Courage ! Histoire d’une nuit épouvantable

Courage ! Histoire d’une nuit épouvantable

Cette semaine j’ai eu une nuit que je qualifierais d’épouvantable.  Il faut comprendre que lorsqu’on devient parent les nuits sont toujours accompagnées d’un qualificatif quelconque : une bonne nuit, une nuit agitée, une nuit difficile… mais une nuit épouvantable… ça n’arrive pas tous les jours. Le problème de la nuit épouvantable c’est qu’elle est souvent précédée d’une coupe de nuits difficiles, agitées, blanches…. Et c’est certainement ce qui la rend si difficile.

Ma première a 27 mois et ma deuxième presque deux. Il va sans dire que je n’ai pas eu une nuit normale depuis 3 ans (j’inclue les grossesses évidemment !!). C’est correct, j’ai compris, les nuits normales ne sont plus pour moi ! J’ai réellement fait le deuil de la nuit lorsque ma première a eu 1 ans. L’arrivée de bébé 2 n’a donc pas été un gros choc pour nous… on se réveille plus souvent mais on est capable de se mettre en pilote automatique.

Cette semaine par contre… j’ai compris. J’ai compris que ce ne serait plus jamais comme avant. J’ai compris la différence entre une nuit de merde et une nuit de fou. 

20 : 00 One down, one to go!

20 : 30 Fin de la tétée groupée… bébé 2 couchée.

21 : 00 Parents couchés, papa, qui s’occupe de bébé 1 toutes les nuits depuis la naissance de bébé 2, tombe !… Ronflements…

21 : 30 Bébé 1 hurle, maman entre dans la chambre, fait un câlin, bisous, dodo.

22 : 00 Bébé 1 hurle, maman entre dans la chambre, fait un câlin, bisous, dodo.

23 : 00 Bébé 2 se réveille, papa change la couche, maman allaite.

23 : 30 Bébé 1 HURLE, maman entre dans la chambre, fait un câlin, bisous, dodo.

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©Katia Péchard Photographe

Maman ne peut plus se rendormir, elle regarde le plafond et se demande comment elle va survivre au lendemain. 

Vous remarquerez que je parle de moi à la troisième personne, puisque la nuit, je ne m’appartiens plus!

00 : 00 Bébé 1 hurle, maman entre dans la chambre. PIPI ! Bébé 1 est pleine de pipi, le lit aussi. Maman change bébé, le laisse en couche le temps de changer les draps. Bébé court dans le lit, réveille papa. Maman court dans la chambre en chuchotant « mets ton pyjamas » « non ! » « Allez mets ton pyjamas » « NOOOOOOON ». Papa se réveille « qu’est-ce qui se passe ?». Maman informe papa que le lit est plein de pipi. Papa change les draps, maman récupère bébé 1 pour le calmer et éviter le réveiller de bébé 2…. Trop tard. Bébé 2 hurle, papa commence à être tanné et maman aussi.  Allez hop tout le monde dans le lit des parents. Maman n’a toujours pas fermé l’œil, bébé 1 bouge, bouge, bouge bouge.

00 : 30 Maman est au bord de la crise de nerf. Papa prend les choses en main, donne un biberon a bébé 1 pour la convaincre de retourner dans son lit. Maman met des bouchons dans ses oreilles, et s’endort enfin !

2 : 00 Bébé 2 se réveille, papa change la couche. PROUT ! « ha shit! » Papa change le bébé au complet. Dans le noir, il met le cache couche à l’envers… « fuck off ! »

2 : 15 Maman allaite…

3 : 00 Bébé 1 hurle, maman se lève, papa aussi… la tension monte. Papa et maman commencent à se chicaner sur la technique à appliquer pour avoir la paix. « Ça marche pas ton **** de GROCLOCK » « pis toi !!! Quelle idée aussi de lui donner un biberon !! » etc. etc…. Papa et maman réveillent bébé 2 ! Papa tente une approche de dernier recours, il ferme la porte et attend quelque minute afin de donner la chance à bébé 1 de se calmer… hurlements, tambourinements dans la porte… papa va voir bébé, et recommence. Pour papa et maman, le manège semble durer une éternité…et finalement, comme pour beaucoup de parents l’essai désespéré du 5-10-15 se résume à un 2-2-2 et ne donne aucun résultat. L’air est à couper au couteau, papa et maman tentent de ne pas se croiser du regard afin d’éviter tout débordement.

5 : 00 Maman allaite bébé 2

5 : 30 Maman entre dans la chambre de bébé 1. Bébé est assis au milieu de sa chambre en bordel et pleure, maman la prend dans ses bras, s’assoie sur le lit et pleure… Je serre mon bébé fort contre moi et on pleure toutes les deux jusqu’à ce qu’elle décide d’elle-même de se glisser sous ses draps.

5 : 45 Maman se couche pleine de culpabilité.

7 : 30 Maman ouvre un œil, bébé 2 est au sein… « depuis quand tu es là toi?! ». Elle entend papa et bébé 1 manger leurs céréales. Bébé 1 entre dans la chambre de maman et lui dit : « maman beaucoup fâchée » « oui maman était très fâchée cette nuit, elle s’excuse, elle était très fatiguée, mais maman n’est plus fâchée maintenant, maman t’aime fort fort fort ». 

Le lendemain matin une copine me texte, j’avais prévus de la rejoindre pour prendre un café. Je lui réponds : « pas cette fois-ci, je me lève à peine on a eu une nuit épouvantable. » et elle me répond simplement « courage ! »

C’est impressionnant la portée des mots simples. Depuis que j’ai deux enfants, le mot courage a pris un nouveau sens. Je sais qu’elle sait. Elle sait que le qualificatif que j’ai choisi n’a pas été choisi à la légère. Elle sait puisqu’elle aussi qualifie ses nuits depuis des années.

Le problème de ces nuits c’est qu’elles ne sont pas isolées. Elles sont des après d’une nuit de merde et des avants d’une nuit difficile. Les parents qui se lèvent le matin, savent que la nuit prochaine ne sera que la suite de la nuit d’avant. En fait, j’ai le sentiment que depuis que je suis mère la vie est une longue journée qui se poursuit sans fin !  (le lavage en fait partie, mais ça c’est une autre histoire!)

La prochaine fois que vous avez un parent de votre entourage qui semble avoir passé une nuit suivie d’un adjectif qualificatif, demandez-lui comment ça va. Ça fait du bien de partager. Lorsque son descriptif sera fini, dites-lui simplement : courage !

Marie Pagès, Maman de deux petites filles

ma rie

Un petit mot de Marie : Maman de deux petites filles, je suis actuellement en congé maternité. En temps normal je suis travailleuse sociale en périnatalité et petite enfance. J’ai poursuivis des études en sociologie et en études féministes afin d’alimenter mes réflexions et ma passion pour les sciences humaines. En couple avec le père de mes enfants depuis 11 ans, nous formons une équipe solide prête à faire face à toutes éventualités. La parentalité, qui nous transforme jour après jour, nous amène à faire face à de grands défis, mais nous permet surtout de grandir ensemble.


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2 réactions au sujet de « Courage ! Histoire d’une nuit épouvantable »

  1. Je souffre pour vous !! Faites vous aider et conseiller par une sage femme pour les nuits, bébé 1 devrait dormir toute la nuit au moins.
    Pour bébé 2, est ce que la famille pourrait vous aider de temps en temps pour que vous vous reposiez un minimum ? Tu pourrais aussi tirer ton lait ou faire un allaitement mixte pour récupérer quelques heures de sommeil la nuit… Une amie donnait un bon biberon pour le dernier repas avant la nuit et cela marchait plutôt bien !

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