Accouchement : cette journée a été un véritable enfer #smar2016 #violenceobstetricale

Accouchement : cette journée a été un véritable enfer #smar2016 #violenceobstetricale

Novembre 2010, nous avons la surprise d’apprendre que je suis enceinte de notre premier enfant.

J’ai eu le plaisir de savourer cette grossesse étant donné le peu de maux qui en découlait. Les semaines avançaient tranquillement et je profitais pleinement de mon ventre qui s’arrondissait. Nous avions hâte de rencontrer bébé, nous avions décidé de garder la grande surprise pour la fin donc nous ne connaissions pas le sexe. Dans les dernières semaines de la grossesse, comme pour beaucoup de femmes, mon corps commençait à annoncer que la fin s’en venait à grands pas.

À 35sa, j’ai eu mon rendez-vous de suivi. Mon petit bébé avait enfin la tête en bas, c’est la maman qui était soulagée. A la 37e semaine lors de mon suivi régulier, il y avait une petite surprise. Bébé s’était remis tête en haut. J’étais nerveuse parce que j’avais entendu beaucoup de choses sur les bébés en siège. Je savais que les médecins étaient retissant à l’idée de faire des accouchements en siège malgré le fait que les écrits démontrent des risques moindres à ce type d’accouchement versus la césarienne. Mon obstétricienne m’a tout de suite rassurée en m’expliquant que selon certains critères on pouvait parfaitement tenter un accouchement en siège.

Malheureusement, elle quittait pour les vacances et j’allais poursuivre mon suivi avec un autre médecin de la clinique. Elle a tout de même pris le temps de me référer pour tenter une version, ce que nous avons fait, même nous étions rendus à la fin de la 37e semaine. Mon conjoint et moi connaissions les statistiques, nous lisions beaucoup sur les procédures, et nous savions aussi que nos chances de réussites étaient minimes, mais qu’il fallait au moins l’essayer. La procédure de version s’est bien déroulée, pas de douleur, pas de stress, mais après 2 longs essaies qui n’ont rien donné nous avons arrêté. A ce moment-là, la gynécologue qui tentait la version a tout de suite décidait de nous céduler pour une césarienne à la 39e semaine. Mon conjoint et moi on s’est regardé un peu surpris pourquoi il y avait urgence de céduler une césarienne? si le bébé n’arrivait pas avant c’est qu’il n’était probablement pas prêt à voir le jour? De plus, je voulais prendre le pouls de mon nouveau médecin de suivi sur la possibilité de tenter le siège avant de décider d’une césarienne d’emblais. La gynécologue semblait vraiment irritée par ma demande. Elle m’a demandé ce que je croyais qu’il allait arriver si le travail se déclenchait naturellement avant la césarienne? Au fond de moi-même je me disais que c’était peut-être une bonne chose en fait, que mon bébé n’était pas en danger en ce moment.

Quelques jours après cette manœuvre de version non concluante, j’ai rencontré mon nouveau médecin de suivi. Nous avons discuté de l’accouchement en siège et il m’a fait les mêmes recommandations que mon obstétricienne régulière, à savoir que pour lui ce n’était pas un problème. Ensemble nous avons décidé de reporter la césarienne à 40sa parce qu’il n’y avait aucune urgence et que l’on doit laisser la chance au travail de se faire par lui-même. J’ai ensuite revu le médecin à 40sa et nous avons repoussé la césarienne une nouvelle fois à 41sa. Je commençais à être nerveuse parce je n’étais toujours pas dilatée ni effacée.

C’est par un dimanche matin ensoleille d’été que j’ai ressenti les premières contractions. Il était très tôt, avant l’aube. Les contractions ont été vite régulières et rapprochées. J’ai laissé aller un peu et vers 9h que j’ai perdu les eaux. Ça ne faisait plus de doute l’accouchement était pour aujourd’hui. Les contractions sont devenues rapidement plus douloureuses, nous avons préparé toutes nos choses et nous sommes partis pour l’hôpital.

En arrivant, j’informe les infirmières de ma situation particulière. J’avais une césarienne programmée dans les prochains jours mais que comme mon travail était commencé j’allais essayer d’accoucher en siège. Dès le départ les infirmières semblaient septiques. Une d’entre elles m’a emmené à ma chambre et nous a dit qu’on rencontrerait le gynécologue de garde et qu’il serait surprenant qu’il me laisse accoucher en siège parce qu’il n’en faisait jamais sauf quand il est trop tard. Ça commençait mal. Nous on se disait qu’on n’avait pas besoin de permission et que c’était notre décision la façon dont on allait donner naissance à notre bébé. Après les premiers examens de routine le médecin de garde est venu m’occulter. J’avais perdu les eaux depuis 2 heures environs et j’étais ouverte à 1cm avec de bonnes contractions aux 2 minutes. A ce moment-là, il nous dit qu’il savait que certains médecin se croient bien bon et font des accouchements en siège, mais que lui il n’en faisait pas! Que notre bébé avait 10% de chance de naître mongole (oui – oui, ce sont les termes utilisés), et que de toute façon on allait faire une césarienne et que ça irait plus vite. À ce moment-là mon conjoint et moi on s’est regardé et on savait. On savait qu’on venait de s’embarquer dans quelque chose et qu’on allait être loin d’arriver à faire respecter nos choix. Il nous parlait de façon condescendante comme si nous étions des parents irresponsables, que lui savait tout et pas nous. Il nous a laissé 5 minutes pour décider si on allait en césarienne ou si on restait sur notre point. Mon conjoint et moi avons discuté ensemble en disant que nous avions lu les statistiques du siège versus la césarienne, les recommandations de la SOGC et que nous avions l’avis de mes 2 médecins de suivis qui étaient tout à fait favorable à ce que je puisse tenter un accouchement en siège. Nous avons donc pris la décision de poursuivre avec l’essai du siège. A cette annonce le gynécologue est sorti de la chambre. Nous ne savions pas du tout dans quoi nous venions de nous embarquer.

            L’infirmière revient me voir et me suggère d’aller dans le corridor marcher un peu pour faire progresser le travail. Donc on sort et on commence à se promener dans le corridor jusqu’à ce qu’on arrive à la hauteur du poste des infirmières. On entend le gynécologue qui parle au téléphone et sa conversation n’est pas discrète du tout. On comprend pertinemment qu’il parle de nous. On comprend aussi très bien qu’il est en colère! La conversation se résume à des questions pour savoir si j’ai le droit de l’obliger à m’accoucher en siège, si son ordre le protège et si ses avocats le protégeront en cas de problème. C’était devenu une question d’argent pour lui et de protection. Mon conjoint fulminait il était hors de lui et moi je commençais à avoir peur. J’étais aussi en colère j’avais besoin d’un médecin qui me supporte, pas d’un médecin qui pense juste à la possibilité d’une poursuite… Ça a été fini! Dans ma tête ce médecin-là n’allait pas me toucher! Ce n’est pas lui qui allait m’accoucher! Je n’avais aucune confiance en lui, ni en ses capacités, ni et surtout à son intégrité professionnelle. Il nous avait menti sur les risques, il avait été vulgaire dans son langage et nous avait parlé comme si nous étions arriérés de vouloir tenter ce genre d’accouchement. On est reparti vers notre chambre, frustrés. Au même moment une femme médecin est venue nous voir. La première chose que je lui ai dit c’était que je ne voulais pas que ce soit lui qui m’accouche. Elle nous a expliqué la situation. Le gynécologue de garde était en train de demander notre transfert vers un autre hôpital parce que lui ne voulait pas m’accoucher. L’autre Hôpital semble-t-il n’acceptait pas mon transfert, alors j’étais prise avec un gynécologue que je ne voulais pas et qui ne voulait rien savoir de mon accouchement en siège. J’étais tellement découragée. La femme médecin est revenue nous voir une deuxième fois pour nous expliquait pourquoi ce serait mieux d’aller en césarienne. J’étais découragée. J’étais fâchée. J’étais déçue. Je n’avais pas eu le droit d’essayer, on me mettait de la pression. Je ne savais plus ce qui était vrai ou pas dans l’information qu’on avait reçu pendant la grossesse, dans l’information qu’on nous donnait le jour-même.

3 heures c’était passé depuis mon entrée à l’hôpital et mes contractions étaient toujours aux 2 minutes. On a décidé d’aller en césarienne parce qu’on avait l’impression d’être mis au pied du mur. On ne savait plus vers qui se tourner et à qui faire confiance. J’ai averti l’équipe médicale qu’il était hors de question que le gynécologue me parle pour le reste des traitements et de la procédure. L’inhalothérapeute et l’anesthésiste ont heureusement eux été parfaits.

Pour le reste, ce n’est que frustration et rage. Le gynécologue s’est excuse à mon conjoint avant de rentrer dans la salle d’op, mais le mal était fait pour les 2. Lui aussi avait du mal à digérer ce qui nous arrivait et il ne voulait pas entrer dans la provocation parce que ce qu’il se disait c’est que c’est le médecin qui a le bistouri dans les mains…

Notre fille est arrivée en parfaite santé heureusement. On a pu la voir, la coller et je l’ai gardé avec moi en salle de réveil. Mais ce n’était qu’un bébé ce n’était pas ma fille. Je suis arrivée en salle d’opératoire enceinte et j’en suis ressortie le ventre vide. J’avais un bébé dans les bras, sans plus, ce n’était pas MA fille. Ma montée laiteuse aura pris 5 jours à cause de la césarienne et il m’aura fallu près de 2 semaines avant que j’arrive à reconnaitre mon enfant comme étant ma propre fille et pas le bébé de n’importe qui.

Il nous aura fallu 4 ans avant d’arriver à avoir un 2e enfant. Je suis enfin enceinte grâce à la persévérance et à 3 FIV. Je me suis longtemps demandé si ce n’était pas moi qui faisais un blocage psychologique même si on a aussi découvert un problème d’infertilité chez mon conjoint. J’ai décidé d’avoir un suivi dans un hôpital a plus de 30 minutes de chez moi plutôt qu’à 15 minutes, simplement parce qu’on ne veut pas avoir à nouveau le FAMEUX gynécologue. On est prêt à faire toute cette route pour ne pas revivre toutes ces émotions négatives. Cette journée qui devrait être une des plus belles de notre vie a été un véritable enfer. On espère que cette fois la gynécologue qui me suivra sera humaine et empathique. On espère qu’elle aura l’intégrité pour nous donner de l’information juste au lieu de nous faire peur pour arriver à ses fins.

Vicky L.

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Les présentations de siège représentent environ de 3 à 4 % des grossesses à terme. Au Québec, le nombre de présentations du siège se situe entre 2500 et 3300 par année.

La prise en charge d’un fœtus en présentation du siège suscite encore bien des questionnements et de la controverse dans le milieu médical, malgré un nombre grandissant de données probantes en faveur de l’essai de travail. Les femmes doivent être informées des détails de la prise en charge lors du travail, sur les critères d’admissibilité à un accouchement de siège par voie vaginale ainsi que sur les risques d’une césarienne et d’un utérus cicatriciel. Elles doivent être rassurées et savoir qu’elles accoucheront dans des conditions optimales, ainsi elles se sentiront davantage en confiance et pourront prendre des décisions éclairées.

Vous allez avoir un bébé? Voici ce que vous devez savoir au sujet de l’accouchement du siège :

Accouchement du siège par la Société des Obstétriciens et Gynécologues du Canada

Lignes directives nationales pour les soins de santé à la mère et au bébé

Siège et césarienne par Césarine.org

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2 réactions au sujet de « Accouchement : cette journée a été un véritable enfer #smar2016 #violenceobstetricale »

  1. Quelle triste expérience. Avez – vous songez d’avoir avec vous une doula ? Elle pourra vous protéger et vous soutenir durant votre grossesse et à l’accouchement. Vous avez beau avoir un bon médecin mais qui dit qu’il sera disponible au moment de votre accouchement? La doula pourra même faire du travail avec vous à la maison afin d’arriver à l’hôpital avec une bonne partie du travail fait chez-vous en toute intimité. Bon avac 😊

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