Québec, le nombre d’accouchements dans l’eau n’est pas connu, mais il peut cependant être estimé à quelques centaines compte tenu du fait que ce type de prestation n’est offert que dans les maisons de naissance ou au domicile sous la supervision des sages-femmes.

Pour les femmes qui accouchent à l’hôpital, sachez que la plupart sont équipés de grand bain, malheureusement la naissance de votre bébé ne peut pas se faire dans le bain pour le moment pour des questions de sécurité (les différentes études n’ayant pas encore apportées la preuve formelle que l’accouchement dans l’eau est sans danger pour la femme et son bébé) et que le personnel en place n’y est tout simplement pas encore préparé. Vous aurez néanmoins tout loisir d’y passer le temps que vous voulez et d’en apprécier les bénéfices !!

Comment faire pour accoucher dans l’eau ?

Pour pouvoir accoucher dans l’eau, la femme doit être en bonne santé et ne pas avoir de contre-indications telles que : grossesse à risques, grossesse multiple ou tout autre problème de santé qui restreignent l’accès à une sage-femme.

Pour vous renseigner sur les possibilités d’accouchement dans l’eau et les services de sages-femmes au Québec

Les maisons de naissance sont équipées de grandes chambres avec des bains confortables et tout le matériel nécessaire à votre confort. Pour trouver une maison de naissance au Québec.

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Pour celles qui envisagent l’accouchement au domicile et si votre bain n’est pas suffisamment grand ou pas assez accessible pour permettre à la sage-femme de surveiller le bon déroulement de l’accouchement, vous devrez peut-être acheter une piscine gonflable spécifique. Pour vous en procurez une, visitez le site périnatalité inc.

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Quels sont les facteurs à considérer ?

Il existe quatre grandes préoccupations mentionnées par les différents ordres professionnels, elles sont reliées à la sécurité de la femme et de son enfant lors de l’accouchement dans l’eau :

1) la thermorégulation ;  il est important que la température de l’eau du bain ne soit pas supérieure à celle du corps de la femme afin d’éviter une hyperthermie du fœtus ou un malaise de la mère. Lors de l’immersion dans l’eau, la femme doit avoir la possibilité de réguler la température de l’eau et être encouragée à sortir et rentrer dans l’eau au cours de la phase de travail aussi souvent qu’elle le souhaite. La température de la pièce doit également être confortable pour la patiente et celle-ci doit être encouragée à s’hydrater régulièrement.

2) le risque d’infection ; provient de l’idée que l’eau est un vecteur de germes. La mère et le nouveau-né pourraient être contaminés par des germes déjà présents dans le bain. De son côté, la mère pourrait contaminer son nouveau-né par les différents fluides expulsés lors de l’accouchement. Il est également proposé que les risques d’infections soient accrus pour la mère car l’eau pourrait pénétrer dans son utérus (Rosevear et al. 1993) et que l’effet relaxant de l’eau chaude pourrait conduire à des contractions post-partum moins efficaces (Deans et Steer 1995). Bien évidemment, toutes les piscines et les bains d’accouchement et autres équipements doivent être nettoyés, désinfectés et séchés après chaque utilisation.

Les études semblent montrer qu’il n’y a pas de différence notable des taux de mortalité néonatale et les taux d’infections (maternelles et néonatales) entre un accouchement traditionnel et un accouchement dans l’eau.

3) Pour ce qui est des difficultés respiratoires chez le nouveau-né, il est rapporté que le réflexe de plongée (« diving reflex ») empêche le nouveau-né en bonne santé d’inhaler de l’eau. Selon Johnson (1996), le larynx du fœtus possède un grand nombre de chémorécepteurs respiratoires, empêchant ainsi l’inhalation de liquide. De plus, le réflexe de plongée est principalement déclenché par les récepteurs de la peau du visage qui transmettent les stimuli aux chémorécepteurs. Par contre, un nouveau-né présentant une défaillance au niveau du réflexe de plongée présente un risque d’inhalation de liquide avant d’avoir atteint la surface de l’eau.

4) la rupture du cordon ombilical : il existe un risque accru de rupture du cordon ombilical dans la mesure où il est potentiellement plus difficile d’appréhender la longueur du cordon dans un bain d’accouchement.

Les mesures d’urgences et l’évacuation du bain en situation de risques doivent être envisagés et discutés en prénatal avec le couple.

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