Faciliter l’intégration d’un enfant au service de garde – ou comment se séparer de lui en douceur

Faciliter l’intégration d’un enfant au service de garde – ou comment se séparer de lui en douceur

12283034_10153842011021015_1797414485_n
©Photographie Julie St-Georges

Chaque mère vit une angoisse terrible à l’idée de se séparer de son enfant pour le confier à une tierce personne, d’autant plus qu’il s’agit souvent d’un dommage collatéral du retour au travail!  (Ici, je parle des mères parce que c’est la majorité du temps la mère qui prend le congé de maternité.)

Je vous donne ici des pistes pour faciliter l’adaptation de votre enfant (et la vôtre!) au service de garde puisque, un jour où l’autre, la séparation se fera indéniablement !  J’ai personnellement vécu cette séparation avec mon premier quand je l’ai apporté au service de garde où je travaillais et que je l’ai laissé à une consœur de travail. Ensuite avec mon 2e, quand à 4 ans, je l’ai laissé dans un milieu familial pour qu’il se détache de moi avant l’école et je redoute le moment où je devrai me séparer du 3e et du 4e !

Choisir un milieu de garde dans lequel vous vous sentez en confiance

Tout d’abord, vous devez choisir un milieu de garde en lequel vous avez totalement confiance (suivez votre intuition, votre petite voix…). Posez toutes les questions qui vous passent par la tête, il n’y a pas de questions « niaiseuses » quand il s’agit de votre enfant. Vous ressentirez assurément un sentiment d’impuissance, puisqu’il s’agira d’un moment difficile aussi pour vous, mais plus vous aurez une attitude positive et parlerez à votre enfant (et aux autres, puisque votre enfant vous entend) positivement du service de garde, plus l’acceptation sera facile et, du fait même, rendra plus facile l’intégration de votre enfant.

Rassurez votre enfant le plus possible

Expliquez lui à l’avance le déroulement de sa journée, rassurez-le le plus possible.  Faites une liste à l’éducatrice de ses particularités; ses goûts, ses dégoûts, ses peurs, ses habitudes, sa routine au niveau de l’alimentation et du sommeil.  Cela facilitera grandement le travail de l’éducatrice et votre enfant se sentira rassuré.

Moyens pour faciliter l’intégration

Les débuts au service de garde ne sont faciles pour personne, mais heureusement, il existe plusieurs moyens de faciliter l’intégration.  Si possible, intégrez votre enfant sur une période de 2 semaines, en privilégiant des périodes courtes au début, puis de plus en plus longues par la suite.  Votre enfant apprendra de cette façon que papa ou maman revient toujours le chercher.

Chaque enfant est unique, il en est de même ainsi pour sa façon de s’adapter.  Pour certains, c’est plus difficiles mais plus courts, pour d’autres relativement facile mais plus long et même parfois à retardement (tout va bien pendant plusieurs jours et puis tout d’un coup oups!)

Apportez un ou des objets de transition qui sont importants pour votre enfant (doudou, toutou, suce, draps, une photo de la famille plastifiée, etc.).  Assurez-vous que ces objets « sentent la maison » pour rassurer votre enfant (pour bien faire, évitez de laver ces objets durant la période d’adaptation).

Les choses à éviter

A l’arrivée au service de garde, il y a plusieurs choses à éviter :

  • S’éterniser (rester plus longtemps que nécessaire): cela ne fera que retarder ou accentuer la tristesse reliée à la séparation.  Vous pouvez demander de rester quelques minutes derrière la porte incognito, de téléphoner ou de texter pour avoir des nouvelles de votre enfant.
  • Se sauver en douce: il est très important de dire à votre enfant que vous quittez et revenez plus tard, si vous vous sauvez pendant qu’il a le dos tourné, vous risquez de briser la confiance qu’il a en vous.  Il est beaucoup mieux de lui dire la vérité, de le rassurer et de lui dire que c’est normal qu’il ressente de la peine ou de la colère, afin qu’il se sente compris.
  • Ne pas revenir: si vous revenez parce qu’il pleure, cela ne fera qu’accentuer les cris, et ce, pour les jours qui suivent.

Un enfant qui pleure exprime ses émotions

« Un enfant qui pleure est un enfant normal » puisqu’il exprime ce qu’il ressent et en s’extériorisant ainsi. L’éducatrice pourra réagir en lui proposant des trucs pour lui redonner le sourire (exemple, en lui donnant un objet de transition comme sa suce ou sa doudou, en le berçant, etc.). L’enfant se sentira compris par l’éducatrice dans sa peine cela permet un retour au calme pour une certaine période. Il est beaucoup plus difficile pour l’éducatrice de cerner comment se sent l’enfant si celui-ci n’a aucune réaction.

La tristesse, tout comme la colère, la joie ou tout autre émotion, favorise le développement socio-affectif quand l’enfant est capable de l’exprimer, d’où l’importance de ne pas lui dire: « tu n’as pas à vivre de la tristesse, à être en colère, etc. »

Gérer le retour à la maison 

Au retour à la maison, votre enfant pourra réagir de différentes façons. Il pourra être content de vous retrouver, vous ignorer, faire des crises, refuser de manger, de dormir, pleurer plus facilement.  C’est sa façon à lui de libérer le stress qu’il a vécu dans sa journée.  Une régression est aussi possible, il peut faire ses besoins dans ses petites culottes alors qu’il était propre, redemander sa suce alors qu’il ne la prenait plus, etc.  C’est donc très important de continuer sa routine habituelle et surtout de ne rien changer pour les prochaines semaines (changer de lit, rendre propre, etc.).

Donnez-vous du temps

Surtout, en tant que parents, donnez-vous du temps pour apprivoiser cette nouvelle réalité! Et bientôt, tous les matins, vous direz: « Bonne journée mon bébé, je t’aime! Bisous! Et hop! Au boulot » 🙂

Comment s’est passé l’intégration en service de garde pour votre bébé ? Avez-vous d’autres idées à partager?? N’hésitez pas à laisser un commentaire.

m.E Thomassin et logo

Par ici pour en savoir plus sur Lune, créations québécoises

Un petit mot de Marie-Ève : Passionnée des enfants depuis ma tendre enfance (tsé quand ta mère se croise les doigts pour que tu ne tombes pas enceinte trop jeune parce que ton but dans la vie c’est d’être mère), je suis éducatrice de formation depuis maintenant 15 ans.  Ayant travaillé 6 ans auprès des 3-5 ans en CPE, j’ai maintenant depuis 9 ans mon service de garde en milieu familial accrédité proximal!

Comme il n’existe malheureusement pas de mode d’emploi pour être un bon parent, que chaque enfant et chaque parent est unique, je crois fortement que l’idéal est de donner plusieurs modèles d’intervention aux parents afin qu’ils puissent trouver ceux qui leur conviennent et conviennent à leur(s) enfant(s).

Étant mère de 3 enfants, de 18 mois, 10 ans et 14 ans et enceinte du 4e qui sera parmi nous en mai 2016, j’ai moi-même eu des doutes et j’ai dû faire des essais et des erreurs pour trouver ce qui me convenait le mieux.  J’ai récemment démarré une entreprise de créations de produits pour enfants sécuritaires et abordables et j’ai des millions d’autres projets en tête pour les années à venir !


Source : L’intégration d’un enfant en service de garde. La trottinette carottée, septembre 2002.


L’ensemble des articles du blog peuvent être reproduits et partagés dans un but non lucratif. Merci de toujours inscrire les noms et prénoms de l’auteur ainsi que la source www.cocoonbiennaitre.wordpress.com lorsque vous partagez.

signature fond bleu

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *