Allaitement, ma fille va avoir 2 ans!

Allaitement, ma fille va avoir 2 ans!

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Delguira, maman d’Éléonore, ©Vanessa Colin, Photographe (France)

Ma fille va avoir 2 ans. Et elle est toujours allaitée. Je n’avais jamais imaginé allaiter plus de 12 mois. Je pensais l’allaiter jusqu’à ses 6 mois, son entrée en crèche. Mais finalement la vie en a décidé autrement : elle n’a jamais eu de biberon et n’a jamais été gardée.

Je savais depuis toujours que j’allaiterai mes enfants. Je suis née en Russie où la plupart des bébés sont allaités jusqu’à leur premier anniversaire, ma mère a allaité ses 4 enfants. J’ai été habituée à l’image de la mère allaitante dès mon enfance, l’allaitement était donc pour moi la continuité naturelle de la grossesse. Si ce cadre a contribué au choix de l’allaitement, il a aussi joué un rôle négatif quand ma fille a eu 1 an et que les critiques ont commencé à pleuvoir en abondance.

Après les premiers petits soucis (montée de lait tardive, crevasses, engorgement, réflexe d’éjection fort) on a eu affaire au reflux gastro-oesophagien (RGO) et les problèmes ont commencé. Ma fille ne dormait pas plus de 20 minutes et uniquement dans les bras en position verticale, je ne pouvais pas la poser, elle hurlait partout. Elle n’acceptait pas les écharpes de portage. Je ne saurais dire combien de nuits blanches on a passé, avec notre bébé qui souffrait et qui ne dormait qu’en position verticale sur moi et moi assise.

Combien de fois j’ai douté de cet allaitement ou plutôt combien de fois on m’a fait douter…D’abord le pédiatre qui sous-entendait que le lait maternel n’était pas suffisamment épais, ce qui provoquait des régurgitations. Ensuite d’autres médecins : gastro-pédiatre, allergologue, puis un autre pédiatre qui soutenaient qu’un lait artificiel serait plus adapté et surtout bien plus simple à gérer avec toutes ses allergies alimentaires. J’ai toujours refusé ce genre de solutions et j’ai fini par trouver les aliments qui la rendaient malade. Aujourd’hui, je fais un régime en évitant tous ces aliments, qui, certes, est assez drastique, mais je ne me vois pas sevrer ma fille juste pour pouvoir manger autre chose. Mais pendant des mois j’ai vécu dans le doute, avec le sentiment de la faire souffrir, en voulant donner le meilleur.

Malheureusement, j’ai appris que l’allaitement n’est pas toujours valorisé, loin de là. Quand on veut allaiter il faut vraiment s’accrocher et s’informer sans cesse, l’allaitement est encore très mal connu, même par les médecins. Ce qui m’a aidée dans ces moments-là et encore aujourd’hui, c’est le soutien infaillible de mon mari, qui a toujours considéré que le lait maternel est bien la meilleure solution possible.

Aujourd’hui je sais que j’ai eu raison de ne pas abandonner. Je vois à quel point cela fait du bien à ma fille. Elle avait et a encore besoin de ce contact bien particulier que nous offre l’allaitement. Cette proximité, cet apaisement, cette possibilité de la rassurer et de se ressourcer toutes les deux. C’est vraiment un moment unique de partage de tendresse et d’amour.

Ce moment magique a toujours été une source de joie pour elle: quand elle était toute petite en attendant la tétée elle rigolait, en grandissant elle applaudissait et rigolait en même temps. Maintenant elle me dit que mon « lait est bon ». C’est la meilleure récompense que je puisse avoir. Avec en prime l’assurance que même quand elle est malade elle ne risque pas de se déshydrater, que demander de plus ?

Aujourd’hui, avec le recul je comprends vraiment que l’allaitement a été salvateur pour nous, aussi bien du point de vue pratique (trouver un lait artificiel pour les poly-allergiques n’est pas toujours facile et surtout en trouver un qu’elle accepterait rendrait la tâche impossible), que du point de vue affectif (ma fille a un énorme besoin de contact). C’est une expérience unique, qui nous a fait grandir toutes les deux, aussi bien ma fille que moi.

 Je suis heureuse d’avoir fait ce choix, avant sa naissance. Et je suis fière de tout ce qu’on a parcouru et de tout ce qui nous reste à découvrir sur notre voie lactée.

Delguira, maman d’Éléonore (Marseille, France)

Delguira

Je tiens à remercier Delguira pour son témoignage et les belles photos d’allaitement qu’elle a partagé.

Une tétée à la fois, normalisons l’allaitement pour nos bébés!

Si vous aussi vous voulez partager un témoignage, contactez-moi sur ma page Facebook.

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4 réactions au sujet de « Allaitement, ma fille va avoir 2 ans! »

  1. J’allaite toujours mon fils de 2 1/2 ans et ma fille de 3 semaines. Le tandem à facilité la montée de lait, la prise au sein est plus facile et il n’y a aucune jalousie. Je continuerai d’allaiter mon fils jusqu’à qu’on soit prêt tous les deux à arrêter.

  2. Magnifique texte! Bravo d’allaiter malgré les embûches et la pression… Ici, je souhaitais allaiter jusqu’au sevrage naturel et nous sommes bien partis sur cette voix. Je trouve tellement cela merveilleux… et pratique. 😉

    Bravo à toutes celles qui écoutent leur enfant avant tout le reste. 🙂

  3. Ma grande fille de 2 ans et 9 mois m’a dit:
    Fini lait à maman, grande fille. Lait dans un verre.

    Je suis mitigé entre le sentiment de TRISTESSE qui m’habite en me disant que mon dernier bébé n’a plus besoin de cette proximité et le sentiment de FIERTÉ d’avoir mené NOTRE allaitement a ce stade. J’en parle très peu et seulement à mes amis proches puisque ça « dégoûte » plusieurs, mais le lien qui s’est bâtit entre ma fille et moi est juste indescriptible.

    Je tente, maintenant, du mieux que je peux de rendre l’appareil aux futures mamans que je côtoie avec les précieux conseils que j’ai appris!

    Dire que je ne croyais allaiter que les 6 premiers mois, comme recommandé.
    Ensuite je me suis dit : on va jusqu’à 9 mois et ensuite la transition avec du lait de vache.
    Ensuite, 12 mois, pour dire ok elle a un an…..puis 18 mois et SURTOUT PAS APRÈS qu’est ce que les gens penseraient

    Ensuite est arrivé le 2 ans. Je me suis dit, « ô yable » ce que les gens penseront, ma fille fera SON sevrage de façon naturel.

    23 janvier 2016, j’en suis là. Bravo ma belle amour, d’être devenue la belle grande fille avec ce si grand cœur que tu es ♡
    Je suis siiiiii fière de toi ma grande fille d’amour.

  4. Ici c’est ce qu’on vise! Mon garçon est rendu à 26 mois et il tète encore 2 fois par jour. Je suis enceinte de 27 semaines du 2ieme et je crois bien que nous nous rendrons au tandem. J’ai un enfant très épanouis, responsable, indépendant, ampathique, aventurier. Je suis fière de lui et j’ai bien fait de ne pas écouté les autres qui disaient que ce serait un petit gars à maman. Et comble de tout, il dort avec moi! Haha Il y a une énorme différence entre materner et sûr couver l’enfant. Le maternage c’est d’accompagner l’enfant dans sa quête de l’indépendance en respectant son rythme et en lui tenant la main. 🙂

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