Ne plus JAMAIS accoucher à l’hôpital – Pourquoi j’ai choisi l’Accouchement Non Assisté – #smar2016 #violenceobstétricale

Ne plus JAMAIS accoucher à l’hôpital – Pourquoi j’ai choisi l’Accouchement Non Assisté – #smar2016 #violenceobstétricale

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J’ai eu ma première fille à 17 ans. Je souhaitais un accouchement dans un grand hôpital, ça me rassurait au cas où mon bébé ait un problème respiratoire ou autre.

J’ai eu 3 enfants à l’hôpital. A l’époque, je souhaitais déjà mettre mes filles au monde de façon naturelle … Et à trois reprises j’ai étais déçue de la réalité qui s’imposait à moi. J’imaginais arriver à la maternité, marcher dans les couloirs et profitez de ses derniers moments deux en un.

J’ai très mal vécue le fait d’être une femme de plus qui accouche … Je ne voulais pas de péridurale. On a mis de la pression pour que je la fasse (ils venaient à plusieurs en insistant, en me disant que si je refusais, je n’avais pas le droit de crier ou de me plaindre, que j’allais souffrir !!…). J’ai finalement accepté,  du moins j’ai dû renoncer. Je ne voulais pas de rupture des membranes ou de la poche des eaux. Tout ce que le personnel souhaite faire pour accélérer le travail. Malheureusement, je n’ai pas eu mon mot à dire et ça a était fait sans mon consentement. Quand je suis arrivée pour la naissance d’une de mes filles lors du touché vaginale la sage-femme a rompu la poche des eaux, sans me prévenir!

Je ne voulais pas pousser pour ma première, on m’a forcé à le faire. Résultat, c’était violent! On me hurlait dessus pour que je pousse plus fort encore et encore, en me menaçant d’appeler un médecin pour faire sortir ma fille de force. Sans parler des 2 Sages-Femmes (SF) qui appuyaient sur mon ventre pour « aider » ma fille à sortir.

J’ai eu les vaisseaux sanguins du visage et du torse qui ont éclatés à force de pousser. Ma fille a eu la même chose…

J’ai eu droit à l’épisiotomie (à chaque accouchement). Le lendemain de l’accouchement, dans la chambre, un homme entre sans frapper, sans bonjour. Il est accompagné d’étudiants (ils étaient nombreux). Il a baissé mon drap, ma culotte et a expliqué la cicatrisation de l’épisiotomie. Après avoir fini, il a tout remonté et ils sont partis… Une étudiante m’a regardé, et elle seule, m’a dit au revoir… Je n’ai rien su dire. La scène était trop surréaliste pour moi. C’était mon corps, mon intimité et ils ne m’appartenaient plus.

Lors de mon troisième accouchement, une SF a vérifier mon col et m’a dit que ma fille n’était pas encore prête à sortir. Elle retire ses gants et je lui dis que je sens le bébé arriver. Elle me répond non, je viens de vérifier!! Elle n’a pas eu le temps d’enlever ses gants qu’elle réceptionnait ma petite. Je jour-là a été horrible! J’arrive à la maternité et on m’annonce qu’il y a beaucoup d’accouchement et qu’il faut me dépêcher pour libérer la salle! Moi, j’en avais rien à faire. Je voulais juste qu’on me laisse tranquille. Cet accouchement, avec toutes les pressions que j’ai subis, les agressions, aura été le plus long des 4.

J’ai quitté l’hôpital en colère en signant une décharge car je ne restais pas le nombre de jours jugé suffisant par le personnel soignant. J’ai eu droit à des « vous êtes inconsciente!! … ».

Je m’étais promis que si je venais à être à nouveau enceinte, de ne plus JAMAIS accoucher à l’hôpital.

Six ans après mon dernier accouchement, j’apprends que j’attends un autre enfant. Je décide alors de ne faire aucun suivi médical, d’être à l’écoute de mon corps. Je fais seulement les échographies pour que mon conjoint puisse réaliser que je suis enceinte et pour que je le réalise moi-même, pour vérifier que tout va bien.

Je me renseigne sur l’Accouchement A Domicile (ADD). Je rencontre deux professionnels Belges qui font des ADD. Ça ne colle pas. Je cherche à rencontrer des femmes ayant accouchées chez elle, accompagnées d’un ou d’une sage-femme. J’envoie un mail à plusieurs SF pour leur demander si elles accompagnent les femmes souhaitant donner naissance chez elle.

Je contact J-C un homme sage-femme. J’aime sa façon de penser, sa vision de l’accouchement, son professionnalisme, sa connaissance de la femme. Je savais qu’il serait capable d’être présent pour moi, sans l’être trop. Je lui avais dit que je souhaitais qu’il soit présent lors de mon accouchement, que je ne me voyais pas accoucher seule, que lui était formé pour m’accompagner dans ce moment important de ma vie.

Je pensais qu’accoucher toute seule serait inconscient.

J’habite dans le nord de la France, il n’y a pas de SF qui pratiquent des AAD… seuls les professionnels Belges viennent en faire en cas de besoin.

Le gynécologue et la SF me disent que c’est un 4ème accouchement, qu’il est possible que j’accouche avant leur arrivée.

Finalement, j’en suis arrivée à vouloir faire un Accouchement Non Assisté (ANA). Je veux pouvoir crier, chanter, me promener nuesans avoir peur du regard d’autrui. Parce que je pense pouvoir réussir à le faire… J’avais tellement étais déçu par les professionnels de l’hôpital que je n’arrivais plus à leur faire confiance.

Je me questionne sur l’ANA, je discute avec une femme, Nathalie, ayant vécu l’expérience. Sur ses conseils, j’achète le livre « accoucher par soi-même » de Laura Kaplan Shanley et d’autres livres. Je regarde des vidéos d’ANA sur You Tube… sur un groupe de soutien à l’accouchement à domicile, je lis les récits de naissance de nombreuses femmes qui ont accouchés avant l’arrivée de leur SF. Nathalie a pris le temps de répondre à mes interrogations, elle m’a donné de la force.

Je commence à me renseigner sur la façon de réanimer un bébé, je pense à avoir l’oxygène chez moi, de quoi aspirer le liquide amniotique des voies respiratoires de mon bébé.

Puis, je me dis « dans ce cas-là autant aller à l’hôpital, si je commence à envisager le pire, alors le pire pourrait se produire ». J’ai peur.

J’ai décidé d’avoir confiance en moi, en mon bébé et je n’ai plus fais de recherche sur les façons de réanimer un bébé ou de me procurer de l’oxygène.

En fin de grossesse, j’ai eu peur à nouveau, peur que mon bébé meurt, peur de devoir aller à l’hôpital.

J’ai eu beaucoup de contractions les 2 derniers mois. Je pensais souvent que j’allais accoucher plus tôt, mais non… J’attendais un signe comme la rupture de la poche des eaux, la perte du bouchon muqueux (même si on peut le perdre plusieurs jours avant l’accouchement), mais rien…

Je marche dans le parc en bas de chez moi. Je tourne en rond avec ma musique aux oreilles.

Il est 16h, je décide de monter chez moi. Je prépare mon matelas dans mon salon avec des draps jetables, une alèse, ma musique, une bouteille d’eau. Je me dis voilà c’est le moment! Les contractions sont de plus en plus douloureuses. Moi qui voulais que mes filles soient présentes à la naissance de leur petit frère, je change d’avis. J’ai trop mal et j’ai peur de les choquer par mes réactions. Je me dis qu’il faut que le petit vienne avant 18h30, avant l’arrivée du papa et de ses sœurs.

J’ai de plus en plus mal. Je me plains, je veux aller à l’hôpital, je me demande comment j’ai pu avoir l’envie d’accoucher seule!!! Je cris, souhaite une péridurale, que la douleur s’arrête!!! Je monte le son de ma musique, je fais trop de bruit. Je pense à appeler les urgences. Je me dis de toute façon, je n’arriverais pas à bouger, j’aurais mal aussi à l’hôpital, autant rester chez moi.

Je crie. Puis, je me rappelle comment j’ai imaginé mon accouchement (avec facilité, en maîtrisant mes douleurs…) comme je l’ai rêvé à plusieurs reprises… Je me dis « n’importe quoi, je m’imaginais un bel accouchement, maître de mon corps, visualisant mon col qui s’ouvre, aucun cris, … »

Je me reprends en me répétant ce que Nathalie m’a appris «  phase de désespérance, l’enfant va arriver »

Je hurle encore et encore. Je m’allonge sur le dos puis à quatre pattes,  je mords mon coussin d’allaitement en vidant ma bouteille d’eau sur moi.

Je mets mes doigts dans mon vagin, je sens la tête du petit. Et là! Le soulagement !!!! Il arrive, tout est bientôt fini. Ça me donne du courage, de la force !! Je pousse super fort en criant. Je sens la tête passer, je pousse encore plus fort. Je me souviens avoir voulu pousser doucement en accompagnant l’ouverture pour éviter une déchirure. A ce moment-là, je voulais accoucher et je n’ai pas pensé à pousser doucement.

La poche des eaux se rompt, elle est teintée. Le petit sort en temps, couvert de méconium. Il ne crie pas, il me glisse des mains et tombe sur le matelas. Je vois son cordon autour de son cou, je le retire. Il dort. Je le regarde et vois qu’il respire. Je m’attendais à un bébé qui hurle, son calme  m’impressionne.

Je le prends sur moi. En pleurant, je lui dis « On a réussi !!!  On a réussi !!! ». Mon petit est né à 18h01 et je n’ai eu aucune déchirure.

Je veux qu’il tête mais il ne veut pas. Je le laisse tranquille, il dort toujours. Dix minutes après, je pousse et le placenta sort. J’envoie un message pour dire que le petit est là. Mes filles arrivent. Je suis ailleurs, je ne réalise pas. Le papa arrive 30 minutes plus tard et à la chance de couper le cordon.

J’ai eu mal, c’est vrai mais heureuse d’avoir vécue cette expérience!! Ça n’a pas de prix cette liberté. Pouvoir faire ce que l’on veut. Choisir ses positions, refuser la péridurale, pouvoir boire, crier sans peur du jugement. Je suis prête à revivre l’expérience. Je garderais toujours cet accouchement en tête. Quand j’y pense, ça me rend heureuse! Je suis fière de nous. Heureuse d’avoir eu l’accouchement que je voulais !

Un an après la naissance d’Adam, j’ai appris que j’étais de nouveau enceinte, un autre petit gars pour avril 2015. J’ai peur, c’est sûr mais j’ai hâte de revivre une naissance tranquille à la maison.

Dounia R. Novembre 2014  (France)

Je remercie Dounia pour avoir partagé ici le récit de son accouchement. 

Et vous? Comment s’est déroulé votre accouchement?

Racontez votre histoire en commentaire! 


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6 réactions au sujet de « Ne plus JAMAIS accoucher à l’hôpital – Pourquoi j’ai choisi l’Accouchement Non Assisté – #smar2016 #violenceobstétricale »

  1. Salut.
    Voici mon histoire.

    J’ai toujours su que je voulais vivre ma grossesse et mon accouchement autrement . J’avais la conviction que mon corps étais naturellement disposé à accoucher. Il me fallait simplement aligner mon corps physique et mental afin d’y faire qu’un. Je pris la décision d’accoucher à la maison sans assistance médicale. Je me disais vouloir être capable de vivre une expérience de paix du premier coup. Bien évidemment, je me suis mise à dévorer des livres, des récits, des vidéos de témoignage. Je voulais que mes enfants puissent vivre une naissance, dans cette dimension-ci, de paix, de tendresse et d’amour. Mes deux garcons sont venus au monde tranquillement, à leur rythme et surtout entourés d’harmonie et d’amour.
    Je vous invite à lire mon aventure sur mon blog.

  2. Tellement dommage toutes ces violences… Ici en Belgique, j’ai eu un accouchement respecte, a l’hopital, en salle nature, avec un gyneco a mon ecoute, qui a tout fait pour que tout se passe selon mes desirs. La France a encore du retard la dessus…

  3. Bonjour,

    Je connais malheureusement cela aussi. Pour mon premier bébé, je voulais accoucher à domicile. J’ai donc suivi une préparation sur l’accouchement à domicile avec des sage-femmes très bien formées sur l’accouchement naturel.
    Ma fille est née préma à 37 semaines. J’ai eu droit au bêta-bloquant même si c’était trop tard, aux antibios même si ce n’était pas la peine(les protocoles!!)
    A la pression pour la péridurale, à l’épisiotomie car on avait pas le temps.
    Mon bébé eu eu droit à la sonde gastrique, au masque respiratoire et aux antibios, même si tout allait bien.
    Je n’ai pas eu le droit de la prendre dans mes bras pendant 3 jours et j’ai « eu la chance » de pouvoir l’allaiter par sonde gastrique(3 analyses sur mon lait pas perte des dossiers). Elle était en néonat, pas le droit de coucher dans sa chambre, on me virait pour que j’aille me reposer alors que j’avais l’impression de vivre un manque.
    18 jours de plongée en enfer… puéricultrices qui laissent les bb hurler ou les machines car pas le temps de faire pipi… j’ai signé une décharge pour sortir(au bout de 18 jours, bb né 37SA 2,2, sorti 3,8), ils voulaient que je reste 1 mois de plus.
    traitée d’inconsciente car je voulais accoucher couchée, car je ne voulais pas de péridurale, car je ne voulais pas que l’anesthésiste entre dans ma chambre, car je pleurais devant la couveuse, car je voulais voir souvent mon bb(toutes les 2h). ….
    Je n’ai jamais pu l’allaiter en plein, il lui ont mis une tétine et la sonde dès sa première heure. ça et les antibios, elle a eu le colon irritable à 8 mois. Elle a 5 ans, voilà 1 an et demi qu’elle est remise…

  4. Pour la 2e, j’ai décidé d’accoucher en clinique privée « nature » qui accepte les petits préma.
    J’ai perdu les eaux en pleine nuit, et nous sommes allés mon mari, ma grande et moi à la clinique à pied, à 5 min.
    J’ai eu des contractions tout le long, avec le réflexe de me pencher en avant à chaque contraction.
    Quand nous sommes arrivés, j’était pliée en 2 prête à pousser.
    On m’a accueillie, fait passer en salle d’accouchement(malgré la prise de sang à refaire, l’écho à faire), et on m’a « dépliée » pour me mettre en position gynécologique. Cela a été très douloureux, mais trop rapide pour que je puisse dire quoi que ce soit.
    J’ai donc du accoucher allongée, position pas du tout naturelle POUR MOI. j’ai eu une déchirure dont j’ai mis plus de 3 mois à m’en remettre.
    Le personnel a été super, m’a aidé à démarrer l’allaitement. Ma puce a tété 2h ses premières heures, puis dodo 15h, allaitement exclusif jusqu’à 10 mois, allaitement jusqu’à 16 mois.

    Maintenant, je suis enceinte, j’ai peur de l’épisiotomie et de la déchirure, mais je ne prendrais pas le risque de ne pas accoucher pas moi-même, ne serait-ce que pour la position

  5. Au fait, dans le premier hôpital, les gens de frappaient jamais, même la femme de ménage quand je tirais mon lait, même les gens qui apportait le repas quand on me vérifiait l’épisiotomie.
    Dans le 2e tout le monde frappait à la porte, on pouvait même mettre « maman et bébé se reposent ».
    J’ai parlé de ça à ma mère, qui a accouché 4 fois dans un hôpital classique(dernier 23 ans). Elle était étonnée que les gens ne frappent pas. De « son temps » cela n’a jamais été le cas.

  6. J’aurais pu écrire le même titre… J’ai eu la « chance » d’avoir peu subi les protocoles hospitaliers. Ma force et mon courage pour mon dernier accouchement je les ai puisés dans ma terreur de l’hôpital; je pensais qu’une fois en travail je paniquerais et que j’appellerais les pompiers mais au final, pas une minute de panique, je savais qu’en quittant mon domicile le pire pouvait arriver. J’ai accouché seule, j’ai eu mal mais c’est le plus poignant et le plus magnifique souvenir de ma vie. Mon fils aussi est né en dormant… (cf. récit sur mon blog)

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